Sun Tzu

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Sun Tzu ou Sun Zi ou Souen Tseu (chinois : , pinyin : sūn zǐ, Wade-Giles : sun1 tzu3, prononcé /suən.ts̩/, signifie « maître Sun ») de son vrai nom Sun Wu (孫, Sūn Wǔ, sun1 wu3, signifiant « militaire », « martial ») est un général chinois du VIe siècle av. J.-C. (544–496 av. J.-C.).

Sun Tzu / Sun Zi
Picto infobox auteur.png

Chine

Printemps et Automnes

Enchoen27n3200.jpg

Statue de Sun Tzu à Yurihama, Tottori, Japon

Naissance
VIe siècle avant J.C.
Pays de Qi
Décès
Ve siècle avant J.C.
Pays de Wu
Nationalité
Chinoise
École/tradition
Philosophie de la guerre
Principaux intérêts
Stratégie
Œuvres principales
A influencé
Célèbre pour

Il est surtout célèbre en tant qu'auteur de l'ouvrage de stratégie militaire le plus ancien connu : L'Art de la guerre. L'idée principale de son œuvre est que l’objectif de la guerre est de contraindre l’ennemi à abandonner la lutte, y compris sans combat, grâce à la ruse, l'espionnage et une grande mobilité : il s’agit donc de s’adapter à la stratégie de l’adversaire pour s'assurer la victoire à moindre coût.

Les idées de L'Art de la guerre ont été reprises et adaptées par différents auteurs pour la stratégie et notamment la stratégie d'entreprise.

Les sources[modifier | modifier le code]

Les deux ouvrages détaillant le plus les exploits de Sun Zi sont Les mémoires historiques (ou Shiji[1]), de Sima Qian, et les Annales des Printemps et des Automnes de Zhao Ye. Il y est présenté comme un stratège militaire de la fin de la période des Printemps et des Automnes, général de l'État de Wu sous le règne du roi He Lu. Ce serait lui qui aurait conçu l'attaque de Wu contre l'État de Chu. Des auteurs plus anciens, de la dynastie Han, mentionnent également Sun Zi en tant que stratège militaire (Xunzi et Han Fei) mais sans précision particulière sur l'auteur.

Le mystère Sun Tzu[modifier | modifier le code]

Si L'Art de la guerre fait autorité, la vie de son auteur est pourtant un mystère et consiste surtout en hypothèses. La première considère que Sun Zi n'a jamais existé : c'est un mythe qui aurait pris naissance vers la fin des Printemps et des Automnes, prenant de l'ampleur par la suite.

Une deuxième hypothèse voit en Sun Zi un autre personnage des Royaumes combattants : Sun Bin (le contenu et la forme de L'Art de la guerre le rendraient postérieur aux Printemps et Automnes[2]). La découverte de deux tombes Han en 1972, contenant un Art de la Guerre de Sun Bin, rend cette hypothèse caduque : Sun Zi et Sun Bin seraient distincts (puisqu'il existe deux ouvrages distincts). Mais le second serait peut-être un descendant du premier[3].

Muting (dynastie Qing), dans Corrections sur Sun Zi, voyait en Sun Zi Wu Zixu. Ce dernier, originaire de Wu, serait parti pour Qi et aurait pris le nom de Sun. Un de ses descendants serait Sun Bin. Des ouvrages classiques, comme le Shiji, rejettent toutefois cette hypothèse.

Une dernière hypothèse considère que Sun Zi a bel et bien existé et qu'il était originaire de Qi dont il aurait fui les troubles pour se réfugier à Wu.

Falsification[modifier | modifier le code]

À l'époque des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants, les auteurs ne signaient pas leurs ouvrages et utilisaient un nom d'emprunt. C'était une pratique fort répandue dont le but était de donner une antériorité à leur œuvre et ainsi de l'auréoler d'un certain prestige en reprenant des noms de personnages du folklore. On peut estimer que le Sunzi Bingfa (L'Art de la guerre), le Daodejing, le Zhuangzi, et le Liezi ont été victimes d'un tel procédé, ce qui laisse à penser que les pseudo-auteurs n'auraient, possiblement, jamais existé. Cependant, comme la plupart des auteurs qui prenaient un nom d'emprunt dans le but de valoriser leurs œuvres, on peut toujours penser que les personnages les ayant inspirés sont bien réels. Inspirés par des personnages de folklores légendaires, ils auraient signé leurs œuvres de noms de personnages anciens dont la sagesse faisait autorité. L'autre possibilité tend à penser que les œuvres en question auraient été rédigées à titre posthume par le successeur spirituel du (ou des) Grand Maître qui l'aurait ainsi signé de son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Fayard, Sun Tzu. Stratégie et séduction, Dunod 2009 (ISBN 978-2-10-052373-3). Commentaire des treize articles de l'art de la guerre mis dans la perspective d'autres traditions stratégiques et de la séduction entendue comme une stratégie relationnelle.
  • Pierre Fayard, Comprendre et appliquer Sun Tzu. La pensée stratégique chinoise : une sagesse en action[1], Dunod, 2004 & 2007, (ISBN 2100484966), approche vulgarisée du traité à travers le choix de 25 stratagèmes classiques chinois.
  • B. Griffith, Sun Tzu L'art de la guerre, Avant-propos de B. H. Liddell Hart, Oxford University Press, 1963, (Trad. de l'anglais Francis Wang, Flammarion, Coll. Champs, 1978, 253p. (ISBN 9782080810588)).
  • Valérie Niquet, L'Art de la guerre de Sun Zi, traduction et édition critique, Economica, Paris, 1988
  • Valérie Niquet, Les fondements de la stratégie chinoise, Economica, Paris, 2000.
  • Li Zhiqing, Li Weimin, L'Art de la guerre. Sun Tzu, adaptation en manga (prix international du manga 2007, décerné par le ministère japonais des Affaires étrangères).
  • Yann Couderc, Sun Tzu en France Editions Nuvis, Paris, 2012.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sima Qian, Shiji, chap. 65 – (fr) Disponible sur Wikisource.
  2. Selon Liang Qichao, journaliste et philosophe chinois (1873-1929)
  3. Selon Qian Mu, de l'Académie de recherche sur l'histoire de la Chine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]