Les Aventures de Tom Sawyer

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Les Aventures de Tom Sawyer
Image illustrative de l'article Les Aventures de Tom Sawyer
Frontispice et page de titre. 1876.

Auteur Mark Twain
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman
Éditeur Chatto and Windus, puis American Publishing Company
Date de parution 1876
Illustrateur True Williams
Série Tom Sawyer
Chronologie

Les Aventures de Tom Sawyer (titre original : The Adventures of Tom Sawyer) est le premier roman que Mark Twain écrit seul, après L'Àge doré, conte d'aujourd'hui (The Gilded Age, A Tale of To-Day) composé en collaboration avec Charles Dudley Warner. Il est publié en 1876, d'abord en Angleterre en juin, puis aux États-Unis en décembre.

Mark Twain y raconte les aventures d'un garçon du sud des États-Unis, Tom Sawyer, vers 1834, avant la guerre civile, dans la ville fictive de Saint-Petersbourg (Missouri), sur la rive droite du Mississippi. Pour une grande part autobiographique, lieux, personnages et aventures s'inspirent de la vie de l'auteur, de sa famille et de ses camarades d'enfance. L'histoire concerne donc un passé révolu, mais recréé par la fiction autour du jeune protagoniste dont la personnalité domine le roman.

Épopée de l'enfance, ou « hymne en prose », comme l'écrit Twain lui-même, l'unité du livre tient beaucoup à la gouaille de Tom : alors que le récit se déroule selon une ligne strictement chronologique tendant à l'éparpillement, la virtuosité verbale du jeune garçon vient à bout de toutes les difficultés et fédère une population naturellement peu encline à se rassembler. Le narrateur témoigne d'une grande indulgence envers son héros et utilise ses pitreries, ses escapades et ses prouesses pour mettre en évidence les travers comme les qualités des gens qui l'entourent. En revanche, sa satire se fait sans concession pour dénoncer la morale publique, le pouvoir judiciaire, l'éducation, la religion, la médecine ou l'économie.

Les Aventures de Tom Sawyer est le plus célèbre des romans de Twain, et aussi son plus grand succès de librairie, de son vivant et jusqu'à aujourd'hui. Considéré comme un classique de la littérature de jeunesse, il serait plus exact, selon la déclaration de l'auteur, de le qualifier de « roman pour enfants pour adultes ». D'autre part, d'emblée catalogué comme un livre humoristique, genre alors jugé mineur, ses innovations littéraires sont longtemps négligées et c'est seulement plusieurs décennies après la mort de l'auteur qu'il est reconnu comme l'une des principales œuvres fondatrices de la littérature américaine.

Sommaire

Genèse[modifier | modifier le code]

Fleuve avec vapeur à aubes.
Le Mississippi, source d'inspiration de Twain.

Date[modifier | modifier le code]

Deux figures en bronze sur piédestal, vues de dos, face à la ville.
Statue de Tom et Huck face à la rue principale d' Hannibal.

Alors qu'il est journaliste, Twain écrit à propos d'événements et de sujets qu'il va reprendre dans Tom Sawyer[TP 1], par exemple, l'école du dimanche (Sunday School)[N 1] et les amourettes de l'enfance[TP 2]. Vers 1868, il achève une nouvelle intitulée à titre posthume Boy's Manuscript (Manuscrit d'un jeune garçon) qui raconte la vie d'un enfant sur le Mississippi. En 1870, avec son ami d'enfance Will Bowen, il évoque des souvenirs partagés qui se retrouvent dans le roman[MA 1],[2].

Dater avec exactitude la période où Twain commence à travailler à ce projet est une gageure, tant les avis divergent. Peter Stoneley pense que c'est en 1872[3] ; Dhuicq et Frison avancent février 1873[DF 1] et McAllister l'été 1874, période fertile en souvenirs. De son bureau octagonal surplombant Elvira, « les années aux pieds nus dans la touffeur et la crasse d'Hannibal le submergent[CCom 1] » ; Matthews utilise le mot « moissonné » (harvested) pour résumer le processus de remémoration que Twain lui a raconté ; la scène se passe en 1870, juste après le mariage avec Olivia (Livy)[4].

Inspiré par un nouveau projet, Twain gribouille un schéma en haut de la première page de ses feuillets, « esquisse dont, pour qui connaît le livre et à dire le moins, le plan a de quoi surprendre, tant quasiment rien n'y est reconnaissable[CCom 2] ».

« 1. Boyhood & Youth; 2. Y & early Manh. 3.the Battle of life in many lands. 4. (age 37 to 40,) return & meet grown babies & toothless old drivelers who were the grandees of his boyhood. The Adored Unknown a faded old maid & full of rasping, puritanical vinegar piety[MA 1] ».

[Traduction libre] 1. Enfance et prime jeunesse ; 2. jeunesse et première maturité ; 3. la bataille de la vie dans de nombreuses contrées ; 4. (âge 37- 40), retour pour rencontrer les bébés qui ont grandis et les sans-dents qui bavent, autrefois les seigneurs de son enfance. L'Inconnu Adorée, une vieille fille fanée et replète de bigoterie puritaine, grommelante et acariâtre.

« Peu importe l'esquisse ! » (« Outline be damed[MA 1]! »), ajoute McAllister, et de rappeler en substance la métamorphose du souvenir en lieux et personnages de fiction : en cet été 1874, Twain écrit 400 pages, mais en septembre tout s'arrête : Tom, écrit McAllister, « mourut temporairement » (« Tom died temporarily[MA 1] »). Le problème se pose de savoir s'il le héros doit être conduit jusqu'à l'âge adulte et, se donnant le temps de la réflexion[TG 1], Twain écrit l'Âge doré en collaboration avec Charles Dudley Warner, publié la même année[TR 2]. Enfin, Tom, en a-t-il été décidé, ne grandira pas, et le roman est aussitôt repris[MA 1]. Une lettre à W. D. Howells du annonce qu'il est terminé, et après des mois de révisions, il parait en 1876, l'année du centenaire de la naissance des États-Unis[MA 1].

Mark Twain affirme dans son autobiographie que Les Aventures de Tom Sawyer est la première œuvre à avoir été écrite avec une machine à écrire : « Je me déclare — jusqu'à plus ample informé — comme étant la première personne à avoir destiné à la littérature l'usage de la machine à écrire. Le livre en question devait être Les Aventures de Tom Sawyer. J'en ai écrit la moitié en 1872 et le reste en 1874. Ma dactylographe m'a tapé un livre en 1874 et j'en ai conclu qu'il s'agissait bien de celui-là[C 1]. »[5],[6].

L'historien Darryl Rehr a cependant montré que le premier tapuscrit de Twain est La Vie sur le Mississippi, réalisé sous la dictée avec une Remington no 2[7].

Sources du protagoniste[modifier | modifier le code]

Homme costume et haute-forme, entravé par la laisse de son chien, canne levée au-dessus d'un enfant, quelques badauds.
Le bon petit garçon, mal récompensé.

Avec Tom Sawyer, Twain s'essaie pour la première fois à écrire un roman seul[TM 1], mais ce n'est pas l'œuvre d'un débutant : ont déjà été composés, des récits autobiographiques, Le Voyage des Innocents, À la dure[TM 1] ; avec Tom Sawyer, Twain puise à nouveau dans le fonds de son propre passé : Tom, c'est lui, mais aussi plusieurs de ses camarades, un personnage « composite » comme l'exprime la préface : « la plupart des aventures relatées dans ce livre sont vécues ; une ou deux me sont personnelles, les autres sont arrivées à mes camarades d’écoles. Huck Finn est décrit d’après nature ; Tom Sawyer aussi ; les traits de ce dernier personnage sont toutefois empruntés à trois garçons de ma connaissance : il appartient par conséquent à ce que les architectes nomment l’ordre composite[C 2] ».

De plus, Twain a déjà mis en scène des enfants dans de courtes « esquisses » (sketches) parodiant la littérature de jeunesse, péripéties satiriques ou conseils de conduite édifiant : ainsi, Conseils aux petites filles (Advice to little girls), publié en 1867[9].

Parmi les textes antérieurs, ce sont L'Histoire du bon petit garçon et L'Histoire du méchant petit garçon (Story of the Good Little Boy, Story of the Bad Little Boy) qui se rapprochent le plus de Tom Sawyer[TG 2] — parenté remarquée dès la parution du roman —, deux contes satiriques de quelques pages chacun, le premier d'abord paru en mai 1870 dans le Galaxy[10], puis dans Sketches, New & Old en 1875, avec des illustrations de True Williams[11], le second dans le Californian en 1875, puis dans Sketches New & Old en même temps que le conte précédent et avec le même illustrateur[12].

Dans le premier, un enfant modèle ne reçoit jamais de récompense et a déjà rédigé ses dernières paroles[TG 2] : « Ainsi périt le bon petit garçon, après avoir fait tous ses efforts pour vivre selon les histoires, sans pouvoir y parvenir. Tous ceux qui vécurent comme lui prospèrent, excepté lui. Son cas est vraiment remarquable. Il est probable qu’on n’en pourra pas donner d’explication[C 3] ».

Dans le second, le méchant petit garçon vole, ment et finit riche député[TG 2] : « Et il grandit et se maria, et eut de nombreux enfants. Et il fendit la tête à tous, une nuit, à coup de hache, et s’enrichit par toutes sortes de fourberies et de malhonnêtetés. Et à l’heure actuelle, c’est le plus infernal damné chenapan de son village natal, il est universellement respecté, et fait partie du parlement[C 4] ».

Cette chute rappelle le mot de Twain à propos de Tom qui, selon son auteur, aurait dû finir homme politique ou au bout d'une corde[15]. Le personnage a donc des antécédents, à la fois chenapan et garçon doué d'une certaine générosité, illustration du « bad boy » américain que tempère un bon caractère. Ces traits se limitent réciproquement : les tours de Tom n'atteignent pas à la pure et simple méchanceté, et sa générosité trouve ses limites dans sa vanité[TG 3].

Les textes quasi allégoriques des deux garçons opposés témoignent d'une confiance faussement naïve et ironique en l'autorité des livres, révélant le décalage entre ce qui s'écrit à l'époque et la réalité : « Eh bien ! Vous pouvez consulter et consulter d’un bout jusqu’à l’autre, et d’ici au prochain Noël, tous les livres de l’école du dimanche, sans rencontrer chose pareille[C 5] ». Et l'auteur de feindre l'étonnement lorsque le « méchant petit garçon » n'est jamais puni comme dans les livres : « Comment Jim s'en tira toujours demeure pour moi un mystère » (« How this Jim ever escaped is a mystery to me[14] ») . Dans Tom Sawyer, ce n'est plus le narrateur, mais le personnage principal, Tom, qui croit, mais cette fois de manière très sérieuse, en la vérité des livres, les romans d'aventures peuplant son imaginaire[TG 4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Deux garçons, l'un assez bien habillé, l'autre pieds nus, devant la grille d'un bâtiment important.
Rencontre de Tom et Huck par Johan Braakensiek.

[Le synopsis de l'histoire est emprunté à diverses sources, dont certaines sont directement référencées. Parmi les autres, figure d'abord l'édition au format Kindle de (en) Mark Twain et Alfred Kazin, The Adventures of Tom Sawyer, Bantam, , 159 p. (ISBN 978-0553211283, ASIN B000FBJF8W).

Ont été également sollicitées les collections Sparknotes[16], Cliffs notes[17] et Shmoop[18]]

Les Aventures de Tom Sawyer comporte 76 000 mots[TR 3] et raconte les péripéties de Tom Sawyer, garnement malicieux et superstitieux, accompagné de plusieurs de ses camarades, au premier rang desquels Huckleberry Finn et Joe Harper, dans la ville de Saint-Petersbourg sur le Mississippi[19]. Tom est élevé par sa tante Polly à la suite de la mort de ses parents, alors que son ami Huck vit à la sauvette. L'œuvre comprend 35 chapitres et cinq grandes lignes narratives[TR 3] qui s'entremêlent au gré des différents épisodes[TG 5].

Si aucune indication précise ne concerne la date des faits, plusieurs indices permettent d'en situer le début au vendredi 14 juin 1844[20], supputation d'autant plausible que la préface de Twain précise que l'histoire se déroule à la période de son enfance, « à savoir il y a 30 ou 40 ans », soit entre 1836 et 1846[TH 1].

Première ligne narrative : chez lui, Tom en ses œuvres[modifier | modifier le code]

La première ligne narrative ouvre l'histoire et le lecteur découvre les relations que Tom entretient avec sa famille, l'école, l'église et ses camarades[21].

Un garçon malicieux[modifier | modifier le code]

Couleur, deux gamins passant la palissade à la chaux.
Tom Sawyer, timbre commémoratif (1972) : la palissade passée à la chaux.

Cette partie révèle son caractère manipulateur, sa capacité à duper son entourage. Ses tromperies sont souvent le fruit de tractations lui permettant de faire travailler les autres à son profit ou de cumuler des honneurs immérités[20]. L'histoire s'ouvre ex abrupto par un appel : « Tom ! » que suit un silence. C'est un vendredi et Tante Polly est à la recherche de son neveu de garnement qu'elle trouve barbouillé de confiture. Elle s'apprête à le fouetter, mais Tom détourne son attention et s'enfuit. L'après-midi, il fait l'école buissonnière, et au souper, subit l'inspection de sa tante qui le soupçonne d'être allé se baigner. Tom est sur le point de la duper encore une fois, quand son demi-frère, Sid, remarque que le fil utilisé pour coudre le col de sa chemise est décoloré, preuve que Tom a nagé. Ce dernier prend à nouveau la fuite, non sans avoir jeté des poignées de boue au délateur[17],[TE 1]. Alors qu'il marche en s'entraînant à siffler sur sa guimbarde (Jew's Harp)[TG 6], il tombe sur un nouvel arrivant de son âge, richement habillé, dont le lecteur apprendra le nom plus tard, Alfred Temple. Les deux garçons rivalisent de menaces et une bagarre éclate : Tom a le dessus et contraint son rival à lui demander grâce. Le vaincu s'en va en pleurant de rage, puis lance une pierre dans le dos de Tom qui le poursuit jusque chez lui. La mère de la victime s'en mêle et demande à Tom de partir. Rentré fort tard, il est surpris par sa tante qui, voyant ses vêtements déchirés, prend la ferme résolution de le punir pour de bon[22].

La clôture passée à la chaux[modifier | modifier le code]

Garçon noir, sceau à la main, détalant devant la maison ; silhouettes (femme et garçon) près de l'entrée.
Jim, propulsé par la pantoufle de tante Polly.

Le samedi matin, Tom est en effet puni et doit passer plusieurs couches de lait de chaux sur une immense palissade bordant le champ jouxtant la maison[17]. Arrive Jim, le jeune esclave, qu'il tente de soudoyer. Jim refuse de peur d'être puni. Tom insiste et marchande, propose même de montrer son gros orteil qu'il s'est écorché la veille[20]. Jim est finalement tenté par une agathe en albâtre (alley pour alabaster en argot), et accepte le marché[18].

Tante Polly, qui veille au grain, intervient :

« L’instant d’après, Jim déguerpissait à toute allure, le seau à la main et le derrière en feu ; Tom badigeonnait la palissade avec ardeur : tante Polly regagnait la maison, la pantoufle sous le bras et la mine triomphante[C 6] »

Petit amas de bricoles diverses.
Un trésor gagné en faisant travailler les autres.

Tom ne se résigne pas, songe avec tristesse à ses camarades libres de s'amuser dont il subira les moqueries[17]. Après inventaire de ses biens, bouts de jouets, bricoles, billes, il dispose d'un capital échangeable contre au moins une demie heure de liberté[DF 3].

Soudain, il a un nouveau plan qu'il met aussitôt en œuvre[20] : survient Ben Rogers, et il feint d'être absorbé par sa tâche, ce qui intrigue le passant. Tom le persuade qu'il s'agit d'un travail plaisant et difficile que lui seul peut accomplir. Alléché par l'enjeu, Ben lui demande de le laisser badigeonner un pan de la clôture, mais Tom refuse et Ben commence à marchander, offrant une pomme pour passer la chaux. Tom fait semblant d'hésiter et finit par accepter, puis récidive avec tous les autres garçons qui s'approchent de lui. Non seulement est-il débarrassé de la tâche, mais il récolte un beau butin, un morceau de craie, des pétards, un bouton de porte, un chat borgne, un soldat de plomb :

« Tom se dit qu’après tout l’existence n’était pas si mauvaise. Il avait découvert à son insu l’une des grandes lois qui font agir les hommes, à savoir qu’il suffit de leur faire croire qu’une chose est difficile à obtenir pour allumer leur convoitise. Si Tom avait été un philosophe aussi grand et aussi profond que l’auteur de ce livre, il aurait compris une fois pour toutes que travailler c’est faire tout ce qui nous est imposé, et s’amuser exactement l’inverse.[C 7] »

Un bon petit diable[modifier | modifier le code]

Il rentre chez sa tante au comble de l'excitation. Au dîner, alors que tante Polly s'absente un instant, Sid casse le sucrier ; au retour de la vieille femme, les dégâts ayant été constatés, Tom reçoit aussitôt une gifle qui le propulse à terre : clamant son innocence, il va ruminer son chagrin dans un coin[17]. À certains égards, ce passage rappelle l'ironie de L'Histoire du bon petit garçon et préfigure l'une des plus dramatiques des aventures de Tom (Les Aventures de Tom Sawyer#Le pardon)[23].

Deuxième ligne narrative : début de parade amoureuse avec Becky[modifier | modifier le code]

Garçon qui marche (littéralement) sur la tête.
Tom crânant devant la petite Becky.

La deuxième ligne narrative, d'abord enchâssée dans la première, s'en distingue tout en restant dans le contexte familial et scolaire : c'est la rencontre au chapitre III et le début de la relation de Tom avec Becky Thatcher, la fille du juge. Ces amours enfantines s'enchevêtrent aussi avec les autres épisodes du roman[22].

La petite fille blonde aux yeux bleus[modifier | modifier le code]

Cohorte de gamins en cercle, chapeaux de papier pointus, piques de bois, armes factices.
Tom et Joe, généraux, font combattre leurs armées.

Une fois la punition accomplie, Tom se présente devant sa tante, qui, étonnée, le soupçonne de mentir. Ébahie en voyant les trois couches de lait de chaux, elle récompense Tom en lui donnant une pomme. Tom sort s'amuser, non sans se venger de Sid en lui jetant de la terre au passage[17]. Il rejoint son ami Joe Harper, et chacun prend le commandement d'une armée de gamins pour se livrer bataille. Tom remporte la victoire et s'en retourne chez sa tante. Chemin faisant, il passe devant la maison du juge Jeff Thatcher, aperçoit une petite fille blonde aux yeux bleus, nouvelle dans le village, et tombe immédiatement sous son charme, oubliant sur le coup sa précédente amoureuse. Il commence à se pavaner devant elle, entreprenant d'accomplir toutes sortes d'excentricités[17]. À la grande déception de Tom, la fillette fait mine de rentrer chez elle, mais elle s'arrête soudain sur le seuil et lui jette une fleur par-dessus la haie[20]. Tom passe la fleur à sa boutonnière et recommence son manège toute la soirée devant la grille de la maison, mais sans revoir le petite blonde aux yeux bleus[24],[18].

