Les Aventures de Huckleberry Finn

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Les Aventures de Huck Finn
l'ami de Tom Sawyer
Image illustrative de l'article Les Aventures de Huckleberry Finn
Première édition américaine, en 1885 (la couverture de l'édition anglaise de 1884 est rouge)

Auteur Mark Twain
Genre roman picaresque
Version originale
Titre original The Adventures of Huckleberry Finn
Éditeur original Chatto et Windus
Langue originale anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale
Version française
Traducteur William Little Hughes
Lieu de parution Paris
Éditeur Hennuyer
Date de parution 1886
Type de média  in-4°

Les Aventures de Huckleberry Finn est un roman picaresque de l'Américain Mark Twain, paru à Londres le sous le titre The Adventures of Huckleberry Finn, puis à New York en février de l'année suivante sous le titre Adventures of Huckleberry Finn.

Le narrateur est un jeune garçon qui fuit la « sivilisation » en compagnie d'un esclave échappé. Il raconte leur errance de près de 1 800 kilomètres sur un radeau descendant le Mississippi. Le regard ingénu que pose l'enfant sur les tares des civilisés rencontrés nourrit la satire virulente d'une société hypocrite, qui inverse les notions de bien et de mal.

Moins connu que Les Aventures de Tom Sawyer, ce roman est souvent regardé comme le chef-d'œuvre de Twain, et comme le livre fondateur de la littérature américaine moderne : c'est par le style profondément novateur de ce roman qu'elle aurait commencé à se détacher de la littérature anglaise, pour exister par elle-même. En 2007, une enquête menée auprès de 125 écrivains anglo-saxons classe Les Aventures de Huckleberry Finn cinquième meilleur livre de tous les temps et de tous les pays.

Résumé[modifier | modifier le code]

À la fin des Aventures de Tom Sawyer, Tom et le jeune vagabond Huckleberry Finn ont découvert douze mille dollars qu'ils se sont partagés. L'argent est maintenant placé à intérêt par le juge Thatcher. Et Huck, dont le père a disparu depuis plus d'un an, est adopté par la veuve Douglas. Celle-ci, aidée de sa sœur miss Watson, entreprend de « siviliser » Huck. Le garçon, qui vivait jusque là dans un tonneau, apprécie peu de se retrouver engoncé dans de beaux habits neufs, écrasé sous des conventions pesantes.

Le bruit des six mille dollars finit par arriver aux oreilles de son père, qui surgit soudain, se fait confirmer dans la garde de son fils, interdit à celui-ci d'aller à l'école, et engage une procédure contre le juge Thatcher pour lui extorquer l'argent (car Huck a pris soin de vendre sa part au juge pour un dollar).

Huck à la chasse, par E. W. Kemble.

Au printemps, l'ivrogne attrape son fils par surprise et l'emmène en amont du fleuve, dans une cabane cachée dans les bois, où il le séquestre. Huck s'avoue qu'il préfère cette vie de chasse et de pêche aux contraintes étouffantes qu'il a connues chez la veuve Douglas. Cependant, le vieux Finn abuse de la trique. Dans une crise de delirium tremens, il tente même de tuer son fils. Profitant d'une absence de l'ivrogne, Huck réussit à sortir de la cabane. « Pour empêcher la veuve et le vieux » de lui courir après[1], il simule son propre assassinat, et descend le fleuve en canoë jusqu'à l'île Jackson.

Au bout de quatre jours, il découvre qu'il n'est pas seul sur l'île. Un esclave en fuite s'y cache : le vieux Jim, qui appartient à miss Watson. Huck promet de ne pas le dénoncer.

Un jour, déguisé en fille, Huck retourne à la ville pour avoir des nouvelles. Il apprend que certains soupçonnent Jim de l'avoir tué, car l'esclave a disparu le jour du « meurtre ». Et des hommes, ayant remarqué de la fumée sur l'île Jackson, comptent explorer celle-ci le soir-même. Huck regagne précipitamment l'île, et les deux amis prennent la fuite à bord d'un radeau.

Huck et Jim à bord de leur radeau.

Dormant bien cachés le jour, naviguant la nuit, ils descendent le Mississippi. Ils y rencontrent des trains de bois, des orages magnifiques, des péniches, des vapeurs, mais aussi une maison qui flotte et qui contient un cadavre, ou un navire en train de couler, sur lequel deux bandits s'apprêtent à exécuter un complice indélicat…

Huck et Jim passent Saint Louis. Leur but est de débarquer à Cairo, à la confluence de l'Ohio, d'y vendre leur radeau, d'embarquer sur un vapeur et de remonter la rivière jusqu'aux États abolitionnistes, où Jim sera libre et gagnera de quoi racheter sa femme et ses deux enfants.

Après qu'ils ont été séparés dans la brume, Huck fait croire à Jim que celui-ci a rêvé leur séparation. Il choisit mal son moment pour le mystifier : Jim a été mortellement inquiet de le croire perdu, puis fou de joie de le retrouver. Il se trouve blessé d'une plaisanterie si décalée. Huck doit faire taire les préjugés racistes qu'on lui a inculqués pour se résoudre à aller demander pardon à son meilleur ami[2].

