Désert des Mojaves

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Désert des Mojaves
Image illustrative de l'article Désert des Mojaves
Localisation
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Superficie 40 000 km2
Coordonnées 35° 00′ 30″ N 115° 28′ 30″ O / 35.008333, -115.475 ()35° 00′ 30″ Nord 115° 28′ 30″ Ouest / 35.008333, -115.475 ()  
Altitude
Maximale 2 000 m
Minimale 1 000 m
Température
Maximale 56,7 °C
Autre
Précipitations 150 mm/an
Ressources naturelles Fer, borax, argent

Géolocalisation sur la carte : Californie

(Voir situation sur carte : Californie)
City locator 10.svg

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
City locator 10.svg

Le désert des Mojaves ou de Mojave est une grande étendue désertique d'environ 40 000 km². Il est situé dans l'ouest des États-Unis, au sud de la Californie essentiellement, mais il déborde sur les États voisins du Nevada et de l'Arizona. Ce désert appartient au même ensemble géologique que le Grand Bassin ou que le désert de Sonora, et son nom est emprunté à un peuple amérindien, les Mohaves. C'est un désert d'abri, bordé par les montagnes Tehachapi, San Gabriel et San Bernadino.

La rivière Mojave (Mojave River) est une source d'eau importante pour l'irrigation. En outre, une partie du fleuve Colorado traverse l'est du désert de Mojave.

Climat[modifier | modifier le code]

Le désert des Mojaves possède de façon générale un climat subtropical, désertique chaud en tous cas en vallée caractérisé par des étés longs, très chauds et très secs et par des hivers courts, doux à extrêmement doux et secs. Le désert des Mojaves reçoit moins de 330 mm de précipitations par an et a une élévation située entre 610 et 1 500 m. Le désert des Mojave contient l'endroit le plus bas, le plus sec et le plus chaud d'Amérique du Nord : la Vallée de la Mort où les températures moyennes maximales en été sont supérieures à 46 °C entre juillet et août.

Le désert des Mojaves se situe dans l'ombre pluviométrique de la Sierra Nevada, importante chaîne de montagnes qui rend la masse d'air beaucoup plus sèche et plus chaude par effet de foehn. Le climat sec y est aussi influencé par des reliefs montagneux moins importants tel que la chaîne Spring mais qui ont le même effet réchauffant et asséchant, ce qui au bout du compte contribue à créer un zone très aride.

Les températures moyennes maximales en hiver en haute altitude se situent autour de 5 °C alors que les températures nocturnes peuvent être glaciales (autour de - 5 °C voire parfois en-dessous). Cependant, les températures moyennes maximales hivernales en vallée, à des altitudes beaucoup moins élevées dépasse facilement 20 °C.

Les températures moyennes maximales en été (de mai à septembre) après milieu mai sont normalement supérieures à 32 °C et fréquemment au-dessus de 38 °C. Le climat estival est dominé par la chaleur extrême. Les températures en vallée peuvent grimper au-delà de 46 °C pendant les vagues de chaleur et au-delà de 50 °C à des altitudes encore plus basses. De plus, l'humidité relative de l'air y est très faible et n'atteint généralement pas 30%, ce qui rend la chaleur plus supportable. L'humidité relative basse, les températures élevées et la pression atmosphérique basse attirent l'humidité en provenance du Golfe du Mexique en créant des orages de forte chaleur à travers le sud-ouest du désert. Cette période d'orages est connue sous le nom de mousson nord-américaine et peut occasionner des crues dans les profondes vallées.

Le printemps et l'automne sont agréables, chauds et secs mais dominés par les perturbations océaniques venant de l'Océan Pacifique avec des précipitations occasionnelles. Le mois d'octobre est l'un des mois les plus chauds, les plus secs et les plus ensoleillés du désert des Mojaves : les températures restent aux alentours de 25 °C voire supérieures ) 30 °C dans les vallées.

La durée d'ensoleillement du désert des Mojaves et l'une des plus élevées au monde : par exemple Las Vegas reçoit en moyenne 3 825 heures d'ensoleillement annuel soit 315 jours de soleil par an (85% du temps).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le désert des Mojaves est dans sa majeure partie recouvert de plaines rocailleuses, parfois interrompues par des massifs montagneux. Une des caractéristiques de ce désert est la présence d'une espèce de yucca nommée Joshua Tree. La région reçoit moins de 150 mm de précipitations par an, mais se situe à des altitudes assez élevées, comprises entre 1000 et 2000 mètres. C'est pourquoi il arrive que la neige y tombe en certains endroits pendant la saison hivernale. L'amplitude thermique, d’une saison à l'autre, varie de façon très importante.

