Rock argentin

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Le rock argentin est une dénomination musicale très large qui s'applique à n'importe quelle variété de Rock 'n' roll, Blues rock, Jazz rock, Pop rock, Punk rock, Garage rock, Rock psychédélique, Hard rock, Heavy metal et à d'autres styles musicaux proches, crée, produit ou générée en Argentine. L'expression coïncide en partie avec "Rock national", un concept apparut durant la seconde moitié des années 60 pour se référer à un courant musical Rock, au sens large, chanté en espagnol et qui à ses débuts faisait face aux productions "commerciales", développées par les médias de communication et les maisons de disque.

L'Argentine fut l'un des premiers pays d'Amérique latine dans lequel se développa le Rock and roll. Par la suite le genre prit le nom de rock national. De même, le pays fut l'un des premiers à utiliser l'espagnol pour communiquer et décrire des thématiques propres à ses particularités, ainsi que pour faire d'abondantes références à la géographie locale[1][2][3].

Depuis le milieu des années 50, les groupes locaux chantaient déjà en anglais (occasionnelement en espagnol) des succès internationaux du Rock and roll, mais sans leur conférer une identité qui les différencie de l'originale. Ce fut durant la seconde mootié des années 60 que divers groupes underground, issus du milieu intelectuel et bohème, commencèrent à composer des chansons en espagnoles. Elles abordaient des sujets qui intéressaient la jeunesse. C'est ainsi que le rock argentin commenca à forger son identité. Ça donna naissance à un genre musical qui fut d'abord nommé Beat, puis musique progressive pour finalement être dénommé rock national. À partir de là, le rock argentin commenca un processus d'évolution constant qui durant les années 70 et 80, et surtout après la Guerre des Malouines, se cristalisa dans un mouvement aux caractéristiques esthétiques bien définis. Ce mouvement connu en parallèle un fort succès populaire.

Les antécédents (1956-1967)[modifier | modifier le code]

Les origines du rock argentin remontent à la seconde moitié des années 50, quand arriva dans le pays les groupes de rock and roll nord américain. C'était alors l'explosion internationale de ce mouvement. Ce rythme nouveau et dansant entraîna la création des premiers groupes de rock dans le pays. Cependant, bien que ces premières formations soient très importantes dans l'histoire de la musique argentine et de son évolution, le rock dit national est un courant artistique avec une identité propre. Ce courant naquit lorsque les groupes commencèrent à chanter en espagnol et à faire des chansons traitant des caractéristiques du lieu et des idées philosophiques et intelectuelles de la contre-culture. Cela en opposition avec les groupes antérieurs qui se contentaient de se réunir pour reprendre les chansons des groupes nord américains. Ils chantaient alors en anglais car beaucoup pensaient que le rock chanté en espagnol n'était pas viable. C'est pourquoi le "rock national" comme il est connu actuellement ne naquit que durant la décennie suivante.

Cependant, avant cela, divers personnages firent les premières tentatives de rock en Argentine. À cette époque, le tango et le folklore prédominaient dans le pays, et les rythmes nouveaux et les bandes de musique jeunes étaient diffusés uniquement grâce aux appareils des médias mainstream argentins comme la maison de disque RCA-Victor et les programmes de télévision pour la jeunesse. Les groupes et solistes précurseurs du rock argentin animaient eux les bals et les fêtes, influencés par Bill Haley, Chuck Berry, Elvis Presley, Little Richard, Chubby Checker et Bo Diddley entre autres. Naturellement, ces premières tentatives de rock argentin avaient divers styles, conséquence de l'imitation des divers styles nord américain. Certains, comme Eddie Pequenino et son groupe Mr Roll y sus Rockers étaient plus proche du Swing de Bill Haley & his Comets. D'autres comme Los Cincos Latinos étaient adeptes des groupes vocaux de Doo-wop comme The Platters. D'autres enfin comme Sandro étaient clairement inspirés par Elvis Presley. À l'arrivée dans les années 60, d'autres groupes et solistes aparurent, influencés par de nouveaux groupes et d'autres genres, comme le Twist, la nueva ola, la Surf music et le Garage rock. De plus, les influences musicales britanniques et uruguayennes eurent un fort impact sur la musique argentine.

