Xavier de Langlais

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Xavier de Langlais
Langleiz

Description de l'image  Defaut.svg.
Naissance 26 avril 1906
Sarzeau
Décès 15 juin 1975 (à 69 ans)
Rennes
Nationalité Français Drapeau de la France
Activités Artiste peintre, graveur, verrier, céramiste
Autres activités Écrivain, poète, enseignant
Formation École des beaux-arts de Nantes
École nationale supérieure des beaux-arts de Paris

Xavier de Langlais[1], né le 26 avril 1906 à Sarzeau (Morbihan) et mort à Rennes le 15 juin 1975, est un peintre, graveur et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parcours artistique[modifier | modifier le code]

Xavier de Langlais suit des études à l'École des beaux-arts de Nantes dès 1922, puis à l'École des beaux-arts de Paris de 1926 à 1928. C'est à Paris que l'éloignement le rapproche intellectuellement de la Bretagne. Il apprend le breton en autodidacte. Il est accueilli à Paris par la famille du graveur Xavier Haas, qu'il a connu à Sarzeau, et qui restera son ami sa vie durant. Langlais effectue son service militaire à Fontainebleau qu'il achève comme maréchal-des-logis-chef.

Il cherche sa voie dans un art nouveau en phase avec son amour de la Bretagne. De Langlais se spécialise dans la peinture et la décoration des églises, et dans la recherche de technique picturale nouvelle comme le lap[réf. nécessaire], mélange de céramique et de ciment.

En 1931, il épouse Annick Gazet du Chatelier et aura quatre enfants avec elle. En 1948, il devient professeur de dessin à l'École régionale des beaux-arts de Rennes où il fait toute sa carrière. Il illustre, principalement par la technique du bois gravé, ses propres œuvres ainsi que de nombreux ouvrages concernant la Bretagne.

Il est réputé pour son ouvrage intitulé La Technique de la peinture à l'huile, traduit en plusieurs langues, dont le japonais[2].

Le militant breton[modifier | modifier le code]

Dès 1924, il prend contact avec l'Unvaniezh Seiz Breur, un mouvement d'artistes bretons réunis par Jeanne Malivel et René-Yves Creston. Avec James Bouillé, architecte et lui-même membre du Seiz Breur, il anime en 1935 l'atelier d'art breton An Droellenn (la Spirale) , atelier breton d'art chrétien. Il est l'auteur de peintures murales religieuses dans chapelle du collège Saint-Joseph à Lannion, au grand séminaire de Saint-Brieuc, à Notre-Dame-de-la-Mer à Étel, ou dans l'église de La Richardais[3],[4],[5]. Il conçoit le Chemin de croix de La Baule.

Dès sa rencontre avec Roparz Hemon en 1926 à Paris, Langlais rejoint le groupe des rédacteurs de la revue littéraire bretonnante Gwalarn. Il compose des pièces de théâtre, des poèmes et la seule étude sur l'art publiée en langue bretonne.

En 1936, puis en 1945, il peint un ensemble de cinq taolennoù, commandés par les missionnaires montfortains de Guipavas et très largement inspirées des images de Vincent Huby[6]. En 1946, il peint une série de quatre taolennoù, commandés par le père Médard, un capucin de Guingamp. Ce sont les derniers historiquement à avoir été peints. « Dans ses taolennoù, Xavier de Langlais rompt avec la tradition : finis les cœurs surmontés d'une tête, les diables, les serpents, les crapauds et autres symboles des péchés capitaux ; place aux sacrements, place au pardon, place à l'Église où le Christ accueille les bras ouverts tous ceux qui viennent à lui[7]. »

Écrivain bretonnant, il est l'ardent promoteur d'une réforme orthographique qui permettrait d'inclure les formes spécifiques du breton vannetais qu'il pratique. Les discussions entre écrivains qu'il organise à Vannes à partir de 1936 n'aboutissent qu'en 1941 à la réforme orthographique dite peurunvan.

