Soubise (Charente-Maritime)

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Soubise
Soubise (Charente-Maritime)
L'hôtel des Rohan, actuel hôtel de ville.
Blason de Soubise
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente-Maritime
Arrondissement Rochefort
Canton Tonnay-Charente
Intercommunalité Communauté d'agglomération Rochefort Océan
Maire
Mandat
Jean-Yves Chartois
2018-2020
Code postal 17780
Code commune 17429
Démographie
Gentilé Soubisiens
Population
municipale
2 970 hab. (2015 en augmentation de 2,1 % par rapport à 2010)
Densité 272 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 55′ 34″ nord, 1° 00′ 28″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 22 m
Superficie 10,93 km2
Localisation

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Liens
Site web www.soubise.fr

Soubise est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine).

Ses habitants sont appelés les Soubisiens et les Soubisiennes[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Soubise est située dans le Sud-Ouest de la France[Note 1], au centre de la côte atlantique dont elle est distante de moins d'une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau, faisant partie du « Midi atlantique »[2].

Commune fluviale et estuarienne, elle est longée uniquement sur sa rive gauche par la Charente.

Elle appartient à la couronne périurbaine de l'aire urbaine de Rochefort et s'étend entièrement sur la rive sud de l'estuaire de la Charente en aval de Rochefort.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Soubise[3]
Saint-Nazaire-sur-Charente Rochefort
Moëze Soubise[3] Échillais
Beaugeay Saint-Agnant

Histoire[modifier | modifier le code]

Soubise a pour origine le nom d'un domaine gallo-romain, Sopitiniacum, le domaine de *Sopitius, sobriquet qui pourrait avoir été formé sur le latin sopitus[4].

À une altitude de 13 mètres[5], sur un éperon dominant la Charente qui se prête naturellement à la défense, il y avait un château avec une bourg clos d'un mur d'enceinte[6] comme sur l'autre rive à Rochefort. Le château est attesté à partir de 1092 avec un premier siège, et sa destruction par un premier incendie.

C'est l'un des premiers bancs rocheux rencontré en venant de la mer, sur la rive gauche (sud) de la Charente. Sur un sceau daté de 1383 se trouve cette inscription en latin : « subissia prima urbs insularum est sub borea » que l'on peut traduire par : « Soubise est la première ville sous le vent des îles ». C'est pourquoi en 1665, Jean-Baptiste Colbert proposa au duc de Rohan de vendre sa seigneurie ou de l'échanger avec le roi pour y construire un port de guerre permettant d'armer et de réparer des navires à l'abri des attaques anglaises, mais celui-ci refusa et le projet fut finalement réalisé à Rochefort qui est plus éloigné de l'estuaire avec un moindre tirant d'eau.

Pendant la Guerre de Cent Ans, en septembre 1346, le Comte de Derby s’empare de la place[7].

En 1372, une escadre française d'une douzaine de barges commandée par le prétendant Owen de Galles, avec les 40 navires et 8 galères de la flotte franco-castillane d'Henri de Transtamare, commandée par Guispucoa Ruiz Diaz de Rojas, bloquèrent les ports anglo-gascons du Poitou et du Saintonge. Une colonne franco-normande d'environ 300 hommes d'armes, commandés par Renaud VI de Pons[8] et Thibaut de Pont[9], débarqua et mit le siège devant le château de Soubise. Les Anglo-gascons envoyèrent immédiatement les renforts de 200 hommes d'armes commandés par leur meilleur capitaine, Jean de Grailly, captal de Buch, et prélevés sur les garnisons anglaises de Niort, de Lusignan, d'Angoulême et de Saintes. Le 22 août au soir, ils attaquèrent les assiégeants français par surprise, les capturèrent et s'installèrent à leur place, sans avoir remarqué la présence des 13 barges françaises ancrées devant Soubise. En pleine nuit, 400 hommes d'armes français et gallois sortirent sans bruit des barges, se formèrent en deux colonnes, se munirent de torches, et attaquèrent le camp anglo-gascon par surprise, en plaçant à la sortie du bourg les deux frères de Montmort avec leurs guerriers normands pour barrer leur fuite. 200 Anglo-gascons furent tués ou prisonniers, le Captal de Buch capturé, tandis que la garnison bloquée dans le fort se rendit le lendemain[10].