Femme âgée grondant un jeune garçon apeuré, jeune visage visible en moyen-plan.
Tom, injustement châtié.

Alors que sa cousine Mary revient de la campagne, Tom s'en va bouder, et retourne le soir vers la maison de Jeff Thatcher pour, une nouvelle fois, attirer l'attention de sa bien-aimée. Alors qu'il a pénétré dans le jardin, il s'allonge et s'imagine mourant, suscitant la pitié de Becky, avant de recevoir un déluge d'eau glacée jeté par la fenêtre. Déconfit, il rentre se coucher[18].

Les « apôtres » David et Goliath[modifier | modifier le code]

Deux garçons en pourparlers, filles les regardant de loin ; au fond, l'école du dimanche (une sorte de chapelle.)
Tom négocie pour récolter sa moisson de points devant l'école du dimanche.

Le lendemain, toujours pour entrer en grâce auprès de Becky, Tom se jure d'apprendre des versets de la Bible pour l'école du dimanche, d'ailleurs aidé en cela par sa jeune amie qui tente de le motiver en lui faisant miroiter la récompense d'un canif[N 2],[17].

Rien n'y fait, et l'astuce prend le relais de la vertu : à l'entrée du bâtiment, Tom échange diverses bricoles contre les bons points distribués aux enfants ayant bien mémorisé les versets. Il parvient à en obtenir suffisamment, neuf jaunes, neuf rouges et dix bleus[TE 2] pour prétendre au prix décerné à ceux qui en ont appris 2 000 par cœur[N 3] : une Bible méchamment reliée (a very plainly bound Bible)[TE 3],[20].

Grande salle, estrade avec trois hommes assis, rangées de bancs latéraux, garçon s'avançant vers le jury.
La cérémonie de la remise du prix, par Hughes Sirouy, traducteur (1884).

L'intendant de l'école dirige la séance de récitations, puis présente plusieurs visiteurs, dont le juge Thatcher. Le juge est accompagné de sa femme et de sa fille Becky. Lorsque Tom vient exhiber « ses » points et réclamer le prix, ses camarades comprennent qu'ils se sont fait berner[TE 4] et ont contribué à leurs dépens à un moment de gloire d'autant plus éclatant qu'il se déroule devant des invités de marque[18]. La gloriole va être de courte durée ; ayant reçu sa Bible, Tom se doit de faire une démonstration de son savoir[20] : le juge lui demande quels sont les deux premiers apôtres ; réponse de Tom : « DAVID ET GOLIATH ! ». Sur ce, écrit l'auteur : « Peut-être vaut-il mieux tirer sur la fin de cette scène le voile de la charité[C 8] »[TG 3].

Le lucane dans la nef de l'église[modifier | modifier le code]

Chien assez gros détalant bille en tête.
« […] le malheureux poussa un hurlement de douleur et détala […] ».

Plus tard dans la matinée, Tom est assis à l'église près de Sid, Mary et tante Polly pendant le sermon du révérend Sprague. Il s'ennuie et s'amuse avec un lucane (pinchbug) qui finit par le pincer et décamper[17]. Au milieu de la nef, l'insecte est rejoint par un caniche (poodle) qui essaie de le mordiller avant de se lasser et de chercher d'autres distractions[20]. Puis, fatigué, le chien « bâilla, soupira et alla s’asseoir juste sur le lucane qu'il avait complètement oublié ! Aussitôt le malheureux poussa un hurlement de douleur et détala dans l'allée centrale[C 9] ». L'assistance garde tant bien que mal son sérieux, mais des éclats de rire fusent à chaque mot que prononce le pasteur qui poursuit courageusement son sermon. La fin de l'office est un soulagement pour tous[TH 4].

Troisième ligne narrative : Tom et Huck ; suite des amours de Tom[modifier | modifier le code]

La troisième ligne narrative concerne surtout la complicité qui s'établit entre Tom et Huck[20].

Jeune garçon habillé de guenilles, un chat mort à la main.
« – Dis donc, à quoi est-ce que ça sert, les chats morts, Huck ? – Ça sert à soigner les verrues. ».

À quoi sert un chat mort ?[modifier | modifier le code]

Arrive le lundi matin. Tom cherche quelle maladie il pourrait simuler pour rester à la maison et ne pas aller à l'école. Il feint finalement d'avoir une dent branlante, mais tante Polly la lui arrache et il doit obtempérer[17]. Sur le chemin, il rencontre Huckleberry Finn qui se promène avec un chat mort. Twain décrit la dégaine du « paria juvénile du village » (the juvenile pariah of the village)[TR 4] :

« Les vêtements de Huckleberry, trop grands pour lui, frémissaient de toutes leurs loques comme un printemps perpétuel rempli d’ailes d’oiseaux. Un large croissant manquait à la bordure de son chapeau qui n’était qu’une vaste ruine, sa veste, lorsqu’il en avait une, lui battait les talons et les boutons de sa martingale lui arrivaient très bas dans le dos. Une seule bretelle retenait son pantalon dont le fond pendait comme une poche basse et vide, et dont les jambes, tout effrangées, traînaient dans la poussière, quand elles n’étaient point roulées à mi-mollet[C 10] »

Dessin d'enfant : une maison, un garçon, une fille.
Illustration, sans doute de Twain lui-même[25]b.

Ils discutent des méthodes susceptibles de guérir les verrues et s'accordent pour essayer une cure avec le chat mort au cimetière à minuit[20]. Tom arrive en retard en classe et, alors qu'il est sur le point de mentir à l'instituteur Dobbins, il aperçoit la petite Becky et prend la décision de dire la vérité pour se faire reléguer chez les filles, ce qui ne manque pas de se produire lorsqu'il révèle avec aplomb qu'il « causait » avec Huck[17]. Tom se retrouve alors à côté de Becky et cherche à attirer son attention ; il dessine sur son ardoise et sa voisine, dont la curiosité est piquée, lui demande si elle peut regarder : c'est une maison à peine esquissée, mais la petite fille semble impressionnée par son talent[20] ; il se met alors à écrire en cachette : Becky veut regarder, mais Tom se fait attendre, refuse puis finit par dévoiler les mots : « Je t'aime » (« I love you »). À ce moment, l'instituteur intervient, saisit Tom par l'oreille et le tire à travers la classe pour le ramener à sa place habituelle, près de Joe Harper[18].

Tom s'ennuie et propose à Joe Harper de s'amuser avec une vrillette (death-watch), gardée dans une boîte sortie de sa poche, dont le bruit ressemble à un tic-tac[TG 4]. Pendant qu'ils se passionnent à leur jeu, Dobbins s'approche sur la pointe des pieds et administre à chacun un coup de férule qui soulève un nuage de poussière[18].

Promesses et chagrins[modifier | modifier le code]

Jeune garçon tentant de consoler une petite fille, vêtements traditionnels et chapeaux.
« Les grands yeux de Becky apprirent à Tom qu’il venait de faire une gaffe. »

L'après midi, Tom et Becky se retrouvent dans la salle de classe vide et Tom lui apprend à dessiner. Ils discutent, partagent un chewing-gum et enfin Tom demande à Becky si elle a déjà été fiancée et, devant son étonnement, lui explique ce que cela veut dire. Ils se déclarent leur amour et s'embrassent[17] :

« « […] Et quand tu rentreras chez toi ou que tu iras à l’école, tu marcheras toujours à côté de moi, à condition que personne ne puisse nous voir…
Et puis dans les réunions, tu me choisiras comme cavalier et moi je te choisirai comme cavalière. C’est toujours comme ça que ça se passe quand on est fiancé.
– Oh ! c’est si gentil ! je n’avais jamais entendu parler de cela.
– Je t’assure qu’on s’amuse bien. Quand moi et Amy Lawrence… »
Les grands yeux de Becky apprirent à Tom qu’il venait de faire une gaffe. Il s’arrêta, tout confus.
« Oh ! Tom ! Alors je ne suis donc pas ta première fiancée ? »
La petite se mit à pleurer »[C 11] ».

Cherchant à se faire pardonner, Tom lui offre une boule en cuivre, mais Becky la jette à terre. Tom sort alors de l'école, bien décidé à ne pas y retourner l'après-midi, et Becky tente en vain de le retrouver[18].

Fugue : les pirates sur l'île Jackson[modifier | modifier le code]

Garçon assis sur des rondins de bois, pensif, main sous le menton, pas de chêne contrairement au texte.
Tom est pensif et rumine son malheur.

Elle couvre cinq chapitres, du chapitre XIII au chapitre XVII et comprend plusieurs phases : d'abord, une sorte de prélude et un long monologue ; Tom se rend au sommet du coteau de Cardiff, et assis au pied d'un chêne, rumine son malheur et s'apitoie sur son sort, tout en restant soucieux de son image[20] : « Comme cela devrait être reposant de mourir et de rêver pour l’éternité à l’abri des arbres du cimetière caressés par le vent, sous l’herbe et les fleurettes ! Sommeiller ainsi, ne plus jamais avoir de soucis ! Si seulement il avait pu laisser derrière lui le souvenir d’un bon élève, il serait parti sans regret. […] Ah ! si seulement il pouvait mourir, ne fût-ce que POUR QUELQUE TEMPS[C 12] ! »

Robin des Bois et le Vengeur noir de la mer des Antilles[modifier | modifier le code]

Mais son esprit est volatil, et il commence à s'imaginer une carrière de clown, de soldat, finalement de pirate[17] : après Robin des Bois, il sera le « Vengeur noir de la mer des Antilles » (the Black Avenger of the Spanish Main!)[N 4],[TG 7],[26].

Décidé à partir dès le lendemain, il essaie un sort pour retrouver ses billes perdues, mais le sort ne répond pas à son appel, sans doute victime d'une sorcière[20]. Soudain résonne une trompette et Joe Harper apparaît. Les deux enfants jouent à Robin des Bois[N 5],[TG 8] le reste de l'après-midi[20]. Après la mort de Robin, « [l]es deux garçons se rhabillèrent, dissimulèrent leur attirail et s’éloignèrent en regrettant amèrement de ne plus être des hors-la-loi et en se demandant ce que la civilisation moderne pourrait bien leur apporter comme compensation. Autant être des hors-la-loi une année entière dans la forêt de Sherwood plutôt que Président des États-Unis à vie[C 13] » .

Escapade idyllique[modifier | modifier le code]
Entrée protégée par deux murs maçonnées dans une forêt.
Grotte McDowell (Mac Dougal), aujourd'hui « Grotte Mark Twain ».

Désespéré par les rebuffades de Becky, exaspéré par l'injustice subie par son copain Joe qui vient d'être fouetté, encouragé par Huck, toujours libre, Tom a pris la résolution de gagner l'île Jackson pour vivre à la pirate[17],[N 6].

Trois gamins habillés à l'indienne, chapeau en papier et plumes, fumant la pipe.
Les pirates de la mer des Antilles, par Johan Braakensiek.

À la nuit, les gamins montent sur un radeau avec Tom comme commandant, qui ne se fait pas faute de hurler ses ordres. Quelques minutes, et l'île est atteinte. Bientôt, le radeau rompt son amarre et part à la dérive ; qu'importe, il faut profiter de sa liberté et être heureux[MA 2]. Le deuxième après-midi, cependant, s'installe un « manque indéfini » (« undefined longing »), sans que personne n'admette sa nostalgie[20]. Une explosion les arrache à leur rêverie, c'est le bruit du canon utilisé pour faire remonter les corps à la surface[N 7] : ce sont eux qu'on cherche et ils se flattent d'être ainsi l'objet de tant d'attention[MA 2]. Pendant la nuit, Tom quitte le camp et, à califourchon sur un rondin, retourne chez sa tante : à travers la fenêtre, il aperçoit la famille et la mère de Joe Harper en pleurs. D'abord tenté de laisser un message, il se ravise et repart sur l'île. Les trois comploteurs passent la nuit à fumer[N 8] et faire les braves tandis que s'abat un violent orage[17]. Le lendemain matin, les cloches de la petite ville sonnent pour inviter les fidèles à rendre un ultime hommage aux jeunes disparus. Au beau milieu de l'oraison funèbre, le prêtre s'arrête : les noyés viennent d'apparaître qui s'avancent triomphalement dans l'allée centrale[MA 2].

Quatrième ligne narrative : la terreur et la pitié[modifier | modifier le code]

Ce quatrième fil narratif fait basculer le roman dans le drame et ouvre la voie de la « rédemption » de Tom[TP 3].

Cimetière fatal[modifier | modifier le code]

Nuit dans cimetière, homme bien habillé tenant une lampe, l'autre avec une pipe, vêtu pauvrement, pèle en main.
Les voleurs de cadavres, par Johan Braakensiek (1858–1940).

Tom et Huck, comme convenu, se sont rendus au cimetière à la nuit tombée, mais avant qu'il ne puissent vérifier leurs théories thérapeutiques[20], ils sont témoins de l'exhumation d'un cadavre par le jeune docteur Robinson qu'assistent Muff Potter, ivre, et Joe L'Indien. S'ensuit une dispute au cours de laquelle Muff est assommé, puis Joe poignarde le docteur avec le couteau de Muff qu'il glisse ensuite entre ses doigts. Tom et Huck redoutant Joe l'Indien, s'engagent par le sang à ne rien révéler[17].

Liés à cet incident, se situent plusieurs épisodes importants, en particulier l'arrestation de Muff et son procès : après la déposition de Joe qui accable le prévenu, Tom, pris de remords et incapable de laisser condamner un innocent, raconte la vérité au juge qui ordonne aussitôt la relaxe de Muff et l'arrestation de Joe l'Indien, mais ce dernier, profitant d'une seconde d'inattention de ses gardes, s'échappe du tribunal par une étroite fenêtre[MA 3].

Cinquième ligne narrative : la chasse au trésor[modifier | modifier le code]

Les vacances d'été se languissent et Tom et Huck décident de se lancer sur la piste d'un trésor, d'abord sans succès sous un arbre mort, puis dans une maison hantée[17].

Mystère de la chambre 2[modifier | modifier le code]

Ils grimpent jusqu'au deuxième étage où ils aperçoivent deux hommes, dont l'un, très sale et avec un accent espagnol, qu'ils reconnaissent à la voix être Joe l'Indien. Les malfrats sont occupés à déverser des pièces d'argent dans une cache, puis en exhument une caisse remplie d'or[17]. Soudain, Joe se rendant compte qu'il est surveillé et s'enfuit avec son comparse, non sans avoir chuchoté « chambre 2 » (chamber 2) où mettre le butin. Tom et Huck supputent qu'il s'agit d'une chambre d'hôtel et par élimination passent la revue des tavernes et autres lieux de résidence, mais sans succès, sinon que dans la chambre 2 de la « Taverne de la Tempérance »[N 9], ils tombent sur Joe l'indien ivre-mort[MA 3].

Pique-nique de Becky Sharp[modifier | modifier le code]

Dans une forêt, trou recouvert de planches et de feuilles.
Entrée de la Grotte Mark Twain, dite « entrée Mr. Simms » (Mr. Simms' Entrance), du nom de son découvreur en 1819-1820.

Becky Sharp invite ses camarades d'école à un pique-nique. En ce samedi après-midi, les chaperonnes accompagnent les enfants pour une promenade en bateau sur le fleuve[20]. Après avoir copieusement joué par une belle chaleur estivale, il est décidé d'explorer la grotte McDougal, célèbre pour son labyrinthe de couloirs, ses stalagmites et stalactites, ses cascades et ses lacs souterrains[TR 5],[29]. Tom et Becky, réconciliés, s'aventurent loin du groupe et progressent d'un passage à l'autre, laissant une trace sur les murs avec le noir de fumée de leurs torches[MA 4]. Les chauves-souris volent alentour et terrifiés, les enfants se retrouvent dans la plus totale obscurité. Près d'une source d'eau fraîche[TR 6], Becky se repose à la demande de Tom, tandis qu'il progresse d'un stalagmite à l'autre avec le fil de son cerf-volant tiré de sa poche. À la fin d'un couloir, alors qu'il tâte la roche à la recherche d'un angle, soudain apparaît vingt mètres plus loin une torche qui illumine les cavités. Tom pousse un cri de terreur et se sent comme pétrifié[TR 6] : c'est Injun Joe qui décampe aussitôt, alors que, grâce au fil, Tom rejoint peu peu sa camarade, sans dire mot de sa rencontre. Au bout de quelques instants, il reprend sa marche en avant pour tenter de localiser une issue[MA 4].

Huck sauve la veuve Douglas[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps, Huck, qui n'a pas été invité au pique-nique, monte fidèlement la garde près de la « Taverne de la Tempérance »[17]. Vers onze heures, Injun Joe et son comparse se faufilent avec leur trésor ; Huck les suit à pas de chat : ils passent par Cardiff Hall, se dirigent vers le manoir de la veuve Douglas, et Huck pressent qu'ils se préparent à perpétrer un forfait : « Venge-toi sur elle » (« Take it out on her »), chuchote le comparse[N 10]. Huck se glisse jusqu'à la maison du Gallois et de ses fils, les informe de la situation, et bientôt, les hommes prennent la garde fusils en main devant la belle demeure tandis que la veuve, sans se douter de rien, lit tranquillement dans son lit[MA 4].

Retour des fugitifs[modifier | modifier le code]

Garçon, l'air important, devant une troupe d'enfants.
Le héros pavanant devant ses copains.

La veuve Douglas et nombre d'autres visiteurs frappent à la porte pour venir aux nouvelles, mais le Gallois, fidèle à sa parole, ne dit mot du rôle joué par le jeune garçon. D'ailleurs, en proie à une forte fièvre, le petit héros est alité. À l'église cependant, Tante Polly et Mrs. Thatcher se rendent compte que Tom et Becky manquent à l'appel et sans tarder donnent l'alarme[17]. À part un bout de ruban et leurs noms écrits au noir de fumée, aucune trace des enfants : les cheveux gris de Tante Polly ont viré au blanc et Mrs Thatcher lance des appels désespérés dont l'écho se réverbère sur les parois[20].

Ce n'est que le mardi soir que sonnent les cloches et résonne le cri salvateur : « On les a retrouvés ! » (They've been found!). Après trois jours et trois nuits de terreur passés sans eau ni nourriture, Tom a fini par repérer, à plus de huit kilomètres de l'entrée[TR 5], un filet de jour à travers la roche donnant sur le fleuve, s'est glissé dans l'anfractuosité, puis a persuadé Becky de le suivre. Un esquif de passage les a ramenés à la ville[MA 5][N 11].

Joe l'Indien emmuré[modifier | modifier le code]

Becky est confinée dans sa chambre pour reprendre des forces, alors que Tom, allongé dans un sofa, raconte l'aventure à ses nombreux visiteurs, l'embellit de plus en plus et se glorifie de l'attention dont il est l'objet[MA 5]. Une quinzaine passe et on l'autorise à rendre visite à Huck. En chemin, il s'arrête pour prendre des nouvelles de Becky et apprend que son père le juge, par mesure de sécurité, a fait murer l'entrée de la grotte[17]. Le garçon blêmit et révèle qu'Injun Joe y est enfermé[TR 6]. Le juge, Tom et une foule de citadins, en petits bateaux à voile et par le ferry, s'y précipitent[TH 9], mais une fois la lourde porte de fer trempé (boiler iron)[TH 10] ouverte, le cadavre du bandit est aussitôt trouvé, mort d'inanition, ce qui soulève la compassion de Tom, sensible à l'ultime lutte de celui qu'il a contribué à mettre hors d'état de nuire[MA 5] ; sans plus tarder, le cadavre est enterré près de l'ouverture[TR 6].