Langlais se sent très concerné par la promotion de la langue bretonne : en 1942, il crée le timbre Komzomp Brezoneg (Parlons breton), ainsi que la carte postale Komzit brezoneg d'in Mammig ! (Parlez-moi breton petite mère !), souvent reproduits depuis.

C'est à la même époque qu'il se lance dans la composition de sa première œuvre écrite ambitieuse, Enez ar rod (L’île sous cloche), dont la première édition en cours d’impression est détruite dans les bombardements de Rennes.

Le journaliste antisémite[modifier | modifier le code]

En 1941, il s'établit à Rennes, devient critique artistique et littéraire et responsable de la chronique en breton Lan hag Hervé pour le quotidien régionaliste - à tendance pétainiste - La Bretagne de Yann Fouéré[8]. À côté d'articles consacrés à Jean Merrien, Paul Durivault, Loeiz Herrieu, Roperh Le Masson, Françoise Morvan a relevé des chroniques « où se lisent les textes antisémites les plus violents sans doute jamais écrits en breton[9],[10]. » Le lendemain de la rafle du Vélodrome d'Hiver des 16 et 17 juillet 1942, Langlais publiait dans La Bretagne : « Et Alan [Louarn] de me quitter tout à trac. Où vas-tu ? Je vais écrire une lettre au gouvernement français pour lui proposer de promouvoir l’enseignement du breton dans la France entière s’il veut se débarrasser pour de bon des Juifs et les faire décamper au grand galop ! Ces gens-là ne peuvent pas supporter le breton, je te dis[11] »

Pour La Bretagne, Xavier de Langlais illustre plusieurs romans publiés en feuilleton : Tristan et Iseult[12], Les Amazones de la Chouannerie de Théophile Briant[13], La louve de Rohan de Paul Féval, La gloire sous les voiles de Jean d'Agraives, Goulven le goémonier d'Yves-Marie Rudel.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

À l'été 1946, à l'invitation d'Armand Keravel, il a fait un exposé sur Le sens du beau chez les enfants à l'École d'été d'Ar Falz, à Audierne, sorte de laboratoire d'où sortira le futur Camp des bretonnants.

En février 1947, il renoue avec les Seiz Breur que Creston tente en vain de relancer, lors d'une conférence donnée à Paris, au cercle Ker Vreizh, pour le dixième anniversaire de la mort de Jakez Riou.

Après-guerre, alors que le mouvement culturel breton est décapité, il participe à la renaissance de l'édition en breton avec, en 1949, la maison d'édition et de diffusion Ar Balb (Breuriezh al levrioù brezhonek), qui édite son roman d'anticipation écrit durant la guerre : Enez ar Rod. Il prend, dès 1948, la présidence du Cercle celtique de Rennes, et est membre cofondateur du Camp des bretonnants (Kamp etrekeltiek ar vrezhonegerien) avec Vefa de Bellaing et Ronan Huon, créé en 1948 et qui existe toujours.

