Bacchus (Le Caravage)

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Bacchus
Image illustrative de l'article Bacchus (Le Caravage)
Artiste Caravage
Date 1593-1602 ?
Technique Huile sur toile
Dimensions (H × L) 95 cm × 85 cm
Localisation Galerie des Offices, Florence()

Bacchus (en italien Bacco) est un tableau de Caravage conservé à la galerie des Offices de Florence. Il a été peint à la fin du XVIe siècle, mais les experts sont partagés sur la date précise.

Historique[modifier | modifier le code]

La toile a été commandée au peintre par le cardinal Francesco Maria del Monte pour faire un cadeau à Ferdinand Ier de Médicis à l'occasion des noces de son fils Cosme II. Sa date de réalisation n'est pas certaine : selon divers historiens de l'art, elle est datée entre 1593 et 1594[1], vers 1596-1597[2],[3], voire jusqu'en 1602[4],[5].

Le tableau, qui ne fut jamais copié ni catalogué (car considéré comme une copie), fut exhumé des réserves du musée en 1913[6] et il fut attribué formellement à Caravage par Roberto Longhi en 1916[7].

Description[modifier | modifier le code]

Le sujet est classique (le Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé, ici dans sa version romaine), dieu païen, couronné de pampres de vigne, drapé à l'antique, une épaule dénudée, allongé et accoudé sur son klinai. Devant lui une corbeille de fruits, certains gâtés. Bacchus le regard absent, lèvres charnues, sourcils épilés soulignés au crayon, tient, de la main gauche (aux doigts sales), un cratère par son pied cristallin, rempli de vin parcouru de vaguelettes. Bacchus tient de la main droite un ruban de velours. La carafe, d'où vient ce vin, est représentée à la gauche du tableau ; des bulles sont représentées ainsi que le reflet du peintre à son ouvrage.

Analyse[modifier | modifier le code]

Tout dans cette composition appuie la symbolique du renouveau de la végétation et de l'ivresse mystique : le vin, les feuilles de vigne de la coiffe, la corbeille de fruits et de feuilles, certains gâtés, la mine alanguie du personnage divin (incarné par le modèle habituel de cette époque Mario Minniti[7]. La sophistication de cet ensemble provient probablement de la jeunesse du peintre inspirée au contact de l'érudit qu'est son protecteur, le cardinal Del Monte[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ebert-Schifferer 2009, p. 286.
  2. Lambert 2004, p. 11.
  3. Frèches 1995, p. 153.
  4. Moir 1994, p. hors-texte n°10.
  5. Cappelletti 2008, p. 53.
  6. a et b Hilaire 1995, p. 22.
  7. a et b Salvy 2008, p. 83-84.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alfred Moir (trad. Anne-Marie Soulac), Caravage, Paris, Cercle d'art,‎ 1994 (1re éd. 1989) (ISBN 2-7022-0376-0)
  • José Frèches, Le Caravage : Peintre et assassin, Gallimard,‎ 1995, 159 p. (ISBN 978-2-07-043913-3)
  • Michel Hilaire, Caravage, le Sacré et la Vie : 33 tableaux expliqués, Herscher, coll. « Le Musée miniature »,‎ 1995 (ISBN 2-7335-0251-4)
  • Gilles Lambert, Caravage, Taschen,‎ 2004, 96 p. (ISBN 978-3-8365-2380-6)
  • Francesca Cappelletti (trad. Centre International d'Études Linguistiques), Le Caravage et les caravagesques, Le Figaro, coll. « Les Grands Maîtres de l'Art »,‎ 2008, 335 p. (ISBN 978-2-8105-0023-9)
  • Gérard-Julien Salvy, Le Caravage, Gallimard, coll. « Folio »,‎ 2008 (ISBN 978-2-07-034131-3)
  • Sybille Ebert-Schifferer, Caravage, Paris, éditions Hazan,‎ 2009 (ISBN 978-2-7541-0399-2)