Famille Halévy

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La famille Halévy, à l'origine Lévy, est une famille française d'origine juive. En l'espace de trois générations (de 1760 à 1920) elle a donné de nombreuses personnes célèbres dans le domaine de la musique et dans celui des lettres, parmi lesquels Ludovic Halévy, librettiste, auteur avec Henri Meilhac du Carmen de Bizet et de nombreuses opérettes d'Offenbach. La famille, restée très soudée, a la particularité d'une grande liberté religieuse marquée par une diversité de confessions : israélite, catholique ou protestante.

Le fondateur : Élie Halévy (1760-1826)[modifier | modifier le code]

Élie Halfon Levy est né en 1760 à Fürth en Franconie (Allemagne). Le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse nous informe que « La ville doit surtout sa prospérité aux juifs qui, ne pouvant s'installer à Munich, y avaient établi leurs demeures... »[1]. Il est le fils du rabbin Jaakov. Son petit-fils, Ludovic, écrira en 1801 que son grand-père est venu s'établir en France peu de temps après la Déclaration des droits de l'homme[2]. Il se maria avec Julie Mayer, originaire de Malzéville (Lorraine), à Paris, en l'an VI de la République (1798).

Le couple eut cinq enfants. Le premier, Jacques Fromental, est né le 7 prairial de l'an VII (26 mai 1799) et doit son prénom au nom de ce jour sur le calendrier révolutionnaire. Les suivants sont Zélie (1801), Léon (1802), Flore (1805) et Mélanie (1813).

Élie Lévy exerce la profession de négociant épicier rue du Temple à Paris. C'est dans ce milieu, juif et artisan, que Fromental et Léon sont élevés.

Élie se fait connaitre le 9 brumaire de l'an X (31 octobre 1801) lors que les israélites chantent un hymne qu'il a composé en hébreu lors d'une cérémonie qui glorifie Bonaparte en le comparant au roi David[3]. Napoléon ayant par décret organisé le système consistorial en 1808, Élie Lévy est nommé au Consistoire dont il sera le traducteur officiel.

Un autre décret impérial de 1808 fait obligation aux juifs de s'enregistrer à l'état civil et à cette occasion d'adopter un nom officiel. Élie Lévy choisit de se faire enregistrer sous le nom de Halévy, nom que la famille va désormais porter. Il est fait l'hypothèse que c'est en référence au poète Yeduha Ha Levi[4].

La famille Halévy a une aisance modeste sous l'Empire. Fromental est élève au Conservatoire, Léon est un des premiers israélites à fréquenter le lycée Charlemagne.

Sous la Restauration, Élie est le principal rédacteur du journal L’Israélite français, journal légitimiste. Il écrit en 1820 une Instruction morale et religieuse à l'usage de la jeunesse israélite[5]. Ce livre montre l'attachement d'Élie à la fois à la culture israélite et à la bonne intégration en France.

La fin de sa vie est endeuillée par la mort de sa femme en 1819 puis de sa fille ainée, âgée de 23 ans, en 1824. Il meurt le 5 novembre 1826, alors que ses fils commencent à connaitre le succès.

Le deuxième génération[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Jacques-Fromental Halévy et Léon Halévy.

Jacques-Fromental Halévy (17 mai 1799 - 17 mars 1862) et son frère Léon Halévy (14 janvier 1802 - 2 septembre 1883) sont les personnes célèbres de cette génération, mais le bloc familial comprend aussi leurs sœurs, leurs épouses Léonie Rodrigues-Henriques pour Fromental et Alexandrine Le Bas pour Léon ainsi que Lucinde Paradol qui fut la maitresse de Léon.

La sœur ainée, Zélie, est morte à 23 ans. Les deux autres sœurs, Flore et Mélanie, ont passée une grande partie de leur vie comme pensionnaires dans la maison de santé du docteur Blanche[6], c'est là que se fera soigner Léonie lors de ses crises de folie.

Leur père Élie est de confession israélite, mais ne s'implique pas directement dans l'éducation de ses enfants. Fromental est inscrit dès dix ans au Conservatoire de Paris et Léon étudie au Lycée Charlemagne.

Léon se marie le premier, en 1832, à Alexandrine, la fille de l'architecte Louis-Hippolyte Le Bas. Le couple s'installe à l'Institut, chez les Le Bas. Léon entre dans le monde des artistes, des savants et des écrivains. Il semble abandonner la religion juive, leurs enfants reçoivent une éducation catholique.

Fromental se marie dix ans après son frère, en 1842, à Léonie issue de la famille Rodrigues-Henriques, une famille juive aisée originaire de la région bordelaise. Fromental vient en 1854 vivre lui aussi à l'Institut, il a été nommé secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts.

Autre signe des liens étroits dans la famille : c'est Fromental qui est choisi par Lucinde Paradol comme tuteur d'Anatole, le fils issu de sa liaison avec Léon[6].