Mais si toute sa vie Xavier de Langlais va témoigner en faveur d'une culture bretonne vivante, notamment par son œuvre peint, ses illustrations de livres, ses bois gravés, le professeur à l'École des beaux-arts de Rennes (1948-1973) va de plus en plus devoir cohabiter avec l'écrivain[14]. Il élève un monument en faveur d'une relecture « armoricaine » de la matière de Bretagne, c'est son cycle Le roman du roi Arthur, cinq volumes dans sa version française, dont il n'aura pas le temps de mener à terme la version en langue bretonne.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • An diou zremm (les deux visages), pièce de théâtre illustrée par l'auteur, 1932
    • An div zremm, in C'hoariva brezhonek, Skridoù Breizh, 1943 (avec d'autres pièces en breton de Perrot, J. Priel, R. Hemon, C. Marlowe, H. Ghéon)
  • Kanou en noz (poèmes), Rennes, Moulerez Kenwerzel Breiz, 1932, 67pp.
  • Koroll ar vuhez hag ar maro (Danse de la vie et de la mort), pièce de théâtre, éd. SAV, [1938]
    • Koroll a maro gant ar vuhez, réédition Hor Yezh, 2006, 79pp.
  • Ene al Linennoù (l'Ame des lignes) ; Brest, Skridoù Breizh, 1942, 84+8pp (avec résumé en français)
  • Enez ar Rod (l'île de la Roue), Rennes, Ar Balb, 1949, 310pp, 27 pl. (bois), réédité par Hor Yezh, 2000 (roman de science-fiction écrit pendant les années 1940-1942)
  • traduction française : L'Ile sous cloche ; Nantes, Aux Portes du Large, 1946.
    • 2e édition, Denoël (Présence du futur, 86), 1965
    • 3e édition, Spézet, Coop Breizh, 2002
  • Tristan hag Izold, éd. illustrée ; Brest, Al Liamm, 1958, rééd. 1972 (traduction française en 1974)
  • La Technique de la peinture à l'huile. Histoire du procédé à l'huile, de Van Eyck à nos jours, Flammarion, 1959 détail de l'édition, réédité en 1963, 1966, 1968, 1973, 1988, 2002
  • Le Roman du Roi Arthur, cycle arthurien en 5 volumes, renouvelé par Xavier de Langlais, P. Piazza, 1965-1971, Prix Bretagne 1967
    • Le roman du Roi Arthur [Merlin] (1965) (ISBN 2903708142)
    • Lancelot (1967) (ISBN 2909924211)
    • Perceval (1969) (ISBN 2909924106)
    • La Quête du Graal (1971) (ISBN 2903708134)
    • La Fin des temps aventureux (1971), postface de Jean Frappier (ISBN 290992422X)
    • 2e édition, P., les Heures claires, 1980
    • 3e édition, Spézet, Coop Breizh
    • Nouvelle édition pochulaire en 2 volumes, Spézet, Coop Breizh, 2006, 511pp & 443pp.
  • Tristan et Yseult, traduit du breton par Andrev Roparz, Rennes, Terre de brume, 1994 (ISBN 2908021374) (cf. 1958)
  • Romant ar Roue Arzhur. Marzhin (Merlin), version bretonne du premier livre du cycle arthurien, Brest, Al Liamm, 1975, 191pp.

Peintures[modifier | modifier le code]

Entre 1953 et 1955, il a décoré 17 églises

Parmi les tableaux de Xavier de Langlais, onze sont protégés par classement par les Monuments historiques :

Plusieurs autres tableaux sont inventoriés.

  • Vie de l'abbé Cormaux[23], 1966, huile sur toile marouflée, commande de l'abbé Boulbin, pour l'église paroissiale Saint-Pierre à Plaintel

Fresques[modifier | modifier le code]

  • La Vierge, et l'Enfant assis sur ses genoux donnant la main à Saint Joseph, entourés d' anges[24], 1936-1937, fresque du chœur de la Chapelle Saint-Joseph à Lannion
  • Vie de Saint-Malo - Vie de Saint-Lunaire ,1953, église Saint-Clément de La Richardais
  • Notre-Dame de la mer, 1958, offrande des marins, fresque sur mortier église paroissiale d'Etel dans le Morbihan.

Mosaïque et céramique[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

  • Saint Renan, 1948, linogravures originales en deux tons[25]

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Er Mason (Roperh) Chal ha dichal, skeudennet get X. de Langlais, Henbont, Dihunamb, 1943
  • Théophile Briant, Saint-Malo dévasté, Nantes, pour l'imprimerie Beuchet et Vanden Brugge, Rennes, aux dépens de l'artiste, 1946
  • Florian Le Roy, En passant par la Bretagne, illustrations de Langlais et Pierre Péron), éditions des provinces françaises, 1947
  • Abbé Henri Poisson, Histoire de la Bretagne, illustré de 12 bois hors-texte, 1948
  • Hemon (Roparz), Alanig an Tri Roue, Skridoù Breizh, 1950
  • A Troude et G. Milin, Labous ar wirionez ha marvailhoù all, adembannet gant Roparz Hemon, La Baule, Skridoù Breiz, 1950
  • Pierre Cressard, Les maisons inspirées, Rennes, Librairie Plihon, 1957
  • Jean Kerlyve, Le petit lépreux, Debresse, 1957
  • Jean Kerlyve, Le secret du roi, Debresse, 1959
  • Jean Kerlyve, Nama l'Ewondo, Debresse, 1959
  • Anne de Tourville, Jabadao, Rennes, éditions Ouest-France, 1996 (illustrations réalisées en 1950)
  • Théophile Briant, Les Amazones de la Chouannerie, Lanore, 1996 (illustrations réalisées pour le feuilleton de La Bretagne en 1941)
  • Joseph Bédier, Le roman de Tristan et Iseut, Fouesnant, Yoran embanner, 2008

