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Sorel-Tracy

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Sorel-Tracy
Sorel-Tracy
Vue aérienne de Sorel-Tracy
Blason de Sorel-Tracy
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Québec Québec
Région Montérégie
Subdivision régionale Pierre-De Saurel
Statut municipal Ville
Maire
Mandat
Patrick Péloquin
(2025-2029)
Code postal J3P (Centre et Est) et
J3R (Sud-ouest)
Constitution
Démographie
Gentilé Sorel-Tracyen, Sorel-Tracyenne[1]
Population 35 165 hab. ()
Densité 527 hab./km2
Population de l'aire urbaine 51 339 hab.
Blason populaire Tire-Bouchon
Code géographique 2453052
Géographie
Coordonnées 46° 02′ 00″ nord, 73° 07′ 00″ ouest
Superficie 6 670 ha = 66,7 km2
Divers
Fuseau horaire Heure de l'Est (UTC-5)
Indicatif +1 450 ou 579
Localisation
Carte
Dans la MRC : Pierre-De Saurel.
Liens
Site web www.ville.sorel-tracy.qc.ca

Sorel-Tracy est une ville canadienne du Québec, chef-lieu de la MRC de Pierre-De Saurel, dans la région de la Montérégie[2]. Elle est la capitale économique, industrielle et culturelle de la MRC.

Son nom provient de l'amalgame des noms des villes de Sorel et de Tracy[3].

En 2000, les villes de Sorel et Tracy sont fusionnées pour créer la ville actuelle[4]. Il s'agissait auparavant de deux villes distinctes. La municipalité de Saint-Pierre-de-Saurel avait également précédemment fusionné avec la Ville de Sorel en 1992.

Gentilé et blason populaire

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La Commission de toponymie du Québec recense Sorel-Tracyen, Sorel-Tracyenne comme gentilé de Sorel-Tracy et note aussi l'existence des variantes plus marginales Sorelo-Tracyen et Saurelois[1].

Le linguiste Gabriel Martin, coauteur du Répertoire des gentilés officiels du Québec, recommande d'utiliser la dénomination Sorel-Tracyen pour désigner les habitants de Sorel-Tracy et d'utiliser Sorellois et Tracyen pour désigner de manière distincte les habitants de Sorel et de Tracy[5]. Il signale également que la graphie Sorelois est parfois employée, mais qu'elle reflète moins fidèlement la prononciation du nom. Pour Tracy, il mentionne la variante Tracien avec un i, qui reste cependant moins régulière que la forme Tracyen.

Le linguiste note que dans l'usage familier contemporain, le blason populaire Tire-bouchons s'utilise parfois encore comme surnom des habitants de Sorel et, par association, des habitants de Sorel-Tracy. Ce blason populaire est aussi présent dans la toponymie, comme dans le nom du lac des Tire-Bouchons et dans celui du resto-bar Les Tire-Bouchons[6].

Trois hypothèses populaires, recensées dans le périodique de la Société historique Pierre-de-Saurel[7], ont été avancées quant à l'origine de ce surnom. La première évoque l'invention, à Sorel, d'un tire-bouchon particulièrement efficace vers la fin du XIXe siècle, qui aurait permis de déboucher plusieurs bouteilles rapidement. La deuxième situe l'origine du sobriquet durant la période de la prohibition en 1915, alors que Sorel se serait distinguée comme la seule localité du comté de Richelieu où subsistait un commerce actif de boissons alcoolisées. Enfin, une troisième hypothèse rapporte qu'au cours de la crise économique des années 1930, des Sorellois affamés se seraient introduits dans les cales de navires accostés au port pour tirer les bouchons de barils de mélasse et en voler le contenu.

Toujours selon Martin, ces explications sont fantaisistes et « relèvent davantage de conjectures folkloriques que d'histoires étayées et crédibles[6] ». Il explique que le sobriquet Tire-Bouchon trouve plutôt son origine dans un stéréotype ancien, déjà présent au XIXe siècle, selon lequel la population de Sorel aurait une propension marquée pour la consommation d'alcool. Il signale des attestations de l'expression tire-bouchon de Sorel remontant aux années 1910, notamment dans une prise de position publique du juge Arthur-Aimé Bruneau en 1913. Selon le chercheur, « ce sobriquet a progressivement perdu sa connotation négative pour être réinvesti, durant la seconde moitié du siècle, d'une charge positive par les Sorellois eux-mêmes[6]. »


Ville de Sorel

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Fort Richelieu, 1695.