Mais la conscience de Huck commence à le tourmenter. Elle lui dit que c'est mal de n'avoir pas dénoncé un esclave en fuite. Le garçon se promet de faire le bien : à la première rencontre, il dénoncera Jim. Seulement, lorsque l'occasion se présente, il se trouve incapable de tenir sa résolution. Au contraire, il ment tant et plus pour protéger son ami.

En raison du brouillard, les deux fugitifs passent Cairo sans la voir. Pour comble de malheur, on leur vole leur canoë, ce qui leur interdit de revenir en arrière. Ils continuent donc à descendre le fleuve.

En pleine nuit, le radeau est heurté par un vapeur, et ses deux occupants sont projetés à l'eau. Jim a disparu. Huck est recueilli par une famille qui, après une réception plus que méfiante, se révèle très chaleureuse. Huck se sent bien dans cette maison coquette, où l'on mange bien et où tout le monde est gentil. Malgré tout, la sauvagerie s'y tapit : cette famille éminemment civilisée est impliquée depuis trente ans dans une sanglante vendetta dont on a oublié l'origine, et qui va connaître son épilogue. Tous les mâles de la famille sont tués. Huck réchappe au massacre et rejoint Jim, qui a retrouvé le radeau, et l'a réparé. Les deux amis reprennent leur descente du grand fleuve. Ils recueillent deux escrocs, dont l'un prétend être le duc de Bridgewater et l'autre Louis XVII.

Les escales permettent aux deux aigrefins de donner la mesure de leur talent, faisant par exemple payer des représentations théâtrales sans contenu, avant de prendre la fuite sur le radeau. À toutes fins utiles, ils impriment une affiche offrant 200 dollars de récompense pour la capture de Jim, dont Huck prétend pourtant qu'il lui appartient.

Dans une petite ville, le roi et le duc se font passer pour les frères d'un tanneur décédé la veille. Il laisse un bel héritage, dont 6 000 dollars en or à partager entre ses deux frères et ses trois filles. Celles-ci confient leur part aux deux escrocs, pour placement. Mais Huck est touché de la délicatesse des orphelines à son égard. Il s'empare des 6 000 dollars et les cache dans le cercueil. Deux jours après les obsèques, on voit débarquer deux hommes qui se présentent à leur tour comme les frères du défunt. Un tatouage sur la poitrine de celui-ci devrait permettre de confondre les imposteurs. La population se dirige donc vers le cimetière pour déterrer le cadavre, en entraînant fermement les escrocs et Huck à des fins de lynchage. Mais la découverte des pièces d'or provoque une telle confusion que tous trois réussissent à s'enfuir et à rejoindre le radeau.

La navigation reprend son cours vers le sud. Le roi et le duc continuent leurs mauvais tours dans les villages de rencontre. À Pikesville, le roi vend Jim, en produisant l'affiche le disant évadé d'une imaginaire plantation de La Nouvelle-Orléans. Huck apprend que le malheureux est emprisonné chez un certain Silas Phelps, en attendant que son propriétaire se manifeste.

Huck est à nouveau torturé par sa conscience. Elle lui reproche à nouveau d'avoir aidé un esclave à se libérer : « Je me suis dit que le Bon Dieu savait bien que je volais le Nègre d'une pauvre vieille qui ne m'avait jamais fait de mal, et qu'Il ne permettrait pas que je continue à agir de cette façon. Je me sentis le plus perdu des pécheurs… » L'enfant comprend que son silence le mène « droit en enfer »[3]. Il écrit donc une lettre à miss Watson pour l'informer du lieu où se trouve son esclave : « Pour la première fois de ma vie, je me sentais la conscience tranquille[3]. » Mais bientôt lui revient en mémoire la vie sur le radeau avec Jim, faite de bavardages, de chants, de rires : Jim continuant à veiller pour que lui puisse dormir ; Jim se mettant toujours en quatre pour lui ; Jim tout heureux de le retrouver après l'avoir cru perdu ; Jim disant que Huck est son meilleur ami au monde, son seul ami ; Jim exprimant sa reconnaissance quand Huck le sauve des chasseurs de prime… Alors Huck déchire sa lettre, en proclamant : « Tant pis ! J'irai en enfer[4] ! » Il se dit qu'après tout, le péché, c'est dans sa ligne, et qu'il va s'y tenir. Il arrachera Jim à l'esclavage[4].

Il se présente sans plan précis chez Silas Phelps qui, par extraordinaire, se trouve être l'oncle de Tom Sawyer, justement attendu ce jour-là. Huck est pris pour Tom et, lorsque Tom arrive enfin, il ne lui reste plus qu'à se faire passer pour son frère Sid.

Tom accepte d'aider son ami à délivrer l'esclave, ce qui étonne grandement Huck, car Tom est bien éduqué.

