Rock mexicain

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Rock mexicain
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Origines culturelles
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Le rock mexicain désigne le rock interprété par des artistes originaires du Mexique, recouvrant un large nombre de styles et genres musicaux[1]. Le genre commence avec des reprises en espagnol de standards rock de Chuck Berry, Elvis Presley, et The Everly Brothers. Rapidement, des groupes mexicains aux compositions originales se forment comme Los Rebeldes del Rock, Los Locos del Ritmo, Los Crazy Boys et Javier Bátiz, sans rencontrer beaucoup de succès. Le rock devient populaire au Mexique à la fin des années 1950.

Après le succès de Santana aux États-Unis à la fin des années 1960, de nouveaux groupes mexicains se forment, chantant souvent à la fois en espagnol et en anglais. Une scène active se développe alors autour de Mexico et de villes du nord en contact plus direct avec la musique Américaine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Précurseurs et débuts (1947-1960)[modifier | modifier le code]

Bien avant l'arrivée du rock 'n' roll au Mexique, nombre de groupes se consacraient à jouer de la musique romantique, tandis que d'autres s'inspiraient de genres musicaux issus des pays voisins (principalement au nord) comme le swing, le jazz et le boogie-woogie.

À la fin des années 1950, le rock 'n' roll fait son arrivée au Mexique sous l’influence de musiciens américains, principalement Elvis Presley et Bill Haley and His Comets, d'une manière aussi bien géographique que culturelle. L'impact du nouveau rythme musical au sein de la population mexicaine incite certains groupes locaux de renom, tels que Pablo Beltrán Ruiz ou Juan García Esquivel, à commencer à l'intégrer dans leur répertoire. En 1956, la chanteuse et diva Gloria Ríos enregistre une reprise en espagnol de la chanson Rock Around the Clock, intitulée El Relojito, aux côtés d'un orchestre sur scène. Ce morceau peut être considéré comme la première chanson de rock mexicaine[2].

En 1956, à Mexico, des orchestres de musiciens professionnels jouaient du rock dans des fêtes, en boîte de nuit ou en discothèque. Des jeunes musiciens commencent à s'intéresser au genre, à jouer d'un instrument et à former des groupes. Cette année-là, les premiers groupes du genre incluent entre autres par Los Black Jeans, Los Camisas Negras (premier groupe à éditer un album), Pepe y sus Locos (qui s'appellent plus tard Los Locos del Ritmo et Los Teen Tops, groupe dirigé vocalement par Enrique Guzmán). À la fin de la décennie, les Black Jeans (avc César Costa au chant) sortent un single, au label Peerless, régulièrement joué à la radio, et devient le catalyseur du genre dans tout le pays. À quelques mois d'intervalle, Johnny Laboriel et son groupe Los Rebeldes del Rock, avec le soutien du label Dimsa, deviennent le premier groupe mexicain à sortir un album studio, le nom de Los Rebeldes del Rock en avril 1960, dont le single Hiedra venenosa atteint une grande popularité à la radio.

Deuxième période (1960-1969)[modifier | modifier le code]

Los Teen Tops, sur scène.

Au cours de la première moitié des années 1960, des musiciens et groupes de rock 'n' roll commencent à émerger dans tout le pays. C'est le cas de Los Gibson Boys originaires de Guadalajara, de Los Rocking Devils de Tijuana, et de Los Apson de Sonora. La capitale, Mexico, voit émerger un grand nombre de groupes tels que Los Crazy Boyz, Los Blue Caps, Los Hermanos Carrión, Los Sparks, Los Hooligans, avec leur chanteur Ricardo Roca, Los Boppers, Los Jokers et Los Spitfires (avec Julissa au chant). Concernant ce dernier, il devient le premier groupe à scandaliser la société conservatrice mexicaine à l'époque avec son single Ven cerca qui semblait être sexuellement explicite, en raison de l'interprétation particulière de Julissa[3].

