Consort (monarchie)

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Albert, prince consort du Royaume-Uni

Le titre de consort est le titre donné à l'époux ou l'épouse du souverain et chef d'État dans certaines monarchies, notamment celles autorisant les femmes à monter sur le trône. Son usage permet ainsi de distinguer un titre de noblesse obtenu par mariage d'un titre hérité par filiation. Historiquement attaché aux conjoints des souverains britanniques, le terme « consort », repris en Espagne tel quel (rey consorte ou reina consorte) est aujourd'hui utilisé en français pour désigner les époux des différents monarques européens, quelle que soit l'appellation usuelle dans la langue du pays ou leur titre (suédois : regentgemåler, danois : regentgemaler, etc.).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Consort est issu de l'ancien français consort, consorte, qui désigne l'époux ou le conjoint (du latin consors, consortis : « qui partage le sort ») du régnant. Le terme apparaît pour la première fois pour désigner l'épouse du souverain britannique en 1634[1], pour lever l'ambiguïté entre la conjointe du roi, qui reçoit automatiquement le titre de reine lors de son mariage, et la reine régnante, qui exerce réellement la fonction de souveraine, comme cela avait été le cas d'Élisabeth Ire, reine en titre d'Angleterre de 1558 à 1603. Le terme est ensuite étendu pour désigner le conjoint, homme ou femme, d'un souverain.

La plupart des monarchies n'ont pas de règle précise statuant du sort des époux des souveraines régnantes. Ces derniers peuvent très bien n'avoir en réalité aucun titre de noblesse. On ne sait pas non plus très bien quel titre donner aux princes consorts en cas de veuvage, le décès d'une reine avant son mari étant très rare dans les annales de la monarchie.

Titres[modifier | modifier le code]

Roi consort[modifier | modifier le code]

Un roi consort est le souverain d'un pays ayant épousé la reine régnante d'un État étranger, les deux époux étant chacun considéré comme chef d'État dans leurs royaumes respectifs.

Dans de rares cas, une reine chef de l'État qui accorde la plénitude de ses pouvoirs à son mari (qui n'est pas nécessairement souverain dans un autre État), octroie également à ce dernier le titre de « roi consort ».

La définition de « roi consort » est problématique, du fait de l'inégalité des sexes qui prévaut quant à la succession au trône dans les pays d'Europe. Le terme « roi » étant traditionnellement attaché à un roi en titre, contrairement à celui de reine, qui désigne quasi exclusivement l'épouse du monarque. Par ailleurs, le plus souvent, l'époux d'une reine régnante devenait roi en titre.

En Europe, seul François d'Assise de Bourbon, époux de la reine Isabelle II d'Espagne a porté le titre officiel de roi consort. Philippe II d'Espagne, époux de la reine Marie Ire d'Angleterre, était roi en titre d'Angleterre et d'Irlande, bien que non susceptible d'hériter du trône à la mort de son épouse. Les actes du parlement devaient être datés au nom des deux souverains. De fait, à la mort de Marie Ire, Philippe II perdit ses titres royaux sur les îles britanniques. De la même manière, François II de France devint roi d'Écosse de plein droit en épousant Marie Stuart, recevant même, au contraire de Philippe II, des droits sur le royaume d'Écosse en cas de prédécès de son épouse, « jure uxoris » (ou « Crown Matrimonial (en) » en droit écossais). Par abus de langage cependant, il est courant, mais incorrect, de parler de roi consort pour désigner l'époux d'une souveraine, même lorsque celui-ci a été couronné et a réellement exercé le pouvoir.

Prince consort[modifier | modifier le code]

Certains pays ayant une reine comme chef d'État n'accordent pas le titre de roi à l'époux de cette dernière, et lui préfère le titre de « prince consort». Deux fois seulement ce titre a été accordé officiellement par le souverain en titre : en 1857 par la reine Victoria du Royaume-Uni au prince Albert, en reconnaissance de son travail et soutien dans sa tâche de souveraine, et en 2005 par la reine Margrethe II de Danemark au prince Henri.

