Louis Dietsch

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Louis Dietsch

Louis Dietsch, né à Dijon le 17 mars 1808[1], mort à Paris le 20 février 1865[1], est un compositeur et chef d'orchestre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Louis Philippe Dietsch, qui n’utilisa usuellement que son second prénom, Louis, naît à Dijon, dans une maison située actuellement 38 rue Jean-Jacques Rousseau. Son père, fabricant de bas, était originaire de la ville allemande d’Apolda, située entre Leipzig et Weimar. Sa mère était dijonnaise. Louis Dietsch commença ses études musicales à la maîtrise de la cathédrale de Dijon, dirigée par Travisini. Il fut remarqué par Alexandre-Etienne Choron qui l'incita à venir à Paris, où il suivit son enseignement.

À Paris, Louis Dietsch se présenta après la Révolution de 1830 au conservatoire, où il obtint le premier prix de contrebasse[1]. En 1831, il épousa Pauline Sacré, dont il devait avoir deux filles. Quelque temps après, il devint premier contrebassiste à l'orchestre des Italiens[2]. Il assuma les fonctions d'organiste aux Missions étrangères jusqu'en 1835. Puis il devint successivement maître de chapelle à l'église Saint-Paul-Saint-Louis, et maître de chapelle à Saint-Eustache. Dans cette église, il réforma la maîtrise, et fit entendre, le jour de Pâques 1838, une grand'messe à orchestre, qui eut un retentissement important ; Berlioz l'apprécia. Elle valut à Dietsch la grande médaille du mérite dans les arts et les sciences décernée par le roi de Prusse. À la suite de l'incendie de l'orgue de Saint-Eustache, survenu en décembre 1844, Louis Dietsch fut un moment accompagnateur à l'église Saint-Roch, mais il revint à Saint-Eustache en 1845. En 1850, il devint maître de chapelle à l'église de la Madeleine.

Lorsque l'école Niedermeyer fut fondée en 1853, Dietsch y fut nommé professeur et inspecteur des études ; il assura l’intérim de la direction à la mort de Niedermeyer en 1861.

En 1840, Louis Dietsch avait été nommé chef du chant à l'Opéra ; en janvier 1860, il devint premier chef d'orchestre. Il fit alors jouer : Pierre de Médicis du prince Poniatowski ; Sémiramis de Rossini ; la Reine de Saba de Gounod ; la Mule de Pedro de Massé ; le Papillon d'Offenbach ; la Muette de Portici d’Auber ; Roméo et Juliette de Bellini ; les Vêpres Siciliennes de Verdi ; l'Alceste de Gluck. En 1861, il fit jouer la première représentation du Tannhäuser[1] de Wagner, que ce dernier aurait souhaité diriger lui-même, ce à quoi Dietsch s’opposa, avec le soutien de sa hiérarchie. En 1863, à cause de différends avec le directeur, il fut mis à la retraite de ses fonctions à l’Opéra, mesure qui l’affecta. Il mourut subitement le 20 février 1865. Ses obsèques furent célébrées à la Madeleine, et il fut enterré au cimetière Montmartre. Il avait reçu en 1856 la Légion d'honneur comme compositeur de musique religieuse[3]. Le 30 avril 1882, un buste du compositeur fut inauguré sur la façade de sa maison natale et en 1889, le nom de Louis Dietsch fut donné à une rue de Dijon.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Messe solennelle à quatre voix, chœurs et orchestre (1838) dédiée à Meyerbeer.
  • Une vingtaine de messes.
  • Le Vaisseau fantôme, opéra en deux actes, joué à l'Opéra en 1842.
  • Te Deum (1844) à 5 voix et grand orchestre.
  • Ballet pour le Freischütz (1846).
  • Adaptation à la scène de Roméo et Juliette de Bellini (1846).
  • Requiem (1857) à la mémoire d'Adolphe Adam.
  • Manuel du maître de chapelle (Paris, 1864).
  • Stabat Mater (éd. 1864).

Son motet Ave Maria, sur la mélodie d'une chanson d'Arcadelt « Nous voyons que les hommes », est devenu célèbre.

Sources[modifier | modifier le code]

  • A. L[abat], Louis Dietsch, [Dijon, Darantiere, 1874], 12 p.
  • Notice sur Louis Dietsch lue à l'Académie de Dijon le mercredi 31 janvier 1877 par Charles Poisot Suivie de pièces justificatives, Dijon, Lamarche, 1877, 71 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Honegger (dir.), Dictionnaire de la musique Les Hommes et leurs œuvres, Paris, Bordas, 1979, p. 279.
  • Harold Rosenthal et John Warrack, Guide de l'opéra, Paris, Fayard, 1995, p. 215.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 1, Les Hommes et leurs œuvres. A-K, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-0401-0721-5), p. 279
  2. A. L[abat], Louis Dietsch, [Dijon, Darantiere, 1874], p. 4-6.
  3. Notice sur Louis Dietsch lue à l'Académie de Dijon le mercredi 31 janvier 1877 par Charles Poisot Suivie de pièces justificatives, Dijon, Lamarche, 1877, p. [5]-43 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]