Martyrs de Gorcum

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Saints Martyrs de Gorcum
Image illustrative de l’article Martyrs de Gorcum
Représentation du martyr de Gorcum en 1572.
Peinture de Cesare Fracassini (1838-1868) exposée au Vatican.
Religieux, prêtres, laïc et martyrs
Naissance XVIe siècle
Décès  
Brielle (Hollande-Méridionale)
Nationalité Flag of the Netherlands.svg Néerlandais
Vénéré à Église Saint-Nicolas (Bruxelles)
Béatification  à Rome
par Clément X
Canonisation  à Rome
par Pie IX
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 9 juillet
Attributs Palme
Les 19 Martyrs de Gorcum
Châsse des reliques de Gorcum
Tableau représentant la dernière communion des martyrs de Gorcum. Cette œuvre de Stallaert est exposée en face de la châsse.

Les Saints Martyrs de Gorcum sont un groupe de fidèles qui ont souffert le martyre pour la foi catholique près de la ville néerlandaise de La Brielle (ou Den Briel). Ils étaient pour la plupart religieux dans la ville néerlandaise de Gorinchem, ou Gorcum. Ce sont dix-neuf martyrs, quatre prêtres séculiers, quatorze religieux franciscains et un laïc converti qui ont tous été pendus à Brielle (Pays-Bas) en 1572 par les Gueux de mer conduits par le Liégeois Guillaume II de La Marck, seigneur de Lummen, après avoir subi sévices et mutilations.

Plusieurs de ces religieux étaient originaires du diocèse de Malines, ainsi : Nicolas Janssen, Godefroid Coart, François de Roye, Pierre d’Asse et Jacques La Coupe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant la révolte des Gueux, les Gueux de mer, des partisans du prince d'Orange, chassés d'Angleterre quelques jours auparavant, prirent, par un chanceux concours de circonstances, le petit port de La Brielle le premier avril 1572. Ce fut le début des succès du soulèvement des provinces du Nord contre le roi d'Espagne. Dès le 26 juin 1572, les Gueux prirent la ville de Gorcum, ou Gorcom (Gorinchem). Bien que les Gueux aient promis, solennellement et sous serment, la vie sauve aux moines du couvent, réfugiés sous la direction du Père Nicolas Pieck dans la forteresse, les moines et le drossart Gaspar de Turck qui les défendait, furent immédiatement jetés en prison. Les dix-sept prêtres, séculiers et réguliers, ainsi que deux frères laïcs, furent injuriés, menacés et torturés. Le 6 juillet, en pleine nuit, ils furent envoyés à La Brielle où ils furent à nouveau maltraité, injuriés et donnés en spectacle à la populace. Interrogé par Guillaume de La Marck, baron de Lumey, qui était le chef des Gueux de mer, les moines réclamèrent pour eux aussi cette liberté de conscience que les luthériens et calvinistes réclamaient pour eux-mêmes. Sur un ordre de Lumey donné dans un accès de rage dont il était coutumier, ils furent pendus dans la nuit du 8 au 9 juillet 1572, près de La Brielle, à une poutre d'une grange à tourbe de l'ancien couvent Sainte-Elisabeth ten Rugge. Leurs corps furent ensuite mutilés.

Les reliques des martyrs, ramenées à Bruxelles par le père André de Soto durant la Trève de douze ans se trouvent dans une châsse déposée dans l'église Saint-Nicolas, de la rue au Beurre à Bruxelles. Le 14 novembre 1675, les Martyrs furent béatifiés. Le 29 juin 1867, le pape Pie IX les a admis dans le martyrologe romain officiel, la liste des saints martyrs, après les avoir canonisés sur la place Saint-Pierre.

La commémoration de leur martyre a lieu le 9 juillet.

