Marie-Madeleine en extase

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Marie Madeleine en extase
Image illustrative de l'article Marie-Madeleine en extase
Artiste Le Caravage
Date 1606
Technique Huile sur toile
Dimensions (H × L) 106 × 91 cm
Localisation Collection privée, Rome

Marie-Madeleine en extase (en italien Maria Maddalena in estasi) est un tableau du Caravage peint en 1606 et conservé dans une collection privée à Rome.

Historique[modifier | modifier le code]

Il existe au moins 18 copies de la Marie-Madeleine en extase du Caravage. L'exemplaire reproduit dans la monographie de John Gash[1] consacrée au Caravage (2003), qui appartient à un collectionneur privé de Rome, est réputé le plus fidèle à l'original. Ce tableau a été exécuté dans les mois qui suivirent la fuite du Caravage après le meurtre de Ranuccio Tommassoni le 29 mai 1606. Le peintre s'était alors réfugié sur les terres de ses protecteurs, les puissants princes Colonna, et les sources de première main rapportent qu'à ce moment « il travaillait à un tableau de Marie-Madeleine. »

Description[modifier | modifier le code]

Selon un récit de la Légende dorée de Jacques de Voragine, populaire à l'époque du Caravage, Marie de Magdala, la plus fidèle disciple du Christ, serait partie s'installer dans le Sud de la Gaule, où elle aurait vécu en ermite dans une grotte près d’Aix-en-Provence (appelée depuis « la Sainte Baume »). Là, chaque jour, elle était transportée par des anges vers Dieu (« extase »), où elle avait « le bonheur d'entendre, de [ses] propres oreilles, les chants des chœurs célestes »[2]. Avant le Caravage, bien des artistes avaient peint Marie touchée par la présence divine comme s'envolant vers des nuages multicolores accompagnée par un cortège d'anges ; mais Le Caravage est le premier à faire du surnaturel une expérience entièrement intérieure : Madeleine est représentée seule sur un fond sombre et uni, illuminée d'un rai d'intense lumière, la tête renversée en arrière et les yeux baignés de larmes. Cette interprétation naturaliste de la légende, révolutionnaire pour l'époque, lui permettait ainsi, par l'abandon de Marie et son épaule nue, d’évoquer le parallèle ambigu entre l'amour mystique et l'érotisme. Ce tableau exerça une influence prodigieuse sur le traitement pictural de ce thème que firent des artistes du renom de Rubens et Simon Vouet[3], ou encore la sculpture du Bernin avec L'Extase de sainte Thérèse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John Gash, Caravaggio, Chaucer Press, coll. « Chaucer art »,‎ 2004, 128 p. (ISBN 1-904449-22-0)
  2. D'après Jacques de Voragine et J.-B. M. Roze, La Légende dorée, Paris, Édouard Rouveyre,‎ 1266 (réimpr. 1902), 3 vol., « XCV - Marie Madeleine, pécheresse », p. 344
  3. Vouet reprend l'idée du Caravage, d'une Marie-Madeleine bien terrestre, mais réintroduit les anges.

Articles connexes[modifier | modifier le code]