Marville (Meuse)

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Marville
Marville (Meuse)
Le quartier de l'église Saint-Nicolas.
Blason de Marville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meuse
Arrondissement Verdun
Canton Montmédy
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Montmédy
Maire
Mandat
Jean-Michel Jodin
2014-2020
Code postal 55600
Code commune 55324
Démographie
Gentilé Marvillois
Population
municipale
497 hab. (2016 en diminution de 13,41 % par rapport à 2011)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 27′ 10″ nord, 5° 27′ 24″ est
Altitude Min. 197 m
Max. 313 m
Superficie 19,55 km2
Localisation

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Marville est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est. Elle fait partie de la Lorraine gaumaise.

Ses habitants sont appelés Marvillois.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par les ruisseaux du Crédon, du Moulin qui confluent vers l'Othain qui longe la commune.

Localisation[modifier | modifier le code]

Marville est située sur la N 43, à 13 km au sud-est de Montmédy, à 13 km à l'ouest de Longuyon et 10 km au sud de la frontière belge. Le village est traversé par l'Othain.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Iré-le-Sec Flassigny Villers-le-Rond Rose des vents
Remoiville N Saint-Jean-lès-Longuyon
O    Marville    E
S
Remoiville Delut Rupt-sur-Othain
et Petit-Failly

Géologie[modifier | modifier le code]

Marville repose sur un massif karstique comprenant de nombreuses cavités et un ruisseau souterrain auxquels il est possible d'accéder par de nombreuses dolines (profondes jusqu'à presque plus que 20 mètres), dans le Bois de Marville et le Bois de Rupt-sur-Othain. Le ruisseau souterrain peut être visité par des spéléologues confirmés en rampant d'abord au fond d'une doline à travers un étroit boyau, rempli à moitié de boue liquide. Après une cinquantaine de mètres, il faut descendre en rappel une cascade de quelques mètres puis suivre le ruisseau sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à un siphon. En cas de crue, les eaux resurgissent comme un geyser pouvant atteindre 2 m de hauteur à partir de sources souterraines inondant parfois une partie du village de Delut ; on les appelle les bouillons de Delut[1].

Climat[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Martis-villa (IXe siècle), Martis-villæ (1158), Marvilla (1220), Marville (1267), Marwille (XVe siècle)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La présence humaine est attestée de longue date en Lorraine ; la culture celte y a notamment prospéré au Ve siècle av. J.-C.. Située sur le territoire de l'ancienne Gaule romaine, Marville est à mi-chemin entre les grandes cités de Verdun et d'Arlon en Belgique. Au Moyen Âge, Marville est intégrée au royaume de Lotharingie, au cours du IXe siècle, puis de la Francie orientale.

En , Marville était un comté[2].

Les plus anciennes mentions de Marville remontent à la fin du XIIe siècle ; le comte Thiébaut 1er de Bar y fait édifier une forteresse. Il affranchit partiellement la cité vers 1190 et confère de la sorte de nombreux avantages aux habitants et aux métiers de Marville, notamment dans les domaines économiques et judiciaires.

Par son mariage avec la comtesse Ermesinde de Luxembourg, fille d'Henri l'Aveugle, le comte Thiébaut 1er de Bar fait entrer Marville dans les possessions du Luxembourg. Mort en croisade contre les Albigeois dans le sud de la France, il laisse une veuve qui épousera le marquis d'Arlon et comte de Limbourg.

Maisons Renaissance.

Le 15 octobre 1415, Antoine de Brabant, souverain du Luxembourg et Edouard III, comte de Bar, meurent tous les deux à Azincourt ; Marville perd ses deux seigneurs. À Edouard III succède son frère Jean. Dès 1419, il transmet ses états à son petit-neveu René I d'Anjou marié à Isabelle, héritière de Lorraine. Le décès simultané de ces deux personnalités ne modifie en rien le destin particulier de Marville. Les héritiers d'Ermesinde continueront de se transmettre la cité, provoquant une indivision pour quatre siècles entre le comté de Bar et celui de Luxembourg. Cette période est appelée « Les Terres Communes ». Elle se caractérise par une profitable neutralité pour les habitants de Marville au cours de la tumultueuse époque des guerres féodales. La ville s'enrichira de cette favorable position et connaîtra son apogée à la Renaissance aux XVIe et XVIIe siècles.