C'est à partir de la fin de cette période que commenca à apparaître les premiers groupes dit de contre-culture. Leurs idées nouvelles et leurs lieux de réunion, comme La Perla de Once ou l'Instituto de Tella, furent les noyaux d'un nouveau courant artistique. Après quelques tentatives de rock possédant une identité propre, c'est finalement en 1967 avec la sortie de la chanson La Balsa du groupe Los Gatos, qui connut un grand succès avec ses 250 000 copies vendues, que d'autres groupes se lancèrent et commencèrent à enregistrer des chansons en espagnol.

Origines avec réminiscence nord américaine[modifier | modifier le code]

Eddie Pequenino, le premier rocker argentin. A 28 ans, il forma le premier groupe de rock argentin: Mr. Roll y sus Rockers.

Le Rock 'n' roll surgit comme genre musical aux États-Unis dans les années 50. Il est le produit de la fusion de divers courant musicaux comme le Musique folk, le Hillbilly, le Bluegrass, la Musique country et le Rhythm and blues. Il connut rapidement une popularité nationale et internationale à travers des artistes comme Elvis Presley ou Bill Haley. En Argentine, la diffusion de ce genre musical via les radios et les disques réveilla chex beaucoup de musiciens l'envie d'imiter ces nouvelles sonorités et ces rythmes marqués qui le caractérisait.

La scène musicale dans les années 50 en Argentine était composée par le Tango d'origine urbaine, le folklore qui vivait un boom alimenté par l'immigration interne, la musique mielleuse inlfluencée par le poids des pays européens comme l'Italie et la France (le Festival de Sanremo était très populaire dans la société argentine à l'époque) et les boléros et balades romamtiques comme celles de Frank Sinatra. Parallèlement, les rythmes tropicaux et latino américains comme la Cumbia avaient commencé à laisser leurs traces en Argentine[4][5].

C'est au milieu des années 50 qu'arriva le Rock 'n' roll en Argentine, avec les succès nord américain de chanteurs comme Elvis Presley, Bill Haley & His Comets, Chuck Berry, Buddy Holly ou Gene Vincent. De même, la sortie dans les cinémas argentins de la trilogie fondamentale des films de rock and roll : Blackboard jungle, Rock around the clock et Don't know the rock eut une répercussion majeure chez les jeunes et les adolescents. Ces derniers commencèrent à danser sur ces rythmes nouveaux dans les couloirs des cinémas, dans les rues, sur les places ainsi qu'au pied de l'obélisque de Buenos Aires. En parallèle, les ventes de disques de rock and roll commencèrent chez les disquaires ainsi que la diffusion de ces nouveaux rythmes à la radio à travers des émissions dédiées à ça. Ce fut le cas à Radio Splendid, à Radio Mitre avec l'émission Melodías de rock'n'roll animée par César Lazaga et à Radio Excelsior avec l'émission Rock and Belfast animée par Jorge Beillard, occasionellement remplacé par Miguel Ángel Merellano[4][5].

Le chanteur et tromboniste Eddie Pequenino, venu du Jazz (alors encore adolescent, il forma dans les années 40 un groupe de jazz dénommé Jazz Los Colegiales avec Ricardo Romero) et du Rhythm and Blues (il fonda au début des années 50 un groupe du nom de Parker y su Rhythm Band), forma en 1956 l'ensemble Mr. Roll y sus Rockers, le premier groupe de rock en Argentine. Il avait comme pianiste Lalo Schifrin. Le groupe interprétait des chansons de groupes nord américains. Bill Haley & His Comets furent pour eux une grosse influence, avec leur style orienté swing. Leurs reprises furent enregistrées dans un LP produit et diffusé par la maison de disque CBS. Ce disque fut un tel succès qu'il se vendit plus que la version originale de Bill Haley. C'est dans ce contexte que fut tourné le film Venga a bailar el rock qui sortit le 29 août 1957. Mr. Rock y sus Rockers jouèrent dedans ainsi que les acteurs Éber Lobato, Nélida Lobato, Alfredo Barbieri et Pedrito Rico. En janvier 1958, Bill Haley venu en Argentine avec son ensembe pour des concerts au théâtre municipal. Il choisit comme première partit Mr. Roll y sus Rockers.