La ville de Sorel fut bâtie à l'emplacement du Fort Richelieu. Après avoir vu passer les découvreurs de la Nouvelle-France : Jacques Cartier en 1535 et Samuel de Champlain, qui y vint pour la première fois en 1603, c'est par la suite Charles Jacques Huault de Montmagny, alors gouverneur de la Nouvelle-France depuis six ans, qui y fera ériger le 13 août 1642 un premier fort. Ce dernier fut construit à l'embouchure de la rivière Richelieu (dite autrefois rivière des Iroquois) au XVIIe siècle. Son nom lui a été donné en mémoire du cardinal de Richelieu (1585-1642), ministre de Louis XIII. Le , en la fête de saint Bernard, le Père Anne de Noue bénit le fort et y célèbre la messe. La tradition veut que cette date soit considérée comme celle de la naissance de la ville de Sorel[8], ce qui en fait la quatrième plus vieille ville du Canada (après Québec, Trois-Rivières et Montréal). Le fort est abandonné en 1647 sous les coups répétés des Iroquois[9].

C'est en 1665 qu'arrive le Régiment de Carignan-Salières sur le territoire[9]. Pierre de Saurel, à la tête de cinq compagnies, est chargé, par le gouverneur Alexandre de Prouville de Tracy, de reconstruire l'ancien fort. En 1672, le roi concède à M. de Saurel la région avoisinant le fort, où il s'installe, de même que ses soldats. Par la suite, les terres sont défrichées et les familles se multiplient, si bien qu'en 1681 plus de 120 habitants forment la communauté sorelloise[9]. M. de Saurel décède à Montréal et sa femme, Catherine Le Gardeur vend la seigneurie à Claude de Ramezay de Montréal en 1713.

La guerre de Sept Ans vient bouleverser le développement de la seigneurie. À la conclusion de la paix en 1777, beaucoup d'Américains demandent à s'établir au Canada, qui seront désormais surnommés les loyalistes[10]. C'est dans l'intention de venir en aide à ces expatriés que le gouverneur Frederick Haldimand achète, au nom de MM. Greenwood et Higginson, la seigneurie de Sorel en date du [11]. Au mois de , Son Altesse Royale William Henry rend visite à Sorel. De cette époque la ville prend le nom de William-Henry qu'elle conservera jusqu'en 1860[12].

Sorel obtient le statut de cité en 1889, à la suite de multiples améliorations de ses infrastructures, comme la construction d'un aqueduc, l'installation d'usines d'éclairage au gaz, la construction d'un édifice des douanes et des postes[12]. Finalement, elle redevient la Ville de Sorel en 1982[13].

Ville de Tracy

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Le , la municipalité de la paroisse de Saint-Joseph-de-Sorel est constituée en la corporation de la Ville de Tracy[2]. Le choix de ce nom de noblesse du marquis de Tracy est le résultat de la soumission d'un citoyen dans le cadre d'un concours.

Maison des gouverneurs

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La Maison des gouverneurs est située au bord de la rivière Richelieu, sur le chemin des Patriotes. C'est en qu'y fut illuminé pour la première fois un sapin de Noël[2]. En effet, au cours de cette même année, le général Frédérick Haldimand acquiert, au nom de la Couronne britannique, la seigneurie de Sorel. Il y fait ériger des casernes et une maison. Les premiers habitants de la Maison des Gouverneurs sont le baron et la baronne Riedesel[14]. Afin de perpétuer une tradition de son pays, l'Allemagne, consistant à illuminer un sapin pour Noël, la baronne Riedesel crée un événement unique en Amérique du Nord. Depuis, presque tous les Nord-Américains illuminent un sapin à l'occasion des festivités de Noël.

Aujourd'hui, on retrouve dans la Maison des Gouverneurs le Bureau d'information touristique de la région de Sorel-Tracy et un centre d'exposition. Également, durant l'été 2021, des fouilles archéologiques ont été effectuées dans une grande fosse devant la Maison des Gouverneurs[15].