En 1441, une lointaine descendante d'Ermesinde, duchesse en titre mais désargentée, vendit le comté du Luxembourg à Philippe III de Bourgogne ; Marville entre dans les Etats Bourguignons. La petite-fille de celui-ci, Marie de Bourgogne, épouse l'héritier des Habsbourg. Leur petit-fils s'appellera Charles Quint. De cette succession, Marville a conservé un patrimoine bâti lié à la présence espagnole en Lorraine. Pendant cette période, Marville faisait en effet partie des Pays-Bas espagnols; il reste quelques maisons de style Renaissance espagnole extrêmement intéressantes par leur état de conservation et leur rareté en Gaume[3].

En 1659, à l'occasion du Traité des Pyrénées réconciliant la France et l'Espagne, Marville est intégrée au royaume de France, rompant ainsi le lien qui l'unissait au Luxembourg. Devenant alors un chef-lieu de prévôté et de bailliage du Luxembourg français.

Une partie de la Franche-Comté, alors espagnole, fut donnée à la France ; l'état souverain du duché de Bar est annexé mais reste gouverné par le duc Charles IV de Lorraine.

Soldats allemands à Marville, carte postale, 1914-1918.

Était rattaché au diocèse de Trèves (archidiaconé de Longuyon et doyenné de Juvigny).

La fortification des défenses de Montmédy, sur ordre de Louis XIV, s'accompagna du démantèlement de celles de Marville, en 1672, dans le but de limiter les pouvoirs de la noblesse locale ainsi que d'éviter d'offrir à tout ennemi potentiel une place forte en état de fonctionnement. La politique centralisatrice de Louis XIV et sa stratégie militaire provoquèrent le déclin de Marville.

La cité garde son nouveau statut de bourgade de province jusqu'au conflit de 1914 ; la ligne de front se stabilise en effet rapidement sur une ligne de 500 km orientée du nord au sud, passant par les hauteurs de Verdun, à quarante kilomètres vers le sud-ouest. Marville est située juste à l'arrière des lignes allemandes et subira des dégâts lors de bombardements. En 1940, le 132e régiment d'infanterie de forteresse s'y est battu.

Le lieu-dit de Choppey était une cense placée sous la souveraineté commune des ducs de Bar et de ceux de Luxembourg de 1270 à 1603.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1971 31 mai 2012 Claude Biwer UDF
puis NC
Conseiller général du canton de Montmédy (1976-2008)
Sénateur (2001-2011)
juillet 2012 mars 2014 Marie-José Mertz    
mars 2014 En cours Jean-Michel Jodin    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[5].

En 2016, la commune comptait 497 habitants[Note 1], en diminution de 13,41 % par rapport à 2011 (Meuse : -2,33 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9961 0631 0661 2151 2631 3281 2881 3111 324
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 3411 3151 2781 1961 0929941 008943957
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
887806709512540541528450633
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
549550494551518532553560510
2016 - - - - - - - -
497--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Outre ses monuments religieux et funéraires remontant au Moyen Âge, Marville possède de rares témoins de la Renaissance espagnole en Gaume, avec ses belles façades, nées de l'implantation de familles nobles, bourgeoises ou commerçantes attirées par l'époque prospère du XVIe siècle. Le village possède surtout l'un des rares cimetières classés - sinon le seul-, en raison de son exceptionnel état de conservation et de la diversité de ses tombes. Le cimetière de Saint-Hilaire est couronné avec la Chapelle Saint-Hilaire.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Hilaire.

Moyen Âge et Temps modernes[modifier | modifier le code]

Intérieur ossuaire.
Ossuaire.
  • Vestiges de l'enceinte (XIIIe - XVIIe)
  • L'église Saint-Nicolas XIIIe siècle, classée monument historique en 1920, qui contient de multiples trésors :
  • la Vierge Couronnée ;
  • les chapelles gothiques ;
  • la chapelle Sainte-Fine ;
  • le tombeau de Salantin de Gavroy ;
  • la magnifique tribune d'orgues de style gothique ;
  • Ossuaire de 40 000 crânes et cimetière classés (XVe siècle).