Mais Tom transforme cette entreprise qui s'annonçait facile en un jeu consistant à semer sous leurs propres pieds les plus invraisemblables embûches et les plus réels dangers. Il complique si bien les choses qu'en cours d'évasion ils se retrouvent tous trois pourchassés par seize hommes armés qui les canardent de bon cœur. Ils arrivent à les semer. Ils gagnent le radeau. Ils vont prendre le courant, lorsqu'ils découvrent que Tom a une balle dans le mollet. Jim refuse tout net de continuer à fuir. Il reste pour soigner Tom, en compagnie d'un médecin que Huck a fait venir. Le médecin l'ayant dénoncé, Jim est repris au chevet de Tom. Il est injurié, molesté, jeté dans sa prison lourdement enchaîné.

Lorsque Tom reprend ses esprits, il avoue qu'il n'a fait évader l'esclave que par jeu : il savait que Jim était libre depuis deux mois. Sa propriétaire, miss Watson, l'avait affranchi dans son testament, juste avant de mourir.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Huckleberry Finn, dit Huck, treize ou quatorze ans[5], vagabond, orphelin de mère, déjà présent dans Les Aventures de Tom Sawyer. Il apparaît beaucoup plus sympathique que Tom Sawyer, n'étant ni égoïste ni vaniteux ni domestiqué comme celui-ci.
  • Tom Sawyer, orphelin, camarade de Huck. « Capitaine » d'une bande de chenapans. Ses lectures inspirent leur jeux. Car, à l'instar de don Quichotte, dont il se réclame, il enjolive considérablement la réalité. Délivrer Jim serait une entreprise toute simple si Tom ne se mêlait d'y ajouter toutes sortes de difficultés (comme creuser un tunnel plutôt que déclouer une planche, et le creuser au couteau plutôt qu'à la pelle et à la pioche…) Le pauvre prisonnier voit le projet d'évasion se transformer en cauchemar. Il doit avoir une plante, baptisée Pitchiola, et l'arroser avec ses larmes (un oignon lui est fourni). Il doit manger de la sciure pour la dissimuler. Sa geôle doit impérativement être peuplée d'araignées, de punaises, de scarabées, de chenilles, de quinze rats, de serpents (il échappe de justesse au nid de guêpes) auxquels il doit jouer de la guimbarde et avec lesquels il doit partager sa couche. Il doit tenir un journal écrit avec son sang sur la deuxième chemise d'oncle Silas, à chaque fois que les rats le mordent. Il doit dormir sur une meule cachée dans son matelas, et graver sur cette meule ses armoiries, sa devise et la mention « Ici, sans foyer, sans amis, après trente-sept ans d'amère captivité, a péri un noble étranger, fils naturel de Louis XIV[6]. »
  • Polly, tante de Tom Sawyer.
  • La veuve Douglas, « à cheval sur les principes[7] ».
  • Le vieux Finn, père de Huck, presque cinquante ans. Homme des bois inculte, alcoolique, violent, cupide, procédurier. Quand la boisson le travaille, il se lance dans des diatribes grandioses : tout est la faute du gouvernement et des Noirs.
  • Le juge Thatcher gère l'argent de Huck et de Tom jusqu'à leur majorité.
  • Miss Watson, vieille fille sèche à bésicles, sœur de la veuve Douglas. Elle apprend à Huck à lire, à compter jusqu'à six fois sept, trente-cinq, et tente de lui inculquer les vertus chrétiennes.
  • Jim, esclave de miss Watson. Sa femme et ses deux enfants, Lizabeth et Johnny, sont aux mains d'autres propriétaires. Connaissant tous les signes, il a une grande réputation auprès des autres esclaves. Le succès lui monte quelque peu la tête : il travaille moins. Discret, mais sensible, généreux, attentionné.
  • Joe Harper, Ben Rogers, Tommy Barnes : membres de la bande de Tom Sawyer.
  • Judith Loftus, fine mouche établie depuis peu à Saint Petersburg.
  • Jim Turner, Bill, Jake Packard : bandits.
  • Colonel Saül Grangerford, environ soixante ans. Propriétaire de plusieurs fermes, il possède plus de cent esclaves. « Des yeux très noirs, enfoncés si profond qu'on aurait dit qu'il vous regardait du fond d'une caverne[8]. » Rien de frivole dans son aspect. Très bienveillant ; mais, quand « les éclairs partaient de dessous ses sourcils, on avait envie de grimper en haut d'un arbre d'abord, avant de demander ce qu'il y avait[8] ».
  • Bob et Tom Grangerford, la trentaine, fils du colonel.
  • Rachel Grangerford, épouse du colonel.
  • Buck Grangerford, treize ou quatorze ans, le plus jeune fils du colonel.
  • Charlotte Grangerford, vingt-cinq ans, fille du colonel, belle, « grande, fière et majestueuse, très bonne, quand il n'y avait rien pour la mettre en colère[9] ».
