Compagnons de Saint François

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Compagnons de Saint François
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Logo des Compagnons.
Cadre
But mouvement chrétien œcuménique européen qui vit les valeurs franciscaines en marchant sur la Route
Fondation
Fondation 1927
Fondateurs Joseph Folliet, René Beaugey
Origine Rapprochement franco-allemand
Identité
Site web

https://pellegrinifrancesco.eu/

ancien site : cdsf.org

Les Compagnons de Saint François sont un mouvement chrétien souhaitant marcher dans les pas de saint François d'Assise. Ils privilégient ainsi les valeurs défendues par ce dernier : la paix, la tolérance et la fraternité, l’amour de la nature, le goût de l’aventure, la simplicité et la joie de vivre.

Pour cela, les compagnons se réunissent au cours de pèlerinages ou routes (nationales et internationales), à pied pendant une dizaine de jours, en groupe d'une vingtaine de personnes, équipés d'un sac à dos, couchant à même le sol.

Le mouvement est une branche laïque de la famille franciscaine [1] et vise à rapprocher des personnes de tous les âges, de nationalités, de cultures et de convictions différentes autour de réflexions spirituelles ou autres.

Il n'est demandé d'engagement d'aucune sorte. Toutes les charges, y compris l'animation spirituelle, le sont selon le mode de l'autogestion, chacun étant appelé à participer à la vie du mouvement selon ses moyens. Un certain nombre de Compagnons est particulièrement attaché à la figure de saint François d'Assise. Certains sont, en plus, membres d'une fraternité franciscaine séculière ou rendent divers services d’Église au sein d'une paroisse franciscaine. Il peut arriver qu'un frère capucin accompagne un des groupes. Le mouvement n'a plus d’aumônier , ni national, ni international.

Les compagnons sont principalement issus de huit pays, Allemagne, Angleterre, Belgique, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal et Suède, même si d'autres pays sont représentés (ex.: Burundi) le mouvement se veut ouvert à tous.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le mouvement naît en France en 1927, pendant l’entre-deux-guerres de l'initiative de Joseph Folliet et de son ami René Beaugey. L’idée était de former un groupe de jeunes pèlerins catholiques pour la Paix.

La réconciliation franco-allemande devait faire que la Première Guerre mondiale soit la «der des ders.» [2] La rencontre de personnes de nationalités différentes, notamment françaises et allemandes, fut dès l'origine au cœur du mouvement.

En 1926, ce furent pas moins de 2500 jeunes de plusieurs nationalités qui firent le déplacement dans la propriété de Marc Sangier à Boissy-la-Rivière[3]. En mixant les concepts de mouvements de jeunesse différents, deux français présents donnent naissance l'année suivante à un mouvement de jeunesse inédit en France qui n'est ni un mouvement de scoutisme, ni un mouvement de patronage paroissial.

De l’Internationale démocratique pour la paix, fût gardé l'objectif de «renouveler intérieurement les peuples»[4]. Du Quickborn (branche catholique du Wandervogel) [5] furent retenues les activités de randonnée, les rituels, les chansons folkloriques, la piété qui cimentent les jeunes entre-eux[6].

Pour faire la paix, il faut être deux et la première rencontre de Marc Sangnier avec 150 jeunes allemands lors du troisième congrès démocratique qui s'était tenu à Fribourg en 1923 avait laissé entrevoir la possibilité d'une main tendue qui ne serait pas repoussée: «Cet éveil de bonne volonté pacifiste, je savais bien qu’il existait, mais je croyais que l’immense majorité du peuple allemand, malgré la forme républicaine de la constitution actuelle, demeurait encore attachée aux vieilles conceptions pangermanistes et militaristes. J’ai été joyeusement surpris, comme par une suggestive révélation, lorsque, il y a quelques mois, au commencement d’août, à notre congrès international de Fribourg, je vis tout d’un coup surgir, ardente, généreuse, violente dans ses revendications de paix.» comme Marc Sangnier le dit à l'assemblée nationale[7],[8].

La première route, vers le Mont Sainte-Odile[9],[10], rassemble 20 personnes mais le mouvement grandit rapidement. Au fil des années, les nationalités se sont diversifiées. Pour les néerlandais dès 1931, pour les belges en 1933, pour les anglais en 1937, pour les espagnols en 1970 et les suédois en 1946[11]. Le mouvement n'est plus alors seulement masculin et des familles entières prennent la route et vivent la « spiritualité de la route ». Les Compagnons Après Vatican II, d’autres confessions chrétiennes rejoignent les seuls catholiques. Le mouvement se veut dès lors œcuménique. Le premier pèlerinage partiellement œcuménique est décidé pour 1964[12]. Sur les 350 pèlerins, répartis en douze bandes, 29 d'entre-eux composèrent la bande œcuménique.

La pratique du pèlerinage s'est faite selon les années selon la condition du participant: Moins de 17 ans dans "Les pré-compagnes et pré-compagnons", bandes de jeunes gens, bandes de jeunes filles, bandes des familles (branche jeunes foyers). Autre élément disparu, la promesse. Ainsi la promesse pour la bande contenait par exemple la demande d'enseigner à ses enfants l'amour de Dieu et l'amour de tous les hommes sans distinction de classe ou de race[13]. Pendant un temps la participation au pèlerinage international fût subordonnée à l'invitation du gardien national. Le pèlerinage national restant ouvert aux autres.

