Chaco Canyon

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Chaco Culture
National Historical Park
Image illustrative de l'article Chaco Canyon
Pueblo Bonito, Chaco Canyon
Catégorie UICN V (paysage terrestre/marin protégé)
Identifiant 366930
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Drapeau du Nouveau-Mexique Nouveau-Mexique
Ville proche Farmington
Coordonnées 36° 02′ 19″ N 107° 57′ 10″ O / 36.03871228, -107.9528742136° 02′ 19″ Nord 107° 57′ 10″ Ouest / 36.03871228, -107.95287421  
Superficie 137,43 km2[1]
Création 11 mars 1907
Classement  Patrimoine mondial (1987)
Visiteurs/an 45 539 en 2005
Administration National Park Service
Site web http://www.nps.gov/chcu/

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Chaco CultureNational Historical Park

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Carte du parc

Chaco Canyon est un ensemble de quelque 3 600 sites archéologiques[2],[3] appartenant à la culture anasazi, situé au sud-ouest des États-Unis dans l'État du Nouveau-Mexique. Il connut son apogée du IXe au XIIIe siècle de notre ère et fut un carrefour commercial et une place religieuse importante. Il devint monument national américain en 1907 puis National Historical Park. Aujourd'hui, Chaco Canyon est classé au patrimoine de l'Humanité de l'UNESCO. Il représente le plus important site archéologique précolombien au nord du Mexique. Les Chacoans (les habitants de Chaco Canyon) ont extrait des blocs de grès et ont transporté du bois sur d’importantes distances afin d’aménager quinze complexes de bâtiments qui restèrent les plus imposants d’Amérique du Nord jusqu’au XIXe siècle[4],[5]. Les études en archéoastronomie effectuées sur le site, notamment sur le pétroglyphe de la Fajada Butte, ont permis de mieux saisir le degré de connaissances des Anasazis. De nombreuses constructions sont en effet alignées en fonction des cycles solaire et lunaire[6], ce qui dénote un certain degré d’avancement de cette civilisation pour les observations astronomiques et l'architecture[7]. Les spécialistes pensent qu’un changement climatique apparu avec une sécheresse en 1130 qui dura 50 ans a provoqué l’émigration des Chacoans et l’abandon de la vallée[8]. Situés dans la région aride et inhospitalière des Four Corners, les sites de Chaco Canyon sont fragilisés par l’érosion et par la fréquentation touristique. Les autorités du parc ont ainsi préféré interdire l’accès de la Fajada Butte au public pour protéger les pétroglyphes. Les actuelles tribus hopis et pueblos considèrent la vallée comme un territoire sacré et perpétuent oralement les récits de leurs ancêtres[9].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le parc historique national de Chaco se trouve au nord-ouest du Nouveau-Mexique aux États-Unis, entre les villes d’Albuquerque et de Farmington, dans le comté de San Juan. Il mesure 137 km² et est entouré par des terres tribales navajos. Il se situe dans le bassin de San Juan, sur le bord sud-est du plateau du Colorado, entre plusieurs chaînes de montagne (Chuska Mountains à l’ouest, San Juan Mountains au nord et San Pedro Mountains à l’est). C’est dans ces montagnes que les Chacoans trouvaient le bois dont ils avaient besoin (chêne, pin pignon, pin ponderosa, genévrier). Le canyon occupe un secteur entouré de dunes et de chaînes de montagne. La vallée, dont l’accès est relativement difficile, s’étend sur un axe nord-ouest / sud-est ; elle est bordée par des formes de relief au sommet plat appelées « Mesa », ce qui signifie « table » en espagnol. Le parc est traversé sur environ 20 km par le Chaco Wash, un cours d’eau temporaire alimenté par le ruissellement des précipitations et dont le bassin-versant s’étend sur 2 175 km²[10]. Les principaux complexes comme ceux de Pueblo Bonito, Nuevo Alto et Kin Kletso ont une altitude comprise entre 1 890 mètres et 1 963 mètres. La présence d’un aquifère à une faible profondeur permettait aux habitants de s’alimenter en eau.