  • Sophia Grangerford, vingt ans, fille du colonel, « aimable et douce, comme une tourterelle[9] » (sa conduite va provoquer l'anéantissement de sa famille).
  • Emmeline Grangerford, fille du colonel morte à quinze ans. Elle collectionnait les annonces de décès et d'accident, ainsi que les articles évoquant des cas de constance dans le malheur. Artiste romantique, elle a laissé dans la maison des tableaux morbides et des poèmes macabres. Elle est morte de n'avoir pu trouver une rime pour le nom d'un défunt. « Étant donné ses dispositions, songe Huck, elle est mieux au cimetière qu'ici[10]. »
  • Jack, esclave attribué à Huck chez les Grangerford.
  • Harney Shepherdson, jeune homme du clan ennemi des Grangerford.
  • « Le duc », environ trente ans, chevalier d'industrie se présentant comme le duc de Bridgewater. On doit l'appeler « Votre Grâce », « Monseigneur » ou « Votre Seigneurie ». Typographe et conférencier, il est également pharmacien (il vend un produit qui enlève le tartre dentaire, et l'émail avec). Il est aussi acteur (sous le nom de Garrick le Jeune, de Londres). Il s'occupe d'hypnotisme et de phrénologie (sous le nom de docteur Armand de Montalban, de Paris). Il enseigne le chant et la géographie. Il a une baguette magique permettant de dissiper les maléfices, ou de découvrir des sources et des mines d'or…
  • « Le roi », soixante-dix ans ou plus, chevalier d'industrie prétendant être Louis XVII. On doit l'appeler « Votre Majesté ». Son complice le nomme plus simplement « Capet ». Médecin, il pratique l'imposition des mains, notamment pour le cancer et la paralysie. Il dit la bonne aventure et mène des campagnes de tempérance. Il est en outre prédicateur, missionnaire et organisateur de camps religieux.
  • Hank, Bill, Jack, Ben, Lafe Buckner : jeunes oisifs pouilleux de Bricksville. La cruauté gratuite sur les animaux est leur passe-temps préféré.
  • Le vieux Boggs, campagnard ivrogne. Depuis vingt ans, quand il est saoul, il menace chacun de lui régler son compte. Il n'a jamais fait de mal à personne.
  • Colonel Sherburn, environ cinquante-cinq ans, commerçant, l'homme le mieux habillé de Bricksville. Beaucoup de sang-froid.
  • Mary Jane Wilks, dix-neuf ans, rousse, fille de Peter, tanneur aisé qui vient de mourir. Mary Jane se montre très hospitalière à l'égard de Huck, prenant sa défense avec beaucoup de tact. Elle est loin de le laisser insensible : « Vous direz ce que vous voudrez, mais cette fille, à mon avis elle était tout sentiment. Et pour la beauté — et la bonté aussi —, les autres pouvaient toujours s'aligner ! Je ne l'ai jamais revue, mais j'ai pensé à elle des millions et des millions de fois[11]. » Elle déplore que les esclaves de son père soient séparés à tout jamais — la mère vendue dans le sud, les enfants vendus dans le nord —, mais elle n'intervient pas en leur faveur.
  • Susan Wilks, quinze ans, sœur de Mary Jane.
  • Joanna Wilks, dite « Bec-de-lièvre », quatorze ans, sœur de Mary Jane. Suspicieuse, elle ne s'en laisse pas conter, tournant et retournant sur le grill les mensonges de Huck.
  • Docteur Robinson, médecin, ami de feu Peter Wilks. Une mâchoire carrée.
  • Le croque-mort. Souple, glissant, doucereux, « moins souriant qu'une porte de prison[12] ». Se déplace à pas feutrés, comme un chat. Se fait comprendre par gestes, petits signes et hochements de tête. S'il consent à s'exprimer, c'est « dans une sorte de souffle rauque[13] ». Très populaire dans toute la ville.
  • Himes, énorme gaillard.
  • Silas Phelps, planteur de coton et scieur, oncle de Tom Sawyer. Également prêcheur, il a bâti une petite chapelle au bout de sa plantation. Également maître de l'école du dimanche. Brave homme, bon et naïf, « rudement gentil », selon Huck[14]. C'est lui qui a emprisonné Jim, en attendant que son maître vienne le chercher.
  • Tante Sally, épouse de Silas Phelps. Elle est soulagée d'apprendre qu'il n'y a pas eu de « gens » blessés, seulement un Noir de tué[15].
  • Nat, esclave chargé de nourrir Jim. Très superstitieux, il croit être sujet à des hallucinations. Les mensonges de Tom veillent à le conforter dans cette erreur.
  • Mrs Hotchkiss, Mrs Damrel, Mrs Utterbach, Penrod, Mrs Dunlap, Hightower, Marples, Mrs Ridgeway : voisins des Phelps. La vieille Mrs Hotchkiss veut mettre tous les esclaves de la plantation à la torture.

Époque et lieux du roman[modifier | modifier le code]

Parti du nord de « Saint Petersburg » (Hannibal), Huck ne trouve pas Cairo à la confluence de l'Ohio, et va continuer à descendre le Mississippi.