La troisième génération[modifier | modifier le code]

Ludovic Halévy (1er janvier 1834 - 8 mai 1908), auteur dramatique, librettiste et romancier, est certainement le membre le plus connu de cette troisième génération de la famille Halévy. Fils de Léon et d'Alexandrine, il a une sœur, Valentine, née le (12 décembre 1846 qui ne se maria pas, vécu toute sa vie avec leur parents et s'occupa de sa mère jusqu'à la mort de cette dernière qu'elle suivit dans la tombe quelques mois plus tard, le 28 décembre 1893). Ludovic épouse en 1868 Louise Bréguet (Louis Charles Breguet, le constructeur d'avions sera son neveu). Il faut noter que Ludovic, qui a reçu une éducation catholique, se marie au temple de l'Oratoire, Louise étant d'une famille de confession protestante.

Il fait l'acquisition, en 1893, du château de Haute-Maison, à Sucy-en-Brie. Ce château, grande demeure bourgeoise, restera la propriété de la famille jusqu'en 1956[7].

Mais un autre membre de la famille, bien que ne portant pas le nom d'Halévy, est lui aussi connu. Il s'agit d'Anatole Paradol, né le 5 août 1829, demi-frère de Ludovic, né de la liaison de Léon avec la comédienne Lucinde Paradol. Il a, à la mort de sa mère, Fromental comme tuteur. Journaliste, essayiste, membre de l'Académie française, son suicide en 1870 va marquer la famille, d'autant plus que son propre fils Hjalmar se suicidera en 1877 à l'âge de 18 ans.

Geneviève Halévy (27 février 1849 - 22 décembre 1926) est une des deux filles de Fromantal et de Léonie. Sa sœur ainée, Esther, meurt à 19 ans en 1864. Geneviève épouse en 1869 Georges Bizet dont elle a fait la connaissance car son père fut un professeur de celui-ci. Son cousin Ludovic sera le librettiste de Carmen. Veuve en 1875, elle s'installe chez son oncle Léon et tient salon, ce qu'elle fera jusqu'en 1910. Elle se remarie en 1886 avec Émile Straus.

Les deux suicides Paradol, les nombreux séjours de membres de la famille (Mélanie, Flore, Léonie, Léon et peut-être Ludovic) dans la clinique d'Émile Blanche qui est, tout comme son fils Jacques-Émile, un ami de la famille, contribuent à une rumeur sur la folie des Halévy[8]. Il est vrai que Léon, Geneviève et Ludovic ont connu des crises de dépression mais seule Léonie fut réellement malade par crises.

La quatrième génération[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Élie Halévy et Daniel Halévy.

Élie Halévy (6 septembre 1870 - 21 août 1937) Daniel Halévy (12 décembre 1872 - 4 février 1962)

Généalogie[modifier | modifier le code]

  • Élie Halfon Levy puis Halévy (1760-1826)
    • x marié en 1798 à Paris avec Julie Mayer (1781-1819)
      • Jacques-Fromental Halévy (1799-1862), compositeur de musique d'opéra
      • Zélie (1801-1824) - sans descendance
      • Léon Halévy (1802-1883), professeur de littérature, poète, fabuliste, dramaturge
        • x marié en 1832 avec Alexandrine Lebas (1815-1893), fille de Louis-Hippolyte Lebas (1782-1867), célèbre architecte, et de Colombe Isambert
          • Ludovic Halévy (1834-1908), écrivain et librettiste d'opéra français
            • x marié le 30 juin 1863 avec Louise Breguet (1847-1930), fille de Louis François Clément Breguet (1803-1883), horloger et physicien français, et de Charlotte Lassieur (1815-1889)
          • Valentine (1846-1893) - sans descendance
        • x une liaison avec Mademoiselle Paradol, fille de la Comédie-Française
          • Lucien-Anatole Prévost-Paradol (1829-1870)
            • x marié à Louise-Thérèse Morin (?-1869)
              • Lucy (1853-1878) religieuse, sans descendance
              • Thérèse (1855-1933) religieuse, sans descendance
              • Élisabeth (1856-1858) - sans descendance
              • Hjalmar (1859-1877 [suicide]) - sans descendance
      • Flore (1805-1872) - sans descendance
      • Mélanie (1815-1898) - sans descendance

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Henri Loyrette (dir.), Entre le théatre et l'histoire : La famille Halévy : (1760-1960), Librairie Arthème Fayard,‎ 1996, 375 p. (ISBN 2-215-50000-5[à vérifier : ISBN invalide], notice BnF no FRBNF35827853)

Publié à l'occasion de l'exposition présentée au Musée d'Orsay du 25 mars au 23 juin 1996.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Loyrette 1996, p. 55)
  2. (Loyrette 1996, p. 56)
  3. (Loyrette 1996, p. 58)
  4. (Loyrette 1996, p. 61)
  5. Élie Halévy, Instruction morale et religieuse à l'usage de la jeunesse israélite, Metz, E. Hadamard,‎ 1820 (notice BnF no FRBNF30569837)
  6. a et b (Loyrette 1996, p. 21)
  7. Georges Carrot (dir.) (préf. Michel Balard), Nouvelle histoire de Sucy-en-Brie, t. 4 : Le XXe siècle. 1914-2000, Société historique et archéologique de Sucy-en-Brie,‎ 2001 (ISBN 2-9404165-3-5[à vérifier : ISBN invalide]), p. 413-414
  8. (Loyrette 1996, p. 27)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]