Géologie[modifier | modifier le code]

Après la dislocation de la Pangée pendant la période du Crétacé, le secteur du Chaco Canyon était compris entre un ensemble de plaines et de collines à l’ouest et une mer intérieure peu profonde (« Mer intérieure de l’Ouest »). En marge de cette mer se trouvait une frange littorale sableuse et marécageuse submergée à plusieurs reprises au cours de son histoire : cette région, où se sont accumulées des couches de sédiments transformées ensuite en grès et en shale à la fin du Crétacé[11],[12], il y a 75 à 80 millions d’années[13] appartiennent à la formation géologique de Mesa Verde[11]. Les spécialistes ont retrouvé dans la couche de Meneffe, la plus ancienne strate de la formation Mesa Verde des fossiles témoignant du climat subtropical qui régnait alors dans la région à la fin du Crétacé : tortues, crocodiles, Hadrosauridae, Mosauridae, palmiers et conifères[13]. On peut observer cette couche géologique sur le versant sud du canyon et sur la Fajada Butte. Elle est parcourue par de fines veines de charbon[3]. La couche de Cliff House est plus courante et constitue de grandes épaisseurs de 25 à 30 mètres de hauteur sur les falaises du canyon[13]. Elle est plus résistante à l’érosion que la couche de Meneffe. On y trouve les traces d’une faune aquatique : coquilles, ammonites, escargots, dents de requin, etc[13]. L’érosion commença il y a environ deux millions d’années, à l’époque du pléistocène[3]. Le Chaco Wash coulait à travers les strates supérieures de l’actuelle Chacra Mesa (122 mètres de hauteur) et l’entailla pour former un large canyon et des mesas sur plusieurs millions d’années. Des canyons secondaires (Mockingbird Canyon, Clys Canyon), adjacents au Canyon de Chaco, ont également été formés par l’érosion[3]. Entre 40 000 et 70 000 ans avant notre ère, le fond du canyon a subi une forte érosion qui mit au jour le substrat rocheux fait de shale de Menefee[3]. Puis ce secteur fut comblé par environ 38 mètres de dépôts sédimentaires qui forment la surface du terrain actuel. Aujourd’hui, le canyon et la mesa constituent le cœur du Plateau de Chaco (Chaco Core) ; ce cœur est une région relativement plate, recouverte de buissons et d’herbes avec quelques bosquets. La ligne de partage des eaux se trouve à seulement 25 km à l’ouest du canyon.

Climat[modifier | modifier le code]

Fajada Butte en hiver

Situé dans un désert d’altitude, le parc de Chaco Canyon reçoit en moyenne 231,1 mm de précipitations annuelles[3]. Cependant, une sécheresse affecte la zone depuis l'an 2000, date à partir de laquelle la moyenne est tombée à 165 mm[3]. Le parc se trouve en effet en situation d’abri derrière des chaînes de montagne, à l’intérieur du continent nord-américain. L’effet de foehn apporte de l’air sec et chaud à l’origine de la semi-aridité qui règne sur la région[14] : cette sécheresse a permis au bois utilisé dans les constructions des Anasazis de bien se conserver. Le niveau moyen des précipitations augmente avec l’altitude[12]. Les pluies tombent principalement entre juillet et septembre, sous forme d’averses orageuses qui peuvent provoquer des inondations. Mai et juin sont les mois les plus secs. Une remontée inhabituelle vers le nord de la zone de convergence intertropicale peut apporter de manière exceptionnelle des pluies plus abondantes certaines années. Le climat peut aussi être affecté par les variations du courant marin d’El Niño[15]. La région de Chaco Canyon connaît aussi des températures contrastées : sur l'année, celles-ci varient entre -3,3 °C et 39 °C[15]. L’été est la saison la plus chaude, avec des températures comprises entre 26,5 °C et 35 °C[16]. L’amplitude diurne peut être importante : il arrive que la température évolue de 15 °C dans la même journée. Le gel n’est absent que moins de 150 jours par an, à cause de l’altitude.

Mois Jan Fev Mar Avr Mai Jui Jui Aou Sep Oct Nov Dec Année
Temp. moyennes
max. en °C
6,3 9,3 13,8 19,2 24,5 30,2 32,4 30,8 27,1 20,7 12,4 6,6 19,5
Temp. moyennes
min. en °C
-10,5 -7,6 -5,1 -1,4 3,0 8,1 12,6 11,7 6,7 0 -6 -10,6 0,05
Précipitations moyennes (mm) 11,6 13,9 14,2 11,9 15,2 10,4 28,9 34,4 28,9 28,8 15,5 15,5 228,8
Moyenne sur 1922-2005 des relevés de Chaco Culture National Historical Park[17].