L'action se situe dans les années 1840[16], c'est-à-dire une vingtaine d'années avant la guerre de Sécession, une quarantaine d'années avant la parution du livre[17].

Huck vit dans le Missouri (État parfois considéré comme faisant partie du Sud), dans la ville imaginaire de « Saint Petersburg », inspirée de Hannibal, village où Mark Twain a passé son enfance. Hannibal se trouve au nord-est de l'État, à quelque 150 kilomètres en amont de Saint Louis, sur les bords du Mississippi, qui sépare le Missouri de l'Illinois. « L'île Jackson », non loin de Saint Petersburg, correspond à Glasscock Island, aujourd'hui disparue.

Le point de départ de Huck se trouve à cinq kilomètres en amont de Saint Petersburg. Les noms des localités où le radeau fait escale en aval de Cairo (« Pokeville », « Bricksville ») semblent fictifs. Le point d'arrivée du périple est à trois kilomètres en aval de « Pikesville », village sans doute imaginaire se trouvant par le fleuve à 1 100 miles (1 769 kilomètres) de Saint Petersburg[18] — ce qui permet de le situer dans le sud de la Louisiane, entre Baton Rouge et La Nouvelle-Orléans[19].

Genèse[modifier | modifier le code]

Mark Twain porte son projet huit années durant. Dès la parution des Aventures de Tom Sawyer en 1876, il envisage un nouveau roman dont le héros sera un jeune garçon. Il le commence peu après, s'en désintéresse, y revient, s'en désintéresse à nouveau. En 1883, il y vient une troisième fois[20] et l'achève l'année suivante.

Parution[modifier | modifier le code]

Le livre paraît d'abord à Londres chez Chatto et Windus, le , sous une couverture rouge et sous le titre The Adventures of Huckleberry Finn (Tom Sawyer's Comrade). Il paraît à New York chez Charles L. Webster, le , sous une couverture verte et sous le titre Adventures of Huckleberry Finn (Tom Sawyer's Comrade)[21]. Les deux éditions sont illustrées par E. W. Kemble.

Analyse[modifier | modifier le code]

Référence aux Aventures de Tom Sawyer[modifier | modifier le code]

On retrouve des personnages des Aventures de Tom Sawyer au début et à la fin de Huckleberry Finn, qui se présente comme une suite (le trésor découvert à la fin de Tom Sawyer suscite, au début de Huckleberry Finn, la convoitise du vieux Finn). Cependant, Tom Sawyer reste un roman du vert paradis de l'enfance, domaine préservé où l'on joue aux voleurs, aux pirates, aux chercheurs de trésor, où l'on vit dans le rêve[22]. Le propos de Huckleberry Finn est autrement sombre. Son héros se frotte à la vraie vie, aux adultes civilisés tels qu'en eux-mêmes[22]. C'est une inquiétante plongée dans les profondeurs de la nature humaine.

Tom, lorsqu'il reprend pied dans la réalité, s'en accommode fort bien. À l'inverse, le regard candide de Huck dénonce tout ce qu'on tente de lui imposer : « Il remet en cause la religion, les normes sociales et comportementales, et débusque les hypocrisies de ceux qui prétendent l’éduquer[22]. »

On note d'ailleurs que Huckleberry Finn change de registre lorsque Tom entre en scène, en début et en fin de récit : cela sonne comme une récré, le ton se fait plus futile et léger.

Langue[modifier | modifier le code]

Une autre différence notable avec Les Aventures de Tom Sawyer est le choix du récit à la première personne. Il en découle une structure bien plus solide, mais aussi un style imitant le langage parlé[23]. La langue varie d'ailleurs selon les personnages, Twain avertissant qu'il emploie dans le livre plusieurs dialectes : celui des Noirs du Missouri[24], la forme la plus extrême de celui des plus sauvages recoins du Sud-Ouest, la forme la plus courante de celui dit « comté de Pike », et quatre variantes de ce dernier[25].

André Bay souligne que Twain opère là « une véritable révolution dans la littérature américaine[26] ». Les commentateurs américains en effet regardent Twain comme le créateur d'un style. Il sait tirer des dialectes de la vallée du Mississippi une forme littéraire qui va progressivement s'imposer face à l'anglais, pour devenir la prose américaine[27]. Grâce à Twain, la littérature américaine cesse de n'être qu'un rameau de la littérature anglaise, elle existe enfin par elle-même[26].

