Gaston Fessard

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Gaston Fessard
Naissance
Elbeuf Drapeau de la France France
Décès
Porto-Vecchio (Corse) Drapeau de la France France
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession
Activité principale
Formation
Lettres, philosophie et théologie

Compléments

L'appel de Fessard à s'opposer vigoureusement au nazisme, dans France, prend garde de perdre ton âme eut un grand retentissement (1941).


Gaston Fessard, né le à Elbeuf, en Seine-Maritime (France) et décédé le à Porto-Vecchio (Corse), était un prêtre jésuite français, résistant philosophe et théologien de renom.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Le père Fessard fut notamment en novembre 1941 le rédacteur du premier numéro des Cahiers du Témoignage chrétien, intitulé "France, prends garde de perdre ton âme", qui appelait à s'opposer au nazisme au nom des valeurs chrétiennes. Il contesta également l'obligation d'obéir au régime de Vichy en élaborant la théorie du « prince esclave », empruntée à Clausewitz : il convient d'obéir au prince lorsqu'il reste souverain et agit au nom du bien commun, mais la résistance s'impose au prince-esclave dont la souveraineté est limitée et l'action dictée par l'occupant.

À ce titre, l'historien Roland Hureaux voit en Fessard le « théoricien du gaullisme » par l'importance qu'il accorde à la légitimité du pouvoir politique[1].

La rigueur de ses analyses, son souci de confrontation au monde contemporain – dans la lumière de sa foi catholique –, lui donnent une clairvoyance exceptionnelle (par ex. temporalité et péché originel), en philosophie politique (échec annoncé du nazisme comme du communisme ...). L'une de ses caractéristiques est une approche par la voie dialectique : par exemple celle du maître et de l'esclave, inspirée de Hegel[2], ou encore celles de l'homme et de la femme, ou du juif et du païen.

Gaston Fessard fut, au cours du XXe siècle, un analyste remarqué des grands phénomènes politiques mondiaux, à l'égal d'un Raymond Aron, dont il fut l'ami pendant près d'un demi siècle et dont il baptisa même une des filles. Raymond Aron dit du Père Fessard lors d'une conférence à Rome : « si l'on se souvient de ses prises de positions successives, il est difficile de ne pas admirer sa clairvoyance et son courage »[3].

L'éthique sociale a une grande place dans sa pensée, mais l'axe essentiel serait tout ce qui se rapporte à l'histoire et à l'historicité.

Bibliographie non exhaustive[modifier | modifier le code]

  • Autorité et Bien commun, Paris, Aubier, 1944 ; édition révisée, augmentée et introduite par Frédéric Louzeau, Paris, Ad solem, 2015
  • Chrétiens marxistes et théologie de la libération : itinéraire du Père J. Girardi, Paris, Lethielleux, 1978
  • Correspondance : 1934-1971 / Gabriel Marcel, Gaston Fessard, [présentée et annotée par Henri de Lubac, Marie Rougier et Michel Sales ; introd. par Xavier Tilliette, Beauchesne, Coll. "Bibliothèque des Archives de philosophie". Nouvelle série, n°45, Paris, 1985. (ISBN 2-7010-1111-1) édité erroné
  • De l'actualité historique, Paris, Desclée de Brouwer, 1960
  • Église de France prends garde de perdre la Foi, Paris, Julliard, 1979
  • Épreuve de force ; réflexions sur la crise internationale, Paris, Bloud et Gay, 1939
  • France prends garde de perdre ta liberté, Paris, Témoignage chrétien, 1946
  • Gaston Fessard, 1897-1978 : genèse d'une pensée, Bruxelles, Culture et vérité, 1997
  • Hegel, le christianisme et l'histoire, Paris, Presses universitaires de France, 1990
  • Au temps du Prince-esclave, Ecrits clandestins et autres écrits (1940-1945), Limoges, Critérion, 1989
  • L’Antisémitisme en U.R.S.S. Faits et réflexions, Mesnil, Firmin-Didot, 1960
  • La Dialectique des "Exercices spirituels" de saint Ignace de Loyola (4 volumes), Paris, Aubier, 1956
  • La philosophie historique de Raymond Aron, Paris, Julliard, 1980
  • Le dialogue catholique-communiste est-il possible ?, Paris, Grasset, 1937
  • Libre méditation sur un message de Pie XII (Noël 1956), Paris, Plon, 1957
  • Paix ou guerre ? Notre paix, Paris, Monde nouveau 1951
  • « Pax nostra » ; examen de conscience international, Paris, Grasset, 1936
  • Correspondance inédite du P. Teilhard de Chardin et de Gaston Fessard, Toulouse, Institut Catholique de Toulouse, 1989, 264 p.

Références[modifier | modifier le code]

  • Gérard Reynal (Dir.) Dictionnaire des théologiens et de la théologie chrétienne, Bayard Éditions / Centurion, Paris, 1998.
  • Michèle Aumont, Que l'homme puisse créer, l'humaisme de Gaston Fessard, Paris, Cerf, coll. « Histoire de la morale », (ISBN 2204073873)
  • Michèle Aumont, Philosophie sociopolitique de Gaston Fessard, S.J., "Pax nostra", Paris, Cerf, coll. « Histoire de la morale », (ISBN 2204073865)
  • Michèle Aumont, Ignace de Loyola et Gaston Fessard : l'un par l'autre, Paris, L'Harmattan, coll. « Ouverture philosophique », (ISBN 2296003117)
  • Nguyen Hong Giao, Le Verbe dans l'histoire : la philosophie de l'historicité du P. Gaston Fessard, Beauchesne, Coll. "Bibliothèque des archives de philosophie". Nouvelle série n°17, 1974
  • Michel Sales, sj, Gaston Fessard, 1897-1978 : genèse d'une pensée ; suivi d'un résumé du "Mystère de la société" par Gaston Fessard, Culture et vérité, Coll. "Présences" n°14, Bruxelles, 1997. (ISBN 2872990569)
  • Frédéric Louzeau, L' anthropologie sociale du Père Gaston Fessard, PUF, "Hors collection", 2009.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'actualité du gaullisme, R. Hureaux
  2. Gaston Fessard voit dans cette dialectique le creuset de la philosophie contemporaine.
  3. Raymond Aron et le Père Gaston Fessard, Nicolas Baverez, in Commentaire Vol.8/N°28-29, février 1985.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]