Collections publiques[modifier | modifier le code]

France
Étrangers

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Répertoire Artprice
  • Patricia Plaud-Dihuit, Xavier de Langlais et L'île de Sein : à propos de dessins inédits, Presses Universitaires, Rennes, 1997
  • Florence Collet, Les décorations dans les édifices religieux en Bretagne, maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Denise Delouche, éditeur ?
  • Fabienne Tireau, Étude comparative de l'ile sous cloche de Xavier de Langlais et de L'Île du docteur Moreau de Wells, mémoire de maîtrise de lettres modernes, éditeur ?
  • Yann Bouessel du Bourg, Xavier de Langlais, Rennes, éditions Kanevedenn, Encyclopédie bretonne, no 2), 1977
  • Denise Delouche (dir.), Xavier de Langlais et la Bretagne, préface de Jean-Yves Veillard, Spézet, éditions Coop Breizh, 1999

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il signe ses œuvres sous la forme bretonnante « Langleiz »
  2. Traduction aux éditions Flammarion de Mr Mitsuhiko Kuroe, Conservateur du Musée d'art occidental de Tokyo, qui a reçu en 1969 le Prix Paul Claudel pour la meilleure traduction franco-japonaise parue dans l'année.
  3. Vie de saint Lunaire
  4. Vie de saint Malo
  5. Chemin de Croix
  6. Fanch Roudaut et Ronan Calvez, « Les animaux dans les taolennoù : une image globalement négative », dans Regards étonnés : de l'expression de l'altérité… à la construction de l'identité. Mélanges offerts au Professeur Gaël Milin (2003) 27-40, consultable sur hal.univ-brest.fr
  7. Notice explicative rédigée lors de l'exposition de taolennoù qui s'est tenu à Combrit (Finistère) en mars 2012.
  8. Georges Cadiou (2001), L'hermine et la croix gammée : le mouvement breton et la collaborationp. 112
  9. Françoise Morvan, Le racisme et l’antisémitisme de Youenn Drezen
  10. Françoise Morvan (2002) Le monde comme si : nationalisme et dérive identitaire en Bretagnep. 160
  11. La Bretagne, 18-19 juillet 1942.
  12. Version Bédier, éditée sous forme de livre seulement en 2008.
  13. Publié en livre en 1996.
  14. « Pendant les dernières années de sa vie, il a consacré plus de temps à son oeuvre d'écrivain qu'à celle de peintre », Gaëtan de Langlais dans Xavier de Langlais et la Bretagne de Denise Delouche, préface de Jean-Yves Veillard, Spézet, éditions Coop Breizh, 1999, p. 159.
  15. « Chemin de croix », base Palissy, ministère français de la Culture
  16. http://fr.topic-topos.com/taolenn-guipavas
  17. « Notice no PM29002030 », base Palissy, ministère français de la Culture
  18. « (1936) », base Palissy, ministère français de la Culture
  19. « La rechute (1936) », base Palissy, ministère français de la Culture
  20. « La conversion de l’âme (1936) », base Palissy, ministère français de la Culture
  21. « L’âme en état de péché mortel (1936) », base Palissy, ministère français de la Culture
  22. « Les deux chemins (1936) », base Palissy, ministère français de la Culture
  23. topic-topos.com
  24. topic-topos.com
  25. Denise Delouche (dir.), Xavier de Langlais et la Bretagne, préface de Jean-Yves Veillard, Spézet, éditions Coop Breizh, 1999, p. 131.