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Chaco Canyon se trouve dans un milieu de déserts et broussailles xérophytes et de steppes, similaire à celle du Grand Bassin. Les écosystèmes varient en fonction de l’altitude, de l’exposition des versants, de la nature du sol et de la disponibilité en eau. L’armoise (Artemisia tridentata) et plusieurs espèces de cactus sont particulièrement bien adaptées à la sécheresse. Les arbres sont relativement rares dans le canyon, sauf près des sources et des cours d’eau temporaires, où poussent quelques saules et peupliers[3]. En altitude, sur les mesas, on peut trouver des pins pignons et des genévriers. Le parc représente un sanctuaire pour les plantes sauvages qui sont menacées ailleurs par l’élevage et les industries minières.

Les principales espèces de mammifères présentes dans le parc sont le coyote, le lynx, le renard, le blaireau américain, la mouffette, le cerf hémione et le wapiti. De nombreuses espèces de rongeurs vivent dans la région comme le chien de prairie et la chauve-souris. Le manque d’eau entraîne une certaine rareté des oiseaux, même si l’on peut observer le géocoucou, plusieurs espèces de rapaces (épervier de Cooper, crécerelle d'Amérique), le hibou, la chouette, le vautour, le corbeau, etc. De petits oiseaux tels que les parulinés, le moineau et le roselin familier sont plus courants. Plusieurs espèces d’oiseaux-mouches nichent dans les buissons et les arbres situés près des points d’eau, comme le colibri roux ou le colibri à gorge noire. Le crotale de l'ouest se rencontre parfois de même que de nombreux lézards.

Histoire du site[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anasazi.
La civilisation des Anasazis (en rose). Les trois sites archéologiques les plus importants sont Mesa Verde (1), Chaco Canyon (2) et Gila Cliff (3)

Premiers établissements humains[modifier | modifier le code]

L'histoire du peuple anasazi reste mystérieuse, faute de sources écrites. Les travaux des archéologues permettent néanmoins d'entrevoir plusieurs phases chronologiques, dont les dates sont approximatives : le sud-ouest des États-Unis a d'abord été occupé par les peuples de la tradition Sohara (vers 5 500 avant J.-C. / vers 400 après J.-C.). Les premiers habitants du bassin de San Juan étaient des chasseurs-cueilleurs de l’époque archaïque[18], qui descendaient des Paléoindiens nomades de la culture Clovis, apparus dans le Sud-Ouest vers 10 000 av. J.-C.[19]. Vers 900 av. J.-C., les peuples archaïques occupaient plusieurs sites comme celui d’ Atlatl Cave[20]. Ils ont laissé peu de vestiges de leur présence dans le Chaco Canyon lui-même.

Leurs successeurs, les Basketsmakers (les « vanniers », parce qu’ils ne connaissaient pas la poterie), implantés dans ces territoires montagneux et semi-arides quelque temps avant l’ère chrétienne, commencèrent à se sédentariser et à pratiquer l’agriculture dans le canyon dès la fin du Ve siècle apr. J.-C. ; ils occupaient par exemple le Shabik'eshchee Village et d’autres emplacements. Les archéologues ont mis au jour des perles de turquoise et des pendentifs datant du VIe siècle et des céramiques du VIIe siècle. Les kivas étaient déjà utilisées comme lieu de culte, où les Amérindiens déposaient des offrandes[21]. Vers 700, la population du Chaco Canyon devait atteindre 100 à 200 personnes[22]. Le développement des techniques d’architecture, de l’habitat et des pratiques religieuses aboutit progressivement à l’organisation d’une nouvelle culture, celle des Pueblos.

Les Anasazis à Chaco Canyon[modifier | modifier le code]

Reconstitution de Pueblo Bonito à son apogée

Les Anasazis succèdent au VIIIe siècle apr. J.-C. aux Basketmakers dans le Sud-Ouest. La sédentarisation progressive liée au développement de l’agriculture, aboutit à l’émergence d’une nouvelle culture dite de Pueblo, en référence aux villages constitués de maisons en briques de terre construites par les Anasazis. Les débuts (période Pueblo I, de 700 à 900) sont caractérisés par de petites maisons isolées et par l'apparition de la culture du coton et de l’irrigation. Ils s'installent en haut des mesas, dans des abris semi-enterrés[23]. Si la période Pueblo II (de 900 à 1100) marque un apogée qui se manifeste par un enrichissement des parures, Pueblo III (de 1100 à 1300) connaît un refoulement des divers Anasazis dans le seul Mesa Verde et le retour à un habitat troglodytique rudimentaire.

