Moras-en-Valloire

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Moras-en-Valloire
Image illustrative de l'article Moras-en-Valloire
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Valence
Canton Drôme des collines
Intercommunalité Porte de DrômArdèche
Maire
Mandat
Aurélien Ferlay
2014-2020
Code postal 26210
Code commune 26213
Démographie
Population
municipale
646 hab. (2015 en augmentation de 5,56 % par rapport à 2010)
Densité 75 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 17′ 28″ nord, 4° 59′ 39″ est
Altitude Min. 217 m
Max. 420 m
Superficie 8,58 km2
Localisation

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Liens
Site web www.moras-en-valloire.fr

Moras-en-Valloire est une commune française située dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont les Morassiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Moras-en-Valloire est située au nord du département, en Drôme des collines. Les communes voisines sont Lens Lestang, Manthes, Lapeyrouse Mornay, Epinouze, Saint-Sorlin-en-Valloire, Hauterives. Le village est perché sur les flancs de la colline et domine la Valloire.

Il est situé à 12 km à l'ouest du Grand-Serre qui est le chef-lieu de canton, 9 km au sud-ouest de Beaurepaire et 15 km à l'est de Chanas (communes de l'Isère).

Histoire[modifier | modifier le code]

Signes préhistoriques.

Des poteries de l'époque néolithique découvertes sur la colline attestent de l’occupation très ancienne de ce site. D'autres datant de l'Âge du Bronze portent des inscriptions de type hiéroglyphiques, qui pourraient être la plus ancienne forme d’écriture connue en Europe occidentale.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Moras est un village médiéval dont la colline est l'ancienne motte féodale. L’ancien mandement de Moras a fêté en juin 2009 son millénaire.[réf. nécessaire] Un texte de Rodolphe III le Fainéant, roi de Bourgogne, daté du 6 juin 1009 mentionne en effet pour la première fois le nom de Moras dans un acte de donation du château et des terres de Moras aux Guigues (comtes d'Albon), devenus ensuite dauphins de Viennois et seigneurs du Dauphiné. Le fief de Moras est après 1349 une terre royale jusqu'à la Révolution : les rois de France sont seigneurs du fief et représentés par un châtelain[1]. Ils concèdent cependant la seigneurie à des seigneurs engagistes : d'abord à la famille des Roussillon[2].

En 1227, Guigues-André accorde une charte de libertés à Moras. Elle est confirmée en 1329, puis une nouvelle fois en 1330. À cette occasion, le Dauphin confie la construction et l'entretien de la muraille protégeant le village à la communauté villageoise[1]. La communauté payait en outre un vingtain pour l'entretien du château, même après sa destruction[2]. En tant que place forte, Moras accueille un gouverneur responsable de la défense du lieu[1].

En 1476, un incendie ravage le bourg[2].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

À la Renaissance, les seigneurs engagistes de Moras sont successivement Diane de Poitiers et le baron des Adrets. La famille des Murat de Lestang est ensuite seigneur engagiste de 1570 à la Révolution française[2].

En 1627, Richelieu fait démanteler le château royal, qui était armé jusqu'à ce moment de 33 pièces d'artillerie[1]. En 1654, le village de Lens-Lestang est détaché de la communauté de Moras pour former une communauté autonome[3].

Au XVIIIe, les habitants de Moras adoptent des cultures nouvelles, dont la pomme de terre, qui est cultivée en différentes variétés rouges et blanches. En 1789, la population est estimée à 2 600 habitants[3].

Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1790, Moras devient commune et chef-lieu du canton de Moras. Une gendarmerie et une perception y sont installées, que le bourg conserve même quand le canton est supprimé[3].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Les remparts sont démolis au milieu du XIXe siècle[3].

Tout au long du siècle, la commune est diminuée par détachement de sections qui forment des communes autonomes[4] :

  • une partie de la commune de Lapeyrouse-Mornay formée en 1855 provient de Moras ;
  • en 1878, le village d'Épinouze forme une nouvelle commune ;
  • en 1880, c'est Saint-Sorlin-en-Valloire qui se détache de Moras ;
  • enfin, en 1884, c'est pour former la commune de Manthes qu'une portion de Moras est détachée.

En 1936, la commune prend pour nom Moras-en-Valloire, au lieu du simple Moras[4].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1953 Clément Bouvarel    
1953 1983 Antoine Mézonnat    
1983 1989 André Desrieux    
1989 1995 Jean Doux    
1995 2001 Gérard Ruard    
mars 2001 aout 2001 Renée Martin    
2001 2008 André Trichard    
2008 en cours Aurélien Ferlay[5]   Président des maires ruraux de la Drôme - Conseiller régional

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[7].

