Robert Mitchum

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Robert Mitchum
Description de cette image, également commentée ci-après
Robert Mitchum en 1949.
Nom de naissance Robert Charles Durman Mitchum
Surnom Mitch
Naissance
Bridgeport, Connecticut, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 79 ans)
Santa Barbara, Californie, États-Unis
Profession Acteur
Films notables La Griffe du passé
Un si doux visage
La Rivière sans retour
La Nuit du chasseur
Celui par qui le scandale arrive

Robert Mitchum, né le à Bridgeport (Connecticut) et mort le à Santa Barbara (Californie), est un acteur et chanteur américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, famille et débuts[modifier | modifier le code]

Robert Charles Durman Mitchum naît à Bridgeport dans le Connecticut. il est le fils de James Thomas Mitchum, ouvrier de chantiers navals et du chemin de fer, et d'Ann Harriet Gunderson, immigrante norvégienne et fille d'un capitaine de marine[1]. Sa sœur, Annette (actrice sous le pseudonyme de Julie Mitchum), naît en 1913.

Son père meurt sur un chantier de chemin de fer à Charleston (Caroline du Sud) en février 1919, alors que Robert n'a pas encore deux ans. Après la mort de son mari, Ann Mitchum reçoit une pension du gouvernement, et se rend compte bientôt qu'elle est enceinte. Elle retourne auprès de sa famille dans le Connecticut et épouse un ancien officier de l'Armée britannique qui l'aide à élever les trois enfants, puisqu'en septembre 1919 naît John. Lorsque ses enfants sont en âge d'aller à l'école, sa mère est embauchée en tant que linotypiste pour le Bridgeport Post. À peine âgé de 11 ans, Robert ne trouve littéralement plus sa place à table en rentrant chez lui, sa mère n'ayant plus les moyens de le nourrir[2]. Après quelque temps dans la ferme de ses grands-parents, il prend clandestinement le train pour le sud.

À 14 ou 16 ans (les versions varient), il est arrêté à Savannah en Géorgie pour vagabondage, et doit travailler pour l'État, enchaîné à d'autres forçats[3]. Il parvient à s'évader et rejoint la maison de ses grands-parents. C'est là qu'il rencontre, en 1933, Dorothy (alors âgée de 14 ans). Ils se marient le dans la cuisine d'un pasteur[4]. Malgré les infidélités notoires de Robert, ils resteront mariés jusqu'à la fin de la vie de l'acteur[2].

Robert Mitchum commence sa carrière en étant sous contrat avec la RKO.

Son apport au film noir[modifier | modifier le code]

Robert Mitchum dans La Griffe du passé (Out of the Past) en 1947.

Robert Mitchum est l'un des acteurs emblématiques du film noir depuis sa première apparition en 1944 dans la série B L'étrange mariage (en) (When Strangers Marry), mettant en scène un serial killer psychotique. Dans Lame de fond (1946), il incarne le frère de Robert Taylor aux côtés de Katharine Hepburn dans ce qui sera la seule incursion dans le genre de Vincente Minnelli.

En 1946, dans Le Médaillon il est l'ex-mari de la femme fatale Laraine Day, alors que l'année suivante dans La Vallée de la peur (entre western et film noir), son personnage se remémore son passé tout en pourchassant ceux qui ont tué sa famille. Pour Feux croisés également sorti en 1947, Mitchum appartient à un groupe de soldats, dont l'un a tué un juif. Cette critique de l'antisémitisme et des méthodes d'entraînement militaire, réalisée par Edward Dmytryk, fut un film marquant de cette année-là et sera sélectionné pour cinq Oscars.

Après Feux croisés, Mitchum joue le premier rôle d'un des meilleurs films de sa carrière, La Griffe du passé (1947) (ressorti plus tard en France sous le titre Pendez-moi haut et court) réalisé par Jacques Tourneur et photographié par Nicolas Musuraca. Il est Jeff Markham, un propriétaire d'une station-service isolée qui se retrouve rattrapé par son passé trouble avec le joueur Whit Sterling (Kirk Douglas) et la femme fatale Kathie Moffett (Jane Greer). Même s'il est passé relativement inaperçu au moment de sa sortie, le film a ensuite fait l'objet d'une reconnaissance tardive auprès des cinéastes et des journalistes qui le portèrent aux nues. L'acteur sera à nouveau photographié par Musuraca dans le « western psychologique » de Robert Wise Ciel rouge l'année suivante.

Producteur... et chanteur[modifier | modifier le code]

En 1958, Robert Mitchum s'engage personnellement dans le film Thunder Road, un projet qui lui tenait à cœur, et qu'il finança en partie de ses deniers. Le film dépeint la vie dangereuse d'un contrebandier d'alcool distillé illégalement à la ferme, transportant sa marchandise (surnommée « Moonshine ») la nuit en prenant tous les risques à bord d'une voiture gonflée sur les routes de l'Amérique profonde (une pratique qui fut incidemment à l'origine des courses de stock-car). Il y joue le rôle de Lucas Doolin, le contrebandier pris en tenaille entre les douaniers fédéraux (Revenuers) et un redoutable gangster (Jacques Aubuchon) qui veut monopoliser le trafic de Moonshine. Son fils, James Mitchum, joue également dans le film, où il incarne le jeune frère et mécanicien de Mitchum.

La chanson du film, devenu culte dans les États du Sud des États-Unis, La ballade de Thunder road, fut également un succès discographique, interprétée par Mitchum en personne (alors que dans le film elle est chantée d'une façon plus suave par le chanteur de country Randy Sparks (en)).

Vie privée[modifier | modifier le code]

Robert et Dorothy Mitchum (1948).