Le mouvement aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En presque cent ans, le mouvement a bien changé. Et le contexte social aussi.

En 2020, le mouvement rassemblait 300 Compagnons dans six pays (Espagne, France, Belgique, Royaume-Uni, Allemagne, Pays -Bas, Suède) à jour de cotisation dont cent français.

Chaque branche nationale, juridiquement indépendante, organise à tour de rôle une route internationale dans son pays pour laquelle les autres branches sont invitées. De plus, tous les dix ans, une route est organisée vers Assise. Chaque route internationale rassemble une centaine de Compagnons qui marchent par groupe de 20 par groupes de niveau selon des itinéraires différents, en boucle ou d'un point à un autre.

La paix entre nations européennes n'est bien sûr plus une question qui fait débat dans la société actuelle.

Cependant le mouvement continue d'attirer car expérience unique proposée durant la route d'été, malgré la vie communautaire parfois pesante, rencontre des adeptes fidèles qui viennent seuls, en couple ou en famille:

La route d'été itinérante, avec ou sans voiture suiveuse selon les groupes, continue de conférer au mouvement son originalité. Elle entraîne une rupture avec les habitudes de vie et de confort, un chemin fraternel en partage avec d'autres, une démarche spirituelle dans un esprit de paix et de joie.

Les journées sont rythmées par la marche, la prière, un temps de discussion sur le thème d'année par groupe de langue, le partage des tâches comme la cuisine, la veillée. Les moments informels durant les repas et les temps de marche contribuent également à la progression humaine et spirituelle de chacun et à une meilleure connaissance de nos voisins européens. Ainsi sont nés de solides amitiés et des couples binationaux.

Quakers, baptistes, anglicans, catholiques de rite romain, catholiques de rite chaldéen, luthériens, autres protestants ont un jour participé à un des pèlerinages.

On le voit, le mouvement continue de brasser les langues et les nationalités, mais aussi les confessions chrétiennes, les âges et les conditions sociales. L'objectif de «renouveler intérieurement les peuples» ultra minoritaire parmi les catholiques et totalement utopique dans le contexte des années 30 a bien été atteint. Chaque année, le mouvement œuvre, à sa mesure, a ce qu'il le reste. Cependant, on voit bien qu'à chaque fois qu'un différend financier ou diplomatique survient entre pays européen, les citoyens s'en emparent, révélant la fragilité de l'exercice.

Les routes internationales[modifier | modifier le code]

Elles sont la principale manifestation du mouvement.

Pays accueillant la route internationale par année
Année Pays
2000 Portugal
2001 France
2002 Angleterre
2003 Pays-Bas
2004 Espagne
2005 Allemagne
2006 Suède
2007 Italie
2008 France
2009 Royaume-Uni
2010 Pays-Bas
2011 Espagne
2012 Allemagne / Suisse
2013 Suède
2014 France[9]
2015 Angleterre
2016 Lituanie
2017 Italie
2018 Espagne
2019 Allemagne[14]
2020 Suède (reportée 2021 cause pandemie COVID 19)
2021 Suède

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Famille franciscaine », sur https://fraternite-franciscaine.fr/ (consulté le )
  2. Olivier Prat, « L’engagement des catholiques pour la paix (1906-1939) », sur ehne.fr, (consulté le )
  3. Le congrès international de la paix, Boissy-la-rivière, L'Ouest Eclair, , 1 p. (lire en ligne)
  4. Olivier Prat, « L’engagement des catholiques pour la paix (1906-1939) », sur Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe, (consulté le )
  5. Julien Fuchs, Sébastien Stumpp, « Frontières politiques, frontières symboliques. La difficile implantation des associations sportivo-touristiques allemandes en Alsace avant 1914 », sur https://www.cairn.info/, 2013 volume 3 (consulté le )
  6. « Quickborn (mouvement des jeunes) », sur https://boowiki.info/ (consulté le )
  7. Olivier Prat, histoire@politique, Paris, Revue électronique du centre d'histoire de Sciences Po, janvier - avril 2010 volume 10 (lire en ligne), page 4
  8. Olivier Prat, « « La Paix par la jeunesse ». Marc Sangnier et la réconciliation franco-allemande, 1921-1939 », sur https://www.cairn.info, 2010/1 janvier-avril (consulté le )
  9. a et b « Les compagnons de Saint-François sillonnent la Haute-Loire - Diocèse du Puy-en-Velay », sur www.catholique-lepuy.fr (consulté le )
  10. « Musée du diocèse de Lyon », sur museedudiocesedelyon.com (consulté le )
  11. Jan Van Der Putten, Les Compagnons de Saint-François Origine et croissance d'un mouvement international, L'Appel de la Route, , 178 p., pages 73, 83, 99, 105, 109
  12. Jan Van der Putten, Les Compagnons de saint François Origine et croissance d'un mouvement international, Bruxelles, L'Appel de la Route, , 178 p., p. 100
  13. Louis-Thomas Achille, « Ce que je dois aux Compagnons de Saint-François », sur https://louisthomasachille.com, (consulté le )
  14. (de) Bernd-Christoph Matern, « Gefährten des heiligen Franziskus durchquerten den Rhein-Lahn-Kreis bis nach Lahnstein », sur https://www.evangelisch-nassauer-land.de/, 9. august 2019 (consulté le )