Reprise de la chasse au trésor[modifier | modifier le code]

Deux jeunes garçons pieds-nus, avec torches ; contre la paroi divers outils.
Découverte du trésor dans la grotte, par True Williams.

Chacun se remet peu à peu de ses émotions. La mystérieuse « chambre 2 », suppute Tom, doit être dans la grotte[TH 11]. Malgré sa terreur de tomber sur le fantôme de Joe l'Indien[TR 6], Tom persuade Huck d'y retourner. Les deux gamins empruntent le bateau d'un « citoyen absent » an absent citizen) [TH 12], et bientôt parcourant les galeries, découvrent au pied d'une croix dessinée au noir de fumée, le trésor convoité. Les pièces d'or sont lourdes dans les sacs ; au retour, alors qu'ils se préparent à les mettre dans un abri de jardin chez la veuve Douglas, ils sont interceptés par son voisin le Gallois qui insiste pour qu'ils le suivent jusqu'au manoir[17]. Là les attendent Tante Polly et nombre d'importants personnages, les Thatcher, les Harper[TR 8] et la veuve Douglas elle-même qui accueille Huck comme son sauveur et offre de lui offrir un foyer, de veiller à son éducation et, le jour venu, de le lancer dans les affaires[MA 5].

Tom s'exclame alors que « Huck n'a pas besoin de ça, Huck est riche ! » (« Huck don't need that, Huck is rich! »). Et pour preuve, il revient courbé sous les sacs. Une fois la surprise passée et les pièces comptées — il y en a pour plus de 12 000 $[TR 6] —, la veuve Douglas et le juge Thatcher se jurent de gérer au mieux cette manne. Les portes de la société s'ouvrent à Tom, bientôt inscrit à l'École militaire (National Military Academy)[TH 13], et aussi à Huck que sa protectrice entraîne volens nolens dans les soirées mondaines, propre comme un sou neuf et bichonné par une horde de domestiques, où l'on dîne dans des assiettes de porcelaine et avec des couverts d'argent, et le soir, se glisse dans des draps immaculés[TH 13],[TR 6].

Affres de Huck[modifier | modifier le code]

Crayon, femme coiffant jeune garçon contre son gré. Derrière, sur une chaise, reste de sa panoplie de vêtements.
Huck bichonné chez la veuve Douglas, par Sirouy (1884)

Trois semaines plus tard, Huck a pris la fuite et manque à l'appel depuis quarante-huit heures [TR 6]. Alors que les recherches s'organisent, Tom le trouve par hasard blotti dans un tonneau (hogshead) jouxtant l'abattoir désaffecté[17]. Huck n'en peut plus de la richesse, « [traduction libre] Tom, tu peux me croire, c'est pas comme on penserait être riche, que des soucis, de la sueur, de quoi en crever, j'te dis ! [C 14] » Tom comprend les affres de son ami, mais le persuade non sans mal de tenter un nouvel essai ; argument suprême : s'il est « présentable » (respectable)[TR 6], il pourra entrer dans sa bande de malfrats huppés[MA 1]. L'initiation promise aura lieu au chapitre II des Aventures de Huckleberry Finn[TG 11] :

« So endeth this chronicle. It being strictly a history of a boy, it must stop here; the story could not go much further without becoming the history of a man. When one writes a novel about grown people, he knows exactly where to stop--that is, with a marriage; but when he writes of juveniles, he must stop where he best can. »

« Most of the characters that perform in this book still live, and are prosperous and happy. Some day it may seem worth while to take up the story of the younger ones again and see what sort of men and women they turned out to be; therefore it will be wisest not to reveal any of that part of their lives at present[TH 15]. »

[Traduction libre] Ainsi s'achève cette histoire. Puisque c'est celle d'un jeune garçon, il nous faut la terminer ici ; pour peu qu'on la continue, elle deviendrait celle d'un homme. Quand il s'agit de grandes personnes, on sait comment terminer les romans : c'est généralement par un mariage. Mais quand il s'agit d'enfants, c'est à l'auteur de savoir où s'arrêter.

« La plupart des personnages de ce livre vivent encore et le destin leur a souri. Peut-être un jour quelqu'un sera-t-il tenté de reprendre l'histoire des plus jeunes et de voir quel genre d'hommes et de femmes ils sont devenus : mieux vaut ne rien en dire pour l'instant[30]. »

Mark Twain s'intéresse désormais à Huck : en 1884, Les Aventures de Huckleberry Finn, écrit à la première personne, prend la relève[MA 1].

Personnages[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tom Sawyer.
Colonnes reliées, noir et blanc, rectangles, flèches, renvois.
Tom Sawyer, schéma des relations entre les personnages.

[La liste des personnages et leur caractérisation est empruntée à plusieurs sources ayant servi à la rédaction de l'histoire. Certaines sont directement référencées et parmi les autres, figurent l'édition d'Alfred Kazin de 2003[31]et la collection Sparknotes[32].]

Tom Sawyer[modifier | modifier le code]

Héros du roman, Thomas Sawyer est un garçon orphelin d'âge indéterminé — Mark Twain ne paraît pas s'être soucié de ce point : dans un chapitre, Tom perd une dent alors que son amour pour Becky le situe plutôt au début de l'adolescence. —[TP 4], qui ne pense qu'à faire l'école buissonnière, à s'identifier aux personnages de ses romans préférés et à jouer des tours à ses camarades. Amoureux de Becky Thatcher, il n'a de cesse de l'impressionner, et lorsqu'il se retrouve perdu avec elle dans une grotte où ils sont bien près de mourir, il fait preuve de courage et s'évertue à la consoler alors même qu'il est terrorisé. Ces aspects du personnage ont donné de lui une image convenue d'enfant généreux, anticonformiste et libre[20].

Pour autant, Tom est aussi un garçon imbu de lui-même, à l'affût de la reconnaissance et de la gloire : il a le goût de la « magnificence théâtrale » (theatrical gorgeousness) (chapitre XV)[TH 16] et le besoin d'être admiré. Twain souligne sa « vicieuse vanité » (the vicious vanity that was in him) au chapitre XIX[TH 17]. À travers son histrionisme et ses malhonnêtetés, mensonges, vols, c'est le théâtre hypocrite de la petite ville américaine qui est également visé[20].

Compagnons de cœur[modifier | modifier le code]

Jeune garçon transi, recroquevillé en hardes dans un tonneau.
Huck chez lui.

Le compagnon de cœur de Tom est Huckleberry Finn[N 12], appelé Huck, peut être inspiré de Tom Blankenship et autres habitants d'Hannibal[TG 12], le paria au grand cœur[MA 6] ; fils d'un ivrogne, garçon vagabond, il dort l'été à la belle étoile et l'hiver dans un tonneau. Les enfants de Saint-Petersbourg ont interdiction de le fréquenter, ce qui rend sa compagnie d'autant plus attrayante[20]. Il apparaît comme le pendant authentique de Tom Sawyer, véritablement « a-civilisé », naturel et indépendant. Avide comme son ami d'aventures et de chasses aux trésors, il refuse cependant de sacrifier sa vie de vagabond au confort et aux richesses[MA 1].

Joe Harper réincarne l'ancien compagnon de jeu Will Bowen[MA 1] et Becky (Rebecca) Thatcher s'inspire de Anna Laura Hawkins, elle aussi connue à Hannibal[TR 8]. Becky apparaît dès le chapitre III quand Tom lui déclare son amour et se fait punir à sa place de la plus féroce façon[TM 2],[20]. Selon Morris, elle est dépeinte selon la stricte représentation de la différence des sexes caractéristique de l'époque : timide, faible et dépendante, son rôle se borne à être courtisée, en l'occurrence par Tom[33]. Bien qu'elle demeure le personnage féminin le plus célèbre créé par Twain, son rôle se réduit à peu de choses dans le roman, l'innocence idéalisée d'une petite-fille[TR 8], et l'auteur ne se souvient même plus de son nom quand il commence Les Aventures de Huckleberry Finn[TR 8].

Famille[modifier | modifier le code]

Tante Polly, sœur de la mère décédée de Tom, veille sur ses neveux et porte des lunettes pour se donner l'air sévère alors que sa vue est excellente[TR 9]. Ses liens de parenté avec Mary sont inconnus, et il ne semble pas qu'elle ait été mariée ou ait eu des enfants[20]. Vieille femme au grand cœur, elle a les plus grandes difficultés à punir Tom sans ressentir du remords, et en éprouve tout autant lorsqu'elle ne le punit pas[TR 10].

Elle apparaît dans les autres histoires du cycle de Tom et Huck[TR 11]. Dans son Autobiographie, Twain indique que le personnage s'inspire de sa propre mère[MA 1],[TR 12] : « Elle a été celle dont j'avais besoin dans nombre de mes livres, où elle incarne la Tante Polly dans Tom Sawyer[C 15] ». Elle tient aussi de Mrs Ruth Partingdon[N 13], personnage de Life and Sayings of Mrs Partingdon (Vie et proverbes de Mrs Partingdon) (1854) de Benjamin Penhallow Shillaber [TR 10]. Autre source vraisemblable, Tante Patsy, de son nom Martha Ann Quarles, épouse de John Quarles, oncle de Twain[35],[TR 10].

Sid Sawyer est le demi-frère de Tom, sans doute du même père. Sid est décrit comme un petit garçon modèle qui a l'habitude de dénoncer Tom à tante Polly. Alors que la vieille dame se laisse facilement duper par son neveu, Sid soupçonne souvent la vérité qui se cache derrière ses mensonges. Il s'inspire du frère de Twain, Henry, de deux ans son cadet[TE 8], mais Twain tempère cette filiation : « C'est Sid dans Tom Sawyer. Mais Sid n'a rien de Henry. Henry était un garçon bien plus gentil et plus fin que ne le fut jamais Sid[C 16]. »[TE 8]

Mary (Sawyer ?), cousine de Tom, reste sans âge ni situation dans la famille Sawyer. Une scène la montre en train d'aider Tom à faire ses devoirs et elle semble être la seule personne capable de le motiver quelque peu ; d'autres passages révèlent qu'elle a même une grande influence sur lui et que Tom lui obéit, ne serait-ce qu'à contre-cœur. En tant que personnage, elle s'inspire sans doute de Pamela Clemens, la sœur de l'auteur[20].

Jim, le garçon noir qui travaille pour Tante Polly, incarne sans doute Sandy, l'esclave de la famille connu pour passer sa vie à chanter. Quant à Joe Harper, ami de Tom, il serait essentiellement inspiré de John B. Briggs, autre camarade d'école[37].

Comploteurs[modifier | modifier le code]

Jeune garçon couché tête penchée ; ogre noir à droite, couteau en main au-dessus de sa gorge.
Tom voir Injun Joe en rêve.

Muff Potter est un personnage important de l'histoire principale du roman, car il est accusé du meurtre du Dr. Robinson. Joe l'Indien (Injun Joe) porte un nom méprisant, Injun, servant à désigner les Indiens ; de plus, c'est un métis, symbole du paria dans la société américaine de l'époque, car fruit d'une transgression, « figure maudite et malheureuse qui ne peut appartenir à aucun groupe[TG 9]. » Il est le seul méchant du roman et représente l'unique danger réel du monde enfantin de Tom. À ce titre, il est l'adulte qui a le rôle le plus saillant dans l'histoire. Mark Twain fait preuve de ce racisme anti-indien — également présent dans À la dure —[37] qui attribue à cette ethnie les traits les plus vicieux et les plus cruels : de fait, Joe tue facilement, se parjure, projette de se venger en mutilant le visage de la veuve Douglas. Il meurt finalement de faim dans la grotte McDougal[37].

Joe l'Indien a réellement existé[TG 12] ; dénommé Joe Douglas, c'était un indien Osage, scalpé par des Pawnees, qui vivait à Hannibal. Bon travailleur et respecté en tant que tel, il s'est perdu dans la grotte McDougal, et dans son Autobiographie, Mark Twain affirme qu'il a dû manger des chauves-souris[38]. Contrairement au personnage du roman, il a survécu et est mort en 1925. Cependant, il existe un autre Indian Joe Douglas, lui aussi habitant à Hannibal et qui jusqu'à sa mort à 102 ans, proclama qu'il n'avait rien à voir avec le meurtrier campé par Mark Twain dans Tom Sawyer[MA 1].

Victimes[modifier | modifier le code]

Inspirée d'une certaine Melicent Holliday, la veuve Douglas, riche habitante de Saint-Petersbourg, est une belle femme pieuse d'une quarantaine d'années qui vit avec sa sœur célibataire Miss Watson, dans un manoir située à Cardiff Hill. Apparaissant au chapitre V, elle passe au premier plan de l'histoire au chapitre XXIX, alors que Joe l'Indien projette de la mutiler. Huck la sauve et, en récompense, la veuve le prend sous son toit et se propose de le « civiliser »[37].

Le Dr. Robinson ne joue aucun rôle dans l'histoire sinon d'être poignardé à mort. Jeune apothicaire respecté, avec la passion de la recherche, il loue les services d'Injun Joe et de Muff Potter pour exhumer le cadavre de Hoss Williams et pratiquer sur lui des expériences scientifiques[37]

Autres personnages[modifier | modifier le code]

Le juge Thatcher est le plus haut dignitaire de Constantinople — en réalité Palmyra[TP 5] —, chef-lieu du comté où il réside, à douze milles de Saint-Peterbourg où il vient voir son frère, l'homme de loi de la ville[39]. Vraisemblablement inspiré du propre père de Twain, John M. Clemens, juge de paix[TR 13], il est décrit comme « auguste », « bien rembourré », « prodigieux » (august, portly, prodigious). Le juge n'apparaît que deux fois dans le roman, lors de la remise des prix et après que Tom a réussi de s'échapper de la grotte avec sa fille Becky[TR 14].

Ses fonctions le conduisent à prendre en charge les intérêts de la communauté : c'est lui qui, par mesure de précaution, fait murer l'ouverture de la grotte, ou encore, avec l'aide de la veuve Douglas, contribue à gérer le trésor des enfants[TR 14],[37].

Mr. Sprague est le pasteur méthodiste de la paroisse, et le Gallois Mr. Jones, qui vit avec ses fils près de là résidence de la veuve Douglas, est prompt à réagir lorsque Huck alerte le voisinage sur l'imminence des projets criminels d'Injun Joe[37]. Amy Lawrence est le premier amour de Tom, vite abandonnée à l'arrivée de Becky. Ben Rogers est l'ami de Tom qui se fait berner en acceptant de blanchir la clôture de Tante Polly à sa place. Alfred Temple est un nouvel arrivant venu de Saint-Louis[TG 13], qui arbore de magnifiques vêtements. Il se laisse prendre aux manigances de Becky, puisque cette dernière prétend le courtiser pour éveiller la jalousie de son amoureux[37].

Restent Mr. Walters le directeur de l'école du dimanche et Mr. Dobbins, l'instituteur de l'école élémentaire[N 14]  : le premier se ridiculise lorsque, pour s'attirer les bonnes grâces du juge, il décerne un prix à Tom qu'il ne mérite pas ; quant au second, il est accablé d'une tristesse permanente pour n'avoir pu, faute de moyens, faire des études de médecine, et son alcoolisme le voue aux risées de ses élèves[37].

Circonstances de la publication[modifier | modifier le code]

Incertitude sur le public visé[modifier | modifier le code]

Le , Twain envoie le manuscrit à Howells avec une note de mise en garde :  « Ce n'est pas un livre pour garçons. Il ne doit être lu que par des adultes. Il n'a été écrit que pour les adultes[C 17]. »[TP 6] 

Or, Howells, tout en exprimant un jugement très positif sur le roman, ajoute : « Je pense que vous devriez en faire très explicitement une histoire pour la jeunesse[CCom 3]. »

Twain, d'abord irrité, finit par admettre l'idée quand sa femme, Olivia (Livy), lui donne le même conseil[42],[TP 6].

Deux éditions[modifier | modifier le code]

Livre de collection, couverture bleue et lettres dorées.
Édition américaine de 1876.

En novembre 1875, Twain remet ce manuscrit à l'American Publishing Company en la personne de sa présidente[43] Elisha Bliss[TR 15], qui l'adresse à True Williams pour les illustrations : pour des raisons non élucidées, la parution est différée, mais dans le même temps, Twain le publie chez Chatto and Windus à Londres, en juin 1876, sans illustration ; des éditions pirates paraissent très vite au Canada et en Allemagne ; finalement, l'American Publishing Company sort la sienne en décembre 1876, la première à être illustrée[44].

Ces deux éditions diffèrent légèrement : après avoir achevé son manuscrit, Twain en a fait faire une copie que Howells a annotée et sur laquelle Twain a apporté ses propres corrections. Les changements se sont vus ensuite reportés sur le manuscrit original, mais certains ont échappé à sa vigilance[45]. L'édition anglaise est établie d'après cet exemplaire, tandis que l'édition américaine est fondée sur le manuscrit original. De plus, Twain s'occupe personnellement de la révision des épreuves de l'édition américaine, ce qu'il ne fait pas pour l'édition anglaise. L'édition américaine fait donc autorité[45].

Mark Twain est un écrivain déjà célèbre avant de publier Tom Sawyer : ses récits de voyages et ses conférences sont connus, et il est considéré comme l'un des meilleurs humoristes américains (James Russell Lowell avait qualifié La Célèbre Grenouille sauteuse du comté de Calaveras de « plus beau morceau d'humour écrit en Amérique »[46],[47]).

Au moment de la publication du roman, Twain est marié avec Olivia depuis six ans, a deux filles, Susy et Clara, et s'est installé à Hartford, Connecticut, dans une vaste et couteuse demeure. Le train de vie qu'il y mène est pour lui une source de soucis financiers et il espère que Tom Sawyer sera un aussi grand succès de librairie que Le Voyage des innocents[46].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

D'après Lee Clark Mitchell, Les Aventures de Tom Sawyer « peut prétendre […] à être le plus populaire des romans américains » (« lays claim […] to being America's most popular novel »)[48].

Pourtant, publié au moment du centenaire des États-Unis, il n'a d'abord connu qu'un faible succès[49], bien moins que Le Voyage des innocents, (Innocents Abroad), à peine 20 000 exemplaires, ce que Twain considère comme un échec ; il reçoit toutefois de bons comptes rendus[50].

De plus, considéré comme un livre pour la jeunesse, encore que Mark Twain précise dans la préface qu'il est aussi destiné aux adultes, il souffre de n'avoir pas été assez tôt pris au sérieux. Twain s'évertue à corriger cette impression en multipliant les mises en garde : « Tom Sawyer n'est pas un livre pour les enfants, j'écris pour des adultes qui ont été des petits garçons[C 18] », ou encore « Ce n'est pas un livre pour garçons. Il ne doit être lu que par des adultes[C 19]. » Cela dit, en 1877, le New-York Evening Post vient à la rescousse en écrivant que l'idée qu'un tel roman pût être destiné aux enfants ne saurait être qu'une plaisanterie de l'auteur[TG 14].

