Maximilien Kolbe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kolbe.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Maximilien.

Maximilien Kolbe
(Maksymilian Maria Kolbe)
Saint catholique
image illustrative de l’article Maximilien Kolbe
Saint
Naissance
Zduńska Wola, Pologne (alors dans l'Empire russe)
Décès   (47 ans)
Auschwitz-Birkenau Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Nom de naissance Rajmund Kolbe
Autres noms Maksymilian Maria Kolbe
Nationalité Drapeau de la Pologne Pologne
Ordre religieux Ordre des Frères mineurs
Béatification
par Paul VI
Canonisation
par Jean-Paul II
Vénéré par Église catholique
Fête 14 août
Saint patron du XXe siècle, des radioamateurs, journalistes et prisonniers politiques

Rajmund Kolbe, plus connu sous son nom de consécration Maximilien Kolbe, né le à Zduńska Wola et mort le à Auschwitz, est un frère franciscain conventuel polonais.

Après avoir été arrêté par la Gestapo, il est détenu dans le camp de concentration d'Auschwitz, où il s’offre de mourir à la place d'un père de famille, Franciszek Gajowniczek. Les nazis le font exécuter au moyen d’une injection de phénol.

Canonisé en 1982 par le pape Jean-Paul II, il est vénéré dans l'Église catholique sous le nom de « saint Maximilien Kolbe » et liturgiquement commémoré le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Rajmund Kolbe naît en 1894 en Pologne. Ses deux parents, Julius Kolbe et Maria Dąbrowska, sont tous les deux tisserands et tertiaires franciscains. Agacée par le caractère turbulent de son second fils, sa mère lui aurait demandé un jour ce qu'il deviendra plus tard[1]. Profondément interpellé par cette question, Maximilien se serait alors adressé directement à la Vierge Marie. C'est alors qu'il aurait eu une vision de la Vierge de Częstochowa qui, en guise de réponse, lui proposa deux couronnes : une blanche pour la pureté et une rouge pour le martyre. Elle lui demanda de choisir et il accepta les deux et s'engagea à devenir chaque jour meilleur. Alors qu'étudiant, il se pose la question du sacerdoce, il voit des franciscains passer dans sa ville. Il les suit et devient prêtre franciscain conventuel. Entré au noviciat des Franciscains conventuels en 1907, il prononce ses vœux définitifs à la Toussaint 1914. Il est alors envoyé à Rome pour son noviciat et est ordonné prêtre le [2].

Sacerdoce[modifier | modifier le code]

En 1917, à Rome, il fonde la Mission de l'Immaculée : spiritualité fondée sur le don total à l'Immaculée conception pour devenir un instrument entre ses mains[3]. Sur la même lancée, il crée en janvier 1922 le journal Le Chevalier de l'Immaculée. En août 1927, il fonde Niepokalanow, « la cité de l'Immaculée », près de Varsovie où ils seront jusqu'à près de 800 religieux. Il y met en place une maison d'édition et une station de radio (il était lui-même radioamateur sous l'indicatif SP3RN), toutes deux destinées à promouvoir la vénération de la Vierge Marie tout particulièrement dans le mystère de l'Immaculée Conception.

En 1930, il vit le même apostolat au Japon avec quatre frères, où, en 1931, il fonde une autre Cité de Marie près de Nagasaki[4]. Le couvent est construit sur une colline, le dos tourné à la ville. À l'étonnement de tous, il sera le seul bâtiment resté debout lors de l'explosion de la bombe atomique en 1945[5].

Deux ans plus tard, il part aux Indes britanniques avec la même mission mais un moindre succès[1]. Il revient en Pologne en 1935 et imprime un quotidien catholique.

« Le père Kolbe priait souvent, des prières courtes, devant le Saint-Sacrement, pour confier les intentions de nos lecteurs et donateurs. L’intensité de son recueillement nous impressionnait. Homme parmi les hommes, il était gai, aimait raconter des blagues, faire rire les malades à l’infirmerie pour les détendre[6]. »

En 1939, sa fraternité fournit l'abri à des réfugiés polonais, catholiques ou juifs. Il est arrêté une première fois et battu, avant d'être libéré[4],[3].

Camp d’Auschwitz[modifier | modifier le code]

Le , il est arrêté par la Gestapo et violemment battu. Le 28 mai, il est transféré vers le camp d'Auschwitz, sous le matricule 16670. En , un homme disparaît dans le bloc 14, où se trouve le père Kolbe. En représailles, les nazis sélectionnent dix hommes de la même baraque qui, enfermés, sont condamnés à mourir de faim.

Maximilien Kolbe se porte volontaire pour remplacer l'un des dix prisonniers, Franciszek Gajowniczek, père de famille[3]. Les nazis consentent à la substitution ; les dix prisonniers sont enfermés dans un bunker souterrain du camp à peine éclairé par des ouvertures étroites. Bien que la faim et la soif poussent les condamnés à la folie de s’entre-tuer après quelques jours seulement, le prêtre Maximilien réussit à faire régner le calme et la piété entre ses compagnons de cette tragédie au moyen de prières et d'oraisons.

Après deux semaines sans nourriture et sans eau[7], le père Kolbe demeure en vie après avoir vu mourir tous ses compagnons. La place venant à manquer, il est exécuté le 14 août 1941 d'une injection de phénol dans le bras[8]. Son corps est brûlé dans un four crématoire le lendemain, le 15 août.

Souvenir et vénération[modifier | modifier le code]

Maximilian Kolbe en 1936.