En 1972, le cardinal Alfrink, la ministre Marga Klompé et la reine Juliana ont commémoré officiellement l'assassinat et le martyre des Saints Martyrs. Lors du rétablissement de la province néerlandaise des Frères Mineurs Franciscains (O.F.M.) en 1853, les Saints Martyrs de Gorcum furent désignés comme saint patron.

Dans son Historia martyrum Gorcomiensium, publié à Douai en 1603, Guillaume Estius évoque les Martyrs de Gorcum, auxquels il est personnellement lié : il était en effet le neveu de Nicolas Pieck, qui trouva la mort lors du massacre de la nuit des 8 au [1].

Le grand écrivain Charles De Coster, dans son roman La Légende d'Ulenspiegel, fait le récit de ces tragiques événements auquel assiste impuissant son héros Thyl Ulenspiegel.

Enfin, le plus jeune des Saints Martyrs, le Bruxellois Saint François Rodius, descendait des Lignages de Bruxelles par la famille lignagère van Hamme[2].

Liste des 19 martyrs de Gorcum[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Pieck ° Gorcum, 1534 - † Brielle, [3].
  2. Nicaise van Heeze ° Heeze, 1522 - † Brielle, [4]
  3. Théodore van der Eem ° Amersfoort, 1499 - † Brielle, .
  4. Godefroid Coart de Melveren près de Tongres, 1512 - † Brielle, [5].
  5. Jérôme van Weert ° 1522 - † Brielle, [6].
  6. Antoine van Weert ° 1523 - † Brielle, .
  7. Antoine van Hoornaar ° Hoornaar - † Brielle, .
  8. Corneille van Wijk ° Wijck près d'Anvers, 1548 - † Brielle, .
  9. Pierre Van der Slaghmolen, d'Asse ° Asse, 1530 - † Brielle, [7].
  10. Willehald de Deen ° Danemark, 1482 - † Brielle, [8].
  11. François de Roye[9] ° Bruxelles, 1549 - † Brielle, [10].
  12. Léonard van Veghel ° Bois-le-Duc, 1527 - † Brielle, , curé de Gorcum[11].
  13. André Wouters ° 1542 - † Brielle, , curé de Heinenoord[12].
  14. Godefroid van Duynen ° Gorcum, 1502 - † Brielle, , prêtre séculier [13].
  15. Jacques Lacops ou La Coupe ou encore de la Coupe ° Audenarde, 1541 - † Brielle, , Prémontré, vicaire de Monster[14].
  16. Adrien van Hilvarenbeek, dont le nom véritable était Adrianus Joannes Beek, soit Adriaen Janssen van Hilvarenbeek ° Hilvarenbeek, 1528 - † Brielle, , Prémontré, vicaire de Monster [15].
  17. Jean Lenaerts d'Oosterwijk ° 1504 - † Brielle, , Chanoine régulier de Saint-Augustin [16].
  18. Jean de Cologne, † Brielle, , Dominicain, curé de Hoornaar.
  19. Nicolas Janssen, de Weelde, 1532 - † Brielle, [17].

Vénération[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Nicolas abrite une magnifique châsse fabriquée en 1868 qui contient des reliques des martyrs de Gorcum offertes à cette église en 1867.