William Howells (Atlantic Monthly, n°37, ) parle d'une « merveilleuse étude de l'esprit d'un garçon qui vit dans un monde totalement différent de celui dans lequel il est corporellement présent au côté des adultes », mais il évoque surtout la moralité du roman et des personnages : « Tom ne jure presque pas » (Tom hardly swears at all) et Huck, selon lui, est sur une bonne voie puisqu'au dénouement, il commence à vivre décemment (a decent Life)[51].

L'Edinburgh Scotsman () évoque un délicieux roman pour les gamins, malgré sa forte « saveur américaine », que les parents pourront sans crainte mettre dans les mains de leurs enfants. Richard Littledale (Academy, ) voit dans le livre, qu'il juge amusant, un intéressant témoignage sur le « genre d'animal qu'est l'écolier américain » (« The kind of animal that is the American schoolboy ») — ou du moins qu'il était quelques décennies plus tôt —, avec son imagination bizarre et ses superstitions[51].

L'article du London Standard () juge qu'il s'agit d'une œuvre capitale dans le domaine de la littérature pour garçons ; son compte rendu a ceci de remarquable qu'il met en valeur une identité propre de la littérature américaine, dont Tom Sawyer est une illustration exemplaire : la langue y est, au sens propre, extra-ordinaire, et, bien que fondée sur l'anglais, différente, développée aux États-Unis, avec une autre grammaire et un argot qui lui sont propres[51].

Le Saturday Review (), dans un compte rendu lapidaire, regrette l'humour trop souvent extravagant et vulgaire qui serait habituel à l'auteur. Le San Francisco Chronicle () parle de l'un des meilleurs livres du « génial Mark Twain » (the genius that is Mark Twain)[51].

Le San Francisco Evening Bulletin () enchérit sur ce jugement et estime que nulle part ailleurs les dons de Mark Twain n'ont été plus évidents, son imagination débridée plus libre et son humour plus authentique. Le personnage de Tom ne peut qu'avoir été profondément vécu et senti, et pour être peint avec autant de vivacité, il a dû jaillir de la conscience la plus intime de son créateur. À l'opposé de Howells, le périodique souligne également que Tom, débordant de perversité enfantine, ment, trompe, vole, et va ainsi de mal en pis[51].

Le New-York Evening Post (1er février 1877) est plus critique, et juge que, si la première moitié de l'œuvre est caractéristique du meilleur Twain, le reste perd tout charme du fait du caractère « grotesque » du récit : la prétention de l'auteur à le considérer comme une œuvre pour la jeunesse est l'une de ses grosses plaisanteries, tant il est clair qu'un jeune garçon serait tenté d'en imiter le héros, Tom Sawyer[51].

En définitive, Tom Sawyer est devenu le plus grand succès de Twain, sans cesse réédité de son vivant. Depuis, il a connu des centaines d'éditions et a été traduit dans des dizaines de langues[49]. De plus, selon Hemingway il est considéré comme une œuvre fondatrice[52], et d'après Faulkner, son auteur est « le père » (the father) de la littérature américaine[53].

Statut du roman[modifier | modifier le code]

Mark Twain livre dans la préface le double projet des Aventures de Tom Sawyer, marquant au passage l'ambiguïté de statut du livre :

« Although my book is intended mainly for the entertainment of boys and girls, I hope it will not be shunned by men and women on that account, for part of my plan has been to try to pleasantly remind adults of what they once were themselves, and of how they felt and thought and talked, and what queer enterprises they sometimes engaged in[DF 5]. »

[Traduction libre] Bien que mon livre ait surtout pour but de divertir garçons et filles, j’espère qu’il ne sera pas boudé pour cette raison par les hommes et les femmes, car je me suis également proposé de remémorer agréablement aux adultes ce qu’ils ont jadis été eux-mêmes, leurs sentiments, leurs pensées et leurs paroles, et dans quelles étranges entreprises ils s’engageaient parfois.

Ambiguïté[modifier | modifier le code]

Le roman est ainsi supposé être une œuvre pour la jeunesse, mais il s'agit en même temps d'un livre de souvenirs destiné aux adultes. Cette préface donne aussi une brève analyse du contenu : il sera composé de sentiments, de pensées, de paroles et d'entreprises propres à des enfants. L'enfant s'en amusera, y trouvant peut-être sa propre description, et l'adulte se remettra à l'esprit des sentiments, des pensées, des paroles déjà vécus, mais enfouis dans sa mémoire. Cette dualité est présente tout au long du livre : c'est un livre sur les enfants, dans lequel on trouve le point de vue de l'adulte qui se remémore avoir été enfant, qui s'efforce de rappeler les sentiments qu'il a ressentis en les présentant avec empathie, tout en ayant un recul inévitable, et parfois de l'ironie, due à son âge. Le même schéma prévaut dans les Aventures de Huckleberry Finn, mais cette fois Twain mêlera le point de vue de l'enfant et de l'adulte en adoptant la forme du récit à la première personne[DF 6].

De fait, Duick et Frison montrent que les changements abrupts de tonalité — l'humour succédant à des scènes abominables, « les « mauvais » garçons devenant parfois des modèles » —, l'ouvrage, tout en divertissant les enfants, incitent les adultes à réfléchir sur l'état de la société et l'universalité de la morale[DF 1]. Certaines scènes et certains motifs, voire certains personnages sont étrangement ambivalents : « derrière chaque scène de souvenir d'enfance lumineux et ensoleillé qui éclaire le roman est tapi son contraire : un univers de cauchemar et de bêtise qui remet en cause les fondements mêmes du monde perdu de Saint-Petersbourg[DF 7]. »

L'ambivalence de la tension touche l'ensemble du roman. Tom Sawyer se veut une protestation contre la littérature de l'enfant modèle : en annonçant d'emblée que Tom n'en est pas un, Mark Twain se place dans les rangs d'un nouveau mouvement littéraire, celui du « mauvais garçon », justement, qui satirise la philosophie morale des histoires béni oui-oui. La distinction entre bonne et mauvaise conduite s'estompe, et ce n'est qu'avec Huckleberry Finn que seront définies les implications complexes d'une prétendue « mauvaise conduite », souvent plus morale « du fait de sa capacité à bouleverser les prémisses moralement « civilisées » d'un Sud esclavagiste[DF 7]. »

Palette de genres[modifier | modifier le code]

Les Aventures de Tom Sawyer participe de plusieurs genres : les traditions et conventions de la fiction romanesque, l'autobiographie puisque l'histoire est en majeure partie fondée sur les souvenirs de l'auteur ; la quête identitaire de la part du jeune héros, ce qui l'apparente, à cela près que l'histoire s'arrête à la fin de l'enfance, au bildungsroman ; la veine picaresque avec des épisodes se suivant sans répit de manière chronologique[54] ; satirique aussi quand les mœurs d'une bourgade se trouvent montrés à la loupe ; comique enfin du fait des cocasseries des deux comparses, sans compter les pitreries involontaires de nombre d'habitants[55].

Composante romanesque[modifier | modifier le code]

Tom se complaît à lire des romans d'aventures, Robin des Bois, des contes de pirates et de voleurs (pirates and freebooters)[TR 16]. Ses amis et lui se donnent des noms flamboyants, Tom « Le Vengeur noir de l'océan des Caraïbes » (The Black Avenger of the Spanish Main) (chapitre VIII), Joe « Terreur des flots » (The Terror of the Seas), Huck « Mains de sang » (The Red-Handed)[TR 17]. Tom se souvient de toutes les intrigues et de tous les dialogues[TR 18] — alors qu'il n'a aucune idée des versets de la Bible —, et, à la fois initiateur et chef de groupe[TR 19], il organise des jeux de scène avec Huck et Joe Harper[TR 18]. Ses modèles sont des pirates qui volent et tuent, sauf les femmes, parce qu'ils sont « trop nobles » (too noble)[56]. À cet égard, écrit Rasmussen, Tom tient de Don Quichotte, alors que Huck, plus réaliste, serait son Sancho Panza[TR 19].

Ces histoires préfigurent la « vraie vie » qui ne tarde pas à se manifester, si bien que s'opère un glissement de la fiction à la réalité. La scène du cimetière où un cadavre se voit dérobé, où Injun Joe tente d'extorquer le docteur, puis l'exécute[TR 20], son refus de tuer la veuve Douglas qu'il préfère défigurer, tout cela l'apparente aux « nobles » pirates, à cela près que ce n'est pas la générosité qui le guide, mais le désir d'une vengeance plus subtile et plus cruelle que la mort elle-même[TR 20].

Les conventions d'une telle fiction jouent un autre rôle : les actes criminels dont Tom et Huck sont témoins ne semblent pas les jeter dans un trouble particulier, hormis la terreur que Tom ressent face à Injun Joe, dans le cimetière, au procès, dans la maison hantée, dans la grotte. Si le crime en soi ne le préoccupe guère, il prend conscience que justice doit être rendue dès lors qu'un innocent est accusé, et son témoignage de vérité reste à double tranchant : il lui confère la dignité de héros et lui vaut la haine meurtrière du Satan de la ville[TR 20]. Une telle constatation révèle quelles idées l'époque se faisait de la psychologie enfantine, mais implique aussi que les lectures et les jeux de Tom l'ont endurci (indomitable) et préparé à la rudesse, voire à la violence de la vie[TR 19].

Composante autobiographique[modifier | modifier le code]

Carte des États-Unis avec, en rouge, la délimitation d l'État concerné.

D'un strict point de vue autobiographique, Rasmussen, se fondant sur le témoignage de Laura Hawkins, amie d'enfance de l'auteur, confirme que le jeune héros est pratiquement la copie-conforme du jeune Samuel Clemens, en particulier dans les premiers chapitres[TR 19].

Corroborant cette affirmation, Evans analyse le seul détail choisi par Twain pour décrire Tom, ses cheveux bouclés. Ces boucles sont empruntées à l'auteur qui écrit dans son autobiographie (volume II) qu'elles « ont rempli sa vie d'amertume » (filled my life with bitterness)[TE 10]. Or, ajoute le critique, que Tom ait ou non les cheveux bouclés n'a aucune incidence sur l'action — il eût pu aussi bien avoir les cheveux raides, selon la mode de l'époque[TE 11] —, mais Tom est en partie le jeune Samuel, et Twain lui lègue ce petit trait alors considéré comme « efféminé » (effeminate), furtif coup de pinceau (brush stroke) non anodin puisqu'il écorne de façon intime l'image de l'aventurier fanfaron et impavide que Tom revendique[TE 11].

D'autre part, Twain a une confiance absolue en sa mémoire ; dans son autobiographie, il relate une conversation avec John Hay, secrétaire d'État, au cours de laquelle il affirme que tout auteur se servant de son propre passé ne peut dire que la vérité, malgré lui le plus souvent, car chaque fait et chaque chose imaginée fusionnent pour révéler « la vérité de son être intime, son âme, son caractère[C 20] ».

Pourtant, Tom Sawyer n'est pas écrit à la première personne, comme Les Aventures de Huckleberry Finn. Hutchinson explique que l'aspect autobiographique y reste délimité par les souvenirs de Hannibal, le village où Mark Twain a vécu ses années d'apprentissage[TH 18], bourg destiné à se métamorphoser sous divers noms dans plusieurs œuvres, Les Aventures de Huckleberry Finn, Un Yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur (A Connecticut Yankee at King Arthur's Court, 1889), La Tragédie de Pudd’nhead Wilson et la comédie des deux jumeaux extraordinaires (Pudd'nhead Wilson, 1894), L'Homme qui corrompit Hadleyburg (The Man that corrupted Hadleyburg 1899) et même Eseldorf situé dans l'Autriche de 1590 avec Le mystérieux étranger (The Mysterious Stranger, 1897-1906, resté inachevé)[TH 19].

Lorsque Twain commence à écrire le roman, le Hannibal de son enfance, de 1839 à 1853, a complètement disparu. La guerre de Sécession et l'industrialisation ont transformé aussi bien physiquement que socialement le Mississippi et ses abords[TG 15]. Ainsi, la reviviscence autobiographique redonne vie à un passé qui n'est plus — ce que Twain appelait « l'Ouest de son enfance »[TG 16] —, dont le souvenir tend à embellir les lieux, ici collines, fleuve, carrières, anciens abattoirs, etc. La colline apparaît comme le pays de cocagne, un lieu de rêve et de repos[TH 20]. À Saint-Petersbourg brille un été permanent et, selon Peck, c'est là qu'apparaît la véritable unité du roman, à la fois de lieu, de temps et d'humeur[TP 7].

Dans son Autobiographie, Twain passe la revue des personnages qui l'ont inspiré : les ivrognes ayant composé le personnage de Muff Potter, Tom Sawyer lui-même, mélange de Samuel Clemens et de quelques autres garnements[TG 17]. Aucun, cependant, ne fait l'objet d'une description et Becky, avec ses nattes blondes et ses yeux bleus, n'est qu'un parfait stéréotype, même si, selon ce qu'en dit Twain, elle s'inspire d'une voisine, Mary Miller, résidant en face des Clemens[TE 1]. Quant à Huck, si ce qui lui sert de vêtements est dépeint, nulle trace de son visage n'est présentée : c'est une figure idéalisée et exemplaire : « sale, ignorant, sous-alimenté, mais au cœur d'or et totalement libre[C 21] », un symbole de bonheur et d'indépendance[TG 18].

Aussi, comme l'indique la préface, le regard vers le passé demeure-t-il indulgent[TG 19], celui d'un auteur adulte appartenant à un monde moins hétérogène que celui de Huckleberry Finn[TH 19] et dont la voix demeure bout en bout « assurée » (settled)[TH 19]. Le « lecteur imaginaire[TH 21] » est censé s'identifier au protagoniste, mais ce dernier étant condamné à ne pas grandir, cette connivence se voit finalement spoliée : le héros est privé des privilèges du héros, la richesse, un mariage avec le meilleur parti de la ville, le statut d'un notable local[TH 22]. Selon Gerber, le choix même du nom « Saint-Petersbourg » ne serait pas innocent : « le lieu de saint-Pierre » (St. Peter's place), le paradis[57].

Pour autant, Tom a eu le temps de se forger une identité et comme le récit présente le point de vue d'un garçon dont le narrateur reste de bout en bout complice, la route de l'enfance traverse nécessairement le monde des adultes et s'en rapproche de plus en plus[TH 19].

Composante satirico-sentimentale[modifier | modifier le code]

La représentation sociale que fait Twain de Saint-Petersbourg est perçue de manière très variée par les lecteurs de Tom Sawyer. Comme pour le personnage de Tom[TR 21], il existe plusieurs points de vue possibles : Bernard DeVoto est sensible à la description nostalgique d'une communauté rurale et une idylle du temps passé[58], et Hutchinson considère que le caractère parodique des descriptions révèle plutôt une vie sociale terne et somnolente, dont la torpeur s'affiche d'autant plus que les aventures de Tom sont mouvementées[TH 19]. Robinson est même d'avis que la vie sociale n'y est fondée que sur la mauvaise foi et ne s'y nourrit que d'inepties[59]. Aussi l'atmosphère du village témoigne-t-elle d'un certain malaise ressenti par le narrateur, et selon Elizabeth Beck, le roman contient des zones sombres préfigurant les dernières années de Twain : « Les adultes de Saint-Petersbourg sont accusés de vanité, d'hypocrisie, de fausses postures, de malhonnêteté, de tromperie, d'hystérie, d'enfantillage, d'auto-indulgence, d'avidité pour les sensations fortes et d'une ambition démesurée[60] ».

À l'exception de Huck qui, pour n'avoir connu ni famille, ni école, ni église, échappe à la plupart des travers sociaux[TG 20], les habitants, issus du Midwest conservateur, religieux et puritain — évoqués dans plusieurs autres œuvres — témoignent de traits de caractère qui ne sont donc pas toujours flatteurs. En 2008, le traducteur Bernard Hœpffner parle d'une bande de « connards qui votent pour Bush[61] » : certains sont portés sur l'alcool, comme l'instituteur, ce qui donne lieu à une scène comique où il est publiquement humilié. La superstition règne en maître— comme Mark Twain l'annonce dans la préface[TH 1] — : un chien qui hurle annonce la mort ; un cadavre qui saigne montre son meurtrier (croyance issue de Caïn et Abel, Genèse, 4, 10, où Dieu dit à Caïn : « Qu'as-tu fait ? Écoute, le sang de ton frère crie vers moi du sol ! »[TG 21]. ») ; le chat mort peut soigner les verrues, mais uniquement dans un cimetière à minuit ; ou encore « Eau de pluie, eau de bois mort, / Grâce à toi ma verrue sort[C 22] », etc. De tels préjugés influencent les décisions et donnent lieu à de longues discussions casuistiques. Pour autant, plutôt qu'une critique sociale virulente et pessimiste, Twain préfère la posture ironique, façon pour lui de ne pas rompre le fil de son propre passé[55].

Assez grande maison traditionnelle, peinte en blanc, avec haute palissade à droite.
Maison d'enfance de Twain, à Hannibal.

Ironie qui révèle la volatilité de l'opinion publique, désireuse de voir lyncher Muff Potter au plus vite, puis changeant soudain de direction — comme si elle ne l'avait jamais accusé —, lorsqu'il est innocenté ; ou encore de l'Église, véritable théâtre de vanité, ou même de l'enseignement de la morale, dont la rhétorique « sublime » et « cauchemardesque » (sublime and nightmarish) — c'est le narrateur qui commente — accable les jeunes filles lors de leur récitation de fin d'année (chapitre XXI) : « Mais ce qui faisait la particularité unique de ces travaux, […] c’était l’inévitable, l’intolérable sermon qui terminait chacun d’eux à la façon d’un appendice monstrueux. Peu importait le sujet. On était tenu de se livrer à une gymnastique intellectuelle inouïe pour le faire entrer coûte que coûte dans le petit couplet d’usage où tout esprit moral et religieux pouvait trouver matière à édification personnelle. L’hypocrisie flagrante de ces sermons n’a jamais suffi à faire bannir cet usage des écoles[…] Aujourd’hui encore, il n’y en a pas une seule dans tout notre pays, où l’on n’oblige les jeunes filles à terminer ainsi leurs compositions. Et vous découvrirez que le sermon de la jeune fille la plus frivole et la moins pieuse de l’école est toujours le plus long et le plus impitoyablement dévot[C 23] » .

En revanche, ni l'obéissance au conformisme, ni les pulsions personnelles n'apparaissent comme vraiment monstrueuses[TG 22] et, lorsque l'ensemble des villageois se mobilise pour retrouver Tom et Becky, Twain dépeint un village accablé et souffrant solidairement (sad et sullen), puis au retour des « disparus », qui se répand en effusions de joie et des larmes plus éloquentes que les mots : « les gens […] ne pouvaient même plus parler et erraient en versant des torrents de larmes[C 24] »,[TG 22].

D'après Peck, Saint-Petersbourg ne représente pas seulement Hannibal, mais l'ensemble de la vie rurale de l'Amérique[TP 8], et à ce titre, Les Aventures deTom Sawyer annonce des œuvres du XXe siècle, telles que Winesburg-en-Ohio de Sherwood Anderson (1919) et Rue principale (Main Street) de Sinclair Lewis (1920), romans qui, comme celui de Twain, révèlent une profonde affection envers le monde perdu qu'ils racontent[TP 8].