Ce fief relevant de la châtellenie de Châtelaillon appartenait à une branche cadette de la famille de Parthenay jusqu'à Jean V de Parthenay seigneur de Soubise[11] et de Mouchamps où il possédait le château du Parc-Soubise, lequel n'eut qu'une fille Catherine de Parthenay qui l'apporta, par son mariage en 1575 avec René II vicomte de Rohan, à une branche de la famille de Rohan-Chabot . La seigneurie passa ensuite par alliance à une branche de la maison de Rohan et fut érigée par lettres patentes (non enregistrées)[12] de Louis XIV datées de mars 1667 en principauté de Soubise en faveur de François de Rohan (1630-1712)[13],[14],[15]. Cette branche de la famille de Rohan qui porta le titre de prince de Soubise s'éteignit en 1787.

Catherine de Parthenay participa au siège de La Rochelle, côté Huguenot et fit construire au début du XVIIe siècle l'hôtel qui se trouve en face de l’église appelé l’hôtel des Rohan.

Les protestants des hommes de Paul de Coligny, comte de Laval, s'emparèrent en 1587 du château alors commandé par Cipière, après une faible résistance car les fortifications n'étaient plus prévues pour résister à une attaque d'artillerie moderne. Par la suite, la place fut prise et reprise plusieurs fois, et " le château fut rasé à l'époque des dernières guerres religieuses, aussi bien que les murs de la ville qui étaient flanqués de tours à l'antique et creusés d'un bon fossé creusé dans le roc.[16]".

La chapelle seigneuriale est devenue une église collégiale avec un prieur et trois chanoines qui étaient présentés par le seigneur du lieu.

Cette terre jouissait de certains privilèges fiscaux, ce qui en faisait un point de passage privilégié et bien situé pour la contrebande de tabac et d’étoffes d’importation[17].

Le temple protestant a été abattu en 1683 à la suite de la Révocation de l'Édit de Nantes.

Les Rohan ayant émigré, le château et sa chapelle ont été vendus en 1792 comme biens nationaux et racheté par un bourgeois qui a fait construire une belle maison sur la plateforme qui domine la Charente. Celle-ci a été détruite par un second incendie en 1844.


Le bac de Soubise[modifier | modifier le code]

Le bateau-passeur le Rohan (bac) et la cale côté Rochefort.

La ville est restée longtemps un point de passage important pour franchir la Charente entre et l'océan, un des seuls points de franchissement de la Charente avec le bac de Saint-Savinien entre Taillebourg et l'océan, jusqu'à la construction en 1842 du Pont suspendu de Tonnay-Charente. Le bac se trouvait au niveau du port de plaisance actuel.

La première mention de ce bac dans les archives date de 1477 mais il existait bien avant[18]. Alors que le pont à travée levante de Rochefort est mis en service, la traversée de la Charente sur le bac s'arrête le 5 février 1967.

Les deux cales empierrées de part et d'autre du fleuve, où aboutissait une route venant de Rochefort sur la rive droite, sont toujours visibles actuellement au niveau du village et servent à la mise à l'eau des embarcations. Un bac ou bateau-passeur, le Rohan, est remis en service depuis juin 2013 pour la période estivale[19]. Il a un capacité de transport de 12 personnes comprenant le pilote et 11 passagers à pied ou éventuellement à vélo.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Parti : en 1 : de gueules à neuf macles d'or, ordonnées 3, 3, 3 (qui est de Rohan) ; et en 2 : d'hermine plain (qui est de Bretagne)[20].

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 février 2018
(décès)
Robert Chatelier UMP-LR Agriculteur retraité, conseiller général puis départemental
avril 2018 en cours Jean-Yves Chartois LR Imprimeur, 1er Adjoint au maire précédent
Les données manquantes sont à compléter.

Région[modifier | modifier le code]

À la suite de la réforme administrative de 2014 ramenant le nombre de régions de France métropolitaine de 22 à 13, la commune appartient depuis le à la région Nouvelle-Aquitaine, dont la capitale est Bordeaux. De 1972 au , elle a appartenu à la région Poitou-Charentes, dont le chef-lieu était Poitiers.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[22].

