Dominique Probst

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Dominique Probst est un compositeur et percussionniste français né à Paris le .

Issu d'une longue lignée d'artistes[1], il est le fils de la comédienne Gisèle Casadesus et de Lucien Pascal (de son vrai nom Lucien Probst), directeur général de la scène de la Comédie-Française, et le frère du chef d'orchestre Jean-Claude Casadesus, de la comédienne Martine Pascal et de l'artiste plasticienne Béatrice Casadesus. Il est le père de l'actrice Barbara Probst, et l'oncle de l'acteur Olivier Casadesus.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'Île de lumière donnée à Méru par l'Orchestre de Picardie en septembre 2007. Dominique Probst (au centre) avec le chef d'orchestre Olivier Holt

Premier prix de percussion au Conservatoire de Paris en 1978 et prix de composition de la fondation Nadia-et-Lili-Boulanger en 1979, Dominique Probst a écrit de nombreuses musiques pour l'opéra, le ballet, la radio, la télévision et le théâtre (Comédie-Française, Théâtre national de l'Odéon, Festival d'Avignon, Bouffes du Nord, Compagnie Renaud-Barrault). Il a notamment composé pour Francis Huster, Maurice Béjart, Jean Marais ou encore Laurent Terzieff.

Il partage son temps entre la composition, l'enseignement et son pupitre de timbalier à l'orchestre Colonne. Lauréat du programme « Villa Médicis hors-les-murs » en 1999 et récompensé à de nombreuses reprises par l'Académie des beaux-arts, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et l'Académie nationale du disque lyrique, il est fait chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres en 1996.

Dominique Probst n'appartient à aucune école du paysage musical français. Benoît Duteurtre écrit dans Diapason (no 371, mai 1991) : « Pour décrire cet alliage riche et cohérent, à la fois très accessible et indéniablement moderne, on a parfois envie d'évoquer le nom de Kurt Weill. Sa musique n'ignore rien des couleurs chaotiques, des atmosphères de l'avant-garde tonale; elle ne dédaigne pas non plus les langages populaires d'aujourd'hui, ni la tradition tonale librement réinventée. » À propos de son opéra Maximilien Kolbe, Alain Duault écrit : « Dominique Probst a choisi d'utiliser sans sectarisme des langages divers, atonal parfois, tonal d'autres fois, avec des bouffées de rythmes plus populaires. » (L'Événement du jeudi, 1991)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Chant pour des sphères étoilées, pour flûte seule, en trois mouvements (1975) ;
  • Maximilien Kolbe, drame lyrique sur un livret inédit d'Eugène Ionesco (1988)  ;
    Commande de l'Opéra de Paris, créée à Rimini (Italie) par Gianfranco Rivoli et donnée en France en 1989, sous la direction d'Olivier Holt, l'œuvre rencontre un vif succès dans cinq pays, est filmée par la télévision et couronnée par le prix « Talent nouveau musique » de la SACD et par un « Orphée d'or » de l'Académie nationale du disque lyrique. L'opéra retrace l’histoire de Maximilien Kolbe, père franciscain polonais déporté au camp d’Auschwitz qui, en août 1941, offre volontairement sa vie pour sauver celle d’un père de famille condamné à mourir de soif et de faim avec neuf autres otages, à la suite de l’évasion d’un prisonnier.
  • Une journée à Versailles, symphonie (1991) ;
  • La Petite Sirène, drame lyrique sur un livret de Marguerite Yourcenar d'après le conte d'Andersen (1993). Commande de l'État français, créée en 1993 à Poligny (Jura) puis reprise à l'Opéra de Massy en 1994 et au Nouveau Siècle de Lille en 1999 ;
  • L'Île de lumière, pour trois percussions, harpe, célesta et orchestre à cordes (1994) ;
    Commande de l'Orchestre national de Lille, avec le soutien de Musique nouvelle en liberté. Créée par Jean-Claude Casadesus, dédicataire de l'œuvre, et structurée en sept sections enchaînées, l'œuvre est à la fois un poème symphonique construit autour de la note , et une promenade dans l'île éponyme aux lumières si particulières.
  • Quatre études pour percussion seule (1996) ;
  • Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube, motet pour chœur à quatre voix mixtes (1997) ;
  • Concerto pour trombone et orchestre de chambre (1997) ;
  • La Symphonie des bulles, pour chœur et orchestre symphonique (2004) ;
  • L'Origine du monde, pour trio rock et orchestre symphonique (2006) ;
    Commande de l'Orchestre national de Lille à l'occasion de son trentième anniversaire, avec le soutien de la SACEM. L'œuvre s'inspire conjointement du récit de la Création au début de la Bible (plus particulièrement du sixième jour : « Homme et femme, Il les créa », Genèse I, 27) et du tableau éponyme peint par Gustave Courbet en 1866.
  • Volcantare ou le Chant des volcans, pour violon solo, double orchestre à cordes, flûtes à bec et guitares (2009).
    Commande de l'orchestre d'Auvergne. Structurée en deux mouvements, Chant du temps jadis et Chant du temps présent, la partition évoque « le paradoxe des volcans, la beauté et la sérénité des paysages déployés à perte de vue invitant à une contemplation heureuse, et la violence latente de ces monstres endormis .»[2]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Casadesus, un siècle de rayonnement artistique
  2. D. Probst, notes de programme, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]