Composante picaresque[modifier | modifier le code]

Twain n'a jamais dit ce qu'il devait à ses lectures[TG 23]. Pourtant, les références au roman d'aventures, au récit régionaliste et à la veine picaresque ne manquent pas dans Tom Sawyer. L'influence de Dickens[TP 3], de Don Quichotte, du Le Scarabée d'or (The Gold Bug) de Poe, et plus obscures pour le lecteur d'aujourd'hui, celles de Augustus Baldwin Longstreet (1790-1870) et George Washington Harris (1814-1869), auteurs régionalistes comiques, se font assurément sentir[62],[TG 23]. Don Quichotte, en particulier, que Twain lit vers la fin des années 1860 et qui le fascine par sa satire[TR 7], prête au moins deux des attributs de son héros à Tom : lecture vorace d'histoires romanesques et confusion entre imagination et réalité[TR 7].

Thématique[modifier | modifier le code]

Les thèmes contenus dans Les Aventures de Tom Sawyer concernent les enfants et, au-delà, la société tout entière, et aussi l'humaine condition[TM 1].

Maturation du héros[modifier | modifier le code]

Messent relève l'importance des barrières et des fenêtres dans le roman[TM 1]. True Williams, illustrateur de Mark Twain, est connu pour le peu d'attention qu'il porte au texte : dans la première édition, il représente la palissade que Tom doit repeindre avec des barres latérales espacées[TM 1], de la hauteur de l'enfant, alors qu'il s'agit de tout autre chose[TR 22] : censée avoir quelque 27 mètres de long sur 3 mètres de haut (chapitre XXVI)[TG 6], son gigantisme est symbolique des barrières séparant le domaine privé de l'espace public, et la maturation de Tom représente un parcours dans lequel nombre de frontières doivent être franchies[TM 1].

Espace public et espace privé[modifier | modifier le code]

D'un côté, l'autorité, celle du foyer qu'incarne Tante Polly et celle des institutions traditionnelles d'une bourgade de campagne telles qu'elles existaient « trente ou quarante années plus tôt » (thirty or forty tears ago)[TM 3] ; de l'autre, la rébellion et le besoin de liberté sur quoi les punitions semblent rebondir sans effet[TM 4]. Tom s'emploie à subvertir l'éthique[TM 5] exigeant que l'on travaille dur et à perturber la routine des adultes par son imagination folâtre, allant même jusqu'à interrompre ses propres funérailles[TM 6]. C'est surtout hors des frontières du bourg qu'il atteint au génie, en marge de la civilisation, dans les forêts pour revivre l'aventure de Robin des Bois, sur l'île Jackson afin de réincarner les pirates de la Caraïbe, enfin dans la grotte McDougal au péril de sa vie et de celle de sa petite fiancée[TM 5].

Dessin crayon noir, enfants nus jouant dans l'eau, vêtements éparpillés, fond de verdure.
La baignade sur l'Île Jackson.

Cette liberté que sa bande s'octroie tient de l'utopie d'un monde sans entrave sociale[TG 3]. Twain évoque « le délice ressenti à se réveiller frais et reposé dans le profond silence et le calme des bois[C 25] » ; et pour décrire le plaisir à se baigner dans la rivière, le vocabulaire choisi évoque les cabrioles et les ébats de jeunes animaux, « caracoler », « gambader » (prance, frolicetc.), alors que les vêtements volent tour à tour, ces derniers vestiges de la civilisation[TH 27],[TM 6].

Daniel Peck voit dans ce tableau une vision de la jeunesse en symbiose avec la nature rappelant à la fois Rousseau (L'Émile) et Wordsworth (Le Prélude)[TP 9]. Alors que Twain, écrit-il, tend plutôt se méfier de la sensibilité en la rendant aussitôt burlesque, ici il laisse aller la fête lustrale jusqu'à son terme, sans commentaire ni restriction d'aucune sorte[TP 9].

Premier pas hors de l'infantilité[modifier | modifier le code]

Il coïncide avec l'entrée en scène de Joe l'Indien, homme de la nuit[TM 6], d'abord dans un cimetière désaffecté. Twain accuse le caractère gothique de la scène, l'air immobile, le hululement de la chouette, des ombres se mouvant dans les ténèbres : pour la première fois, plane une menace et désormais, l'atmosphère quasi pastorale cède au cauchemar[TM 6]. Tom est témoin d'une scène barbare : un cadavre exhumé, un meurtre, un innocent accusé. Le processus de prise de conscience se déroule en deux étapes : d'abord, craignant pour sa propre sécurité, il garde le silence et tente d'apaiser ses doutes en offrant quelques bricoles au prisonnier dans sa geôle. Le déclic se produit au tribunal lors du procès : dans ce lieu symbolique de l'autorité, il surmonte ses frayeurs et donne publiquement sa version des faits ; un seuil est franchi, l'innocence cède à l'expérience, et le sens des responsabilités l'emporte sur les lâchetés de l'âge enfantin[TM 6].

Tom et Joe : doubles opposés[modifier | modifier le code]

Cynthia Griffin Wolff fait remarquer que d'un certain point de vue, Tom et Joe l'Indien sont des doubles opposés[63]. Tom « joue » la violence et passe son temps à faire trembler les gens, mais Joe, lui, l'a met réellement en œuvre, tue, et sa revanche envers la veuve Douglas promet d'être d'une sauvagerie inouïe. De plus, comme Tom, il franchit les limites symboliques de Saint-Petersbourg : son corps agile et nerveux lui permet de sauter par les fenêtres, de se glisser par les petites anfractuosités de la roche comme le font les jeunes enfants ; en quelque sorte, il porte à l'extrême les tendances anti-sociales et rebelles qui, chez Tom, restent à l'état d'ébauches[63].

Cet étrange jumelage se poursuit dans l'épisode de la grotte McDougal, que Messent qualifie de « mouvement final du roman sur le plan vertical[CCom 4] », alors que côte à côte, mais sans le savoir, les deux s'enfoncent « de labyrinthe en labyrinthe[CCom 5] ». L'aventure prend une dimension mythique car, dans ce monde des ténèbres, un triangle relationnel et pathétique se forme avec le jeune héros perdu face au méchant familier des lieux, et une figure virginale et vulnérable en la personne de Becky[TM 7]. En une scène hybride, tenant à la fois du roman gothique et du Bildungsroman[64], Tom se révèle à la hauteur de la situation : non seulement il ne souffle mot de sa rencontre à Becky pour ne pas l'effrayer davantage, mais crânement, réussit à la sortir indemne de l'enfer[TM 8].

Tom et Huck : doubles identiques[modifier | modifier le code]

Si Tom envie la manière de vivre de Huck, respecte sa farouche lutte pour la liberté, Huck admire la culture livresque de Tom ; si Tom explique comment s'habillent les pirates, Huck ne conteste en rien son savoir[65]. Quelle que soit leur indéfectible amitié, cependant, Huck voit en Tom un conformiste déjà en phase avec la société qu'il prétend rejeter[65].

Un exemple typique est donné lors de l'épisode de la fugue sur Jackson's Island : le premier jour est le plus beau de la vie des trois lurons ; le soir, cependant, même s'ils récitent leur prière, Tom et Joe, qui ont reçu la même éducation, ressentent une certaine culpabilité pour avoir volé la nourriture nécessaire à l'excursion[65]. À l'opposé, Huck n'éprouve aucune crise de conscience, ni pour avoir pris les aliments à l'étalage, ni pour avoir « emprunté » certains instruments. Après tout, c'est la société qui l'a rejeté et, en réalité, sa journée est à marquer d'une pierre blanche tant son dîner surpasse ce qu'il trouve d'habitude dans le village[65].

En somme, les deux garçons ont en gros le même sens du bien et du mal, mais chez Huck, il s'agit d'une reconnaissance innée faisant bon ménage avec sa débrouillardise, tandis que chez Tom, c'est le fruit des enseignements qu'ils a reçus, tant en famille qu'à l'école et lors des activités paroissiales du dimanche[65]. S'y ajoutent aussi les bonnes dispositions de son tempérament : menteur invétéré, ses tromperies restent pour la plupart inoffensives ou générées par les meilleures intentions ; elles s'apparentent à ce que Tante Polly appelle des « mensonges bénis » (blessed, blessed lies) (chapitre IX) et que le juge Thatcher, lorsque Tom se fait punir à la place de Becky, qualifie (chapitre xxxv) de « noble, généreux, magnanime » (noble, generous, magnanimus lie)[TP 10].

Leur vie est scellée par le fait que ce sont tous les deux des orphelins, mais tandis que Tom vit dans une maison agréable et dort chaque nuit dans un bon lit, Huck est seul, sans foyer, avec un père qui passe pour être le soulard du bourg et qui le rosse chaque fois qu'il est pris de boisson[65]. Lui dort où il peut. Tom mange trois fois par jour et Huck dépend de ce qu'il trouve dans les détritus. Tom porte l'uniforme de son école, mais Huck se contente de guenilles que retient une bretelle effrangée, et va toujours nu-pieds[65].

Huck ne sait pas ce qu'est l'école, encore moins celle du dimanche. À la différence de son ami, il n'est jamais invité chez quiconque. Il passe son temps à errer, disparaît parfois pendant quelques jours sans jamais que personne n'y prête attention. Il est incapable d'accepter les règles de bonne conduite : se retenir de cracher lui est impossible, de fumer et de chiquer non plus ; les vêtements propres le gênent, les emplois du temps le contraignent au-delà de l'indicible, et se tenir à table lui semble aussi inutile que grotesque[65].

Tom se laisse emporter par des rêves insensés, tous inspirés des romans d'aventure dont il est friand[TR 19]. Il a l'art d'ajouter aux faits de tous les jours de petites touches qui donnent à la réalité une air de fantaisie[66]. Huck, quant à lui, n'a jamais lu un livre de sa vie et, en toute occasion, oppose son pragmatisme aux débordements d'imaginatifs de son ami. Huck, en fait, n'a aucune ambition, surtout pas le désir de se « civiliser », c'est-à-dire d'adopter les habitudes de la cité[65]. Tom, lui, connaît les astreintes de la vie en commun et c'est pourquoi il se fait un malin plaisir de les transgresser. Huck ne sacrifie rien ; Tom s'intègre à la fin de son parcours enfantin[TP 11] et éprouve de la joie d'avoir conquis une place de choix dans cette société qu'il a tant et si malicieusement bernée[65].

Ainsi, le roman entre dans sa dernière phase : Tom a réussi son rite de passage, la population l'acclame en héros et bientôt, le trésor va couronner son accession à la maturité et, plus prosaïquement, sa totale intégration[TM 8]. Messent note que, symboliquement, Joe l'Indien meurt devant une ouverture fermée : cette dernière barrière n'a pu être franchie et l'élément nuisible de la communauté perd la vie par là même où il l'a souvent sauvée[TM 8].

Dès 1877 le San Francisco Evening Bulletin évoque en Tom un personnage « débordant de perversité enfantine » (« overflowing with childish perversity »), sans que cette qualification ne soit à proprement parler péjorative[67] : Tom Sawyer est « un conformiste, un beau-parleur qui joue à l'homme libre[TG 24]. » Et, pour Messent, si Tom perturbe le quotidien des adultes, sa rébellion n'est possible que sur le fond des conventions et des valeurs sociales d'un village dans lequel il est finalement intégré et rencontre le succès[TM 1].

Rebelle intégré[modifier | modifier le code]

Cette insertion de Tom dans sa communauté situe la limite du portrait qu'en trace Twain comme symbole de liberté, limite qui peut être vue comme une forme d'inauthenticité. Tom Sawyer serait un roman de formation où le personnage joue dans l'espace permis par les adultes[TG 3], puis cesse progressivement de jouer pour adhérer aux valeurs du monde des grandes personnes[68] qui passent des pleurs aux rires avec une facilité déconcertante, leur volatilité d'humeur étant voulue par Twain qui veille sur l'innocence du héros jusqu'au terme de l'enfance[TG 3]. Trop socialisé désormais, ne franchissant plus les fenêtres de la liberté, Tom a perdu le droit d'accéder à l'âge d'homme ; il est devenu un « rebelle intégré » (« a sanctioned rebel[69] ») et Twain l'abandonne pour Huckleberry Finn qui ne s'intègre jamais[TM 8] : « J'ai décidé de ne pas conduire le garçon au-delà de l'enfance, écrit-il. Je crois que cela lui serait fatal à moins que ce ne fût autobiographiquement — comme Gil Bas — […] Si l'histoire se poursuivait et si je l'amenais à la maturité, ce serait le condamner au mensonge comme tous ces héros de littérature à quatre-sous, ce qui susciterait le mépris souverain du lecteur. Ce n'est pas un livre pour enfants, d'aucune façon. Il ne sera lu que par des adultes. Il n'a été écrit que pour des adultes[C 26]. »[70],[71] Ainsi, Tom, de par la volonté de son créateur, est condamné à demeurer à l'extrême limite de l'enfance, à la rigueur aux premiers stades de l'adolescence[TP 4].

Liberté[modifier | modifier le code]

Dans la mesure où Tom est conçu comme un personnage essentiellement comique, il doit rester sympathique et ses actes ne peuvent qu'apparaître sans gravité ou sans conséquences[TG 3]. Pour autant, tout au long du roman, la liberté se définit par la transgression des règles régissant la société. La bonne conduite, telle que les adultes la définissent, implique une perte de cette liberté : cela signifie blanchir la palissade le samedi, s'ennuyer à l'école et à celle du dimanche, s'habiller conformément à des règles convenues. Huck, qui est dispensé de telles obligations parce qu'il n'y a personne pour les lui imposer, reçoit l'admiration des autres enfants car il représente un symbole de pure liberté[TG 18].

Tom se situe à mi-chemin entre la liberté et l'emprisonnement : sous la férule de sa tante, il est tenu d'aller à l'école et à celle du dimanche, de se tenir à l'église en bon chrétien, de ne pas casser les pots[TP 12]. Dès qu'il le peut pourtant, il s'échappe pour vivre sa vie qu'il définit par d'autres règles, aussi absolues que les autres, le code d'honneur des pirates et des voleurs reposant sur des superstitions auxquelles la plus stricte adhésion est requise. Ces transgressions ont un prix, par exemple lorsque Tom bouleverse sa tante en restant sur l'île Jacob sans lui donner signe de vie. Son sens des responsabilités a ses limites : même après la découverte du trésor, alors que la sauvagerie enfantine l'a quittée, il forme toujours l'espoir de devenir le chef d'un gang crapuleux, mais « présentable »[TG 25].

Quoi qu'il arrive, ses tricheries finissent toujours par passer au second plan grâce à l'appui du narrateur qui renverse les situations ou intervient par sa satire. D'ailleurs, son omniscience rend l'exercice aisé[72] : que Tom obtienne des faveurs de façon peu respectable, et Twain met aussitôt l'accent sur le rire, sort son héros du désagrément par une boutade et tire le rideau[TG 3] ; ainsi, les tours de passe-passe abondent, Twain s'arrangeant pour métamorphoser une colère légitime en satisfaction ou soulagement[TG 26]. Selon Grimal, Tom est un héros qui ne fait que « jouer à la liberté », tandis que Huck, « enfant libertaire[TG 25] », devient le vrai défenseur des valeurs du livre, énonçant dans l'ultime chapitre les lois fondamentales de son existence[TG 25].

Mort[modifier | modifier le code]

Garçon déjà grand avec un ballot qu'il tend à une homme assis par terre dans un lieu sinistre.
Tom apportant des provisions à Muff Potter dans sa prison pour apaiser sa conscience, par Johan Braakensiek.

La mort est omniprésente dans le roman, réelle, mise en scène ou en tant que menace. Tom est un orphelin et la disparition de ses parents n'est pas expliquée ; il assiste, avec Huck, au meurtre du Dr. Robinson. Les habitants de Saint-Petersbourg le considèrent comme noyé lorsqu'il part jouer aux pirates sur l'île Jackson avec Huck et Joe. Il fait de ses funérailles le théâtre de son retour surprise. Il lutte avec sa conscience pour savoir s'il sauvera Muff Potter de la pendaison. Avec Huck, il craint d'être tué par Joe l'Indien. Tom et Becky frôlent la mort lorsqu'ils se perdent dans la grotte où Joe l'Indien trépasse peu après. D'après Cynthia Griffin Wolf, « l'identification finale » (final identification)[73] concerne Tom et Injun Joe, le personnage le plus mystérieux du roman, dont le lecteur ignore le passé, quelle est la nature de son antagonisme avec le Dr. Robinson, pourquoi le mari de la veuve Douglas l'a fait fouetter[TH 29]etc.

Les nombreuses allusions bibliques, rituelles ou littéraires, confortent cette présence morbide : allusion au meurtre de Caïn par Abel (Genèse, 4, 10), au cheval pâle de l'Apocalypse (Apocalypse, 6, 7) que le compense pas la doxologie, l'hymne de louanges chanté à la fin de l'office ; du poème de Lord Byron[N 15],[74], La destruction de Sennacherib (The Destruction of Sennacherib) (1815), se détache le premier vers : L'Assyrien s'élança comme le loup sur le troupeau (The Assyrian came down like the wolf on the fold)[75], sans compter que la cloche fêlée de l'église vient du SS City of Chester, vapeur ayant coulé lors d'une collision[76] au large du village d'Hannibal, Ohio[TG 28].

Morale[modifier | modifier le code]

D'après Grimal, dans la mesure où le livre se présente surtout « comme un roman d'aventures et d'expériences enfantines[TG 25] », il n'a pas besoin d'une morale subtile : le héros y joue un rôle moins sérieux que celui de Les Aventures de Huckleberry Finn où ce n'est pas le monde adulte qui est critiqué, « mais le fonctionnement social et idéologique des États brodant le Mississippi[TG 25] ».

Pourtant, si la morale est présentée de plusieurs manières, c'est généralement d'une façon négative[77]. L'enchantement que procure Tom Sawyer se construit sur une série d'horreurs, violation de sépulture, assassinat, terreur, vengeance, mort par épuisement, etc.[TG 12]. À travers le personnage de Huck et de l'adhésion de Tom à une association pour l'interdiction du tabac et de l'alcool (« Cadets de la Tempérance ») [TG 10], c'est le désir de l'interdit qui est souligné, ce qui montre qu'aux yeux de Twain, la morale est la source principale d'immoralité. Plus tard, dans un essai comme Qu'est-ce que l'homme ? (What is man?)[78],[N 16], Twain développera cette même idée en considérant que la liberté morale attribuée à l'homme le rend capable du mal[77]. À l'église, c'est l'hypocrisie et la vanité du révérend que Twain ridiculise à travers l'épisode des bons points échangés par Tom avec ses camarades ; l'hypocrisie se voit également critiquée lorsque Twain évoque les devoirs des jeunes filles, et les absurdes contraintes moralisatrices auxquelles elles sont tenues de se conformer[TH 24],[TP 13].

Bien que Twain se défende de tout romantisme[77], le fait est que les conduites ou sentiments moraux qui ne font pas l'objet de son ironie ou de sa critique sont ceux qui, de manière spontanée, sont issus du sentiment ou du naturel des personnages : tante Polly est une vieille femme d'un naturel généreux, ce qui la retient de châtier Tom comme elle le souhaiterait[TG 26]. Tom évite à Becky une punition humiliante par un acte de noblesse spontané dont il est le premier à s'étonner. Son sens de la justice sauve Muff Potter de la potence[TH 19]. La bonté des habitants de Saint-Petersbourg, pourtant si critiqués par Twain, s'exprime par leur désespoir lors de la disparition des enfants, d'abord lors de leur escapade sur Jackson Island, puis dans l'épisode de la grotte McDougal, et à chacune de ces occasions, par la ferveur de leur joie lors de leur retour[TG 29].