Il faut attendre le Xe siècle pour que les Anasazis descendent et bâtissent dans le Chaco Canyon[24]. C’est à partir de cette époque qu’ils construisent des grands ensembles de bâtiments tels que Penasco blanco (900-1125), Chetro Ketl (à partir de 900), Keet Seel (occupé vers 950), Pueblo Bonito (à partir de 960 : première section de 50 pièces disposées en arc de cercle[25],[26].

Le XIe siècle voit une extension spectaculaire des routes depuis Chaco Canyon, qui témoigne d’un essor du commerce. Vers 1050, la communauté comptait entre 1500 et 5000 personnes. Elle importait des perles de cuivre, des aras et des coquillages. Il est également possible que les habitants aient construit un barrage à l’ouest du canyon durant ce siècle[27].

Le début du XIIe siècle marque l’apogée de la culture de Chaco : vers 1130, le Pueblo Bonito mesure quatre étages et comprend quelque 800 pièces[28]. 1130-1180 : 50 ans de sécheresse affectent la communauté[29] provoquant l’effondrement de la culture de Chaco[30]. Dès le début du XIIe siècle, le Chaco Canyon cessa d'être un centre religieux d'influence régionale[31]. Une autre période de sécheresse entre 1250 et 1450[32],[23] finit de faire disparaître la culture de Chaco.

D’autres facteurs tels que l’irrigation intensive et la déforestation ont pu provoqué l’effondrement de la culture de Chaco[33]. Les habitants ont émigré vers les vallées de la Little Colorado River, du Rio Puerco et du Rio Grande[34]. On finit par perdre leur trace avant l'arrivée des Européens.

Le site après les Anasazis[modifier | modifier le code]

Des peuples de langue uto-aztèque, tels que les Utes et les Shoshones sont déjà présents sur le Plateau du Colorado au XIIe siècle. Des groupes nomades d’Apaches et de Navajos s’implantent dans la région du Bassin de San Juan au XVe siècle et adoptent les coutumes et les techniques des Chacoans[35]. Pendant la conquête espagnole, au XVIIe siècle, de nombreux Pueblos et Navajos se réfugient dans le Chaco Canyon. En 1774, Don Bernardo de Miera y Pacheco est le premier à porter le secteur du Chaco Canyon sur une carte en l’appelant « Chaca », un mot sans doute traduit de la langue navajo. Au XIXe siècle, le Mexique puis les États-Unis imposent leur souveraineté en lançant des campagnes militaires contre les derniers habitants[36]. Le marchand Josiah Gregg est le premier à apporter un témoignage écrit sur les ruines du Chaco Canyon, en 1832. En 1849, un détachement de l’armée américaine, mené par le lieutenant James H. Simpson, traverse le site et s’intéresse aux ruines. Un rapport est rédigé et illustré par les frères Kern. Mais l’endroit est tellement isolé qu’il est peu visité au cours des 50 ans qui suivent. En 1877, l’artiste et photographe William Henry Jackson participe à l’expédition de Ferdinand Vandeveer Hayden dans l’Ouest américain et cartographie le Chaco Canyon. Après une brève reconnaissance menée par des érudits du Smithsonian dans les années 1870, Chaco Canyon fait l’objet d’une étude archéologique complète en 1896 : Pueblo Bonito est fouillé par une équipe de l'American Museum of Natural History, dirigée par George H. Pepper. Elle passe cinq étés dans la région, envoie quelque 60 000 objets à New York et ouvre une série de postes d’approvisionnement[37].