Genre[modifier | modifier le code]

Le roman de Twain présente bien des caractères le rapprochant du genre picaresque[22],[28]

  • Le récit de Huck se dit autobiographique.
  • Le narrateur est au plus bas de l'échelle sociale. Vagabond dont le père est une épave, Huck n'hésite pas à mentir, à chaparder, il est débrouillard, s'adapte à toutes les situations[29]. Il rejette les valeurs sociales.
  • Huck semble condamné à rester un errant. Il tente bien à diverses reprises de s'intégrer dans la société, mais, soit volonté de sa part, soit force des circonstances, l'expérience tourne court[30] Une veuve bienveillante l'adopte : Huck ne supporte pas cette vie étriquée. Un juge le rend à son père indigne qui, dans son délire, manque de le tuer : Huck préfère fuir. Une famille l'accueille avec affection : elle est exterminée.
  • C'est un roman réaliste[22], de type régionaliste, bénéficiant de la connaissance intime que Twain a de son Sud natal[31]. La réalité est décrite sans complaisance. Si le propos est souvent drôle, le sordide et la violence sont bien présents.
  • C'est un roman satirique (on établit parfois le parallèle avec Les Voyages de Gulliver[32],[33]). La structure itinérante du récit permet la rencontre de personnages représentantifs d'une catégorie sociale : deux bourgeoises rigides, un homme des bois, un esclave, des bandits, un riche propriétaire, etc. Le regard innocent de l'enfant jette une lumière crue sur les aberrations des hommes, sur leurs préjugés, leur cruauté, leur lâcheté, leur sottise, sur leur conduite absurde[33].
  • Moraliste indigné (il a lu Voltaire)[34], Twain signe là un roman pessimiste. Son héros assiste au « triomphe de l'hypocrisie et du mensonge, parés des oripeaux de la vertu[35] ». Il va jusqu'à dire : « Il y avait vraiment de quoi avoir honte de l'espèce humaine[36]. »

Thèmes[modifier | modifier le code]

Le bien et le mal[modifier | modifier le code]

« Controversé, humoristique et complexe », le livre raconte l'histoire d'un enfant qui fuit la civilisation[28]. Au fil de ses rencontres, il observe que le mal et le bien peuvent cohabiter étrangement dans la même personne civilisée[29]. Plus précisément on dirait que, comme dans le mythe du bon sauvage, le bien relève de l'instinct de l'homme, et que la civilisation se charge d'introduire le mal[28] : les deux personnages les moins éduqués, un vagabond et un esclave, sont les bons du livre ; tandis que le commerçant le plus distingué d'une ville s'en révèle le plus stupide criminel[29].

Le thème central du livre est donc le conflit qui s'opère dans Huck entre les préjugés nauséeux que lui ont inculqués les gens convenables (« le bien ») et la belle attitude que lui dicte un instinct très sûr (« le mal »)[28],[37].

Car la morale des civilisés offre en fait une conception totalement inversée du bien et du mal. Ainsi, l'esclavage, sur quoi repose la société sudiste[38], est représenté comme le bien. Et la religion est appelée à la rescousse de cette inversion des valeurs. Dans le Sud, dit Twain, les gens emplis de sagesse, comme ceux emplis de bonté, comme ceux emplis de sainteté sont à cette époque « unanimement convaincus que l'esclavage est équitable, juste, sacré, la faveur insigne de Dieu, et une situation dont on doit se montrer chaque jour et chaque nuit reconnaissant[39] ».

Si le livre brosse un tableau réaliste de la société sudiste avant la guerre de Sécession, s'il dénonce en particulier l'esclavage et le racisme, il contient surtout une réflexion de portée universelle sur la façon dont l'homme civilisé corrompt les notions de bien et de mal[28] — et trompe son monde en se montrant par ailleurs « rudement gentil[40] ».

La quête du père[modifier | modifier le code]

Huck cherche manifestement un humain présentable, qu'il pourrait admirer et se donner pour modèle[41]. Il ignore la mort de son père dégénéré. Ce qu'il comprend peu à peu, en revanche, c'est qu'il a trouvé en la noble personne de Jim un père digne de ce nom[42].

Humour[modifier | modifier le code]

En définissant dans Comment raconter une histoire l'humour américain, Twain définit bien celui qu'il pratique dans Huckleberry Finn : « Aligner des incongruités et des absurdités, sans avoir l’air de s’en douter et sans paraître les croire telles. » Malgré la réalité effroyable qu'il dépeint, le livre n'est ni larmoyant ni glauque. L'humour réussit le tour de force d'alléger le propos en gardant à l'attaque toute sa vigueur.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Les Aventures de Huckleberry Finn suscite des controverses dès sa parution aux États-Unis[43]. Si des voix enthousiastes n'hésitent pas à comparer le livre à ceux de Cervantès ou de Molière[32], certains critiques reprochent le manque de crédibilité du héros, son irrespect envers la religion, son déni de l'autorité des adultes. D'autres dénoncent comme vulgaire et grammaticalement incorrect le langage populaire de Huck. D'autres enfin déclarent ses aventures immorales, sacrilèges — inappropriées au lectorat enfantin. « Ramassis d'inepties destinées aux bas quartiers », Huckleberry Finn est retiré de plusieurs bibliothèques[16].