Le prince Philip, époux de la reine Élisabeth II, bien qu'étant prince du Royaume-Uni et couramment dénommé « prince consort », n'a jamais reçu ce titre de façon officielle. Le seul titre qui lui ait été accordé est celui de duc d'Édimbourg.

Reine consort[modifier | modifier le code]

Historiquement, la distinction entre reine « consort » et reine « régnante » n'est pas marquée. Le titre revient de façon automatique à l'épouse d'un roi ou, dans le cas d'une monarchie à filiation strictement masculine, lorsqu'une femme hérite du trône de son père en l'absence d'héritier mâle. Dans ce dernier cas, elle perd tout pouvoir lors de son mariage, son époux devenant le plus souvent roi en titre. De la même façon, à la mort d'un roi et en cas de minorité de son successeur, la reine peut exercer la régence : dans un cas comme dans l'autre, elle n'exerce un pouvoir qu'en l'absence du roi.

À la fin du Moyen Âge, la nécessité de distinguer la souveraine, détentrice de l'autorité royale, de l'épouse du souverain a pu se faire sentir. Ainsi, Hedwige Ire de Pologne est déclarée « roi » de Pologne en 1384, et non reine. C'est néanmoins pour les épouses des rois de Grande-Bretagne que le terme de consort est utilisé pour la première fois au XVIIe siècle.

Rétroactivement, il est courant par commodité de distinguer, dans les États ayant eu des souveraines, les reines régnantes des reines consorts, bien que cette distinction soit anachronique.

Princesse consort[modifier | modifier le code]

Le titre de « princesse consort » n'a jamais été porté dans les monarchies occidentales ; les épouses de rois étant généralement des reines. Cependant, la monarchie marocaine est, depuis Mohammed VI, dans une situation de ce type : l'épouse du roi, la princesse Lalla Salma, assumant pour la première fois dans l'histoire de ce pays des fonctions officielles, sous le titre de « princesse » (le terme « consort » étant sous-entendu).

Camilla Parker Bowles, l'actuelle épouse de Charles, prince de Galles, souhaiterait devenir « princesse consort » au lieu de reine, lors de l'accession de son mari au trône[2]. Ce choix est dû à une opinion publique défavorable du peuple britannique et à l'attachement de celui-ci à Lady Diana Spencer, première épouse du prince de Galles. C'est également pour cette raison qu'elle refuse d'utiliser son titre de princesse de Galles et lui préfère celui de duchesse de Cornouailles (en).

Impératrice consort[modifier | modifier le code]

En français, l'expression « impératrice consort du Japon » est utilisé pour désigner l'épouse de l'empereur du Japon. En japonais, le terme utilisé est Kōgō, signifiant littéralement « souveraine de l'empereur ».

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Actuellement, toutes les épouses des souverains d'Europe portent le titre de leur mari : reine le plus souvent, princesse à Monaco, grande-duchesse au Luxembourg. Avec l'abandon progressif de la primogéniture mâle (agnatique) ou avec préférence masculine dans les règles de succession, au profit de la primogéniture simple (cognatique), une reine « régnante » étant susceptible de monter sur le trône, toutes les épouses des souverains européens sont de fait reines « consorts » (à l'exception du Liechtenstein, qui a conservé la primogéniture mâle).

Exemples de consorts[modifier | modifier le code]

Roi consort :

Princes consorts :

Époux de souveraines non titrés rois ou princes consorts :

Reines consorts :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Centre national de ressources textuelles et lexicales, « Consort, subst. et adj. masc. », sur cnrtl.fr (consulté le 13 mai 2015)
  2. (en) The official website of The British Monarchy, « The Duchess of Cornwall - Marriage and family », sur Royal.gov.uk (consulté le 14 mai 2015)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Listes de consorts par pays :

Liste de consorts d'anciennes monarchies :