En 1901, Richard Wetherill, qui a travaillé pour le compte des frères Hyde, revendique la concession de 161 acres conformément au Homestead Act : ces terrains comprennent Pueblo Bonito, Pueblo del Arroyo et Chetro Ketl[38]. En examinant la demande de Wetherill, l’agent federal Samuel J. Holsinger entreprend des relevés topographiques et archéologiques : il découvre des portions de routes précolombiennes, des escaliers au-dessus de Chetro Ketl, ainsi qu’un système élaboré de barrages et d’irrigation[39],[40]. Son enquête, qui n’a jamais été rendue publique, recommande alors la création d’un parc national afin de préserver les sites amérindiens. L’année suivante, Edgar Lee Hewett, président de l’université du Nouveau-Mexique, recense un grand nombre de sites du Chaco Canyon. Il fait partie des instigateurs de la loi sur les Antiquités de 1906 (Antiquities Act of 1906). Celle-ci autorise également le Président américain à fonder des monuments nationaux pour protéger des sites historiques ou naturels. C’est finalement Theodore Roosevelt qui mit en place le Monument national de Chaco Canyon le 11 mars 1907. En conséquence, Richard Wetherill doit renoncer à ses prétentions sur plusieurs parcelles du Chaco Canyon.

À partir de 1921, la National Geographic Society lance huit expéditions dans la région du Chaco Canyon : ainsi, Neil Judd fouille le site de Pueblo Bonito, grâce à la collaboration des Amérindiens[41]. En 1928-1929, A. E. Douglass utilise la méthode de la dendrochronologie pour dater plusieurs dizaines de structures dans le canyon. En 1949, le Chaco Canyon s’agrandit grâce à des terres cédées par l’université du Nouveau-Mexique. En retour, l’établissement garde ses droits de recherche scientifique dans la région. Entre 1958 et 1964, la National Geographic Society et le National Park Service financent cinq autres campagnes de recherche archéologique[42]. À la fin des années 1950, le National Park Service construit un office d’information touristique, des bâtiments pour le personnel et des terrains de camping. Le 15 octobre 1966, le site est enregistré sur le National Register of Historic Places. En 1971, les chercheurs Robert Lister et James Judge ouvrent le Chaco Center, qui fonctionne grâce à la coopération de l’université du Nouveau-Mexique et du National Park Service. L’institution permet de recenser, grâce aux techniques de la NASA, les anciennes routes qui rayonnent depuis le Chaco Canyon[43]. Elle découvre également 14 pièces à Pueblo Alto (1976-1978). La richesse des découvertes archéologiques et l’agrandissement de 53 km² de terrains supplémentaires conduisent les responsables à transformer le monument national en parc national historique le 19 décembre 1980. En 1987, ce dernier est classé sur la liste du patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Afin de protéger d’autres sites anasazis dans les environs, le National Park Service met en place une agence chargé de mettre en œuvre le Chaco Culture Archaeological Protection Site program. Cette initiative a permis de recenser plusieurs milliers de sites archéologiques et de faire progresser les connaissances sur la civilisation anasazie[43],[44].

Administration et protection du parc[modifier | modifier le code]

Le parc de Chaco Culture est administré par le National Park Service ; le Bureau of Land Management s’occupe des terrains qui entourent le parc et notamment des routes qui en rayonnent. Ces deux agences faisant partie du Département de l’Intérieur.

Pour l’année fiscale 2002-2003, le budget du parc était de 1 434 000 dollars[45]. La sécurité et l’information des visiteurs, la maintenance des infrastructures, l’administration et la préservation des sites représentent les principales dépenses.

Afin de préserver les constructions, des règles strictes sont appliquées depuis 1981 : les recherches sont menées dans le respect des croyances des Hopis et des Pueblos, en utilisant des méthodes telles que la dendrochronologie et l’anthropologie culturelle, ainsi que l’étude des traditions orales. C’est dans cette optique qu’a été créé en 1991 le Chaco American Indian Consultation Committee qui implique les représentants amérindiens dans la gestion du parc.

Le Chaco Night Sky Program cherche à éliminer la pollution lumineuse nocturne et offre aux visiteurs la possibilité d’utiliser l’observatoire de Chaco, inauguré en 1998. Ces derniers peuvent également profiter des divers télescopes et des présentations d’astronomie. En 1983, un projet de concession aux industriels du charbon de terrains situés autour du Chaco Canyon avait été envisagé. Mais il fut abandonné grâce au Chaco Roads Project qui avait mis en évidence le réseau des anciennes routes anasazies dans la région. Le Getty Conservation Institute, situé à Los Angeles, apporte une aide technique et des conseils pour la conservation des structures archéologiques[45].

Les sites archéologiques[modifier | modifier le code]

Autour de Pueblo Bonito[modifier | modifier le code]

Ruines à Pueblo Bonito

C’est dans la partie centrale du Chaco Canyon que se trouvent les ensembles de bâtiments les plus étendus. Le mieux étudié est celui de Pueblo Bonito (« le beau village ») : les 800 pièces du complexe[41] occupaient une surface au sol de 8 000 m². À son achèvement, il était aussi grand que le Colisée de Rome[7]. Certaines constructions comprenaient jusqu’à quatre étages. Son édification s’étala sur environ trois siècles[46].