Après la mort de l'auteur, on juge plus sereinement, avec notamment les études de Van Wyck Brooks, de Stephen Leacock et de Sherwood Anderson[32]. Pour T. S. Eliot et Léon Lemonnier, le livre est le chef-d'œuvre de Twain[44]. L'avis d'Hemingway reste célèbre[43] : « Toute la littérature américaine moderne, dit-il, vient d'un livre de Mark Twain intitulé Huckleberry Finn. Si vous le lisez, vous devez stopper quand le Nègre Jim est volé aux garçons[45]. C'est la vraie fin. Le reste n'est que duperie. Mais c'est le meilleur livre que nous avons eu. Tous les écrits américains viennent de celui-là. Il n'y avait rien avant. Il n'y a rien eu d'aussi bon depuis[46]. »

Pour autant, Huckleberry Finn n'en a pas fini avec les controverses. Vers 1950, les esprits s'échauffent à propos des derniers chapitres (en quelque sorte pris en main par Tom Sawyer, qui s'ingénie à piétiner le réalisme, le sérieux du récit). La querelle oppose Leo Marx[47], qui attaque ces derniers chapitres, à T. S. Eliot et à Lionel Trilling, qui les défendent[43]. Dans les années 1970 et 1980, le livre, considéré par beaucoup comme une charge implacable du racisme, est perçu par d'autres, en raison notamment de l'emploi répété du mot nigger (« nègre »), comme raciste lui-même[16].

Une enquête menée en 2007 auprès de 125 écrivains anglo-saxons, leur demandant de désigner dans le patrimoine littéraire mondial leur livre préféré, place Huckleberry Finn en cinquième position après Anna Karénine, Madame Bovary, Guerre et Paix et Lolita[48].

Traductions[modifier | modifier le code]

Adaptations pour la jeunesse[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Les Aventures de Huck Finn : l'ami de Tom Sawyer, trad. William Little Hughes, Paris, Hennuyer, 1886 (première édition française).
  • Les Aventures de Huckleberry Finn, trad. Jean La Gravière, coll. « Spirale », Paris, G.P., 1979.
  • Huckleberry Finn, trad.-adapt. Hélène Costes, coll. « Lecture et loisir », Dargaud, 1980.
  • Les Aventures de Huck Finn, trad. Yolande et René Surleau, coll. « Bibliothèque verte », Hachette, 1980.
  • Les Aventures d'Huckleberry Finn, trad. Suzanne Nétillard, coll. « Folio junior », Gallimard, 1982.

Texte intégral[modifier | modifier le code]

  • Les Aventures de Huckleberry Finn, trad. André Bay, coll. « GF-Flammarion », Flammarion, 1994.
  • Aventures de Huckleberry Finn : le camarade de Tom Sawyer, trad. Bernard Hoepffner, Auch, Tristram, 2008.
  • Les Aventures de Huckleberry Finn : le camarade de Tom Sawyer, trad. Freddy Michalski, coll. « Fictions et fantaisies », Paris, L'Œil d'or, 2009.

Adaptations visuelles[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Affiche du film de William Desmond Taylor.