Au cours de la seconde moitié de la décennie, les labels cessent de s'intéresser aux groupes et commencent à les dissoudre en convertissant leurs chanteurs en artistes en solo. C'est le cas pour Angélica María et Alberto Vázquez. César Costa quitte Los Camisas Negras, anciennement Los Black Jeans ; Enrique Guzmán abandonne Los Teen Tops ; Julissa quittera Los Spitfires ; et Ricardo Roca Los Hooligans. Cependant, d'autres groupes apparaissent, principalement au nord du pays, influencés par les Beatles, qui permettent au rock 'n' roll mexicain de survivre ; c'est le cas de Los Yaki, originaires de Reynosa, pour lequel Benny Ibarra était le leader ; Los Tijuana Five (également connu sous le nom de Los TJ), le premier groupe de Javier Bátiz ; Los Johnny Jets, Los Mary Jets (un des premiers groupes intégrés uniquement par des femmes) ; Los OVNIS, Los Reos, Los Babys, Los Freddy, Los Flamer, Los Solitarios, Los Strwck, Los Moonlights, qui finissent par jouer un autre type de musique, de nature romantique et tropicale, entre autres.

Période Chicano rock et festivals (1970-1979)[modifier | modifier le code]

Javier Batiz.

À cette période, nombre de stars du rock mexicain s'impliquent dans la contre-culture. L'un des groupes les plus notables de la décennie est La Revolución de Emiliano Zapata, originaire de Guadalajara. Après avoir remporté un concours local, ils signent au label Polydor Records, et leur single Nasty Sex se classe premier dans les charts du pays en 1971.

Le Festival Rock y Ruedas de Avándaro, organisé en 1971, est organisé à Tenantongo, près de Toluca, une ville avoisinant Mexico, et devient le « Woodstock mexicain ». À ce festival de rock, la nudité, la luxure, l'usage de drogues expérimentales, les insultes, les signes de paix insérées sur le drapeau mexicain et la présence du drapeau américain scandalisent les membres du Parti Conservateur mexicain. La presse appellent ce mouvement El Avandarazo[4]. Le festival, organisé pour imiter Woodstock et Altamont, attendait 25 000 personnes[5], mais finalement, c'est plus de 300 000 personnes qui viennent[6]. Le gouvernement aide à désengorger tout ce monde en mobilisant 300 bus[7].

Vers cette période, le gouvernement mexicain décide de bannir le rock. Un concert en 1975 à Mexico par le groupe Chicago se termine en bagarre et en répression policière ; à la suite de cet événement, le président Echeverría décide de bannir temporairement les groupes américaines de Mexico[8].

Renaissance (1980-1989)[modifier | modifier le code]

Consolidation (1990-1999)[modifier | modifier le code]

Indépendances et Internet (2000-2009)[modifier | modifier le code]

Au cours de cette décennie, nombre de groupes mexicains mêlent du rock à des rythmes de musique électronique, tels que Zoé et Austin TV.

Scène metal[modifier | modifier le code]

Le Mexique a contribué énormément au mouvement rock en espagnol avec des groupes comme Caifanes, Café Tacvba, Jaguares, Jumbo, La Dosis, Maná, Molotov, Plastilina Mosh, El Tri et Zoé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Aurelio Tello, La música en México : panorama del siglo XX, Fondo de Cultura Económica, , 1re éd., 757 p. (ISBN 978-607-455-332-1, OCLC 643126940, lire en ligne).
  2. (es) « La mujer que cambió la historia del rock and roll en México », sur culturacolectiva.com/ (consulté le ).
  3. (en) Deborah Pacini Hernandez, Héctor D. Fernández l'Hoeste, Eric Zolov, Rockin' Las Américas : The Global Politics of Rock in Latin/o America, , 432 p. (ISBN 0-8229-7255-7, lire en ligne), In their song “Ven cerca” (“Come Closer”), Julissa sang in a provocative tone that stunned social conservatives. Although the song was banned from radio,.
  4. Deborah Pacini, Rockin' Las Américas, University of Pittsburgh, (ISBN 0-8229-7255-7, lire en ligne)
  5. Corpus Christi Caller-Times, « Mexican village set for youths », (consulté le )
  6. Federico Rubli Kaiser, « Avándaro 1971: A 40 Años de Woodstock en Valle de Bravo », Nexos,‎ .
  7. « A 40 años, las otras anécdotas de Avándaro », El Universal (consulté le ).
  8. March 6, 1976 issue of Billboard Magazine; pages 3 & 27.

Lien externe[modifier | modifier le code]