Géographie

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D'une superficie terrestre de 57,24 km2 (66,64 km2 de superficie totale)[16], Sorel-Tracy est située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Richelieu[2]. La ville est sise sur les deux rives de cette dernière avec le secteur Sorel sur la rive droite et secteur Tracy sur la rive gauche.

Les deux secteurs sont reliés par le pont Maurice-Martel (appelé localement le « Pont neuf »[16]), sur lequel se trouve l'autoroute 30 et par le pont Turcotte[17], sur lequel se trouve la route 132.

Municipalités limitrophes

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Démographie

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Évolution démographique
2001 2006 2011 2016 2021
34 19434 07634 60034 75535 165

Administration

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Maires de Sorel-Tracy

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La Ville de Sorel-Tracy a, depuis sa création en 2000 à la suite de la fusion de Sorel et de Tracy, été dirigée par quatre maires[20].

Sorel-Tracy
Maires depuis 2005
Élection Maire Qualité Résultat
2005 Marcel Robert Voir
2009 Réjean Dauplaise Voir
2013 Serge Péloquin Voir
2017 Voir
2021 Voir
juin 2022 Martin Lajeunesse Maire suppléant Voir
nov. 2022 Patrick Péloquin Conseiller municipal Voir
2025 Voir
Élection partielle en italique
Depuis 2005, les élections sont simultanées dans toutes les municipalités québécoises.

Serge Péloquin a été destitué pour une période d'un an à compter du 8 juin 2022[21].

Liste des maires successifs de Sorel-Tracy[20]
Période Identité Étiquette Qualité
en cours Patrick Péloquin    
Serge Péloquin    
Réjean Dauplaise    
Marcel Robert    

Maires des anciennes municipalités

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Usine de Rio Tinto QIT à Sorel-Tracy.

Sorel-Tracy a été le fief de la construction navale au cours du XXe siècle. En effet, à une certaine époque, les usines de Marine Industries Limited et Sorel Industries Limited tournaient à plein régime 24 heures sur 24 et employaient jusqu'à 10 000 personnes pour répondre aux commandes de navires de guerre de diverses classes[13].

La ville est un important centre industriel traditionnellement connu pour son activité sidérurgique. Rio Tinto, groupe minier multinational anglo-australien, est le principal employeur avec son complexe métallurgique RTFT (Rio Tinto Fer et Titane) anciennement Q.I.T. Fer et Titane, avec plus de 1 000 employés. Durant les années 1960 à 1990, la ville de Sorel-Tracy fut surnommée « la ville de l'Acier » comptant en ses rangs Les Forges de Sorel, Acier inoxydable Atlas, Crucible Steel, Beloit Steel, Sorel Steel and Founderies, Tioxide Canada ainsi que ses chantiers navals (Marine Industries, qui a fermé ses portes vers la fin de 1986). De plus, la ville de Sorel-Tracy est en plein cœur de la Vallée Sidérurgique et Métallurgique de Sorel.

La ville de Sorel-Tracy renferme aussi un important terminal pétrolier. Le terminal est opéré et géré par la compagnie Kildair Service ULC, affiliée depuis 2007 à l'Américaine Sprague International Properties LLC.. La capacité de stockage du terminal est de plus de 3,2 millions de barils (environ 509 millions de litres) de produits pétroliers. La réception ou l'exportation des produits se fait principalement par navire au quai détenu par la compagnie depuis le mois de .

Port de Sorel.

Une nouvelle gare d'autobus, au 250, boulevard Poliquin, a été ouverte en 2012[22].

Un service de traversier de la Société des traversiers du Québec relie Sorel-Tracy et Saint-Ignace-de-Loyola[23].

Un service de taxibus est aussi disponible dans la ville[24].

Le conseil municipal de la ville de Sorel-Tracy a donné son appui par voie de résolution le à une étude de faisabilité pour un pont reliant Sorel-Tracy et Lanoraie par le fleuve Saint-Laurent. L'étude est financée par l'homme d'affaires Luc Poirier[25] et a été présentée à la Chambre de commerce de Sorel-Tracy le [26],[27].

Les services éducatifs publics francophones sont assurés par le Centre de services scolaire de Sorel-Tracy (anciennement la Commission scolaire de Sorel-Tracy).

