Martin Steffens

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Martin Steffens
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Martin Steffens, né en 1977, est un professeur de philosophie. Il est notamment spécialiste de la philosophe Simone Weil.

Agrégé de philosophie, Martin Steffens est professeur de philosophie en hypokhâgne et en khâgne. Il est chroniqueur dans le quotidien La Croix et pour l'hebdomadaire La Vie. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont « Petit traité de la joie, consentir à la vie », « La vie en bleu » et « Rien que l’amour : repères pour le martyre qui vient ».

La philosophie de Martin Steffens explore les différentes modalités du consentement, du Ja sagen (dire-oui) nietzschéen, au "fiat" biblique en passant par l'acquiescence chez Leibniz. La question au commencement de son oeuvre est la suivante: ce qu'on ne peut changer, on peut au moins y consentir... mais comment faire pour que ce "oui" ne soit pas une résignation? Soucieuse de ne pas faire l'économie du tragique, la pensée de Steffens part de l'impossible contre quoi l'homme se heurte et propose, à partir de là, une traversée qui emprunte à la philosophie (Nietzsche, Simone Weil...), à la littérature (Léon Bloy, Hubert Selby Jr...) et à l'exégèse biblique. Les thèmes abordés sont ceux du consentement : à la vie (Petit traité de la joie, 2011), à l'épreuve (La vie en bleu, 2014), au mal qui nous habite (Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger, 2016), ou à la mort (L'éternité reçue, 2017). Un court essai explore l'impossibilité de consentir, celui dédié à la violence (Rien que l’amour, 2015).

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Martin Steffens est agrégé de philosophie. Il enseigne à Metz, en classes préparatoires au lycée Georges de la Tour[1]. Il est l'auteur d'études, de conférences et d'articles sur Nietzsche, Simone Weil ou encore Léon Chestov.

Verbatim[modifier | modifier le code]

« On aime donc son prochain non pas malgré ses défauts (car alors ce sont encore ses qualités que j'aime) mais en ces défauts et par ceux-ci: ils sont la preuve d'amour véritable, l'indice que, par eux, j'aime plus que moi seul. »

— La Vie en bleu, 2014, p.189

« Le plus humain en l’homme, ce n’est pas sa percée vers l’Homme idéal, mais ce consentement à l’animal en lui. Le plus spirituel, c’est de se savoir bête plus sûrement qu’ange. De même que ce qui est le plus divin en Dieu, pour un chrétien, c’est son abaissement au rang de simple créature, c’est d’avoir connu la peur et l’amour, les pleurs et l’abandon et, pendant sa Passion, d’avoir prêté sa bouche boursouflée à l’éponge de vinaigre, de même le plus humain en l’homme, c’est d’avoir assez de liberté pour reconnaître comme on est viscéralement lié à ses besoins, attaché à la vie. »

— L'éternité reçue, DDB, 2016, p. 44.

« Le meilleur est désormais sûr.
Le véritable disciple de Jésus, celui que je m'efforce d'être, sait que tout lui a été donné, en Christ. Qu'on ne peut donc plus rien lui enlever. Qu'ont-ils à nous prendre ces barbares ? La vie, si bonne soit-elle, n'est que la préface maladroite qu'un traducteur inquiet aura rédigée pour un chef-d'œuvre littéraire. Notre vie n'a de sens qu'indexée à la vie éternelle du Seigneur, cette vie promise à ceux qui, n'ayant pas tenu à leur vie, l'ont pleinement reçue d'un Autre.
Non pas que la vie ici-bas ne soit pas belle et bonne : mille fois la promesse de notre vie future y fut tenue et nous avons senti, alors, comme nous sommes éternels. La terre est bonne, elle ressemblerait, sauf notre péché (cette insistance avec laquelle on refuse d'aimer et se laisser aimer), au Paradis. Mais elle n'est pas le Paradis. Et elle l'est d'autant moins, que le Paradis qui nous attend est plus que celui qui fut perdu : Dieu ne veut pas le retour au même, il a ajouté à notre péché, il a renchéri sur lui, il a fait de nos détours autant de routes qui mènent au ciel.
Nous ne prenons pas la mesure de notre péché. Nous ne prenons pas non plus la mesure de ce que Dieu en a fait : le lieu même de sa révélation en tant que Dieu-Amour. Nos fautes ont contraint Dieu à dévoiler son cœur. »

— Rien, que l'amour : repères pour le martyre qui vient, 2016, p. 68-69 (prix de littérature religieuse 2016)


« Je suis noir de monde. Je porte sur moi le cri d’Abbey Lincoln, les coups de Sonny Liston, la voix de Martin Luther King. Je suis noir de la colère de tous les peuples opprimés par l’Argent. Je suis haut en couleurs et en colère. Je suis le Roi Noir, drapé de l’espérance que les hommes ont mise dans le pouvoir d’attraction de l’Enfant. J’ai avec moi un cadeau qui pèse peu, étant déjà fort emprunté : j’apporte la myrrhe. De cela, mes compagnons ne se moquent pas. Mais ils n’approuvent guère : nous allons assister à la naissance d’un Roi et toi, tu apportes déjà de quoi l’embaumer ! Ils ne savent pas. Ils ne savent pas ce qu’un Enfant, qui est Roi, sait : on ne vient pas dans un monde d’iniquité et de violence sans y mourir. On ne vient pas au monde sans mourir de ce monde. Ils ne savent pas que cette fête où nous mène l’étoile est à la fois la plus belle et la plus triste : en s’incarnant, Dieu se fait vulnérable. Le cri de Dieu, les prophètes en savent quelque chose, on le fera d’abord taire. Mais si je suis là, c’est que je crois qu’avec l’Enfant, quelque chose change : si on le fait taire, lui, les pierres elles-mêmes crieront. »

— En chemin avec... Balthazar, extrait de l'article paru dans le journal La Croix du 14 août 2018.


Publications[modifier | modifier le code]

  • Nietzsche, Ellipses, coll. « Pas à pas », 2008.
  • Simone Weil, éditions Nouvelle Cité, coll. « Prier 15 jours avec », 2009.
  • Avec Pierre Dulau et Thierry Formet, Une journée de philosophie : les grandes notions vues à travers le quotidien, Ellipses, 2010.
  • Petit traité de la joie, consentir à la vie, Éditions Salvator, coll. « Forum », 2011 (essai) (ISBN 978-2706707759)
prix « Humanisme chrétien » 2013[2]
prix de littérature religieuse 2016[3],[4]
Dossiers
  • René Descartes, Méditations métaphysiques : 1, 2 et 3, Gallimard, 2006.
  • Simone Weil, Les Besoins de l'âme : extrait de L'Enracinement, Gallimard, 2007.
Traduits en italien

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. « Prix Humanisme chrétien » sur aes-france.org (consulté le 30 mars 2017)
  3. a et b Claire Lesegretain, « Martin Steffens reçoit le Prix 2016 de littérature religieuse » sur la-croix.com, 16 mars 2016 (consulté le 30 mars 2017)
  4. a et b « Le prix de littérature religieuse » sur le site du Syndicat des libraires de littérature religieuse (SLLR) (consulté le 30 mars 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]