Immédiatement, quelques polémiques apparurent à propos du rock du fait de certains tabloïds et médias à sensation. Ces derniers affirmaient que les jeunes devenaient fous dans lea salles de cinéma à cause des films de rock, causant parfois des destructions. Ils levèrent la voix avant l'arrivée de Bill Haley en affirmant que le Rock 'n' roll était une musique étrange. D'un autre côté, la revue Antena publia un numéro où apparaissait Bill Haley vêtu d'un pancho et en train de boire du maté, dans un geste de conciliation culturelle.

Au delà du manque d'identité qu'avait encore le genre naissant, l'arrivée du nouveau phénomène musical et la formation de Mr. Roll y sus Rockers attira l'attention de l'industrie du disque en Argentine. Il existait en effet un nouveau segment social qui jusque là n'avait pas été exploité par la musique: celui des jeunes et des adolescents. Il y avait ainsi un nouveau marché pour la commercialisation de groupes et de solistes. Ce nouveau marché eut un rôle essentiel dans le développement postérieur de la musique argentine, et cela, sans distinction de genre et de contenu idéologique.

Les premiers groupes[modifier | modifier le code]

Sandro, qui a ses débuts jouait du rock 'n' roll eu une influence décisive sur la naissance du rock argentin.

En 1958, suite au succès qu'eu la visite de Bill Haley and His Comets en début d'année, de nombreux groupes de rock 'n' roll se formèrent. Ces nouvelles formations se contentaient alors de reprendre les chansons des groupes de rock nord-américain. De nombreux membres de ces formations allaient devenir au début des années 60 les musiciens et chanteurs des groupes appartenant au mouvement appelé en Argentine "nueva ola". En parallèle, des programmes radio consacrés au rock commencèrent à apparaître à la radio. Ce fut le cas sur Radio Libertad (aujourd'hui AM del Plata) et sur Radio El Mundo. La revue Jazzlandia avait aussi prit note de l'explosion du rock and roll sur la scène musicale argentine. C'est pourquoi elle commenca a publier des articles, des paroles et des partitions de rock. La revue Estrellas fit de même. Le Disc-Jockey du programme Música en el aire, Rodríguez Luque, créa la maison de disque Disc-Jockey avec laquelle il produit les groupes de rock naissant. Enfin, en avril 1958, le troisième film d'Elvis Presley: Amour frénétique sortit en salle. Traduit sous le titre La mujer que yo adoro en Argentine, le film eu une couverture médiatique importante à la différence de ses deux premiers films. Cela entraîna un boom de l'esthétique Elvis dans le pays.

Le groupe The Paters se forma, avec le chanteur Lalo Fransen (futur membre du El Club del Clan), qui se fit alors appelé Danny Santos. Le groupe est connu pour deux enregistrementsː "A White Sport Coat (and a Pink Carnation)" de Marty Robbins et "I Forgot to Remember to Forget" d'Elvis Presley. De même, le groupe Los Modern Rockers se forma, dont le membre Luis Aguilé (qui a joué des chansons de Pat Boone) se distingua des années plus tard lorsqu'il fut engagé par le label Odeón. Avec son guitariste et l'appui de l'orchestre d'Armando Patrono, ils enregistrèrent le boléro Mirá qué luna, mais surtout la première chanson rock originaire d'Argentine, c'est-à-dire créée par un artiste argentin et chantée en espagnolː La Balanza.

