Jean Discalceat

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Jean Discalceat
Image illustrative de l’article Jean Discalceat
église Saint-Mathurin de Pleuven
Saint
Naissance v. 1279
Saint-Vougay, Bretagne
Décès   (≈ 70 ans)
Quimper, Bretagne
Autres noms Yann Divoutou, Santig du ou Santik Du
Ordre religieux Ordre des frères mineurs
Vénéré à cathédrale Saint-Corentin de Quimper
Canonisation XIVe siècle
par vox populi
Fête 15 décembre
Saint patron des pauvres

Jean Discalceat, en breton Yann Divoutou né à Saint-Vougay (Léon, en Finistère) vers 1279 et mort à Quimper (Finistère) en 1349, également connu sous le nom de Santig Du ou Santik Du (petit saint noir), est un franciscain breton, considéré comme saint par la tradition populaire. Discalceat n'est pas son nom, mais un qualificatif dérivé du mot latin Discalceatus qui veut dire « déchaussé » car il marchait pieds-nus. En breton on l'appelle Yann Divoutou ou Yann Diarc'hen, c’est-à-dire Jean sans sabots[1].

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Il naît d'une famille pauvre dans l'évêché du Léon. Baptisé Jean, il est toute sa vie appelé Yannig (« petit Jean » en breton). Resté orphelin, il entra en apprentissage chez un oncle ou un cousin, maçon et charpentier. Il se montre adroit et pieux, car, après sa journée, il aime élever des croix aux carrefours. Il construit aussi des ponts, des arches sur les rivières.

Il prie, il médite et, pour répondre à l'appel de Dieu, il part étudier à Rennes où il est ordonné prêtre en 1303. Il est nommé recteur de Saint-Grégoire près de Rennes. Il y reste treize ans, vivant délibérément dans la pauvreté, marchant pieds nus comme les moines mendiants. Il se singularise en distribuant tous ses revenus aux pauvres. Trouvant sa paroisse rennaise trop confortable, il demande à être nommé à l'un des cinq couvents de Cordeliers de Bretagne, à Quimper. En 1316, il reçoit de son évêque, Alain de Châteaugiron, l'autorisation de rejoindre l'ordre des franciscains cordeliers et vient à Quimper où il restera 33 ans. Il se fait remarquer par son ascétisme, jeûnant très souvent. Comme St François, il porte un habit de grosse et vile toile grise et continue d'aller pieds nus.

Il se donne totalement aux pauvres de Quimper. Il vient notamment en aide à la population lors du siège de la ville par l'armée de Charles de Blois en 1344 et 1345. En 1346, il organise l'aumône pour les victimes de la famine en Cornouaille. En 1349, la peste s'installe à Quimper. Il organise les secours aux malades qu'il soigne sans répit, et ensevelit les morts. Il contracte lui-même la peste et en meurt le . Enterré en son couvent quimpérois, sa tombe devient un lieu de pèlerinage.

Vénération[modifier | modifier le code]

Très populaire en Bretagne, « Santig Du » est le patron des pauvres. Dans la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, près de sa relique (morceau du chef), une tablette reçoit encore du pain déposé là par des anonymes et récupéré par des personnes dans le besoin. Cette pratique originale remonte au XVe siècle. Un vitrail lui est consacré à la Cathédrale de Quimper en 1993. Ce saint est aussi invoqué pour retrouver des objets perdus et sollicité pour obtenir du beau temps[2].

Si sa cause n'a jamais été introduite à Rome, il est néanmoins vénéré comme saint par le peuple, comme il était de coutume à l'époque , selon le fameux Vox populi, vox Dei. Il est fêté le 15 décembre (Calendrier des saints bretons).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Christophe Cassard, "En relisant la vie de saint Jean Discalceat", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXXV, 1996
  2. Yann Brékilien, La Bretagne d'hier et de demain, J. P. Delarge, , p. 94

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sillons et sillages en Finistère, aux éditions Minihi Levenez avec le concours de Chrétiens Medias 29.
  • Histoire de Bretagne, Henri Poisson, Éditions Breiz, 6° édition, 1975.

Liens externes[modifier | modifier le code]