Temps Modernes[modifier | modifier le code]

La chapelle de l'hospice Saint-Bernard.
  • Maisons et hôtels particuliers de style Renaissance ;
  • Couvent des Bénédictins XVIe siècle ;
  • Couvent des Antonins XVIIe siècle ;
  • Chapelle de l'hospice Saint-Bernard.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Aux alentours immédiats, on peut également citer :

Marville dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Un épisode de la série Maigret avec Bruno Cremer (Le fou de Sainte Clotilde) y a été en partie tourné.
  • Suite française, film historique sorti en 2015 qui prend pour cadre le village de Bussy, est tourné en partie à Marville en juillet 2013.
  • Rendez-vous d'Antoinette Beumer tourné en 2014 dans le Pays de Montmédy.
  • L'inconnue du cimetière Saint-Hilaire de Pierre Kalmar, roman fantastique et symbolique situé à Marville et Bar-le-Duc.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les anciennes armes de Marville étaient « mi-parti à dextre [c.-à-d. au 1] burelé d'argent et de gueules de dix pièces, au lion d'argent langué [c.-à-d. lampassé] d'azur, couronné et armé d'or, à la queue fourchue, brochant sur le tout, qui est de Luxembourg moderne, modifié, comme partie dominante ; et à sénestre [c.-à-d. au 2], d'azur aux deux barreaux d'argent adossés, accompagnés de trois croisettes recroisetées au pied fiché de même, pour les insignes du Barrois »[2].

Blason de Marville (Meuse) Blason Parti : au 1er burelé d'argent et d'azur, au lion de gueules à la queue fourchée et passée en sautoir, armé ; lampassé et couronné d'or, brochant sur le tout, au 2e d'azur à deux bars adossés d'or, cantonnés de quatre croisettes recroisetées au pied fiché d'or.
Détails
Marville fut possédée par les ducs de Luxembourg et les comtes de Bar ; c'est sans doute à cette particularité que font allusion ses armoiries[9].
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gamez, P. (1983). – « Morphologie karstique du bassin de Delut (Meuse) », Bulletin de la Société d'histoire naturelle des Ardennes tome 73, Société d'histoire naturelle des Ardennes, Charleville-Mézières, p. 37-44
  2. a b et c Entrée « Marville », dans Félix Liénard, Dictionnaire topographique du département de la Meuse, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Dictionnaire topographique de la France », , 1re éd., XLIV-297 p., in-4o (28 cm) (OCLC 457433969, notice BnF no FRBNF30818141, lire en ligne), p. 143 [fac-similé (page consultée le 23 juillet 2016)].
  3. Histoire de Marville sur www.festival-marville.fr
  4. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  8. http://www.luxemburgensia.bnl.lu/cgi/luxonline1_2.pl?action=fv&sid=luxbio&vol=07&page=128&zoom=3 La Famille de La Fontaine à Marville
  9. Constant Lapaix, Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois-Évêchés, Nancy, Chez l'auteur

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simone Collin-Roset, Marville, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 185-189, Société française d'archéologie, Paris, 1995
  • Simone Collin-Roset, Marville, église Saint-Nicolas, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 191-195, Société française d'archéologie, Paris, 1995
  • Simone Collin-Roset, Marie-France Jacops, Marville, église Saint-Hilaire, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 197-206, Société française d'archéologie, Paris, 1995
  • Simone Collin-Roset, Jacques Guillaume et Anne Remy-Tosi, Marville : l'apport de l'étude des sous-sols à la connaissance de l'architecture civile, In Situ. Revue des patrimoines, no 2, 2002 ( lire en ligne )
  • Stéphane Bern, Le village préféré des français, 44 trésors incontournables, Paris, Albin Michel, , 256 p. (ISBN 978-2-226-25920-2)
    Ce livre est tiré de l'émission Le village préféré des français, diffusée par France Télévisions, conçue et produite par Morgane Production : Marville, pages 84 à 87
    • I - De la baie de Somme au littoral charentais en passant par la Bretagne,
    • II – Des Flandres au Jura en passant par l'Alsace,
    • III – De l' Île-de-France aux monts d'Auvergne en passant par la Bourgogne,
    • IV – Du littoral atlantique aux Alpes en passant par la Méditerranée.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]