La vallée de la Mort fait partie de ce désert. Le vent y souffle fort et régulièrement, c'est pourquoi une série d'éoliennes a été installée près du col de Tehachapi. Pour cette raison, le désert de Mojave occupe la première place mondiale pour la production d'énergie éolienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le désert des Mojaves était peuplé par les Mojaves, un peuple amérindien qui lui a donné son nom. Pendant la conquête de l'Ouest, le désert des Mojaves fut d'abord fréquenté par des aventuriers et des chercheurs d’or dans les années 1870, qui campaient près de l’oasis de Mara. En 1938, le Baby Homeland Act attribuait gratuitement une parcelle d’un hectare à toute personne désireuse de s’y installer et d’y édifier une structure en dur. L'objectif était de peupler cette région peu occupée.

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Les rares villes sont liées aux ressources naturelles de ce désert qui sont très nombreuses : minerais de fer, borax, argent. Les villes fantômes comme Calico constituent les reliques de ces activités. On trouve aussi des bases militaires.

Les villes principales sont : Palmdale en Californie et Las Vegas (1 777 539 habitants en 2006), la capitale mondiale des jeux de hasard, située dans le Nevada. Les autres villes sont Victorville, Barstow, Lancaster, Hesperia, California City (en), Apple Valley, Adelanto, Boron, Rosamond (en), Ridgecrest, Henderson, Needles, Joshua Tree, Yucca Valley, Twentynine Palms, Landers et Mojave (en).

De la fin des années 1950 à mai 2000, le désert des Mojaves abritait l'une des cabines téléphoniques les plus retirées du monde, la Mojave Phone Booth, devenue un lieu culte.

Activités humaines[modifier | modifier le code]

Désert des Mojaves.

Connu pour ses activités aérospatiales avec la Edwards Air Force Base, le Naval Air Weapons Station China Lake et son récent astroport civil d'où ont décollé SpaceShipOne et le Goldstone Deep Space Communications Complex, le désert des Mojaves reste une destination privilégiée des grimpeurs, en particulier dans les montagnes du parc national de Joshua Tree. Il sert de refuge aux marginaux, aux groupes de rock underground de Los Angeles ou aux joueurs de didgeridoo. De nombreux artistes contemporains (Thom Merrick (en), Jack Pierson), architectes (Linda Taalman) et musiciens (Eric Burdon, Victoria Williams (en)) sont attirés par l'isolement et les étendues sauvages de ce désert aux portes de Los Angeles. Les amateurs d'art contemporain viennent visiter les jardins de sculptures en plein air, les ateliers d’artistes et les œuvres d’architecture expérimentale[1]. Chaque année, l'artiste Andrea Zittel organise le High Desert Test Sites. On peut aussi visiter le dôme Integratron, œuvre de George Van Tassel.

Des studios d'Hollywood se sont également installés dans cette région désertique, notamment à Pioneertown (en), une ville construite en 1946 par Roy Rogers.

Les centrales solaires du désert des Mojaves ont une capacité totale de 354 MW[2].

Transports[modifier | modifier le code]

Les principales routes qui traversent le désert des Mojaves sont :

Écorégion[modifier | modifier le code]

Désert des Mojaves
Écorégion terrestre - Code NA1308[3]

Description de cette image, également commentée ci-après

Le désert au pied des monts Kingston en Californie.

Classification
Écozone : Néarctique
Biome : Déserts et brousses xériques
Géographie et climat
Superficie[4] :
130 647 km2
min. max.
Altitude[4] : -79 m 3 505 m
Température[4] : 0 °C 38 °C
Précipitations[4] : 1 mm 73 mm
Écologie
Espèces végétales[5] :
2 490
Oiseaux[6] :
230
Mammifères[6] :
98
Squamates[6] :
69
Espèces endémiques[6] :
2
Conservation
Statut[6] :
Stable / intact
Aires protégées[7] :
81,3 %
Anthropisation[7] :
1,4 %
Espèces menacées[7] :
19
Ressources web :
Site du WWF

Localisation

Description de l'image  Mojave Desert map.svg.

Le désert des Mojaves forme une écorégion terrestre définie par le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui appartient au biome des déserts et brousses xériques de l'écozone néarctique.