Accompagné par l'orchestre Delucio Milena, les chansons qu'enregistra Billy Cafaro, Pity pity de Paul Anka et Personalidad eurent un succès considérable. Néanmoins, quand il interpréta le succès allemand Kriminal Tango, il eut beaucoup moins de succès. En effet, cette chanson fut très impopulaire chez les Tangueros qui l'interprétèrent mal et la prirent comme une offense au tango. Il fut même agressé à plusieurs reprises par des tangueros, ce qui le poussa à partir en Espagne. Originaire de ce pays, Andy Marciá enregistra des chansons comme Rock del vaquero, Tú eres mi luna et La motoneta (cette dernière était un jingle publicitaire pour les scooters Siam-Lambretta, et ce fut peut être le premier jingle publicitaire de l'histoire argentine). Il fut aidé par l'orchestre d'Horacio Malvicino, qui à ce moment là était connu sous le nom de Don Nobody, et qui plus tard, se tournant vers le tango européen, adopta un autre nom: Alain Debray.

En 1960, le groupe Los Teen Tops atteignit une grande notoriété chez les auditeurs argentins. Cet ensemble mexicain chantait des succès du Rock and roll nord-américain, mais avec des paroles traduites en espagnole. Le style énergique de ce groupe influenca le frère de Eber Lobato, Rocky Pontoni, qui surgit sur le marché du disque avec ses interprétations de "Stupid Cupid" de Neil Sedaka, "Adam and Eve" de Paul Anka et "I'm On a Merry Go-Round" de Teddy Randazzo. Il fut suivi par Luis Bastián avec sa version de "Itsi, bitsi, tiny winy yellow polka dot bikini" de Brian Hyland. Appuyé par la maison de disque Orfeo (filiale de CBS), l'artiste Johnny Carel (dont le vrai nom est José Roberto Gentile) apparut. Sa version de "Let's think about living" de Bob Luman fut un grand succès. Il fut tel que le disque fut sorti dans de nombreux pays comme le Pérou, le Vénézuela, l'Équateur, la Colombie, le Mexique et l'Espagne.

À ce moment là, un futur membre de la Nueva ola et de El Club del Clan apparait au sein du groupe de Rock and roll Los Platos Voladores, qui prit par la suite le nom de The Rocklands. Ce membre, c'est Noberto Fago, qui utisa ensuite le pseudonyme de Nicky Jones. Il enregistra une version de "Runaway" de Del Shannon. De même, le musicien Johnny Allon se fit connaître au sein du groupe Los Tammys. Ces derniers enregistrèrent de nombreuses reprises des groupes de beat et de Surf music des années 60. Dans la Province de Tucumán, le chanteur Nery Nelson, qui reprenait des chansons d'Elvis Presley, était promotionné par la maison de disque Discofonia. Il sortit avec elle un disque qui n'eu aucune répercussion. C'est pourquoi, il décida de changer de surnom et commenca à se faire appeler Palito Ortega. Cette même maison de disque lanca un autre jeune : Martin Meyer. Ce dernier, aidé par le compositeur Alddo Legui, sortit un LP qui connut du succès : El millonario del disco.

Au début des années 60, de nombreux musiciens nord-américain de l'époque comme The Platters, Paul Anka (qui à son concert au Teatro Ópera chanta accompagné d'un orchestre local dirigé par le batteur Enrique Corriale), Dion DiMucci, Brenda Lee, Neil Sedaka et Chubby Checker vinrent jouer en Argentine. Ce dernier, avec son style Twist servit d'inspiration pour un groupe local : Los Jets, dont l'un des membres, Jorge Jackie Álvarez, forma plus tard le groupe Jackie y los Ciclones. En 1961, Tony Vilar sortit un LP avec la maison de disque CBS. Ce disque était composé de chansons chantées en espagnol comme "Quince años tiene mi amor", "Diablito", "Rock del Fuego" y "Rock del Abuelo".