En 2015, la commune comptait 2 970 habitants[Note 2], en augmentation de 2,1 % par rapport à 2010 (Charente-Maritime : +2,83 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
493428412699633677678716660
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
643670672619645672790715722
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
744746712678642611601581622
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
7067308421 4221 2201 2202 7442 8522 970
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

  • Carrières de pierre.
  • Chantier naval pour la plaisance.
  • Tourisme.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre.
  • L'hôtel des Rohan aussi nommé Hospice de Soubise (XVIIe siècle), actuel hôtel de ville.
  • L'église Saint-Pierre. C'est une église à l'origine de style roman comme en témoignent les quatre colonnes, à la croisée du transept, quelques arcs légèrement brisés et deux beaux chapiteaux qui se cachent dans le transept de gauche. Très détériorée pendant les Guerres de Religion, elle fut rebâtie de 1700 à 1712 par François de Rohan-Soubise, riche prince de Soubise. De cette époque, on peut voir autour de la nef un bandeau noir orné des armes des Rohan, appelé un litre funéraire et quatre vitraux. les cinq autres vitraux sont modernes.
  • Les fontaines ; en particulier la fontaine de la Rouillasse dont l'usage de ses eaux ferrugineuses que Bégon l'intendant de Rochefort recommandait à ses contemporains, semble très ancien. L'édifice, reconstruit au XIXe siècle dans un terrain en pente en bordure du marais de Moëze avec des pierres gravées de graffiti de bateaux, porte sur l'un de ses murs un poème à la gloire des vertus de la source. La fontaine de la Rouillasse est inscrite monument historique depuis 1996[25]. D'autres fontaines et sources peuvent être trouvées en divers points de la commune.
  • Les Dolmens de la Sauzaie, situés dans l'emprise de la Base aérienne 721 Rochefort, sont classés monuments historiques depuis 1938.
  • Le port est le premier port à sec de Charente-Maritime.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Certains y voient une appartenance géographique au Midi de la France — en référence au « Midi atlantique » cher au géographe Louis Papy - elle est partie intégrante du Grand Sud-Ouest français, et est parfois également incluse dans un Grand Ouest.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les gentilés de Charente-Maritime
  2. Louis Papy, Le Midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, p. 21
  3. Carte IGN sous Géoportail
  4. Albert Dauzat, La Toponymie française, "Noms de domaines gallo-romains", Paris, Payot, page 314.
  5. Plan topographique de l'embouchure de la Charente
  6. Tracé de l'ancien mur de Soubise
  7. Robert Favreau, in Jean Combes (dir.), Histoire du Poitou et des Pays charentais : Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime, Clermont-Ferrand, éditions Gérard Tisserand, , 334 p. (ISBN 2-84494-084-6, lire en ligne), p. 197
  8. Fils de Renaud V, marié en 1365 avec Marguerite de Périgord, sire de Pons, de Marennes, de l'Île-d'Oléron, vicomte de Turenne et de Carlat
  9. Vaillant capitaine qui servit sous Duguesclin dans la guerre contre Charles le Mauvais.
  10. Jean-Claude Castex, Répertoire des combats franco-anglais de la Guerre de Cent Ans, Édition du Phare-Ouest, 2012
  11. Ph. Le Bas, France dictionnaire encyclopédique, t. 11, F. Didot freres, (lire en ligne), p. 433.
  12. Bulletin de la Société héraldique etʹgenéalogique de France, (lire en ligne), p. 275.
  13. Annuaire de la noblesse de France 1896, (lire en ligne), p. 186.
  14. Jean Joseph Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, (lire en ligne), p. 859.
  15. Bulletin de la Société héraldique et généalogique de France, (lire en ligne), p. 275
  16. Gautier, Statistique du département de la Charente-Inférieure
  17. Jean Nicolas, La Rébellion française : mouvements populaires et conscience sociale, 1661-1789, Paris : Gallimard, 2008. Collection Folio, (ISBN 978-2-07-035971-4), p. 147
  18. Archive municipales de la ville de Rochefort
  19. Journal Sud-Ouest http://www.sudouest.fr/2013/06/25/soubise-rochefort-un-bac-pour-traverser-les-deux-rives-1096442-1504.php
  20. Gaso.fr
  21. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  25. « Fontaine de la Rouillasse », notice no PA17000007, base Mérimée, ministère français de la Culture