Francisco Suárez

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Francisco Suárez
Franciscus Suarez, S.I. (1548-1617).jpg
Francisco Suárez.
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Martín Gutiérrez (d), Alonso RodríguezVoir et modifier les données sur Wikidata
Monument à Grenade, sa ville natale, Espagne.

Francisco Suárez (connu comme le Doctor eximius) , né le à Grenade (Espagne) et mort le à Lisbonne, est un philosophe et théologien jésuite espagnol, généralement considéré comme l'un des plus grands scolastiques après Thomas d'Aquin. Il fait partie de la célèbre École de Salamanque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Francisco Suarez est né à Grenade. Son père est un avocat renommé. Il envoie son fils à l'université de Salamanque, l'une des plus renommées d'Espagne à cette époque, pour suivre les cours de la faculté de droit. Mais Francisco Suarez est attiré par la prédication de Juan Ramirez. Il entre au noviciat des Jésuites.

Entré à seize ans dans la Compagnie de Jésus à Salamanque, il y étudie la philosophie et la théologie de 1565 à 1570. Il semble avoir été un élève assez peu prometteur au départ, et faillit renoncer à ses études après avoir échoué deux fois à l'examen d'entrée. L'ayant réussi à sa troisième tentative, il se distingue par la suite en philosophie comme en théologie, avant d'être ordonné prêtre en 1572, puis de partir enseigner la première de ces disciplines à Ávila et Ségovie (1575), Valladolid (1576), Rome (1580-1585), Alcalá (1585-1592), Salamanque (1592-1597) et enfin Coimbra (1597-1616).

Il écrit abondamment, sur un grand nombre de sujets ; ses œuvres complètes en latin tiennent en vingt-six volumes : traités juridiques, sur les relations entre l'Église et l'État, la métaphysique et la théologie.

Pendant sa vie, il est considéré comme le plus grand philosophe et théologien de l'époque, et reçoit le surnom de Doctor Eximius ('Docteur extraordinaire, exceptionnel') ; le pape Grégoire XIII assiste à son premier cours à Rome. Le pape Pie V l'invite à réfuter les erreurs de Jacques Ier d'Angleterre, et souhaite l'attacher à sa personne pour profiter de ses connaissances. Quant à Philippe II d'Espagne, il l'envoie à Coimbra pour redonner du prestige à l'université de la ville.

Après sa mort, ses écrits sur le droit naturel continuent d'exercer une influence considérable, notamment sur certains des principaux philosophes du XVIIe siècle, entre autres Grotius, Descartes et Leibniz. En particulier, les Méditations sur la philosophie première de René Descartes (1641) empruntent quelques éléments aux travaux de métaphysique de Francisco Suarez. Par ailleurs, le pape Benoît XIV pensait que Francisco Suarez était l'une des deux lumières d'Espagne, avec Vélasquez.

La mise en forme systématique des problèmes métaphysiques[modifier | modifier le code]

Commentariorum ac disputationum in tertiam partem divi Thomae (1590).
Summae theologiae. De Deo uno et trino, I, 1607
Operis de religione (1625).
De incarnatione, pars prima (1745).
De incarnatione, pars secunda (1746).

Dans la première partie des Disputes métaphysiques (I à XXIV), Suarez établit une distinction métaphysique qui est considérée comme à la base de la modernité philosophique (Descartes, Kant, etc.). Selon Heidegger, l’ontologie grecque "via les Disputationes metaphysicae de Suarez, passe dans la « métaphysique » et la philosophie transcendantale des temps modernes et détermine les fondations et les buts de la Logique de Hegel"[1].

1- METAPHYSICA GENERALIS

  • ontologie générale

2- METAPHYSICA SPECIALIS

  • cosmologia rationalis : ontologie de la nature (cosmologie)
  • psychologia rationalis : ontologie de l'esprit (psychologie)
  • theologia rationalis : ontologie de Dieu (théologie)

Cette distinction perdurera jusqu'à Hegel inclus. On la retrouve par exemple chez Kant, dans la dialectique de sa Critique de la raison pure sous la forme de : théologie, psychologie, cosmologie.