Tensions de la société[modifier | modifier le code]

Le monde de Saint-Petersbourg n'est pas toujours à l'image des paysages idylliques qu'il recèle . Si Twain se montre dans l'ensemble indulgent avec lui, sa satire ne s'exerce pas moins sur les adultes — plus rarement les enfants —, surtout lorsqu'ils sont des représentants institutionnels ; et dans l'ensemble, elle dénonce les nombreux préjugés qui faussent le jugement collectif[MA 7].

L'ostracisme[modifier | modifier le code]

Trois personnages, le protagoniste Tom, Muff Potter et Injun Joe, vivent à des degrés divers en marge de la société. Huck, orphelin de sa mère et fils de l'ivrogne du village (Pap Finn), n'a aucune figure parentale pour lui signifier la différence entre le bien et le mal, mais si au début du roman il est considéré comme un paria, ce n'est pas parce qu'il a une conduite répréhensible, mais en raison de sa dégaine et de la réputation de son père. Tom et lui, cependant, bénéficient de la volatilité sociale, prompte au pardon[TG 26], si bien que les deux gaillards se voient en un tour de main propulsés au statut de héros, l'un parce qu'il a sauvé la veuve Douglas, l'autre pour avoir évité la potence à Muff, puis tour à tour suscité l'angoisse, le soulagement et enfin l'admiration pour avoir contribué à se débarrasser du seul méchant du roman[MA 7].

Car Joe L'Indien ne bénéficie pas de la moindre aptitude au pardon : son statut de métis — moitié natif Américain, moitié caucasien —[TR 20] suffit à le rejeter en marge d'une société encore raciste et, de toute façon, lui-même ne fait aucun effort pour se faire accepter, bien au contraire puisqu'il incarne le mal, a la réputation d'avoir tué cinq villageois, assassine le médecin, tente d'incriminer un innocent pour son forfait et se propose de mutiler la veuve Douglas. Seul, un groupe de « nunuches » (sappy women)[TH 30] lance une pétition auprès de gouverneur pour obtenir sa grâce à titre posthume. Ici, Twain passe au crible de sa satire certains groupes sociaux qui, pour des raisons de sensiblerie, ne savent faire le tri entre qui mérite l'indulgence et qui le châtiment. La mort de Joe met un terme à ces velléités, le destin s'étant chargé de se faire justice[79].

Il arrive que le roman soit qualifié de raciste parce que, comme dans Huck Finn, les Noirs y sont traités de « nègres » (negroes/niggers). D'après Fredrickson[80], le terme était en usage à l'époque sans connotation spécifique, et une version purgée du mot a soulevé les sarcasmes de plusieurs critiques[81].

Twain évoque cette question dans le premier volume de son autobiographie à propos de son bourg natal : la couleur de peau, explique-t-il, traçait une fine ligne de démarcation entre la « camaraderie » et la « camaraderie » (comradeship) « dont chacun était conscient, mais qui rendait la fusion complète impossible[C 27]». L'esclavage demeurait domestique et la population avait le « commerce des esclaves » (nigger-trade) en horreur, au point de le qualifier d'« enfer sur terre » (hell on earth)[82],[TE 14].

Pardon[modifier | modifier le code]

Le roman est parcouru par une tension entre la discipline et l'indulgence, la condamnation et le pardon, par exemple dans les relations qu'entretiennent Tom et Tante Polly. Chez elle, le conflit est permanent entre la tête et le cœur, le devoir et l'amour[TG 30] : « chaque fois que je lui pardonne, dit-elle, ma conscience saigne, et chaque fois que je le frappe, mon vieux cœur se brise en mille morceaux[C 28] ».

D'ailleurs, Tom sait très bien comment en jouer ; lors de l'incident où il se fait punir à la face de Sid pour le sucrier cassé, il imagine un scénario d'un pathétique consommé[TE 15] :

« Il savait qu’au fond d’elle-même, sa tante regrettait son geste […] Il se représentait sur son lit de mort. Sa tante, penchée sur lui, implorait un mot de pardon, mais lui, inflexible, se tournait vers le mur et rendait l’âme sans prononcer une parole. […] Puis il imaginait un homme ramenant son cadavre à la maison. On l’avait repêché dans la rivière. Ses boucles étaient collées à son front et ses pauvres mains immobiles pour toujours. Son cœur si meurtri avait cessé de battre. Tante Polly se jetterait sur lui. Ses larmes ruisselleraient comme des gouttes de pluie. Elle demanderait au Seigneur de lui rendre son petit garçon et promettrait de ne plus jamais le punir à tort. Mais il resterait là, raide et froid devant elle…[C 29] »

Le thème du pardon s'applique aussi à la société tout entière : Tom franchit le pas par son action rédemptrice et passe du monde de la condamnation au statut de héros[TG 31]. Huck lui aussi en bénéficie après avoir sauvé la veuve Douglas, ce qui le sort de l'ostracisme du paria. Muff Potter lui-même, en dépit de ses erreurs passées, se voit réhabilité dans la mesure où il fait sincèrement montre de meilleures intentions, ce qui donne à Twain l'occasion de se débarrasser de lui[TR 23]. Pour ce faire, il se moque du brusque virement de l'opinion à son égard, une « déraison volage » (« flickle resasoning »), écrit-il, encore qu'aussitôt il atténue son propos et ajoute : « mais ce genre de conduite est plutôt à mettre au crédit de la société ; par conséquent, il n'est pas vraiment bien d'y trouver à redire[C 30] » .

Hypocrisie[modifier | modifier le code]

Toutes les grandes institutions sont représentées en microcosme, et toutes se voient moquées par le narrateur-auteur, qu'il s'agisse de la morale publique, du pouvoir judiciaire, de l'éducation, de la religion, de la médecine ou de l'économie[TP 14]. Twain part du principe que chacune d'elles et les personnalités qui les représentent devraient être en complet accord avec leur comportement public[TG 32].

Ainsi, une taverne se proclamant « de la Tempérance », c'est-à-dire censée ne pas servir d'alcool[TG 32], ne saurait avoir un tonneau de whisky dans son sous-sol ; de même, une école du dimanche, qui a pour stricte mission d'inculquer les Écritures à ses élèves, ne devrait pas les inciter à se pavaner — et le maître avec eux — devant la plus haute instance judiciaire du comté, le juge Thatcher, qui lui-même, fait le beau dans ce que Twain considère comme un sanctuaire de dignité[MA 8].

Les paroissiens, quant à eux, seraient mieux inspirés de s'intéresser au sermon de leur pasteur plutôt qu'aux pitreries d'un lucane. De toute façon, l'église est un lieu d'hypocrisie, avec une morale superficielle et une réelle expertise en abus de pouvoir[MA 9] ; même si les scènes qui s'y déroulent relèvent le plus souvent de l'intermède comique (comic relief)[MA 9], l'Église institutionnelle est vue comme une machine de pouvoir, et ses succursales, l'école du dimanche en l'occurrence, un appareil à détruire plutôt qu'à structurer l'enfant : les prêches interminables y suscitent l'ennui, d'autant que leur puissance évocatrice se limite au whangdoodle[MA 8], soit une forme de discours-gadget stéréotypé[83].

Les maîtres d'école, dont le devoir est de veiller à l'instruction des enfants, ne devraient pas avoir le droit, comme le fait Mr. Dobbins, de fouetter un élève pour l'exemple avant une inspection et de s'enivrer juste avant pour se donner du courage. La mission de l'établissement de soins médicaux serait de veiller à la santé des habitants, alors qu'elle est dévoyée par la promotion d'une drogue antalgique, la « Doloricide », censée, comme son nom l'indique, être un « tue-douleur », et prescrite systématiquement comme la panacée de tous les maux alors qu'en réalité elle tue en effet, mais à petit-feu. Même Tom l'expérimente sur le chat de sa tante, Peter, qui fait des bonds jusqu'au plafond[TE 16].

Tout cela s'accomplit aux dépens de l'honnêteté ; en définitive, ce qui prévaut dans les secteurs institutionnels, c'est de se montrer, de s'enrichir et de grimper au plus vite au faîte de l'échelle sociale plutôt que d'assurer ses fonctions avec le devoir de sa charge et un brin de moralité[MA 10].

Rares sont les gens qui cumulent vertu et richesse, la veuve Douglas faisant sans doute exception[TE 17], et lorsque Tom et Huck se trouvent couverts d'or, d'un coup la population se presse pour boire leurs petites vantardises comme paroles d'Évangile, alors que nul — sauf lorsque leurs escapades faisaient craindre pour leur vie — ne leur prêtait la moindre attention du temps de leur pauvreté[84].

Ainsi, Twain, d'ailleurs souvent aidés par ses personnages-enfants, perfore la baudruche des illusions que chacun entretient sur sa propre importance, tous ou presque participant de l'hypocrisie ambiante, qu'ils pouffent comme des gamines au beau milieu de la remise du prix ou que, tel Mr. Dobbins, affichent leur indignité sans perruque et pris de boisson[85].

Forme[modifier | modifier le code]

Narration[modifier | modifier le code]

L'approche narrative dans Tom Sawyer n'est pas aussi travaillée que celle de Les Aventures de Huckleberry Finn. Le rapport entre le narrateur et le héros reste simple, encore qu'il arrive qu'un jeu s'installe entre le narrateur et l'auteur, comme si ce dernier voulait donner le change et prétendre, le temps d'un clin d'œil, qu'il n'y a pas d'assimilation entre l'un et l'autre ; ainsi, dans la phrase : « Si Tom avait été un philosophe aussi grand et aussi profond que l’auteur de ce livre, il aurait compris une fois pour toutes que travailler c’est faire tout ce qui nous est imposé, et s’amuser exactement l’inverse », l'intention ludique paraît évidente (Les Aventures de Tom Sawyer#La clôture passée à la chaux). Cela dit, la nostalgie domine qui regarde avec amusement les joies et les désespoirs de l'enfance, « une réussite » (a success), d'après Howells dans un compte rendu pour The Atlantic Monthly[TG 19]. Pourtant, Twain considère son œuvre comme une sorte d'épopée de l'enfance, qu'il qualifiera dans une lettre de 1887 d' « hymne en prose » (« hymn in prose form[86] »).

Cohérence structurelle[modifier | modifier le code]

Certains critiques jugent que le roman manque de cohérence structurelle. Ils notent que le récit se borne à une énumération d'événements strictement chronologique rappelant le roman picaresque[DF 7] ; d'autre part, les voix entendues se suivent et, tout en gardant chacune son ton et son style définissant la personnalité du personnage dont elle émane — ainsi, Tante Polly est « typique de la population des Américains moyens de Saint-Petersbourg et de leur manière de s'exprimer[DF 7] » —, finissent par s'empiler les unes sur les autres[87].

De ces différentes voix vernaculaires, l'une s'élève plus conventionnelle, se plaisant à des apartés éditoriaux, des passages satiriques témoignant d'un jugement social supérieur, celle du narrateur. Ainsi, alternent style élevé et style populaire, « au point que Twain semble hésiter quant au choix stylistique qu'il veut faire[DF 6]. » Pourtant, la langue de Tom, son bagout, sa façon d'entortiller les mots, ses dons de fabuliste dominent et resserrent le récit et, dans le même temps, confèrent au protagoniste une identité : si de son visage le lecteur ne saura rien, sinon qu'il a les cheveux frisés — ce qui rappelle ce que Twain écrit à propos de lui-même dans son autobiographie (volume II)[TE 18] —, si même ses traits varient selon le choix des différents illustrateurs, en revanche, sa rhétorique subjugue ses camarades et, quand il le faut, tient tête aux adultes ; Tom joue de la langue comme d'un instrument de musique, en virtuose[TP 13], instrument qui exerce un charme sur la communauté et le lecteur, tel, écrit Peck, le chant d'Ariel dans La Tempête de Shakespeare[TP 15]. Cependant, dans le cas de Tom, l'envoûtement tient beaucoup à l'art du jeu : le bagout lui sert de passe-partout, le sort des situations difficiles, gagne l'admiration de ses camarades, subjugue Tante Polly : il s'agit de ce que l'anglais appelle wordplay, non pas simple « jeu de mots », mais langage ludique, une façon de se jouer tout en jouant[TP 16].

Roman en action[modifier | modifier le code]

Mark Twain ne propose pas de portraits des personnages, qui ne sont presque jamais décrits — à l'exception des hardes de Huck lors de sa première rencontre avec Tom[MA 11] —, non plus qu'il il ne fait de descriptions détaillées des lieux, bien que les décors naturels, forêts, criques, berges, reçoivent une plus grande attention de sa part[TG 18].

Les personnages sont présentés par leurs actions et les sentiments qui les font agir (certains reviennent souvent, comme la peur, l'amour, l'amour-propre et la culpabilité), et il y a peu de descriptions physiques ou d'introspections : Tom est un garçon d'un âge indéterminé[TP 4], comme le montre l'épisode de la dent de lait au chapitre VI, peu compatible avec son âge[TP 13]. À cet égard, Twain ne se soucie pas de réalisme : tantôt son héros a sept ans, tantôt douze ou quatorze[TG 4] ; ses émois envers Becky Thatcher ne sont plus des enfantillages innocents, plutôt ceux d'un garçon ayant atteint l'âge de la puberté[TG 4]. La chronologie de l'œuvre est surtout marquée par les jours de la semaine, avec les repères traditionnels d'une bourgade de campagne, l'alternance du jour et de la nuit, les cloches de l'église appelant les fidèles à leurs devoirs spirituels, autant de jalons qui s'estompent lorsque les jeunes héros vaguent dans la nature, sur la colline ou l'île, à plus forte raison quand Tom et Becky se perdent dans la grotte[TG 32].

Procédés humoristiques[modifier | modifier le code]

Twain utilise des formes d'humour dont il s'est déjà abondamment servi dans ses œuvres précédentes, par exemple le canular (practical joke), consistant à placer une personne dans une situation de victime, comme lorsque Tom se fait passer pour mort et est pleuré par toute la communauté villageoise. Un tel humour ne va pas sans cruauté, comme l'illustre Twain avec le retour incognito du jeune garçon. Se torturant l'esprit pour décider ou non de prévenir sa tante éplorée qu'il est toujours en vie, se gargarisant même d'une litanie de bonne conscience pour lui épargner du chagrin, il y renonce gaillardement au profit de l'effet de surprise que ne manquera pas de créer sa morbide plaisanterie : d'où son retour du royaume des morts au beau milieu de ses propres obsèques et la joie collective que le manipulateur et metteur en scène de la fanfaronnade partage goulûment avec les paroissiens[TG 26]. Ainsi, Tom se moque de son village sans grave conséquence pour lui ; bien au contraire, il se voit aussitôt pardonné. Comme le signale Grimal, l'affrontement qu'il a avec le groupe reste sans danger et l'amour que lui porte sa tante inaltérable. Malgré ses vilains tours, il réussit, selon son vœu souvent exprimé, à devenir le personnage le plus en vue de la communauté[TG 26].

Vieux chat avec des herbes dans la gueule regardant le spectateur.
« Peter avait l’air ravi. ».

Une autre technique est l'attribution de traits humains à un animal, comme l'illustre au chapitre XII, la scène de Tom donnant son « médicament », de la « Dolomicide », à Peter le chat :

« “Don’t ask for it unless you want it, Peter.” But Peter signified that he did want it. “You better make sure.” Peter was sure. “Now you’ve asked for it, and I’ll give it to you, because there ain’t anything mean about me; but if you find you don’t like it, you mustn’t blame anybody but your own self.” Peter was agreeable[TH 33] »

« [Traduction libre] N’en demande pas, si tu n’en veux pas, Peter », fit Tom. Peter fit comprendre qu’il avait bel et bien envie de goûter au breuvage. « Tu es bien sûr que ça te plaira ? » Peter dut répondre par l’affirmative. « Bon, déclara Tom. Je vais t’en donner puisque tu y tiens. Mais, si tu n’aimes pas ça, tu ne t’en prendras qu’à toi-même. » Peter avait l’air ravi.

La scène de l'inspection est, d'après Messent, l'une des plus réussies de toute l'œuvre de Twain[TM 9]. Vêtu de ses habits du dimanche pour aller l'école du même nom qu'il déteste, gêné par la raideur amidonnée de son costume acheté deux ans plus tôt — « la gêne […] qu'un costume et la propreté apportent avec eux » (the restraint […] that whole clothes and cleanliness brings with them —[TH 34], Tom, à son habitude, triche en troquant le nombre de bons points nécessaires à l'obtention du premier prix, assez pour 2000 versets. Impatient « de gloire et de panache » (glory and éclat), plutôt que de mémoriser les passages prescrits, il préfère acheter sa gloriole par le troc. Ce faisant, il mine et court-circuite la procédure institutionnelle, et aussi, ajoute Messent, sape le socle de valeurs sur lesquelles elle repose[TM 9]. Le juge Thatcher prononce les bonnes paroles qu'exige la tradition, félicite le lauréat et, en couronnement de la cérémonie, pose une ultime question : c'est la célèbre séquence sur David et Goliath[TM 9].

L'humour de la scène se nourrit de plusieurs effets complémentaires, d'abord la nature publique et extrême de l'erreur monumentale de Tom ; ensuite l'impression d'un abîme séparant le monde de l'enfance et celui des adultes — confrontation du jeu et de la recherche permanente du plaisir avec la prière et le dur labeur[TM 10]. —. Cette stature ironique se voit d'autant rehaussée qu'en fin de compte, Twain laisse à entendre que les deux mondes ne sont pas tellement différents, ne serait-ce que parce que tous, élèves comme dignitaires, cèdent à la vanité de se mettre en vedette[TM 10].

Style[modifier | modifier le code]

L'original de Tom Sawyer est plus rude que la version qui en a été publiée[88].

Version tamisée[modifier | modifier le code]

Sur l'insistance de Howells et d'Olivia Clemens, son épouse, Twain édulcore volontiers son texte. Pour ne donner que quelques exemples, le nom « tripes » (bowells, que tord le « Tue-Douleur », devient « entrailles » (entrails) et l'adjectif « sacrées » (bloody), qualifiant les « peignées » (wollops) que donne et reçoit le jeune héros, s'atténue en « rudes » (rough)[88], sans que d'ailleurs « aucune de ses coupures ou altérations ne défigure le roman[TG 14]. ». D'autre part, certaines grossièretés, en particulier dans la bagarre du chapitre III, le discours de Walter au chapitre IV et le passage où Becky regarde un corps nu dans le livre d'anatomie au chapitre XX se sont vus fortement tamisés[TG 1].

Métaphore de l'insecte[modifier | modifier le code]

La métaphore centrale est celle de l'homme-insecte, avec la connotation que l'un et l'autre ont beaucoup en commun[89].