  • Le site de Pueblo del Arroyo se trouve non loin de Pueblo Bonito, au débouché d’un cours d’eau temporaire appelé South Gap. Fondé entre 1050 et 1075, sa réalisation fut achevée au début du XIIe siècle.
  • La Casa Rinconada est un ensemble architectural composé d’une grande kiva et qui est à l’écart des autres sites du Chaco Canyon, sur la rive sud du Chaco Wash. Elle se trouve sur le chemin menant à l’escalier d’accès à la South Mesa.
La grande kiva de Chetro Ketl
  • Chetro Ketl est un autre site près de Pueblo Bonito ; il offre un exemple de complexe de forme hémisphérique, de dimensions réduites. Son aménagement a débuté entre 1020 et 1050. Il compte entre 450 et 550 pièces mais une seule grande kiva. Edgar Lee Hewett pense qu’il a nécessité 5 000 arbres et 50 millions de pierres taillées[47].
  • Kin Kletso (la « maison jaune ») est un complexe de taille moyenne situé à 800 mètres à l’ouest de Pueblo Bonito qui indique une occupation par les habitants venus du nord du basin de San Juan. Son plan régulier le rattache à la culture de Pueblo II. Il contient 55 pièces, quatre kivas au rez-de-chaussée et une tour cylindrique de deux étages qui a pu servir de lieu de culte. Plusieurs indices laissent à penser que la taille d’obsidienne se faisait près du village, qui fut construit entre 1125 et 1130[48].
  • Pueblo Alto comprend 89 pièces sur une mesa près du milieu du Chaco Canyon, à environ un kilomètre à vol d’oiseau de Pueblo Canyon. Commencé entre 1020 et 1050, le village était visible par les habitants du Bassin de San Juan, à cause de sa situation en hauteur. Il a été un centre de production de perle et de turquoise.
  • Une autre great house, Nuevo Alto a été construite sur la mesa nord près de Pueblo Alto, fondée à la fin du XIIe siècle, lorsque la population du canyon commença à décroître.

Sites périphériques[modifier | modifier le code]

D’autres sites sont dispersés dans les limites du parc, en marge du secteur central de Pueblo Bonito : au nord-ouest de Pueblo Bonito se dresse la Casa Chiquita (« Petite maison »), un village construit dans les années 1080, pendant la période humide qui permit à la culture de Chaco de s’épanouir. Il apparaît moins étendu que les sites antérieurs et adopte une forme rectangulaire. Le complexe ne dispose ni de places ouvertes, ni de kivas séparées[49]. Ces dernières se rangent dans la tradition de Mesa Verde.

  • À quelques kilomètres en aval, Peñasco Blanco (« Falaise blanche ») est l’emplacement d’un complexe bâti en haut de la falaise sud dominant le canyon ; son aménagement s’étale sur un peu moins de trois siècles, entre 900 et 1125. Il est célèbre pour une représentation appelée par les anglophones Supernova Platograph, car il est soupçonné de représenter la supernova SN 1054 telle qu'elle a probablement été visible au matin du 5 juillet 1054[50]. Cette date, suivant d'un jour celle de première apparition de l'astre relaté par les astronomes chinois, correspond au moment où eut lieu une conjonction entre la Lune peu avant la nouvelle lune (qui était donc en forme de fin croissant visible au matin) et l'étoile nouvelle.
  • Hungo Pavi, situé à quelques kilomètres au sud-est de Pueblo Bonito mesure 266 mètres de circonférence. Les premières études archéologiques ont révélé la présence de 72 pièces de plain-pied [51] avec des structures atteignant quatre étages. Une grande kiva circulaire a aussi été repérée.
  • Kin Nahasbas (construit au IXe ou Xe siècle) est une autre ruine importante. Situé au nord d’ Una Vida, au pied de la mesa nord. Pour le moment, l’endroit a peu été fouillé[52].
Pétroglyphes sur le site d'Una Vida
  • Tsin Kletzin est une enceinte située sur la Chacra Mesa, au-dessus de la Casa Rinconada, se trouve à 3,7 km au sud de Pueblo Alto. À côté se trouve le Weritos Dam, une structure en terre qui devait conduire l’eau jusqu’à Tsin Kletzin. Les précipitations étaient retenues dans un réservoir.
  • Plus loin à l’intérieur du canyon, Una Vida (« Une vie ») est l’une des trois plus anciennes Great Houses (sa construction a débuté vers 900). Elle comprenait au moins deux étages et 124 pièces[51]. Elle possède la même forme hémicycle que celles de Peñasco Blanco et Pueblo Bonito.
  • Le site de Wijiji comprend un peu plus de 100 pièces et constitue donc la plus petite des Great Houses. Construit entre 1110 et 1115[53], il s’agit aussi de la dernière construire à Chaco Canyon. Elle est excentrée par rapport aux autres sites, tout à l’est du parc.