Robert Mitchum se marie avec Dorothy le , dans la cuisine d'un pasteur[4].

Une légende raconte que Mitchum et sa femme sont ceux qui, au lendemain d'une soirée dans un club du Missouri, ont recommandé un chanteur méconnu et amateur de rock 'n' roll au Colonel Parker. Ce dernier deviendra alors l'impresario exclusif du chanteur, un certain Elvis Presley, lequel figurera parmi les plus fidèles amis du couple[4].

Mort[modifier | modifier le code]

Robert Mitchum meurt le à Santa Barbara (Californie) des suites d'un cancer du poumon[4]. Son épouse Dorothy meurt en 2014[4].

Personnalité[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, lors de la chasse aux communistes du comité dirigé par le sénateur Joseph McCarthy, Robert Mitchum a été convoqué devant cette commission car il avait des amis communistes mais, au contraire de la plupart des vedettes d'Hollywood qui se sont aplaties devant cette commission en révélant des noms de supposés communistes, ou qui ont fui les États-Unis comme Charlie Chaplin, Mitchum s'est contenté de dévisager les membres de la commission, puis de leur dire, avant de sortir de la salle :

« J'ai très peu de principes dans la vie, mais il y en a un auquel je tiens et c'est de ne jamais parler longtemps à des gens avec qui je n'aurais pas envie de prendre un verre. Et derrière votre comptoir d'épicerie, je ne vois personne avec qui j'ai envie de prendre un verre. Alors, messieurs, vous m'avez vu, vous m'avez entendu, vous savez où j'habite, au revoir[5]. »

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Robert Mitchum dans La Griffe du passé (1947).
Mitchum avec Jane Russell dans Fini de rire (His Kind of Woman) en 1951.
Tommy Rettig et Robert Mitchum dans La Rivière sans retour (1954).

Années 1950[modifier | modifier le code]

Mitchum avec Deborah Kerr dans Dieu seul le sait (Heaven Knows, Mr. Allison) en 1957.

Années 1960[modifier | modifier le code]

Robert Mitchum dans Horizons sans frontières (1960).

Années 1970[modifier | modifier le code]

Robert Mitchum en 1976.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Robert Mitchum au festival de Cannes 1991.

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Roger Tréville a été la première voix française régulière de Robert Mitchum. À partir de 1970, ce fut au tour de Jean-Claude Michel de doubler principalement Mitchum. Il y eut d'autres comédiens comme Claude Bertrand, André Valmy ou encore Raymond Loyer ayant doublé l'acteur américain de manières plus occasionnelles.

Discographie[modifier | modifier le code]

Robert Mitchum a sorti sous son nom un disque de chansons de calypso, Calypso is like so[6], où il reprend notamment la célèbre Matilda déjà chantée par Harry Belafonte. Une curiosité musicale où l'acteur chante avec l'accent local. L'album date de 1957 et 1958 et a été réédité en 1995 chez Capitol Records.

En 1958, il a aussi enregistré un 45 tours (My honey's loving arms/The Ballad of thunder road), puis, en 1967, un album d'orientation country intitulé That man, dans lequel il interprète une nouvelle version de The Ballad of thunder road ainsi qu'une version de Sunny.

Ces enregistrements ont également été réédités en CD dans les années 1990.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Peinture représentant Mitchum sur un mur d'un tunnel d'Estoria Street à Atlanta en Géorgie.
  • Robert Mitchum est mentionné dans le livre de Pierre Desproges, Chroniques de la haine ordinaire - Volume 1, « Mitchum ».
  • L'auteur de bande dessinée Blutch a publié cinq courts volumes intitulés Mitchum. Dans le numéro 3, l'acteur est le héros du récit.
  • Le film d'Olivier Babinet et de Fred Kihn, Robert Mitchum est mort (2010) — bien que ne parlant pas directement de Robert Mitchum.
  • Robert Mitchum est aussi mentionné dans la chanson New Age, de l'album Loaded du groupe The Velvet Underground, avec les paroles « And when you kissed Robert Mitchum; Gee, but I thought you'd never catch him » (littéralement : « Et quand tu embrassais Robert Mitchum, ça alors, mais j'ai pensé que tu ne l'attraperais jamais »).
  • Dans « Coups de feu à New York », un album de la série L'Inspecteur Bayard, la tête du personnages du chef du NYPD est inspirée de Robert Mitchum.
  • Le groupe français Svinkels le cite dans la chanson Tapis Rouge, dans l'album du même nom.
  • Le groupe français Dionysos le cite dans sa chanson Don Diego 2000, issue de l'album Western sous la neige (2002) avec les paroles « Quand il sera vieux et qu'il ressemblera à Robert Mitchum, et que comme lui il nous clamera pas de soucis ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lee Server, Robert Mitchum: "Baby I Don't Care", St. Martin's Press, 2002, 608 p. (ISBN 0312285434 et 978-0312285432) [présentation en ligne]
  2. a et b « Mitchum, le mauvais garçon », Olivier Clinckart, Moustique.be, 22 avril 2018.
  3. (en) « Robert Mitchum’s Life of Crime », Catie Rhodes, catierhodes.com (consulté le 30 mai 2018).
  4. a b c d et e « Robert Mitchum : Sa femme de longue date, Dorothy, est morte à l'âge de 94 ans », Pure People.com, 16 Avril 2014.
  5. « Un cinéaste au fond des yeux, questionnaire illustré #99 : Yves Boisset  », Frédéric Strauss, Télérama.fr, 13 mars 2012 (consulté le 29 février 2016).
  6. « Calypso is like so », Christophe Conte, Les Inrocks.com, 30 novembre 1994 (consulté le 29 février 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]