Nombre d'insectes deviennent autant d'antidotes à l'ennui que génèrent l'école et l'église. Une simple mouche suffit à occuper le regard et l'esprit ; l'attention que Tom porte à la toilette de cette mouche[89] reflète en écho inversé la vacuité de la prière à ses yeux. À l'église, les pitreries du lucane[89] ont raison de la dévotion et rien ne vaut en classe les montées et descentes de part et d'autre de l'Équateur d'une tique[89] sur une ardoise[N 17] pour oublier la maussaderie d'une leçon. Cet épisode, entièrement emprunté aux souvenirs d'enfance de Twain[TE 19], se trouve mentionné dans Manuscrit d'un garçon, dans une première version de Tom Sawyer et dans une lettre à Will Bowen[90][TE 19].

Les parades d'amour des uns valent les mises en valeur des autres, tel le bibliothécaire qui, les bras chargés de livres, court çà et là avec l'air gourmé d'un arthropode ou d'un hexapode[TH 35]. Dans une autre occasion, alors que Tom éprouve des affres de conscience quand Muff risque l'échafaud en raison de son silence scellé dans le sang avec Huck[TH 36], s'ensuit un violent orage qu'il interprète comme une manifestation de la colère divine à son endroit : autant, pense-t-il, mettre une batterie d'artillerie pour neutraliser une punaise des bois (greenshield bug ou simplement bug)[TH 37],[91].

Aspect comique[modifier | modifier le code]

À bien des égards, le comique de Twain surgit de ces tirades satiriques. Ainsi, l'accumulation des attitudes de toute la communauté réunie lors de la remise solennelle du prix dans l'école du dimanche : c'est à qui de se faire valoir, du bas au faîte de la chaîne sociale, et s'érige phrase par phrase un empilement de vanité que souligne la répétition — plutôt épiphore qu'anaphore — de showing off (« se paradait », « se mettait valeur », « s'érigeait en vedette »), chaque fois rehaussée de guillemets (Les Aventures de Tom Sawyer#Les « apôtres » David et Goliath) :

« Mr. Walters fell to "showing off," with all sorts of official bustlings and activities, giving orders, delivering judgments, discharging directions here, there, everywhere that he could find a target. The librarian "showed off" -- running hither and thither with his arms full of books and making a deal of the splutter and fuss that insect authority delights in. The young lady teachers "showed off" -- bending sweetly over pupils that were lately being boxed, lifting pretty warning fingers at bad little boys and patting good ones lovingly. The young gentlemen teachers "showed off" with small scoldings and other little displays of authority and fine attention to discipline -- and most of the teachers, of both sexes, found business up at the library, by the pulpit; and it was business that frequently had to be done over again two or three times (with much seeming vexation). The little girls "showed off" in various ways, and the little boys "showed off" with such diligence that the air was thick with paper wads and the murmur of scufflings. And above it all the great man sat and beamed a majestic judicial smile upon all the house, and warmed himself in the sun of his own grandeur -- for he was "showing off," too. [TH 38]. »

« L'inspecteur, succombant à son tour à l'envie de se faire remarquer, allait et venait, donnait des ordres et des contrordres, s'occupait de tout et de rien. Le bibliothécaire, lui aussi, courait ça et là, les bras chargés livres ; faisant rendre le maximum du peu d'autorité qu'il avait. Les jeunes institutrices faisaient ce qu'elles pouvaient pour attirer l'attention, complimentant aujourd'hui l'élève qu'elles avaient rudoyé la veille, faisaient des effets de doigts en parlant à l'un, en avertissant l'autre ; les jeunes professeurs gourmandaient celui-ci, faisaient des recommandations celui-là ; les uns et les autres ayant comme pas hasard affaire à la bibliothèque près de l'estrade, ce qui les amenait à s'y rendre deux ou trois fois avec de grandes démonstrations d'activité. Les petites filles s'agitaient et les garçons se mettaient en vedette en s'envoyant les uns aux autres des boulettes de papier. Le grand homme, assis, regardait les uns entres autres avec une sérénité souriante et se complaisait au spectacle de sa propre grandeur car il se faisait valoir lui aussi[TG 33]. »

Twain ne se moque pas de l'institution religieuse dans ce passage, comme il l'a fait dans d'autres. Sa verve comique s'exerce plutôt sur l'espèce humaine en général — les guillemets systématiques en témoignent —. Chacun des participants exhibe la même futilité de comportement, le solennel juge Thatcher ne le cédant en rien à la vanité ambiante. Rang et statut se voient soudain annihilés, tant chacun et chacune, quelle que soit son insignifiance ou son importance, se retrouve au même niveau d'enfantillage et tous finissent par se ressembler[TG 20].

Suites : cycle de Tom et Huck[modifier | modifier le code]

Mark Twain donne plusieurs suites à Tom Sawyer qui apportent un éclairage rétrospectif sur le premier roman de la série et qui ont, surtout pour ce qui concerne Huck Finn, influencé la perception des lecteurs sur le statut et le propos de l'œuvre. Mis à part Huckleberry Finn, les œuvres du cycle de Tom et Huck sont considérées comme des échecs littéraires.

Les Aventures de Huckleberry Finn[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les Aventures de Huckleberry Finn.

Les Aventures de Huckleberry Finn commencent immédiatement après Les Aventures de Tom Sawyer et avec les mêmes personnages. Les deux romans ont souvent été comparés, la plupart de façon désobligeante pour le premier .

Autant ce dernier se voit — à tort, d'après l'auteur — confiné dans la catégorie de la littérature enfantine, autant le deuxième est jugé littérairement supérieur : l'un garde un style classique, mais sans la profondeur morale de l'autre ; d'autre part, Tom Sawyer se déroule de manière erratique avec une succession de scènes rappelant les Esquisses anciennes et nouvelles, alors que Huck Finn est doté d'une brillante narration solidement structurée. Ainsi, Tom Sawyer, en dépit de ses mérites, est parfois considéré comme une préparation au grand chef-d'œuvre de Mark Twain, un roman secondaire en quelque sorte, dont le plus grand mérite est d'avoir donné le jour à l'un des plus célèbres héros de la littérature américaine[92].

D'autre part, les deux romans contraste par leur ton : tandis que Huckleberry Finn est sombre et violent, Tom Sawyer serait une « idylle comique de l'enfance » (a comic idyll of childhood)[93], un assemblage de souvenirs idéalisés, une œuvre fondamentalement légère et fantaisiste. Selon Cynthia Griffin Wolff, une telle comparaison fait fi de la complexité morale de l'œuvre et tend à la reléguer de façon simpliste dans la catégorie réservée à l'enfance américaine[93].

De plus, Huckleberry Finn accentue les côtés déplaisants du personnage de Tom, et les premiers chapitres apparaissent comme une manière de le congédier, parce que son histoire ne présente plus aucun intérêt aux yeux de l'auteur[TG 34]. Rétrospectivement, Les Aventures de Tom Sawyer épuisent les possibilités du personnage, tout en restant un récit d'aventures toujours ouvert et inépuisable. Pour certains commentateurs, cette différence se signale par le titre dévolu à chacun des ouvrages : Les Aventures de Tom Sawyer (The Adventures of Tom Sawyer), mais […] Aventures de Huckleberry Finn (Adventures of Huckleberry Finn), sans l'article défini qui clôt — « définitivement » — lesdites aventures dans un cas, mais n'en ferme pas l'issue dans l'autre[94].

Tom Sawyer en voyage[modifier | modifier le code]

Tom Sawyer en voyage, court roman publié en 1894, souligne d'emblée deux traits de caractère de Tom constituant le point de départ du récit et déjà présents dans Les Aventures de Tom Sawyer : son désir de se faire un nom et la croyance aveugle qu'il place dans l'autorité indiscutable des romans d'aventures, ce qui le rend méprisant à l'égard de Huck et Jim, deux ignorants à ses yeux. Le roman regorge de péripéties rocambolesques et « l'intrigue — si l'on peut dire —, est prétexte à toute une dialectique burlesque entre un gamin hâbleur et imaginatif, un galopin naïf et un negmarron farci de superstitions assaisonnées de préceptes presbytériens mal digérés[95],[96] ».

Tom Sawyer détective[modifier | modifier le code]

Tom et Huck sont appelés en Arkansas au secours de leur oncle, le pasteur Silas, persécuté par son voisin Brace Dunlap et son frère Jubiter. Lors de leur descente du Mississippi en bateau à aube, ils croisent un étrange passager, qui n’est autre que le jumeau de Jubiter — lui-même poursuivi par deux complices auxquels il a dérobé une paire de diamants —. Une double enquête commence pour les inséparables héros : retrouver les diamants et élucider le meurtre de Jubiter, commis la nuit même de leur arrivée chez l’oncle Silas. Le temps presse car le malheureux pasteur s’en est accusé et doit bientôt comparaître devant le tribunal du pays[97].

Huckleberry Finn et Tom Sawyer chez les Indiens[modifier | modifier le code]

Huckleberry Finn et Tom Sawyer chez les Indiens a soudain été abandonné et laissé inachevé par Twain, peut-être en raison de la tournure particulièrement sombre et brutale que l'histoire avait prise. Elle confirme la vision que l'auteur se fait des Indiens, illustrée par le personnage de Joe l'Indien dans Les Aventures de Tom Sawyer : dans ce texte, en effet, les Indiens enlèvent et violent des femmes[98], ce qui fait écho au traitement qu'Injun Joe se propose d'infliger à la veuve Douglas au chapitre XXX[TH 29].

Postérité : Tom Sawyer, un mythe[modifier | modifier le code]

Tom Sawyer est devenu un personnage populaire et familier. Témoin de ce succès, le roman est adapté pour le cinéma du vivant même de l'auteur. Pour autant, une telle popularité ne va pas sans une appropriation du personnage par le public qui tend à négliger les aspects les plus rudes du texte ainsi que ses charges critiques[99].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Comédie musicale[modifier | modifier le code]

La liste de la plupart des comédies musicales fondées sur le roman de Twain figure sur [1] [consulté le 10 février 2018].

  • Tom Sawyer est une comédie musicale belgo-américaine créé en 2007 par David Miller (musique), Keith Tillotson et Éric Gobin (livret) au centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre (Bruxelles).
  • Les aventures de Tom Sawyer, le musical, est une comédie musicale produite par Double D Productions, sur des musiques de Julien Salvia, un livret et des paroles de Ludovic-Alexandre Vidal et une mise en scène de David Rozen, créée à Paris du 17 février au 6 mai 2018 au Théâtre Mogador[106].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Les adaptations du roman en bande dessinée sont pléthores. Pour en avoir une idée, consulter le lien : « Tom Sawyer en bande dessinée » (consulté le 1er février 2018).

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

    • The Adventures of Tom Sawyer est un jeu vidéo sorti en 1989 sur Nintendo Entertainment System.
    • Square's Tom Sawyer (スクウェアのトム・ソーヤ) est un jeu vidéo RPG développé et édité par Squaresoft, sorti le 19 mars 1989 sur Famicom (NES japonaise) au Japon uniquement. Les musiques sont de Nobuo Uematsu[107].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les éditions de Tom Sawyer sont innombrables ; les premières et certaines autres reposent sur les manuscrits. À cet égard, le site du Mark Twain Project, considéré comme la meilleure autorité en la matière, prépare une nouvelle édition de l'œuvre. Le manuscrit original, composé de 876 feuilles manuscrites est conservé à l'université Georgetown, Washington, D.C.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • (en) Samuel Langhorne Clemens, Mark Twain, The Adventures of Tom Sawyer, Londres, Chatto and Windus, .
première édition de l'œuvre, à Londres.
  • (en) Mark Twain, The Adventures of Tom Sawyer, Hartford, American Publishing Company, .
édition américaine, illustrée par True Williams.
  • (en) Mark Twain (John C. Berger, introduction et notes) et John C. Gerber, The Adventures of Tom Sawyer, Berkeley, University of California Press, . 
  • (en) Mark Twain (Hamlin Lewis Hill, éditeur scientifique), The Adventures of Tom Sawyer, Berkeley, Ca., University of California Press, .
  • (en) Mark Twain, The Adventures of Tom Sawyer, The Collectors Reprints Inc.,
facsimilé de la première édition américaine
  • (en) Mark Twain (E.L. Doctorow, éditeur scientifique et introduction), The Adventures of Tom Sawyer, Oxford, Oxford University Press, coll. « The Oxford Mark Twain », , 368 p., 8.8 x 1.1 x 6.5 inches (ISBN 978-0-19-510136-2).
  • (en) Mark Twain et S. Hutchinson, Tom Sawyer & Huckleberry Finn, Ware, Herfordshire, Wordsworth Classics, , 396 p. (ISBN 9781853260117). 
  • (en) Mark Twain et Daniel Peck (introduction et notes), The Adventures of Tom Sawyer, New York, Barnes and Noble Classics, , xxxiii-249 p. (ISBN 978-1-5930-8068-6). 
  • (en) Mark Twain et Peter Stoneley, The Adventures of Tom Sawyer, Oxford, Oxford University Press, , 256 p. (ISBN 9780199536566). .
  • (en) Mark Twain, The Adventures of Tom Sawyer, Hammersmith, Collins Classics, , 272 p. (ISBN 9780007420117)

Suites au roman[modifier | modifier le code]

Première édition d'après les corrections apportées au manuscrit et l'édition américaine.
  • Tom Sawyer en voyage (Tom Sawyer Abroad) (1894)[TR 28]
  • Tom Sawyer et Huckleberry Finn chez les Indiens
  • La Conspiration de Tom Sawyer (Tom Sawyer's Conspiracy)[TR 29]
  • Tom Sawyer détective (Tom Sawyer Detective) (1886)[TR 30]

Traductions françaises de Tom Sawyer et de certaines suites[modifier | modifier le code]

La traduction de Twain est un sujet d'étude à part entière[108], et avec Les Aventures de Huckleberry Finn, Les Aventures de Tom Sawyer posent au moins deux problèmes aux traducteurs : d'une part, c'est un livre d'habitude rangé dans la catégorie littérature de jeunesse ; d'autre part, Twain fait entrer dans la littérature le parler des populations du sud des États-Unis[108].

Il en résulte que les premières traductions, tenues de respecter un certain niveau littéraire et certaines idées sur la littérature destinée aux enfants, réécrivent, adaptent, suppriment ou ajoutent. Se remarque ainsi la quasi-suppression du chapitre XXII dans lequel l'instituteur, ivre en public, se fait humilier par des élèves. À dire vrai, jusque dans les années 1960, il n'existe pas de réelle traduction en français de Tom Sawyer[108].

Les Aventures de Tom Sawyer[modifier | modifier le code]
  • Les Aventures de Tom Sawyer, traduction de William-L. Hughes, Paris, A. Hennuyer, 1884 — illustrations d'Achille Sirouy.
La première mise en français du texte, « traduit avec l'autorisation de l'auteur », est en fait une réécriture du livre. Le traducteur, employé du ministère de l'Intérieur, « scolarise » le texte[109].
  • Les Aventures de Tom Sawyer, traduction G. Breton, coll. « Mille épisodes », Paris, éditions La Farandole, 1955 - illustrations Jacques Fromont. C'est le 3e ouvrage (chronologiquement) publié par cette maison d'édition l'année-même de sa création. Avec la préface de l'auteur qui écrit « avoir pour objet de divertir garçons et filles, mais espère ne pas être repoussé par les grandes personnes (...) ». Il a été réédité plusieurs fois jusqu'en 1992.
  • Mark Twain et François de Gaïl (trad. François de Gaïl), Les Aventures de Tom Sawyer, Hammersmith, Collins Classics, , 272 p. (ISBN 9780007420117)
Le traducteur a eu un réel souci d'intégralité, mais la traduction reste par endroit une adaptation[110].
  • Mark Twain et Bernard Hœpffner, traducteur, Les Aventures de Tom Sawyer, Auch, Tristram, , 220 p., 14cm x 21cm (ISBN 978-2907681674).
Bernard Hœpffner utilise une langue au plus près de celle de Twain, d'où l'usage de l'argot et l'emploi de néologismes[111].
  • (en+fr) Mark Twain (trad. Bernard Dhuicq et Danièle Frison), Along the Mississippi : Tom Sawyer, Huckleberry Finn, Life on the Mississippi (extraits), Paris, Éditions Pocket, coll. « Bilingue, Langues pour Tous », , 219 p. (ISBN 9782266138666). 
  • (en+fr) Mark Twain (trad. Caillé et Dubois-Mauvais), Les aventures de Tom Sawyer, Les éditions de Londres, coll. « Bilingue », , 567 p. (ISBN 9781910628584)
Suites au roman[modifier | modifier le code]
  • (en) Mark Twain et C. Espié (trad. Christelle Espié), Tom Sawyer détective, Paris, Sarbacane, coll. « Albums », , 92 p., 260 x 372 mm (ISBN 978-2-84865-379-2). .

Autres ouvrages de Mark Twain[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark Twain (trad. Albert Savine), Tom Sawyer à travers le monde, Paris, Albin Michel, coll. « Collection des maîtres de la littérature étrangère », , 256 p., 188 x 120 mm
  • (en) Mark Twain, The Gilded Age and Later Novels [« L'Âge doré et autres romans »], New York, Library of America, , 1053 p. (ISBN 9781931082105)
  • (en) Mark Twain (Harriet Elinor Smith, responsable scientifique), Autobiography of Mark Twain, vol. 1, BerkeLey, Los Angeles, Londres, University of California Press, coll. « Reader's Edition », , 415 p. (ISBN 9780520272255)
  • (en) Mark Twain, Advice to little girls, New York, Enchanted Lion Books, , 24 p., 17,8 x 0,6 x 24,1 cm (ISBN 978-1592701292). .
  • L'Histoire du bon petit garçon[112] Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • L'Histoire du méchant petit garçon [113] Document utilisé pour la rédaction de l’article.