Flore[modifier | modifier le code]

Faune[modifier | modifier le code]

Aires protégées[modifier | modifier le code]

Ce désert contient 4 parcs nationaux (parc national de la vallée de la Mort, parc national de Joshua Tree, parc national de Zion, parc national du Grand Canyon) et plusieurs réserves naturelles (Wilderness Areas):

  • Ouest :
    • Black Mountain
    • Bright Star
    • Kiavah
    • Newberry Mountains
    • Rodman Mountains
  • Est :
    • Bigelow Cholla Garden
    • Bristol Mountains
    • Cadiz Dunes
    • Chemehuevi Mountains
    • Cleghorn Lakes
    • Dead Mountains
    • Hollow Hills
    • Ibex
    • Kelso Dunes
    • Kingston Range
    • Mesquite
    • Old Woman Mountains
    • Piute Mountains
    • Saddle Peak Hills
    • Stateline
    • Stepladder Mountains
    • Trilobite
    • Turtle Mountains
    • Whipple Mountains
  • Nord :
    • Argus Range
    • Coso Range
    • Darwin Falls
    • Funeral Mountains
    • Golden Valley
    • Grass Valley
    • Inyo Mountains
    • Malpai Mesa
    • Manly Peak
    • Nopah Range
    • North Mesquite Mountains
    • Owens Peak
    • Pahrump Valley
    • Piper Mountains
    • Resting Springs Range
    • Sacatar Trail
    • South Nopah Range
    • Surprise Canyon
    • Sylvania Mountains

Galerie[modifier | modifier le code]

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Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Truman Capote, dans son roman De sang-froid, évoque ce désert où un terrible fait divers se déroula. Son roman, porté plus tard à l'écran, fut un triomphe.
  • Ce désert est mentionné dans le livre documentaire, biographique et semi-autobiographique de Jon Krakauer, Voyage au bout de la solitude, notamment au chapitre quatre. C'est l'endroit où Christopher McCandless se voit contraint d'y abandonner sa voiture, après que cette dernière l'a conduit de Géorgie jusqu'au Sud Ouest des États-Unis, près du Lac Mead. Le véhicule refuse de fonctionner après que son moteur fut touché par les eaux d'une rivière située dans le désert Mojave jusqu'alors asséchée. Les passages du roman faisant allusion au désert des Mojave en décrit son climat ainsi que son environnement.

Fiction[modifier | modifier le code]

  • Le générique de la série K 2000 a été tourné dans ce désert.
  • Le désert est présent à différentes reprises dans la série 24 heures chrono, dont l'action se situe à Los Angeles dans les six premières saisons : ainsi, une bombe nucléaire explose à cet endroit dans la saison 2, et l'avion présidentiel s'y écrase dans la saison 4.
  • Le désert est également le lieu où Duel de Steven Spielberg a été tourné.
  • Le film d'animation Rango prend place dans le désert des Mojaves, dans la ville fictive de Poussière.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Le désert des Mojaves sert de décor au jeu vidéo Fallout New Vegas, ainsi qu'au jeu Parasite Eve 2.

Performance[modifier | modifier le code]

  • Le désert des Mojave va servir de décor pour la performance de Britney Spears le 17 Septembre 2013 en direct à la télévision américaine dans l'émission "Good Morning America" à 13h heure française.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les mille et une utopies de Joshua Tree » dans Courrier international n°816 du 22/06/2006, [lire en ligne]
  2. Claudine Mulard, « Une centrale solaire géante pour alimenter la Californie » dans Le Monde du 11/04/2006, [lire en ligne]
  3. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ 2001, p. 935-938.
  4. a, b, c et d (en)World Wildlife Fund, « The Terrestrial Ecoregions of the World Base Global Dataset », sur http://worldwildlife.org (consulté le 29 septembre 2012). Disponible alternativement sur : Loyola RD, Oliveira-Santos LGR, Almeida-Neto M, Nogueira DM, Kubota U, et al., « Integrating Economic Costs and Biological Traits into Global Conservation Priorities for Carnivores », PLoS ONE,‎ 2009 (consulté le 20 octobre 2012), p. Table S1. Les données de température et de précipitations sont les moyennes mensuelles minimales et maximales.
  5. (en) G. Kier, J. Mutke, E. Dinerstein, T. H. Ricketts, W. Küper, H. Kreft et W. Barthlott, « Global patterns of plant diversity and floristic knowledge », Journal of Biogeography, vol. 32,‎ 2005, p. 1107–1116 (DOI 10.1111/j.1365-2699.2005.01272.x, lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  6. a, b, c, d et e (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ janvier 2006, données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  7. a, b et c (en) J. M. Hoekstra, J. L.  Molnar, M. Jennings, C. Revenga, M. D. Spalding, T. M. Boucher, J. C. Robertson, T. J. Heibel et K. Ellison, The Atlas of Global Conservation : Changes, Challenges, and Opportunities to Make a Difference, Berkeley, University of California Press,‎ 2010 (lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]