Beat (musique)

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Beat
Origines stylistiques Rock 'n' roll, rhythm and blues, doo-wop, skiffle, soul
Origines culturelles Fin des années 1950, début des années 1960 ; Royaume-Uni
Instruments typiques Guitare, guitare basse, batterie, chant, clavier, harmonica
Scènes régionales Merseybeat (Merseyside), Brumbeat (Birmingham), Nederbeat (Pays-Bas), Tottenham Sound (Londres), French beat (France)

Sous-genres

Freakbeat

Genres dérivés

Garage rock, power pop, pop punk, Britpop, yé-yé, rock psychédélique

La beat (musique beat, british beat ou encore Merseybeat pour les groupes de Liverpool à côté de la rivière Mersey) est un genre musical de rock et de pop largement en vogue au début des années 1960. Un des groupes les plus populaires du genre sont les Beatles. Le mot « beat » est employé pour désigner une nouvelle façon de jouer le rock 'n' roll au Royaume-Uni approximativement de 1963 à 1967, sous l'impulsion du succès des Beatles. Cette appellation désigne à la fois des groupes qui revendiquent une forte influence du rhythm and blues comme The Rolling Stones, The Who, The Kinks, The Animals, The Pretty Things, The Yardbirds et Them, et d'autres qui privilégient les mélodies et les harmonies vocales comme The Hollies, Herman's Hermits, Manfred Mann, et The Zombies.

Parmi les scènes locales de ce mouvement, on peut citer notamment le Merseybeat à Liverpool, le Brumbeat à Birmingham ou le Freakbeat. Cette tendance s'est illustrée en France sous le nom de French beat et la scène Italian Beat a eu un certain succès en Italie avec des groupes comme The Rokes[1] ou Bats.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Les origines exactes des termes « beat music » et « Merseybeat » sont incertaines. La beat semble être liée au mouvement littéraire Beat Generation des années 1950, et à un rythme effréné que les groupes adoptent du rock and roll, du rhythm and blues et de la soul. Alors que la première vague du rock and roll décline à la fin des années 1950, la musique « big beat », ou plus tard abrégée « beat », devient une musique dance alternative pour des musiciens tels que Tommy Steele, Marty Wilde et Cliff Richard qui dominaient à l'époque les classements musicaux[2].

Le nom de Mersey Beat est utilisé par un magazine de Liverpool fondé en 1961 par Bill Harry[3]. Le groupe The Pacifics est renommé en Mersey Beats en février 1962 par Bob Wooler, MC au Cavern Club puis devient en avril la même année The Merseybeats[4]. Avec le succès des Beatles en 1963, les termes Mersey Sound et Merseybeat sont associés aux groupes et chanteurs originaires de Liverpool[5]. Les scènes équivalentes de Birmingham et Londres sont décrits sous les termes de Brum beat et Tottenham Sound, respectivement[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

The Dave Clark Five au Ed Sullivan Show de 1966.

À la fin des années 1950, plusieurs groupes musicaux émergent, souvent originaires de la scène skiffle, dans de grandes villes britanniques comme Liverpool, Manchester, Birmingham et Londres. Cela se voit particulièrement à Liverpool, ville qui aurait dénombré plus de 350 différents groupes en activité jouant souvent dans des salles de bal, des halls et des clubs[3]. Liverpool semblerait être le point culminant d'une nouvelle forme musicale. Des critiques musicaux pointent la désindustrialisation, la déprivation sociale, et l'existence d'une population à majorité irlandaise comme ayant influencé la musique beat[7]. Les groupes britanniques de musique beat s'inspirent très largement des groupes américains de l'époque comme Buddy Holly and the Crickets (duquel les Beatles s'inspirent quant au nom de leur groupe[8]) et d'une minorité de groupes rock and roll britanniques comme The Shadows[9].

À la suite du succès national des Beatles au Royaume-Uni depuis 1962, un nombre de musiciens originaires de Liverpool comme Gerry & The Pacemakers[10], The Searchers, et Cilla Black, deviennent également capable d'atteindre les classements musicaux. Le premier groupe du genre, originaire d'autre part ou dirigé par Brian Epstein, à atteindre les classements britannique est Freddie and the Dreamers, originaire de Manchester, à quelques kilomètres près[11] comme c'est le cas pour Herman's Hermits et The Hollies[12]. Hors de Liverpool, plusieurs scènes locales s'inspirent moins du rock and roll et plus du rhythm and blues, puis directement du blues. Ces groupes et musiciens étaient originaires de Birmingham et étaient souvent associés au mouvement beat, les meilleurs d'entre eux étant The Spencer Davis Group et The Moody Blues. Des groupes similaires et notoires inspirés du blues sont The Animals de Newcastle[10] et Them de Belfast[13].

