Méduse (Le Caravage)

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Méduse
Image illustrative de l'article Méduse (Le Caravage)
Artiste Caravage
Date 1597 - 1598 (seconde version)
Technique huile sur cuir marouflé sur bouclier en peuplier
Dimensions (H × L) 60 × 55 cm
Localisation Musée des Offices, Florence (Italie)

Méduse est une peinture à l'huile sur cuir marouflé du peintre Caravage exécutée vers 1596, puis en 1597 ou 1598 pour une seconde version[1], sur un bouclier de parade en bois de peuplier. La seconde version, qui est la plus connue et la seule exposée publiquement, est conservée au musée des Offices à Florence.

Historique[modifier | modifier le code]

L'œuvre conservée à la Galerie des Offices avait été commandée par le cardinal Francesco Maria del Monte, peinte sur un bouclier, pour compléter une armure de parade qui devait être offerte au grand-duc de Toscane Ferdinand Ier de Médicis.

Elle fait partie des œuvres endommagées par l'attentat de la Via dei Georgofili en 1993, et la fin de sa restauration date de 2002. Elle fut effectuée par Stefano Scarpelli sous la direction de Caterina Caneva, et a coûté 250 000 euros – dont 185 000 euros ont été financés par Maggiore, société italienne de location de voitures, et 65 000 euros ont été versés par les visiteurs du musée[2].

La version originale de cette œuvre, connue sous le nom Medusa Murtola, a été authentifiée par des examens de laboratoire en 2012. Elle aurait été peinte vers 1596, et appartient à une collection privée[3].

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit du thème mythologique de la Méduse (Selon les Métamorphoses d'Ovide), tuée par Persée et dont la tête devait être présentée sur le bouclier qu'Athéna lui avait fourni pour la combattre (avec une face dorée comme miroir pour en éviter le regard direct mortel).

La tête de Méduse orne un véritable bouclier de parade en bois, donc une surface convexe qui accentue l'expression de face de Méduse, qui vient d'être décapitée, la tête tranchée par Persée. Le sang coule et elle est conforme à l'iconographie traditionnelle du sujet avec ses cheveux en serpents agités et sa bouche ouverte, les yeux révulsés, les sourcils froncés.

Analyse[modifier | modifier le code]

La tête ne fait pas face, car elle pétrifierait son observateur, ce qui est rendu par la non-symétrie des parties gauche et droite du visage. Elle doit remplir sa fonction apotropaïque (qui détourne le mauvais œil).

Caravage se représente lui-même et met en scène sa propre mort[4] « en se posant également en premier regardeur de la tête de Méduse, l'artiste » en hurlement horrifié de lui-même. Il regarde le bouclier (comme miroir d'Athéna) se voit lui-même, se voit mort et peint sa propre figure en Héautontimorouménos baudelairien. Il est Persée et Méduse, bourreau et victime.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sybille Ebert-Schifferer, Caravage, Paris, éditions Hazan,‎ 2009 (ISBN 978-2-7541-0399-2), p. 102-103
  2. Le Journal des Arts - no 163 - 24 janvier 2003
  3. (en) « Un tableau du Caravage définitivement identifié », sur FranceTV Info,‎ 24 février 2012.
  4. Analyse par Bruno Trentini

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]