Habitat[modifier | modifier le code]

Dans les villages, les archéologues se sont beaucoup intéressé aux places (plaza) et aux kivas : ces pièces étaient dévolues au travail ou au repos dans les premiers temps. Puis, les grandes kivas semblent avoir servi de lieu de cérémonies religieuses pour la communauté. Les Anasazis savaient choisir des sites naturels exceptionnels pour s'installer : plusieurs villages se sont ainsi abrités sous d'imposantes falaises au XIIIe siècle. Creusées dans les parois de gigantesques cayons, les habitations troglodytiques attirent toujours la curiosité des touristes. Ce type d'habitat présentait l'avantage d'offrir une protection contre la pluie ou la neige. L'orientation des villages préservait la communauté du froid en hiver et de la canicule en été. De plus, de tels sites constituaient un rempart naturel contre d'éventuelles attaques. En revanche, les champs étaient plus éloignés des habitations et moins accessibles pour les habitants. Les villages du Chaco Canyon étaient si rapprochés qu'ils formaient une conurbation rassemblant 15 à 30 000 habitants[54]. Les Anasazis réussirent la prouesse de construire dans des endroits difficilement accessibles, sans animaux de trait ni outils métalliques. Les grandes maisons de Chaco Canyon ont nécessité des centaines de millions de blocs de grès et des centaines de milliers de poutres[55].

  • Celle d'Una Vida a été occupée entre 850 et 1150 environ et compte 150 pièces et 5 kivas.
  • Pueblo Bonito est le centre de la culture Chaco. Elle a été occupée du IXe au XIIIe siècle. Elle compte plus de 600 pièces et 40 kivas de tailles différentes.
  • Chetro Ketl (XIe-XIIe siècles) : 500 pièces et 16 kivas. Il existait une grande place qui dominait le canyon.
  • Pueblo del Arroyo construit entre 1075 et 1105 a 280 pièces et 20 kivas.
  • Kletso : 100 pièces, 5 kivas.
  • Casa Rinconada, au sud du canyon, possède la plus grande kiva.

Artisanat[modifier | modifier le code]

Sandale en fibre de yucca, XIIe siècle. Chaco Canyon

Les archéologues ont retrouvé environ un million d'objets et d'échantillons[2] dans la région de Chaco Canyon. Les hommes tissaient le coton pour en faire des couvertures et des chemises. Ils utilisaient d'autres fibres végétales (yucca) ou des matières d'origine animale (peaux, fourrures) pour leurs vêtements. Ils portaient des sandales et des mocassins, et probablement des chaussures adaptées à la neige pour l'hiver. Les bijoux étaient courants : colliers, boucles d'oreilles, bracelets, broches, peignes étaient faits en bois, en os, en corail, en jais et en pierres diverses (turquoise [56].) On a même retrouvé des instruments de musique (flûte en os …).

Bol en céramique peinte, XIe / XIIIe siècles, Chaco Canyon

Dans la vie quotidienne, les Anasazis se servaient de différents objets, que l'on peut voir aujourd'hui dans le musée du parc de Chaco Canyon :

  • Paniers, corbeilles faits en osier, yucca, sumac étaient destinés à de multiples usages. Ils étaient par exemple utilisés comme sac-à-dos pour transporter des outils, des branchages ou de la nourriture.
  • Poteries et céramiques : bols, jarres, pichets, cuillères, petites figurines ... Chaco Canyon a abrité d'excellents potiers qui produisirent des poteries noires et blanches[42].
  • Outils et armes en pierre : alênes, pointes de flèches, couteaux en obsidienne, haches en fibrolite ou en limonite.
  • Objets pour le tissage du coton, pour coudre le cuir (aiguilles en os).
  • Cordages et sandales (fibres de yucca)

Bâtiments religieux[modifier | modifier le code]

Kiva Chaco Canyon NM.jpg

Le Chaco Canyon semble pour certains historiens, avoir été un grand centre de pèlerinage pour les populations des alentours[57].