Déclin et influence[modifier | modifier le code]

En 1967, la musique beat décline et devient obsolète, comparée au blues rock « agressif » à l'époque en plein développement. La plupart des groupes qui ne se sont pas encore séparés, comme les Beatles, se redirigent vers différentes formes de musiques rock et de pop, comme le rock psychédélique puis finalement le rock progressif[14]. La musique beat inspire majoritairement le garage rock américain[15] et les mouvements folk rock[16], et sera même une source d'inspiration pour les sous-genres rock, comme la Britpop des années 1990[17].

Compilations[modifier | modifier le code]

  • Beat at Abbey Road 1963-1965 (compilation 1997, EMI)
  • The Beat Scene (compilation 2005, Decca)
  • And The Beat Goes On (coffret 2005, Commercial Marketing)
  • Beat Beat Beat, volumes 1 à 5 (compilations 2001-2008, Castle)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bruce Eder, « The Rokes Biography », sur AllMusic (consulté le 25 mars 2012).
  2. (en) B. Longhurst, Popular Music and Society (Polity, 2nd edn., 2007), (ISBN 0-7456-3162-2), p. 98.
  3. a et b (en) Mersey Beat - the founders' story.
  4. (en) B. Eder and R. Unterberger, The Merseybeats, AllMusic, consulté le 19 juin 2009.
  5. Ian Inglis, The Beat Goes on: Liverpool, Popular Music and the Changing City (editors Marion Leonard, Robert Strachan), Liverpool University Press,‎ (lire en ligne), « Historical approaches to Merseybeat », p. 11.
  6. (en) B. Eder, Various artists : Brum Beat: the Story of the 60s Midland Sound, AllMusic, consulté le 5 février 2011.
  7. R. Stakes, "Those boys: the rise of Mersey beat", in S. Wade, ed., Gladsongs and Gatherings: Poetry and its Social Context in Liverpool Since the 1960s (Liverpool: Liverpool University Press, 2001), (ISBN 0-85323-727-1), pages 157–166.
  8. Gilliland 1969, show 27, track 4.
  9. (en) W. Everett, The Beatles as Musicians: The Quarry Men through Rubber Soul (Oxford: Oxford University Press, 2001), (ISBN 0-19-514105-9), page 37–38.
  10. a et b Gilliland 1969, show 29.
  11. (en) Daily Telegraph ; 'Dreamers' star Freddie Garrity dies, 20 mai 2006, consulté le 25 août 2007.
  12. (en) V. Bogdanov, C. Woodstra, and S. T. Erlewine, All Music Guide to Rock: the Definitive Guide to Rock, Pop, and Soul (Backbeat Books, 2002), (ISBN 0-87930-653-X), p. 532.
  13. (en) I. Chambers, Urban Rhythms: Pop Music and Popular Culture (Basingstoke: Macmillan, 1985), (ISBN 0-312-83469-1), p. 75.
  14. (en) E. Macan, Rocking the Classics: English Progressive Rock and the Counterculture (Oxford: Oxford University Press, 1997), (ISBN 0-19-509888-9), page 11.
  15. (en) V. Bogdanov, C. Woodstra and S. T. Erlewine, All music guide to rock: the definitive guide to rock, pop, and soul (Backbeat Books, 3 rd end., 2002), pages 1320-1321.
  16. (en) R. Unterberger, Merseybeat, consulté le 5 février 2011.
  17. (en) D. B. Scott, "The Britpop sound", in A. Bennett and J. Stratton, eds. Britpop and the English Music Tradition, (Aldershot: Ashgate, 2010), (ISBN 0-7546-6805-3), pages 103-122.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilliland, The Tribal Drum: The rise of rhythm and blues,‎ (lire en ligne)
  • (en) The British Are Coming! The British Are Coming!: The U.S.A. is invaded by a wave of long-haired English rockers [détail de l’édition]
  • (en) Leigh, S., (2004) Twist and Shout!: Merseybeat, The Cavern, The Star-Club and The Beatles (Nirvana Books), (ISBN 0-9506201-5-7).
  • François Caron, Dictionnaire du rock sous la direction de Michka Assayas, Robert Laffont, 2000, page 112.