Des pèlerinages et des processions ont eu lieu pendant de nombreuses années à Brielle.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Dans l'abbaye Saint Michel d'Anvers, bas-côté sud, figuraient quatre tableaux de Jan-Erasmus Quellin illustrant ce thème. L'édifice ayant été détruit en 1830, nous ne connaissons deux de ces œuvres grâce à deux dessins préparatoires de la collection Well-Blundel, Walker Art Gallery, Liverpool[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voyez la page 23, Vies des pères, martyrs et autres principaux saints, tirées des actes originaux et monuments les plus authentiques, par Alban Butler, Jean-François Gidescard, Petrus Franscicus Xaverius De Ram, publié par Goemaere en 1854, Archive de l'université de Gand, et numérisé par Google Books.
  2. Le récit historique ci-dessus est principalement tiré de l'étude de Frédéric Thomaes, Saint François Rodius, Martyr de Gorcum, et les Lignages de Bruxelles, dans le Bulletin Les Lignages de Bruxelles, n° 179, 2018, pages 1 à 38.
  3. Note : Il étudia à l'université de Louvain, prêtre diocésain.
  4. Note : Avait étudié à Louvain. Dominicain.
  5. Note : voir aussi Godefroid sur la page consacrée à la famille Coart.
  6. Note : Avait étudié en Terre-Sainte.
  7. Note : Il exerça différentes tâches dans la communauté. Voyez J.B. van Cauwelaert, François de Roye, de Bruxelles, ou Notice généalogique et historique sur le Bienheureux François de Roye, martyr de Gorcum, Bruxelles, H. Goemaere, 1867, 110 pages, et spécialement les pages 96 et suivantes sur la famille van der Slaghmolen.
  8. Note : Franciscain réfugié.
  9. Voyez l'étude de Frédéric Thomaes, Saint François Rodius et les Lignages de Bruxelles, Bulletin de l'ARDLB, pages 1 à 38, 2018, n° 179, 57e année, pages 1 à 38.
  10. Note : le plus jeune des pères. Il avait fait ses études à Bruxelles. Voyez J.B. van Cauwelaert, François de Roye, de Bruxelles, ou Notice généalogique et historique sur le Bienheureux François de Roye, martyr de Gorcum, Bruxelles, H. Goemaere, 1867, 110 pages. Il était le fils de François de Roye - ou de Roy, de Roije - et de sa femme Barbe Appelmans épousée à Bruxelles (Sainte-Gudule) le 22 janvier 1547. Ses grands-parents paternels étaient François de Roye (fils d'Arnaud et d'Elisabeth T'Suens ou Zoens, fille de Pierre) et sa première épouse Apolline van Hamme (née en 1482, veuve de Julien de Parenty ; et fille de Gilles van Hamme et d'Apolline Van Auwergem dite Bossaert), qui avaient eu trois enfants (De sa seconde épouse nommée Marguerite Schockaert, qui était fille de Roland, François de Roye avait eu quatre enfants).
  11. Note : Il étudia à l'université de Louvain. Prêtre diosécain. Il a 39 ans au moment des faits et est curé de Gorcum depuis 16 ans. Sa résistance à la nouvelle religion se fonde sur les idées de son maître Rudyard Tapper; professeur de théologie et adversaire résolu des idées de la Réforme.
  12. Note : Séculier.
  13. Note : Il avait étudié à Paris avant son sacerdoce qu'il exerça comme séculier au début dans le nord de la France, puis il se fixa à Gorcum.
  14. Note : Prémontré. Fils d'Antoine de la Coupe, originaire de Lessines : voyez H.J. Allard, Nadere bijzonderheden over den H. Jacobus Lacops, een der XIX Martelaars van Gorcum, Bijdragen voor de Geschiedenis van het Bisdom van Haarlem, tweede deel, Haarlem, 1874, pages 211 et suivantes.
  15. Note : Il venait d'être désigné comme curé du village de Monster. Prémontré. Voyez H. Bauer, De parochie Monster-Ambacht en Monster, Bijdragen voor de Geschiedenis van het Bisdom van Haarlem, tweede deel, Haarlem, 1874, pages 419 et suivantes, et spécialement page 425.
  16. Note : Chanoine régulier de Saint Augustin.
  17. Note: "Poppel" est le nom du village de sa naissance, près de Weelde (Anvers). Il étudia à l'université de Louvain et devient curé de l'autre paroisse de Gorcum.
  18. Abbé Migne, "Troisième et dernière Encyclopédie Théologique", Tome 56e, 1873, colonne 212.
  19. Mantegna to Rubens, catalogue de l'exposition, Liverpool, Londres, 1998-1999, n° 72 & 73.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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