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark Twain (Albert Bigelow Paine, éd. scientifique), Mark Twain's Letters, New York, Harper and Bros., .
  • (en) Brander Matthews, The Tocsin of Revolt and Other Essays, New York, Scribner's, . .
  • (en) Van Wyck Brooks, The Ordeal of Mark Twain [« Le supplice de Mark Twain »], New York, E. Dutton & Company, Inc., , vii + 267 p., 21cm
  • (en) Ernest Hemingway, Green Hills of Africa [« Les vertes collines d'Afrique »], New York, Scribners, .
  • (en) H. L. Hill, Mark Twain and Elisha Bliss, University of Missouri Press, , 214 p., 8.5 x 5.6 x 0.9 inches
  • (en) Charles A. Norton, Writing Tom Sawyer: The Adventures of a Classic [« L'écriture de Tom Sawyer, les aventures d'un classique »], Jefferson, NC, McFarland, . .
  • (en) Forrest Robinson, In Bad Faith – The Dynamics of deception in Mark Twain's America [« De mauvaise foi, dynamique de la tromperie dans l'Amérique de Mark Twain »], Cambridge, Mass. & Londres, Cambridge University Press, , ix + 255 p., 6.1 x 0.7 x 9.2 inches (ISBN 978-0674445284). 
  • (en) John D. Evans, A Tom Sawyer Companion : An Autobiographical Guided Tour with Mark Twain [« Guide de Tom Sawyer »], Lanham, New-York, Londres, University Press of America, Inc., , 113 p., 5.8 x 0.3 x 9 inches (ISBN 0819190608). 
  • (en) J. R. LeMaster, James Darrell Wilson et Christie Graves Hamric, The Mark Twain Encyclopedia [« Encyclopédie Mark Twain »], Taylor & Francis, , 848 p. (ISBN 978-0-8240-7212-4), p. 731.
  • (en) Philip Young, Ernest Hemingway: A Reconsideration [« E. H., reconsidération »], University Park, PA, Penn State Press, , 308 p., 15,2 x 1,6 x 22,9 cm (ISBN 978-0271020921).
  • (en) George M. Fredrickson, The Comparative Imagination: on the History of Racism, Nationalism and Social Movements [« Imaginaires comparés: à propos du racisme, du nationalisme et des mouvements sociaux »], Stanford, University of California Press, , p. 74.
  • (en) Louis J. Budd, The Contemporary Reviews, vol. 11, Cambridge, Cambridge University Press, coll. « American Literary Archives », , 656 p. (ISBN 9780521390248). 
  • (en) Leland Krauth, Mark Twain & Company: Six Literary Relations [« Mark Twain et consorts : six relations littéraires »], Athens, Géorgie, University of Georgia Press, , 307 p. (ISBN 9780820325408, lire en ligne). 
  • Bernard DeVoto (trad. Marie-Jean Béraud-Villars), L'Amérique de Mark Twain, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Contemporains », , 379 p., 2,5 x 14 x 21 cm (ISBN 978-2-8251-2326-3). 
  • (en) John Sutherland, « Mark Twain: ‘the true father of all American literature’ ? » [« Mark Twain : le vrai père de la littérature américaine ? »], Financial Times,‎ (lire en ligne). .
  • (en) Mark Twain (Harriet Elinor Smith, éditeur scientifique), Autobiography of Mark Twain, vol. 1, Berkeley, coll. « Reader's Edition », , 416 p. (ISBN 9780520272255). 
  • (en) Mark Twain (R. Kent Rasmussen, introduction et notes), Autobiographical Writings [« Écrits autobiographiques »], Londres, Penguin Classics, coll. « Autobiography, Literature », , 493 p. (ISBN 9780143106678). 

Ouvrages spécifiques[modifier | modifier le code]

  • (en) Bernard DeVoto (ill. Thomas Hart Benton), « Introduction », dans The Adventures Of Tom Sawyer By Mark Twain, Cambridge, Limited Editions Club Cambridge University Press, . .
  • (en) Mark Twain (Frederick Anderson, éditeur scientifique) et William Dean Howells (William M. Gibson, éditeur scientifique), Selected Mark Twain-Howells Letters, New York, Atheneum, . 
  • (en) Mark Twain (Anderson, éditeur scientifique), « Letter to Howells, 5 juillet 1875 », dans Selected Mark Twain - Howells Letters, New York, Atheneum, . .
  • (en) Judith Fetterley, « The Sanctioned Rebel » [« Le rebelle cautionné »], Studies in the Novel, Denton, TX, University of North Texas, vol. 3,‎ , p. 293–304. .
  • (en) Charles A. Norton, Writing Tom Sawyer: The Adventures of a Classic [« L'Écriture de Tom Sawyer, les aventures d'un roman classique »], Jefferson, N.C., McFarland, , 160 p. (ISBN 9780899500676). 
  • (en) C. G. Wolff, « The Adventures of Tom Sawyer: A Nightmare Vision of American Boyhood » [« Les Aventures de Tom Sawyer, vision cauchemardesque de l'enfance d'un garçon américain »], The Massachusetts Review, vol. 21, no 4,‎ , p. 637-652. .
  • (en) L. C. Mitchell, « Introduction », dans Mark Twain, The Adventures of Tom Sawyer, Oxford, Oxford University Press, coll. « World Classics », .
  • (en) Elizabeth Beck, Critical Essays on the Adventures of Tom Sawyer, New York, G. K. Hall, .
  • (en) Gary Scharnhorst, Critical Essays on the Adventures of Tom Sawyer [« Essais critiques sur Les Aventures de Tom Sawyer »], New York, G. K. Hall, , 246 p., 6.2 x 1 x 9.5 inches (ISBN 978-0816173204). 
  • (en) Marty A. Condon, « Tom Sawyer Meets Insects: How Biodiversity Opens Science to the Public » [« La rencontre de Tom Sawyer avec les insectes, comment la biodiversité ouvre la science au public »], Biodiversity Letters, Hoboken, NJ, Wiley, vol. 2, no 6,‎ , p. 159-162.
  • (en) R. K. Rasmussen, Mark Twain, A to Z : The Essential Reference to His Life and Writings [« Mark Twain de A à Z : Références essentielles à sa vie et à ses œuvres »], New York, Facts on File, Inc., , 552 p. (ISBN 0-8160-2845-1). 
  • (en) Walter Blair, Hannibal, Huck and Tom, Berkeley et Los Angeles, University of California Press, .
  • Ronald Jenn, « Les Aventures de Tom Sawyer, traductions et adaptations », dans Christine Raguet-Bouvart, De la lettre à l'esprit : traduction ou adaptation ?, Presses de la Sorbonne Nouvelle, coll. « Palimpseste » (no 16), , p. 137-150. .
  • Lettre à Howells, 5 juillet 1875, Selected Twain-Howells Letters: 48., cité par Stephen Railton, “Going Home: Tom Sawyer”, p. 38, in Mark Twain: A Short Introduction, Blackwell, 2004.
  • (en) Stephen Railton, « Going Home: Tom Sawyer », dans Mark Twain: A Short Introduction, Mass Malden, Blackwell, . 
  • (en) Linda A. Morris (Peter Messent, éditeur scientifique), « The Adventures of Tom Sawyer and The Prince and the Pauper as Juvenile Literature », dans A Companion to Mark Twain [« Les Aventures de Tom Sawyer et Le Prince et le pauvre, littérature pour enfants »], Londres, Blackwell, . .
  • (en) Barbara Groß-Langenhoff, Social Criticism in The Adventures of Tom Sawyer and Huckleberry Finn [« Critique sociale dans … »], Münich et Ravensbruck, GRIN Verlag, , 19 p. (ISBN 9783638456821, lire en ligne). .
  • (en) Peter Messent, The Cambridge Introduction to Mark Twain, Cambridge, Cambridge University Press, , 152 p., 15,2 x 0,8 x 22,8 cm (ISBN 978-0521670753). 
  • (en) Stephen Railton, Mark Twain: A Short Introduction [« Mark Twain : brève introduction »], (ISBN 9780631234739), p. 32-38. 
  • Mark Twain (trad. Bertrand Hoepfner), Les Aventures de Tom Sawyer, Auch, (ISBN 978-2-907681-67-4)
  • [Leménager 2008] Grégoire Leménager, « C'est Mark Twain qu'il ressuscite », sur BibliObs, (consulté le 8 janvier 2018).
  • Mark Twain et Claude Grimal, Les Aventures de Tom Sawyer, Paris, Flammarion, coll. « GF », , 290 p., 10.8 x 17.8 cm (ISBN 9782081342453), « Introduction ». 
  • (en) Pat McAllister, The Bedside, Bathtub & Armchair Compagnon to Mark Twain [« Le compagnon de Mark Twain pour la table de nuit, la baignoire et le fauteuil »], Londres, The Continuum International Publishing Group Ltd., , 219 p., 23x15cm (ISBN 9780826418135). 
  • (en) R. K. Rasmussen, « Tom Sawyer », Critical Companion to Mark Twain: A Literary Reference to His Life, Infobase Publishing,‎ (ISBN 9781438108520, lire en ligne). 
  • (en) N. Sathya et S. Sheela, « Picaresque Elements in Mark Twain’s Adventures of Tom Sawyer and Adventures of Huckleberry Finn » [« Éléments picaresques dans… »], International Journal of Research in Engineering Technology, vol. 2, no 5,‎ (ISSN 2455-1341, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Citations originales de l'auteur[modifier | modifier le code]

  1. « I will now claim - until dispossessed - that I was the first person in the world to apply the type-machine to literature. That book must have been The Adventures of Tom Sawyer. I wrote the first half of it in '72, the rest of it in '74. My machinist type-copied a book for me in '74, so I concluded it was that one. »
  2. « Most of the adventures recorded in this book reply occurred; one or two experiences of my own, the rest those of boys who were schoolmates of my own. Huck Finn is drawn from life; Tom Sawyer also, but not from an individual: he is a combination of the characteristics of three boys whom I knew, and therefore, belongs to the composite order of architecture[8] ».
  3. « Thus perished the good little boy who did the best he could, but didn’t come out according to the books. Every boy who ever did as he did prospered except him. His case is truly remarkable. It will probably never be accounted for[13] ».
  4. « And he grew up and married, and raised a large family, and brained them all with an axe one night, and got wealthy by all manner of cheating and rascality; and now he is the infernalest wickedest scoundrel in his native village, and is universally respected, and belongs to the legislature[14] ».
  5. « Why, you might look, and look, all through the Sunday-school books from now till next Christmas, and you would never come across anything like this[14] ».
  6. « In another minute, he was flying down the street with his pail and a tingling rear, Tom was whitewashing with vigor, and Aunt Polly was retiring from the field with a slipper in her hand and triumph in her eye[DF 2] ».
  7. « Tom said to himself that is was not such a hollow world after all. He has discovered a great law of humain action, without knowing it, namely, that in order to make a man or a boy covet a thing, it is only necessary to make the thing difficult to attain. If he had been a great and wise philosopher, like the writer of this book, he would now have comprehended that work consists of whatever a body is obliged to do and that play consists of whatever a body is not obliged to do[DF 4] ».
  8. « Let us draw the curtain of charity over the rest of the scene[TH 2] ».
  9. « yawned, sighed, forgot the beetle entirely, and sat down on it. Then there was a wild yelp of agony and the poodle went sailing up the aisle[TH 3] ».
  10. « Huckleberry was always dressed in the cast–off clothes of full–grown men, and they were in perennial bloom and fluttering with rags. His hat was a vast ruin with a wide crescent lopped out of its brim; his coat, when he wore one, hung nearly to his heels and had the rearward buttons far down the back; but one suspender supported his trousers; the seat of the trousers bagged low and contained nothing, the fringed legs dragged in the dirt when not rolled up[TH 5] ».
  11. « And always coming to school or when we're going home, you're to walk with me, when there ain't anybody looking...
    and you choose me and I choose you at parties, because that's the way you do when you're engaged."
    "It's so nice. I never heard of it before."
    "Oh, it's ever so gay! Why, me and Amy Lawrence..."
    The big eyes told Tom his blunder and he stopped, confused.
    "Oh, Tom! Then I ain't the first you've ever been engaged to!"
    The child began to cry[TH 6]
     »
    .
  12. « it must be very peaceful, he thought, to lie and slumber and dream forever and ever, with the wind whispering through the trees and caressing the grass and the flowers over the grave, and nothing to bother and grieve about, ever any more. If he only had a clean Sunday–school record he could be willing to go, and be done with it all […] Ah, if he could only die TEMPORARILY[TH 7]! »
  13. « The boys dressed themselves, hid their accoutrements, and went off grieving that there were no outlaws any more, and wondering what modern civilization could claim to have done to compensate for their loss. They said they would rather be outlaws a year in Sherwood Forest than President of the United States forever [TH 8] ».
  14. « Tom, look here, Tom, being rich ain't what it's cracked up to be. It's just worry and worry, sweat and sweat, and a-wishing you was dead all the time[TH 14] ».
  15. « She has come handy to me several times in my books, where she figures as Tom Sawyer's Aunt Polly[34] »
  16. « He is Sid in Tom Sawyer. But Sid was not Henry. Henry was a very much finer and better boy than ever Sid was[36]. »
  17. « It is not a book for boys. It is a book written only for adults[40]. »
  18. « Tom Sawyer is not a book for children, I write for grown-ups who used to be children[TG 14] ».
  19. « This is not a book for little boys. It must be read by adults only. »
  20. « the inside of him, the soul of him, his character[TE 12] ».
  21. « He was ignorant, unwashed, insufficiently fed; but he has as good a heart as ever any boy had. His liberties were totally unrestricted[TE 13]. »
  22. « Barley-corn, barley-corn, inju-meal shorts, / Spunk Water, spunk water, swaller these warts[TH 23] ».
  23. « A prevalent feature in these compositions was […] the intolerable sermon that wagged its crippled tail at the end of each and every one of them. No matter what the subject might be, a brain-racking effort was made to squirm it into some aspect or other that the moral and religious mind could contemplate with edification. The glaring insincerity of these sermons was not sufficient to compass the banishment of the fashion from the schools […] There is no school in all our land where the young ladies do not feel obliged to close their compositions with a sermon; and you will find that the sermon of the most frivolous and the least religious girl in the school is always the longest and the most relentlessly pious[TH 24] ».
  24. « [...] tried to speak but couldn't, and drifted out raining tears all over the place[TH 25] ».
  25. « delicious sense of repose and peace in the deep pervading calm and silence of the woods[TH 26] ».
  26. « I have finished the story and didn’t take the chap beyond boyhood. I believe it would be fatal to do it in any shape but autobiographically—like Gil Blas. […] If I went on, now, and took him into manhood, he would just like like all the one-horse men in literature and the reader would conceive a hearty contempt for him. It is not a boy’s book, at all. It will only be read by adults. It is only written for adults. »
  27. « which both parties were conscious of, and which rendered complete fusion impossible[82] ».
  28. « Every time I let him off my conscience does hurt me so; and each time I hit him my old heart most breaks[TH 31] ».
  29. « He knew that in her heart his aunt was on her knees to him [...]. He pictured himself lying sick unto death and his aunt bending over him beseeching one little forgiving word, but he would turn his face to the wall, and die with that word unsaid. [...] And he pictured himself brought home from the river, dead, with his curls all wet, and his sore heart at rest. How she would throw herself upon him, and how her tears would fall like rain, and her lips pray God to give her back her boy and she would never, never abuse him any more! But he would lie, cold and white and make no sign[23]. »
  30. « But that sort of conduct is to the world's credit; therefore it is not well to find fault with it[TH 32] ».

Citations originales des commentateurs[modifier | modifier le code]

  1. « he was transported back to the barefoot days in sunny grubby Hannibal[MA 1] ».
  2. « for those who know the novel, the outline comme as something of a shock; almost nothing here is recognizable[MA 1] ».
  3. « I think you should treat it explicitly as a boy's story[41],[TP 6] ».
  4. « final vertical spatial move of the novel[TM 7] ».
  5. « labyrinth beneath labyrinth[TH 28] ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’« École du dimanche » ou parfois « École biblique » (Sunday School) est une institution typiquement protestante, car mettant l'accent sur la lecture personnelle de la Bible (Sola scriptura)[1], et d'origine anglo-saxonne[TR 1].
  2. Il s'agit d'un canif Barlow, solide et à une lame, portant le nom de son fabricant, l'Anglais Russell Barlow, au XVIIIe siècle[TG 6].
  3. Evans parle de 2 000 vers en se fondant sur un passage de Twain dans La Vie sur le Mississippi[TE 3]
  4. Twain s'inspire du héros de The Black Avenger of the Spanish Main ou The Fiend of the Blood (1847) [Le Vengeur noir de la mer des Antilles ou le démon sanglant] de Ned Buntine, de son vrai nom Edward Z. Judson (1820-1886), inventeur du dime novel américain, soit au XIXe siècle, roman d'aventures bon marché (10 cents, soit un « dime »).
  5. Twain s'inspire du roman Robin Hood and His Merry Forresters (1841) [Robin des bois et ses joyeux compagnons], de Joseph Cundall.
  6. L'île, séparée de l'Illinois par un chenal large de 200 mètres, se trouvait à quelques encablures de Hannibal et était, d'après Mark Twain dans Tom Sawyer, longue de plus de 4 kilomètres pour une largeur de 400 mètres[TG 9] ; cette île apparaît également dans Les Aventures de Huckleberry Finn, toujours évoquée comme un havre de l'enfance auquel l'adulte fatigué songe avec nostalgie ; elle correspond à Glasscock Island ou Pearl Island, aujourd'hui disparue. De nos jours, cependant, les cartes touristiques donnent ce nom à l'une des îles situées à proximité de Hannibal[27]. Dans un texte inachevé, intitulé Villageois de 1840-1843 (Villagers of 1840-3)[28], Twain commente la sentimentalité romanesque des jeunes de cette époque : douce, naïve, mélancolique, tels sont les adjectifs qu'il utilise pour en rendre compte ; il explique que mêmes les « pirates » sont mus par de nobles idéaux, ont un sens de l'honneur, se marient par amour, et qu'il n'est pas étonnant que des enfants les prennent comme modèles[TE 5].
  7. La même technique est utilisée dans Huckleberry Finn : elle repose sur une idée fausse, le bruit de la détonation étant censé faire éclater la rate du noyé et remonter le cadavre[TG 9].
  8. Lors d'une célébration de son soixante-dixième anniversaire, tenue à Saint-Louis le , Mark Twain revient sur son enfance et considère, après divers recoupements, avoir commencé à prendre du tabac vers sa onzième année[TE 6].
  9. Tom fait partie d'une loge (lodge) des « Cadets de la Tempérance » (Cadets of Temperance), groupe d'opposition à la consommation du tabac et de l'alcool dans les campagnes au milieu de XIXe siècle. Twain note dans son Autobiographie, livre II, chapitre 10, avoir rejoint l'un de ces groupes, parce qu'il voulait porter la belle ceinture rouge en laine de mérinos[TE 7] les jours de fête[TG 10].
  10. Il fut un temps où le mari de la veuve, alors juge de paix, avait fait fouetter Injun Joe en public pour délit de vagabondage.
  11. Depuis la publication de Tom Sawyer, cette grotte est devenue un lieu de pèlerinage, d'autant que Mark Twain l'utilise aussi dans Les Aventures de Huckleberry Finn[TR 7].
  12. Son patronyme dérive probablement d'un certain Jimmy Finn, modèle en tous les cas du père alcoolique de Huck[TR 4].
  13. C'est de ce personnage dont s'est inspiré l'illustrateur True Williams pour représenter les traits et l'allure de Tante Polly.
  14. Le directeur de l'école du dimanche ne ressemble en rien à celui qu'évoque Twain dans son Autobiographie, décrit comme calme et de bon sens ; en revanche, le portrait de Mr. Dobbins s'inspire en partie de Mr. Dawson, maître de l'école fréquentée par Twain à Hannibal[TE 9].
  15. Les extraits cités par Twain dans ce passage viennent tous d'un ouvrage intitulé Prose and Poetry, par « une dame de Géorgie », et non pas, comme il est dit dans le texte, « une dame de l'Ouest ». Parue en 1815, cette anthologie compilée par Mary Anne Harris Gay connut plusieurs éditions[TG 27].
  16. Le texte est un dialogue, en six parties, entre un vieil homme et un jeune homme qui se déroule sur plusieurs jours. Le vieil homme cherche à convertir son interlocuteur à l'idée que l'homme est une machine, déterminée par des forces extérieures, qui pour l'essentiel sont l'hérédité, l'environnement et l'éducation. Cette anthropologie conduit à dénier à l'homme tout mérite et toute culpabilité, en ne lui attribuant, comme cause de ses actes, que la nécessité de satisfaire ses besoins. Le libre arbitre, l'héroïsme, le génie, la vertu et le vice sont des illusions humaines.
  17. Le texte anglais dit tick, mais il n'est pas facile d'identifier vraiment l'insecte en question[TG 4].

Références[modifier | modifier le code]

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