Le 14 janvier 2025, l'école secondaire Bernard-Gariépy vit un incendie majeur qui cause le transfert de ses étudiants vers l'autre école secondaire de la ville, l'école secondaire Fernand-Lefebvre. Il n'y a eu aucun blessé[28].

Cégep de Sorel-Tracy
  • École secondaire Bernard-Gariépy
  • École secondaire Fernand-Lefebvre
  • École Au Petit Bois
  • École Harold-Sheppard (École anglophone)
  • École Laplume
  • École Maria-Goretti
  • École Saint-Gabriel-Lalemant
  • École Sainte-Anne-les-îles
  • École St-Jean-Bosco
  • École Martel

Personnalités liées à Sorel-Tracy

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Jumelages et échanges

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Notes et références

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  1. a et b « Commission de toponymie », sur toponymie.gouv.qc.ca (consulté le )
  2. a b c et d « Portrait de la ville », sur Ville de Sorel-Tracy (consulté le )
  3. Commission de toponymie du Québec
  4. Histoire de Sorel-Tracy, 1932 à aujourd'hui, Mario Lemoine
  5. Gabriel Martin, « Comment nommer les habitants de Sorel-Tracy? », Les 2 Rives,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  6. a b et c Gabriel Martin, « L'histoire du surnom sorellois Tire-Bouchon », Histoire Québec,‎ , p. 38-39
  7. Gabriel Martin, « D'où vient réellement le surnom Tirebouchon? », Le Saurelois : bulletin de la Société historique Pierre-de-Saurel, vol. 42,‎ , p. 4-7
  8. Sorel-Tracy, une histoire à découvrir, Mario Lemoine
  9. a b et c Yvon Beaudry. Sorel: 1642-1942, Éditions du 111e Centenaire, 1942, p. 8
  10. A. Couillard-Després. Histoire de Sorel. De ses origines à nos jours, Montréal: Imprimerie des sourdes-muets, 1926, p. 126
  11. A. Couillard-Després. Histoire de Sorel. De ses origines à nos jours, Montréal: Imprimerie des sourdes-muets, 1926, p. 110
  12. a et b Yvon Beaudry. Sorel: 1642-1942, Éditions du 111e Centenaire, 1942, p. 9
  13. a et b « Histoire de Sorel et Tracy », sur Ville de Sorel-Tracy (consulté le ).
  14. « Maison des gouverneurs », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec - Ministère de la culture et des communications du Québec (consulté le ).
  15. « Découvertes archéologiques majeures à la Maison des gouverneurs: mise à jour des vestiges d’un possible banquet princier ? », sur Ville de Sorel-Tracy (consulté le ).
  16. a et b >, WikiMapia
  17. Le pont Turcotte
  18. « Statistique Canada - Profils des communautés de 2006 - Sorel-Tracy, V » (consulté le ).
  19. « Statistique Canada - Profils des communautés de 2016 - Sorel-Tracy, V » (consulté le ).
  20. a b c d et e « Historique des maires », sur ville.sorel-tracy.qc.ca (consulté le ).
  21. « Serge Péloquin officiellement destitué comme maire de Sorel-Tracy », Les 2 Rives, (consulté le ).
  22. Louise Grégoire-Racicot, « La nouvelle gare d'autobus ouvre ses portes le 2 avril », Les 2 Rives La Voix,‎ (lire en ligne)
  23. « Les traverses : Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Societé des traversiers.
  24. « Taxibus », sur citsv.qc.ca (consulté le ).
  25. « L’entrepreneur Luc Poirier finance une étude pour un pont entre Sorel et Berthier », sur Les 2 Rives et La Voix (consulté le ).
  26. « Le promoteur Luc Poirier veut assumer seul les dépenses du pont », Les 2 Rives et La Voix,‎ (lire en ligne, consulté le )
  27. « Luc Poirier explique son projet devant les membres de la Chambre de commerce de Sorel-Tracy », sur soreltracy.com (consulté le ).
  28. « Incendie dans une école secondaire à Sorel-Tracy: les élèves évacués », sur TVA Nouvelles, (consulté le )
  29. « Sorel-Tracy et Niort scellent leur jumelage », sur SorelTracy Magazine, (consulté le )

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Articles connexes

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Liens externes

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