Lorenzo Mattotti

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Lorenzo Mattotti
FIBD2015LorenzoMattotti.jpg
Lorenzo Mattotti au Festival d'Angoulême 2015.
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction

Lorenzo Mattotti[1] est un illustrateur, peintre[2] et auteur de bande dessinée italien né le à Brescia.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lorenzo Mattotti, désireux dès le collège d'étudier l'art et d'être dessinateur avec son ami Fabrizio Ostani, doit cependant à cause de sa formation secondaire scientifique étudier l'architecture[3], ce qu'il fait à Venise avant de s'orienter vers le graphisme[4]. Durant ses études, il essaie de se faire publier ses bandes dessinées réalisées avec Ostani (qui prend le pseudonyme de Jerry Kramsky), mais ses tentatives d'intégrer Undercomix de Franco Bonvicini, Linus ou le Corriere dei Piccoli échouent, bien qu'il se soit rapproché de l'agence Quipos de Renato Calligaro, où il avait pu rencontrer Alberto Breccia[5], Altan, Carlos Sampayo, etc[3].

En 1975, il publie ses premières bandes dessinées dans le fanzine français Biblipop puis dans la revue Circus. En 1976, il dessine un chapitre du recueil collectif Casanova. L'année suivante paraît son premier album, Alice Brum-Brum[Note 1], adaptation très libre et fantaisiste d’Alice au pays des merveilles[6], aux éditions Mondograf. À partir de 1978, il commence à s'intéresser au réel avec Tran Tram Rock[Note 1] puis avec Incidenti (Incidents). En 1980, il fonde avec d'autres auteurs le collectif d'artistes « Valvoline » qui vise à renouveler l'esthétique et la linguistique de la bande dessinée. Si, dans un premier temps, ses bandes dessinées étaient marquées par les influences de l'underground américain, il évolue à partir de 1982, avec Il Signor Spartaco (Le Signor Spartaco), vers un univers très pictural basé sur l'utilisation d'huile et de pastels.

Il publie à partir de 1984 dans Alter Alter Fuochi (Feux), « long récit salué par la critique comme l'un des chefs-d'œuvre du 9e art » qui permet à la critique de voir en lui « l'un des dessinateurs les plus marquants de la nouvelle génération italienne[7] ». Il crée encore quelques bandes dessinées jusqu'au début des années 1990, même si à cette date il se consacre de plus en plus à son travail d'illustrateur, initié en 1984 dans Vanity[Note 2], et qui fait l'objet de nombreux recueils.

En effet Lorenzo Mattotti est un auteur très demandé par les presses américaine et européenne, pour lesquelles il réalise de nombreuses couvertures (Le Monde, Télérama, Paris Match, Libération, Vanity Fair, Cosmopolitan, Glamour, The New Yorker...). C'est également un affichiste recherché. Il a obtenu pour ses dessins de nombreux prix, dont le Grand Prix de la Biennale d'illustration de Bratislava (BIB) en 1993[8] pour Eugenio (ensuite adapté en dessin animé) et le Yellow Kid du meilleur illustrateur en 1997 à Rome. Stigmates en 1994, Anonymes en 2000 ou son adaptation de L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde en 2002 et des participations en 2007 et 2008 à des collectifs des éditions Delcourt montrent cependant qu'il ne se désintéresse pas de la bande dessinée, même s'il admet lui préférer à partir de la fin des années 1990 l'illustration[9]. Il participe en 2007 au dessin animé Peur(s) du noir

Alors que Mattotti réside à Paris[2] depuis 1998, ses livres sont traduits à l'international. Depuis 1977, une quarantaine d'expositions lui ont été consacrées dans des galeries privées.

Carrière[modifier | modifier le code]

Auteur de bande dessinée[modifier | modifier le code]

Lorenzo Mattotti photographié par Joe Zattere, années 1990-2000.

Intéressé par l'aspect artistique de la bande dessinée, et par une certaine forme de radicalité accentuée par sa participation à Valvoline, Mattotti a toujours voulu faire des « histoires bizarres[10] ». Ses œuvres tirent généralement plutôt leur origine du contrôle de « l'irrationnel du dessin[10] » que de la « logique de l'écriture[10] » afin de créer l'histoire à partir de l'image sans virer dans l'illustration pure. Cela lui a parfois valu d'être rejeté du champ de la bande dessinée par certains critiques, ce qui est « absurde », car Mattotti vient clairement de la bande dessinée[11].

Illustrateur[modifier | modifier le code]

Les illustrations de Mattotti, le plus souvent des pastels, empruntent à tous les courants artistiques des XIXe et XXe siècles[12]. Cependant, si ses dessins perdent l'exubérance de ses bandes dessinées, ils se caractérisent tous par une « élégance qui fait le fond de toute sa production parce qu'elle est aussi et d'abord la caractéristique de son rapport à l'existence[13] ».