Télévision[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Aventures d'Huckleberry Finn, l'ami de Tom Sawyer, in Mark Twain, Œuvres, coll. « Bouquins », Laffont, 1990, p. 209.
  2. « Il m'a bien fallu un quart d'heure pour me décider à aller m'humilier devant un Noir, mais j'ai fini par le faire, et je ne l'ai jamais regretté. Je ne lui ai plus jamais joué de mauvais tour, à Jim, et je ne lui aurais pas joué celui-là si j'avais pu prévoir que cela lui ferait tant de peine. » Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 247. Selon Brandon Burnett, « un important changement » s'opère ici en Huck. Pour de nombreux commentateurs, « l'incident marque un tournant dans le livre ». C'est à ce moment que l'instinct de Huck entre en conflit avec sa « conscience ». Huck peu à peu cesse de considérer Jim comme un esclave. Il s'aperçoit que Jim est dans son propre cœur une personne à part entière. L'auteur lui-même semble découvrir qu'il est en train d'écrire bien plus qu'un roman picaresque. (en) Brandon Burnett, « Huckleberry Finn as a Picaresque American Satire », sur ayjw.org, 17 avril 2006.
  3. a et b Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 334.
  4. a et b Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 335.
  5. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 256.
  6. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit. p. 364.
  7. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 185.
  8. a et b Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 261.
  9. a et b Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 262.
  10. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 259.
  11. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 320.
  12. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 312.
  13. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 313.
  14. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 343 et 361.
  15. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 339.
  16. a, b et c (en) « Mark Twain's Adventures of Huckleberry Finn », sur pbs.org.
  17. « Quarante à cinquante ans avant », dit Twain en tête du livre. Lui-même avait l'âge de Huck (13 ou 14 ans) en 1848 ou 1849. Il vivait alors à Hannibal.
  18. (en) Mark Twain, Adventures of Huckleberry Finn, sur gutenberg.org, chap. XLII.
  19. Il y a, par le fleuve, 1 043 miles entre Hannibal (deux miles en aval de Marion City) et Baton Rouge, soit 1 678 kilomètres. (en) « Mississippi River Canoe Trip Mileage », sur bucktrack.com.
  20. Pierre Brodin, « Introduction », in Mark Twain, Œuvres, éd. cit., p. xix et xx.
  21. (en) « The Covers », sur etext.lib.virginia.edu, 1995.
  22. a, b, c, d et e Mathieu Meyrignac, « Aventures d’Huckleberry Finn », sur centrenationaldulivre.fr.
  23. « Je savais que ce livre de Mark Twain était considéré comme le premier roman américain moderne, en raison de sa structure on the road, et de son langage direct, parlé. » Mattotti, « Postface », in Antonio Tettamanti, Mattotti, Les Aventures de Huckleberry Finn, d'après Mark Twain, coll. « Fétiche », Gallimard, 2011.
  24. Voir Judith Lavoie, « Problèmes de traduction du vernaculaire noir américain : le cas de The Adventures of Huckleberry Finn », sur erudit.org, 1994.
  25. (en) Mark Twain, « Explanatory », sur planetpdf.com, The Adventures of Huckleberry Finn.
  26. a et b André Bay, « Note sur la traduction », Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 178.
  27. Pierre Brodin, op. cit., p. xxxiii.
  28. a, b, c, d et e (en) Brandon Burnett, « Huckleberry Finn as a Picaresque American Satire », sur ayjw.org, article cité.
  29. a, b et c (en) « Picaresque », sur bookrags.com, 2009.
  30. (en) Hamlin Hill, 1985, cité par Esther Lombardi, « What Have Writers Said About Huckleberry Finn? », sur classiclit.about.com.
  31. Pierre Brodin, op. cit., p. xx.
  32. a, b et c Laffont, Bompiani, Le Nouveau Dictionnaire des œuvres de tous les temps et de tous les pays, coll. « Bouquins », Bompiani, Laffont, t. I, p. 548.
  33. a et b (en) « Gulliver and Huckleberry », sur bikwil.com, 2009.
  34. Pierre Brodin, op. cit., p. xxvi et xxxii.
  35. Michel Boeglin, « Les caractéristiques du genre picaresque », sur univ-montp3.fr.
  36. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 300.
  37. Mark Twain, dans ses notes de lecture, estime qu'« Un cœur qui bat est un guide plus sûr qu'une conscience mal formée. » (en) Victor A. Doyno, Writing Huck Finn: Mark Twain's Creative Process, Philadelphie, université de Pennsylvanie, 1991.
  38. Bernard Hoepffner. Recueilli par Nathalie Crom, « Mark Twain enfin en français », sur telerama.fr, Télérama, no 3062, 20 septembre 2008.
  39. (en) Mark Twain, cité par Brandon Burnett, « Huckleberry Finn as a Picaresque American Satire », sur ayjw.org, article cité.
  40. Les Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 361.
  41. (en) Hamlin Hill, 1985, Eric Solomon, 1985, cités par Esther Lombardi, « What Have Writers Said About Huckleberry Finn? », sur classiclit.about.com, article cité.
  42. (en) « Huck Finns real father », sur megaessays.com, 2012.
  43. a, b et c Jean Rouberol, « Présentation », in (en) Jean Rouberol, Nicole Moulinoux, Lectures de Huckleberry Finn, Presses universitaires de Rennes, Fondation William Faulkner, 1997, p. 9.
  44. André Bay, préface des Aventures d'Huckleberry Finn, éd. cit., p. 179. Le livre est également donné pour le chef-d'œuvre de Twain dans Laffont, Bompiani, op. cit., p. 548.
  45. « Volé aux garçons » : erreur d'Hemingway. Le roi « vole » Jim à Huck, et à lui seul (Huck se prétend propriétaire de Jim, pour ne pas révéler que celui-ci est en fuite). Tom n'est pas encore entré en scène. Ce dont Hemingway parle ensuite avec mépris (« le reste ») est toute la partie finale, la délirante « séquence de l'évasion », marquée du sceau de Tom Sawyer. Cette fin suscitera une controverse aux alentours de 1950.
  46. (en) Ernest Hemingway, The Green Hills of Africa (Les Vertes Collines d'Afrique), 1935, ch. I, cité par Esther Lombardi, « What Have Writers Said About Huckleberry Finn? », sur classiclit.about.com, article cité.
  47. (en) « Huck Finn Criticism », sur megaessays.com, 2012.
  48. Nathalie Crom, « Les 10 livres préférés de 100 écrivains francophones », sur telerama.fr, Télérama, n° 3087, 13 mars 2009. (en) « The 10 greatest books of all time », sur time.com, Time, 15 janvier 2007.
  49. (en) Bosley Crowther, « The Adventures of Huckleberry Finn », sur movies.nytimes.com, 4 août 1960.
  50. (en) « Sovsem propashchiy », sur imdb.com, 2012.
  51. voir la fiche sur allocine.fr
  52. « Priklyucheniya Toma Soyera i Geklberri Finna », sur imdb.fr, 2012.
  53. (en) « The Adventures of Huckleberry Finn », sur imdb.com, 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]