En 2015, la commune comptait 646 habitants[Note 1], en augmentation de 5,56 % par rapport à 2010 (Drôme : +4,11 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 932 2 822 3 023 3 392 4 053 4 206 4 229 4 355 4 450
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 947 4 018 3 970 3 803 3 733 1 188 839 814 663
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
663 677 635 506 533 518 520 451 477
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
458 475 387 468 582 602 604 604 604
2013 2015 - - - - - - -
636 646 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Porte l'inférieure.
Porte médiévale reconstituée lors des fêtes du millénaire de Moras.

.

Du haut de sa colline, Moras-en-Valloire domine la plaine de Bièvre Valloire et veille sur les vergers de poiriers. Cet ensemble médiéval à l'architecture vernaculaire comprend de belles demeures aux murs nés de pisé, de galets roulés disposés en arêtes de poisson et de molasse. Près de la fontaine, l’arbre de la liberté, symbole de la Révolution accompagne le village depuis 1848.

Le clocher de l'église du XIe siècle, il sonnait les heures d’arrosage de la prairie, tradition vivace jusqu'en 1950.

La statue de la Madone sur le coteau est érigée par les habitants en 1854 en ex-voto, pour avoir été épargnés par la peste.

  • Vestiges des remparts et de deux de ses quatre portes du XVe siècle : la porté médiane et la porte l'inférieure.
  • Maison du gouverneur construite en 1592 contre le rempart et où séjourne le maréchal d'Ornano. C'est probablement ici que fut signé en 1596 un traité entre d'Ornano et le comte de la Roche destiné à ouvrir la voie à la réconciliation entre catholiques et protestants. Le bâtiment est composé de deux parties : l'une du XVIe siècle appuyée sur les remparts et l'autre du XVIIIe siècle.
  • L'arbre de la liberté, un marronnier planté lors de la Révolution française de 1848. La légende dit qu'il aurait été arrosé par des vins des coteaux de Moras.
  • La maison Quarrée datant de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle. On y trouve à présent la mairie. Au fond de la petite cour, escaliers de style Louis XIV.

Services[modifier | modifier le code]

Vue estivale du parc municipal requalifié en 2009.
  • Boulangerie, épicerie, presse
  • Restaurants « L'Escale des Collines » (Rue Maurice Savin) et « Les Berges de Moras » (Route de Manthes)
  • Magasin de producteurs
  • Agence Postale
  • École primaire publique
  • Bibliothèque communale
  • Club Informatique & Multimédia
  • Salle des fêtes
  • Borne de recharge pour véhicules électriques (Rue des Terreaux)
  • Parc communal, jeux, terrain multisports
  • Aires de pique-nique
  • Tonnellerie
  • Zone artisanale
  • Gendarmerie
  • Centre de secours

Animations[modifier | modifier le code]

  • Fête de la poire (prochaine édition en septembre 2018).
  • Fête du muguet (chaque 1er mai - Route de Hauterives)
  • Salon du livre (prochaine édition 12 novembre 2017 ).
  • Café "mille-feuille" (chaque 2e samedi du mois à la bibliothèque communale)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Maurice Savin (1894-1973), artiste peintre, graveur et céramiste (entre autres). Fait chevalier de la Légion d'honneur en 1948. Né à Moras le 17 octobre 1894 dans une maison de village toujours existante, face à la salle des mariages de la mairie.
  • Lucien Rebatet (1903-1972), auteur du roman Les deux étendards, d'Une histoire de la musique et du pamphlet Les décombres naquit et mourut à Moras-en-Valloire ; pamphlétiste collaborationniste, condamné à mort à la Libération, puis gracié.
  • Pierre Davity (1573-1635), châtelain de Moras, poète et géographe réputé du XVIIe siècle, militaire au service d'Henri IV anobli en 1610.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Nicolas, Jean Combier, Une écriture préhistorique ? le dossier archéologique de Moras-en-Valloire, Paris, La Mirandole, 2009, (ISBN 978-2-91641009-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Pierre Martin, « Aperçu sommaire de l'histoire de Moras-en-Valloire », Bulletin de l'association universitaire d'études drômoises, no 19, 1970, p. 15.
  2. a, b, c et d P. Martin, op. cit., p. 16.
  3. a, b, c et d P. Martin, op. cit., p. 17.
  4. a, b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Moras-en-Valloire sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 9 mars 2015).
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.