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

Dans des revues
En albums

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Pour Vanity, Albin Michel, 1987
  • Pinocchio de Carlo Collodi, Albin Michel Jeunesse, 1990
  • Mattotti, Albin Michel, 1990
  • Eugenio, récit de Marianne Cockenpot, Seuil Jeunesse, 1993
  • Un Soleil lunatique, récit de Jerry Kramsky, Seuil Jeunesse, 1994
  • D'autres formes le distrayaient continuellement, Seuil, 1995
  • Grands dieux, récit de Jerry Kramsky, Seuil Jeunesse, 1997
  • Ligne fragile, Seuil, 1999
  • Anonymes, texte de Claudio Piersanti, Seuil, 2000
  • Parole pour un adieu, texte d'Anne Jonas, Albin Michel Jeunesse, 2001
  • Fantasmes dans la chambre, P.M.J. éditions, 2002
  • Les Affiches de Mattotti, Seuil, 2003
  • La Chambre, Seuil, 2004
  • Angkor, carnet de voyage pour le magazine Géo, avec Pierre Sorgue, Seuil, 2004
  • Nell’Acqua, Casterman, 2005
  • Ghislain, le saint des premiers jours, illustration pour le livre d'Eddy Devolder, Éditions Esperluete 2005, (ISBN 978-2-930223-57-5)
  • Aerkaos, roman de Jean-Michel Payet, Panama, 2007
  • Le Mystère des anciennes créatures, texte de Jerry Kramsky, Éditions du Panama, 2007
  • Carnaval, Casterman, 2007 (ISBN 978-2-203-00577-8)
  • Le Corbeau, [The Raven], Edgar Allan Poe adapté par Lou Reed, Seuil, 2009
  • Hänsel et Gretel, Jacob et Wilhelm Grimm, Gallimard Jeunesse, 2009
  • Stanze/Chambres/Rooms, #logosedizioni en collaboration avec Galerie Martel, 2010
  • Les aventures de Huckleberry Finn, scénario d'Antonio Tettamanti d'après le roman de Mark Twain, Gallimard Jeunesse coll. « Fétiche », 2011
  • Venise : en creusant dans l’eau, Galerie Martel, 2011
  • Mattotti Works 1 : Pastels, #logosedizioni, 2012
  • Oltremai, #logosedizioni, 2013
  • Mattotti Works 2 : Fashion, #logosedizioni, 2014
  • Vietnam, Louis Vuitton Travel Books, 2014
  • Blind, #logosedizioni en collaboration avec CBM Italia, 2017
  • Covers for The New Yorker, #logosedizioni, 2018

Divers[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Expositions en France[modifier | modifier le code]

Le Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture de Landerneau présente la première exposition consacrée à l'artiste en France, du 6 décembre 2015 au 6 mars 2016[17].

Récompenses[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jamais traduit en français.
  2. L'édition italienne de Vanity Fair.

Références[modifier | modifier le code]

  1. notice BnF no FRBNF12017483
  2. a et b revue dBD no 51 p. 47, visite de son atelier
  3. a et b Mattotti (2003), p. 47
  4. Pour toute cette biographie, sauf précision complémentaire : Gaumer (2004)
  5. Interview de Mattotti au sujet de Brecia Vu 2014-1-29
  6. Mattotti (2003), p. 48
  7. Thierry Groensteen, « Lorenzo Mattotti », dans La Bande dessinée depuis 1975, MA Éditions, coll. « Le monde de... », 1985, p. 114
  8. (en) Base de données des différents lauréats, site officiel, Bibiana.sk.
  9. Mattotti (2003), p. 54
  10. a b et c Mattotti (2003), p. 49
  11. Samson (2003), p. 68
  12. Groensteen (2003)
  13. Id., p. 61
  14. Frédéric Potet, « Lorenzo Mattoti revient à la « ligne fragile » de la BD », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. « Les magasins E.Leclerc s'offre un nouveau sac signé Lorenzo Mattotti », sur ladepeche.fr,
  16. « “La Fameuse invasion des ours en Sicile” met Annecy en émoi », Télérama.fr,‎ (lire en ligne)
  17. Aurélia Vertaldi, « Michel-Édouard Leclerc se lance dans l'édition », sur lefigaro.fr, (consulté le 14 janvier 2016).
  18. BIB"Liste des gagnants du Grand Prix" Vu 2013-9-15

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Lorenzo Mattotti et Eddy Devolder, Métamorphoses, Vertige Graphic, 1992. Longue conversation illustrée

Interviews et entretiens[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]