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

  • De Incarnatione (1590-1592)
  • De sacramentis (1593-1603)
  • Disputationes metaphysicae (1597)
  • De divina substantia eiusque attributis (1606)
  • De divina praedestinatione et reprobatione (1606)
  • De sanctissimo Trinitatis mysterio (1606)
  • De religione (1608-1625)
  • De legibus (1612)
  • Defensio fidei catholicae (1613)
  • De gratia (1619)
  • De angelis (1620)
  • De opere sex dierum 1621)
  • De anima (1621)
  • De fide, spe et charitate (1622)
  • De ultimo fine hominis (1628)
  • Opera omnia Paris: L. Vivés, 1856-1866 (26 volumes).

Œuvres traduites[modifier | modifier le code]

  • Dispute Métaphysique I, II, III, Paris, Vrin, 1998, (ISBN 2711613569), (ISBN 9782711613564), partiellement en ligne
    • I: De natura primae philosophiae seu metaphysicae;
    • II: De ratione essentiali seu conceptu entis;
    • III: De passionibus entis in communi, et principiis ejus.
Texte intégral présenté, traduit et annoté par Jean-Paul Coujou ; "Introduction: Suárez et la Renaissance de la métaphysique", pp. 7-45.
  • Disputes métaphysiques XXVIII-XXIX, Texte intégral présenté et annoté par Jean-Paul Coujou; Introduction pp. 7-89, Grenoble, Millon, 2009.
  • La distinction de l'étant fini et de son être. Dispute Métaphysique XXXI, Paris, Vrin, 1999, (ISBN 2711614042), (ISBN 9782711614042), (De essentia entis finiti ut tale est, et illius esse, eorumque distinctione), texte intégral, présenté, traduit et annoté par Jean-Paul Coujou, partiellement en ligne
  • Les êtres de raison. Dispute Métaphysique LIV, traduit par Jean-Paul Coujou, Paris, Vrin, 2001, (ISBN 2711615138), (ISBN 9782711615131), partiellement en ligne
  • (es) Comentarios a los libros de Aristoteles SOBRE EL ALMA. Commentaria una cum quaestionibus in libros Aristotelis, edicion critica par Salvador Castellote, Madrid, Fundacion Xavier Zubiri, 1978-1991
  • (it) Disputazioni metafisiche. I-III / Francisco Suárez ; introd., trad., note e apparati di Costantino Esposito. Milano, Rusconi, 1996
  • Des lois et du Dieu législateur, Paris, Dalloz, 2003, 688 p. (ISBN 2-247-05225-8)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Martin Heidegger, Être et temps (lire en ligne), "Sous cette empreinte scolastique, c’est encore pour l’essentiel l’ontologie grecque qui, via les Disputationes metaphysicae de Suarez, passe dans la « métaphysique » et la philosophie transcendantale des temps modernes et détermine les fondations et les buts de la Logique de Hegel"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Cavallera, « Suarez et la doctrine catholique sur l'origine du pouvoir civil», dans Bulletin de littérature ecclésiastique, 1912, p. 97-119 (lire en ligne)
  • Jean-François Courtine, Nature et empire de la loi. Études suaréziennes, Vrin-EPHESS, 1999.
  • Jean-François Courtine, Suarez et le système de la métaphysique, PUF, 1990.
  • Jean-Paul Coujou, Suárez et la refondation de la métaphysique comme ontologie, Paris, Éditions Peeters, 1999, (ISBN 9042907444), (ISBN 9789042907447).
    Étude et traduction de l'Index détaillé de la métaphysique d'Aristote de F. Suárez. partiellement en ligne
  • Joseph A. Munitiz: Francisco Suárez and the Exclusion of Men of Jewish or Moorish Descent from the Society of Jesus, dans AHSI, vol.73 (2004), p.327.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]