Les kivas étaient des chambres rituelles circulaires creusées dans le sol et recouvertes d'un toit ; édifice en partie souterrain, on y descendait par une petite échelle pour pratiquer le culte ou réunir le conseil du village. Un foyer était aménagé au centre et la fumée s'échappait par un conduit de ventilation, doté d'un déflecteur. Les plus grandes pouvaient accueillir plusieurs centaines de personnes qui pouvaient s'asseoir sur des banquettes en pierre. Des fêtes religieuses liées aux cycles agricoles devaient être célébrées dans ces kivas, exclusivement par les hommes.

Les grandes kivas de Chaco Canyon avaient un diamètre de 18 mètres et étaient subdivisées en fonction des points cardinaux. Certains bâtiments en pierre du canyon se trouvent dans l'alignement du soleil à un moment précis : à Pueblo Bonito par exemple, le lever du soleil du solstice d'hiver est visible depuis deux portes[23].

Fonctions commerciales[modifier | modifier le code]

Objets en turquoise retrouvés dans le parc du Chaco Canyon

Pueblo Bonito, dans le Chaco Canyon, est attesté comme l'un des grands centres de commerce des Anasazis. La région était parcourue par un réseau de voies qui reliaient entre eux une centaine de villages du bassin de San Juan[58]. Les échanges se faisaient sur la base du troc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  3. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « Nature and Science », NPS,‎ 07-03-2007 (consulté le 30-10-2007)
  4. M. Strutin, Chaco: A Cultural Legacy, 1994, p.6
  5. B. Fagan, Chaco Canyon; Archaeologists Explore the Lives of an Ancient Society, 2005, p.35
  6. B. Fagan, From Black Land to Fifth Sun: The Science of Sacred Sites, Reading, Massachusetts, Addison-Wesley, 1998, p.177-182
  7. a et b A. Sofaer, The Primary Architecture of the Chacoan Culture: A Cosmological Expression, University of New Mexico Press, 1997, [lire en ligne]
  8. B. Fagan, Chaco Canyon; Archaeologists Explore the Lives of an Ancient Society, 2005, p.198
  9. A. Sofaer, The Mystery of Chaco Canyon, South Carolina ETV, 1999
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  18. L’ère archaïque, selon la classification de Pecos (Nouveau-Mexique, 1927), s’étale en gros du VIIIe millénaire avant J.-C. au XIIe siècle apr. J.-C. ; les peuples de cette période sont parfois désignés comme Pré-Anasazis
  19. D. Stuart, Anasazi America, University of New Mexico Press, 2000, pp.14-17
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  31. George Johnson, « Vanished: A Pueblo Mystery », dans The New York Times du 08-04-2008, [lire en ligne]
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  33. J. Diamond, Collapse: How Societies Choose to Fail or Succeed, Viking, 2005, (ISBN 0-670-03337-5), pp.136-156
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  50. D.H. Kelley, E.F. Milone, Exploring Ancient Skies: An Encyclopedic Survey of Archaeoastronomy, Springer, 2004, (ISBN 0-38795-310-8), p.413
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  53. Brian Fagan, Chaco Canyon; Archaeologists Explore the Lives of an Ancient Society, 2005, p.6-7
  54. Jerry J. Brody, Les Anasazis..., pages 106-107.
  55. Jerry J. Brody, Les Anasazis..., page 112.
  56. Peter H. Raven (préf.), Les grandes expéditions du National Georgaphic, National Geographic Society, 2000, (ISBN 2845820089), p.237
  57. Jerry J. Brody, Les Anasazis..., page 111.
  58. Jerry J. Brody, Les Anasazis…, page 110.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • Jerry J. Brody, Les Anasazis : les premiers Indiens du Sud-Ouest américain, Edisud,‎ 1993.

En anglais[modifier | modifier le code]

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  • A. Sofaer, The Primary Architecture of the Chacoan Culture : A Cosmological Expression, University of New Mexico Press,‎ 1997 (lire en ligne).
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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