En juillet 1961, la maison de disque RCA signa un jeune musicien qui utilisait le pseudonyme Balder. Ce dernier s'était présenté au programme de télévision Justa del Saber diffusé par Canal 7. Avec la maison de disque, il édita un disque sur lequel apparaissait la chanson El rock del tom tom. Un peu plus tard, il sorti la chanson Zapatos de pom pom. Balder était en fait Alberto Felipe Soria, plus connut aujourd'hui sous le non de Johnny Tedesco. Il était tellement influencé par Elvis que la maison de disque lui proposa un voyage aux États-Unis, afin qu'il puisse connaître son idole. Son album fut un gros succès. Près de 500 000 copies furent vendues en très peu de temps. En parallèle, la chanson fut un gros succès à la radio. Tedesco développa donc un style très influencé par Elvis Presley, qui était un mélange de Rock, de Rockabilly et de Country. Il interpréta en castillan beaucoup de ses compositions et les succès du rock international comme "Presumida", "Un montón de amor", "Preciso tu amor esta noche", "Ocho días a la semana", "Coqueta" et "La plaga". Ces quelques chansons aidèrent à consolider le genre rock en Argentine.

En août 1961, la maison de disque CBS lanca un nouvel artiste : Tony Vilar. Ce dernier faisait des chansons de rock plus douces et des reprises du groupe espagnol Dúo Dinámico comme Quince años tiene mi amor. Il reprit aussi Diablito de Neil Sedaka. Tony Vilar était le fils d'immigrant italien typique de la jeunesse d'alors. En 1962, il édita son second LP qui rima aussi avec la fin de sa carrière. Bien que son succès fut éphémère et rapidement éclipsé par l'ascension vertigineuse du Club del Clan, ses disques restent culte et sont des traces du début du rock en Argentine.

À cette époque, le groupe Los Picks Ups apparut. Comme la majorité des groupes de l'époque, il faisait des reprises, dans son cas surtout de Roly Poly. Cependant, il faisait aussi ses propres compositions comme Mi Promesa. Toujours à cette époque, Radio Antártida, connu aujourd'hui sous le nom de Radio América, possédait une programmation qui passait du rock toute la journée. Tout au long de la journée, différentes émissions étaient consacrées au genre. On peut citer : Una ventana al éxito animée par Antonio Barrios, La discoteca de Juan José avec Juan José May, Whiskeria de Johnny Carel et Círculo musical avec Héctor Larrea.

En 1963, le groupe Los de Fuegos - ou Santo y Los de Fuegos - enregistra des reprises de chansons de rock classique et de beat, chantées en espagnoles. On peut citer : Te conseguiré, Anochecer de un día agitado, My bonnie et El dinero no puede comprarme amor. Le groupe connut alors un grand succès commercial. Plus tard, le groupe se sépara. Sandra commenca alors à changer radicalement de style. Il abandonna le rock and roll chanté en espagnol pour se tourner vers un répertoire plus populaire. C'est ainsi qu'il devint l'un des pionniers de la balade romantique latino-américaine, un dérivé du bolero. Ce type de musique devint par la suite le genre par excellence de la pop latine durant les décenies suivantes. Sandro apporta avec lui ses thèmes et ses rythmes issus du rock and roll. Ce qui rendit le genre provocant et par conséquence attirant pour les jeunes, en particulier chez les femmes. Bien que rejeté par le monde du rock durant des années, le rock national revalorisa Sandro et d'autres groupes dans les années 80. Plusieurs groupes incluèrent ses chansons dans leur répertoire, comme "Dame Fuego" par exemple. Sa célèbre chanson Tengo a été classée en 15ème position parmi les 100 meilleures chansons de l'histoire du rock argentin par MTV et le magazine Rolling Stone.