Maximilien Kolbe a été béatifié comme confesseur en 1971.

Le , il a été canonisé comme martyr par le pape Jean-Paul II. Il est le seul à avoir été honoré d'abord comme confesseur, puis comme martyr. Deux miracles attribués à l'intercession de Maximilien Kolbe ont permis sa canonisation : la guérison d'Angela Testoni, atteinte de tuberculose, en juillet 1948, et celle de Francis Ranier, atteint de calcification artérielle, en août 1950[9]. Ayant survécu à la captivité, Franciszek Gajowniczek assistera à la canonisation de son sauveteur en 1982. Le pape, Jean-Paul II, en fit un modèle pour la société d'aujourd'hui et la nouvelle évangélisation et retient notamment de Maximilien Kolbe l'importance de le consécration à la Trinité par la Vierge Marie et de l'annonce de l'Évangile par les médias[1].

En , l'Église d'Angleterre a inauguré une statue de Maximilien Marie Kolbe en surplomb du portail occidental de l'abbaye de Westminster, à Londres, en tant qu'élément du monument à la mémoire de dix martyrs du XXe siècle.

La chapelle du Foyer de charité de Tressaint (Bretagne, Côtes-d'Armor) est dédiée à saint Maximilien par dévotion du Père animateur de ce foyer qui la fit construire.

L'église Saint-Pierre de Corps-Nuds, au sud de Rennes (Bretagne, Ille-et-Vilaine), est devenue l’église Saint-Maximilien-Kolbe. On peut y voir un portrait et une petite statue de saint Maximilien Kolbe.

Dans l'église Notre-Dame de Saint-Lô (Basse-Normandie, département de la Manche) se trouve un vitrail de Jean-Paul Froidevaux : « Les Saints de notre temps » (1974). On peut y voir sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean XXIII, le bienheureux Charles de Foucauld et saint Maximilien Kolbe.

Une statue intitulée Hommage au Père Kolbe réalisée par Jean-Paul Emonds-Alt grâce au legs Julien Lambert se trouve au parvis Saint-François à Louvain-la-Neuve (Belgique).

Polémiques[modifier | modifier le code]

Une homélie du pape Jean-Paul II, en 1979 à Auschwitz, déclenche une polémique car centrée sur Maximilien Kolbe et non sur le génocide juif[10].

Dans ses écrits, Maximilien Kolbe aurait exprimé un antisémitisme[11], notamment comme directeur d'un journal[12]. Il désignait les francs-maçons et les juifs comme « les ennemis de l'Église », les rendant responsables de tout ce qu'il réprouvait[13]. Il dénonçait en particulier les Juifs comme la « cruelle clique juive, mystérieuse, rusée, mal connue » qui dirige secrètement les maçons tout en les haïssant[14]. Il reprenait et répandait la thèse des Protocoles des Sages de Sion, littéralement[15]. Il attaquait aussi le Talmud qui, selon lui, « inspire la haine contre le Christ et les chrétiens », et les rabbins qui, selon lui, « enseignent qu’à un Juif il est permis de tromper, de voler un chrétien, puisque “tous les biens des mécréants”, autrement dit des chrétiens, “sont comme le désert : le premier qui les prend en devient propriétaire”[16] ».[réf. insuffisante]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jacques Gauthier, « Saint Maximilien Kolbe (1894-1941) : le don suprême », Alteia,‎ (lire en ligne).
  2. « Qui est saint Maximilien KOLBE ? », sur Mission de l'Immaculée, immaculee.org (consulté le 14 janvier 2017).
  3. a, b et c « Saint Maximilien Kolbe », Magnificat, no 237,‎ , p. 192.
  4. a et b « Saint Maximilien Kolbe », sur Nominis, nominis.cef.fr (consulté le 14 janvier 2017).
  5. http://www.paris.catholique.fr/saint-maximilien-kolbe.html.
  6. Cité dans Lourdes magazine de juillet 2001 [lire en ligne].
  7. Patricia Treece, Maximilien Kolbe, éditions Flammarion, 2003, page 278.
  8. (it) « Massimiliano Maria Kolbe (1894-1941), presbitero, martire, O.F.M. Conv. », sur Vatican, vatican.va (consulté le 14 janvier 2017).
  9. http://www.stthomasmoreschool.org.uk/kolbe.
  10. Homélie de 1979. Voir « Rome et les juifs : l'ambiguïté permanente », Libération du 14 novembre 1995, et Delphine Dussert, Jean-Paul II et la question de la Shoah, à temps et contretemps [lire en ligne].
  11. (it) Gli scritti di Massimiliano Kolbe, trad. italienne, Éd. Città di Vita, Firenze, 1978 (extraits en français en ligne).
  12. Jeanne Favret-Saada, Le Christianisme et ses juifs (1800-2000), Le Seuil, 2004 [lire en ligne].
  13. « De leur officine sont sorties la révolution française, toute la série des révolutions de 1789 à 1815, et aussi… la guerre mondiale » (Gli scritti, op. cit., vol. 3, p. 604).
  14. Gli scritti, op. cit., vol. 3, p. 299. – Et aussi : « Il est de notoriété publique que ce sont les Juifs qui dirigent le socialisme et qui gouvernent actuellement dans la Russie bolchevique » (p. 52).
  15. « Et à vous, petite poignée de Juifs, “sages de Sion”, qui, dissimulés, … avez déjà provoqué sciemment tant de malheurs et en préparez plus encore » (Gli scritti, op. cit., vol. 3, p. 299).
  16. Gli scritti, op. cit., vol. 3, p. 253.