Le rock argentin apparaît en 1956 avec Eddie Pequenino et Mr Roll y sus Rockers. Il rencontrent rapidement le succès et sont suivis par Los 5 latinos, Billy Cafaro, Johnny Tedesco, Sandro, Los Jets, Los Buhos, The Seasons (es), Los Walkers, Los In, Los Vip's, Los Gatos salvajes et Los Beatniks. Le premier groupe à chanter en espagnol est Los Big Rocker's en 1957 (Venga a bailar el rock (es)). Nombre d'artistes se réunissent alors, en 1965, à La Cueva (es) (« La grotte »), un café-concert jazz-rock de Recoleta (Buenos Aires), dont Tanguito, considéré comme l'un des véritables pionniers du rock espagnol, Sandro de América (en), Morris, Litto Nebbia (es), Pipo Lernoud (es), Miguel Grinberg, Luis Alberto Spinetta ou Miguel Abuelo (en). Ils y discutaient de musique et de philosophie, de Miles Davis ou de poésie, ainsi que de la situation mondiale, adoptant le look hippie de l'époque [6].

Après le coup d'État de 1966, la dictature réprima ces mouvements, considérés comme subversifs, et La Cueva ferma en 1967. Après La Cueva, les jeunes terminaient la nuit à La Perla del Once (es), érigée en site d'intérêt culturel de Buenos Aires en 1994.

Les premiers groupes argentins à rencontrer un large public furent le groupe de Litto Nebbia, Los Gatos dont la chanson La Balsa (1967), écrite avec Tanguito, fut le premier tube de rock espagnol, Manal et les Almendra de Spinetta (1967-70), . En 1968, le premier magazine de rock Pinap parut pour la première fois, et le premier label de rock argentin, Mandioca, fut fondé. En 1969 des festivals importants furent organisés : June Sunday, Festival Nacional de Música Beat, Festival Pinap et Festival de Música Joven.

Pinap disparait en 1970 mais est remplacé par le magazine Pelo toujours populaire. La même année, Pelo organise un énorme concert, le Festival BARock, premier d’une célèbre série.

En 1972, le concert d’Acusticazo inspire une vague de groupes folk acoustique comme Vivencia, Pedro y Pablo et Sui Generis avec Charly García, pendant que des groupes plus violents comme Pappo's Blues, Vox Dei et Billy Bond y La Pesada del Rock and Roll deviennent aussi populaires.

Pendant les années 1970, une scène typique de rock progressif argentin apparaît, conduite par des groupes comme Crucis, El Reloj, Bubu, Pablo et Aquelarre.

La dictature de 1976-83[modifier | modifier le code]

Avant la fin des années 1970, le rock est devenu underground. Pipo Lernoud (es) lance avec des amis une revue, El Expreso Imaginario, qui passe à travers le crible de la censure et fut publiée jusqu'en 1982.

Cependant, il réapparaît assez rapidement. Ainsi en 1980 un concert de Serú Girán attire plus de 60 000 personnes, chantant le slogan provocateur no se banca más (« on ne le supporte plus »).

Fito Páez

En réponse, les autorités décident de lancer leur propres concerts et médias de musique dans l’espoir de neutraliser la menace. Néanmoins dès 1982, il semble clair que leurs efforts vont échouer. Ainsi cette même année, sortent des chansons très critiques comme Tiempos Dificiles de Fito Páez, Maribel se durmió de Luis Alberto Spinetta, Sólo le pido a Dios de León Gieco et le classique Los dinosaurios de Charly García.

La transition démocratique[modifier | modifier le code]

Avec la transition démocratique, le rock devient plus léger, avec une approche plus pop, avec des groupes comme Los Abuelos de la Nada, Los Twist, Soda Stereo et Virus.

Liste de groupes et d’artistes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Salsipuedes. Historias del rock argentino, Gillespi, Planeta, 71 p., (ISBN 978-950-49-5328-9)
  2. Salsipuedes. Historias del rock argentino, Gillespi, Planeta, 323 p., (ISBN 978-950-49-5328-9)
  3. « Lo lógico era que nos pasaran por la máquina a todos », sur rock.com.ar,
  4. a et b El Rock en la Argentina, Osvaldo Marzullo et Pancho Muñoz, Galerna,1986
  5. a et b « De cómo y con quiénes empezó la cosa en nuestro país », sur magicasruinas.com.ar
  6. Pipo Lernoud (es), Grandes valores de Tango, Página/12, 20 décembre 2009