Incident aérien du 17 septembre 2018 en Syrie

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Incident aérien du 17 septembre 2018 en Syrie
Description de cette image, également commentée ci-après
Informations générales
Date
Lieu Près de Lattaquié
Casus belli Présence d'un dépôt d'armes du Hezbollah à Lattaquié
Issue Destruction du dépôt
Destruction d'un Iliouchine Il-20 russe
Belligérants
Drapeau d’Israël IsraëlDrapeau de la Syrie Syrie
Drapeau de la Russie Russie
Forces en présence
Drapeau d’Israël
4 chasseurs-bombardiers F-16[1]
Drapeau de la Syrie
Défense aérienne syrienne
Pertes
Drapeau d’Israël
Aucune
Drapeau de la Syrie
2 morts[2]
10 blessés[2]

Drapeau de la Russie
15 morts[3]
1 avion Iliouchine Il-20 détruit[3]

Guerre civile syrienne

Coordonnées 35° 32′ nord, 35° 47′ est

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Incident aérien du 17 septembre 2018 en Syrie

L'incident aérien du 17 septembre 2018 en Syrie est un événement survenu lors d'une opération de l'armée de l'air israélienne en Syrie, entre les différentes forces militaire en présence. Il a entraîné la destruction d'un avion militaire russe et la mort des 15 membres d'équipage, entachant les relations entre Tel-Aviv et Moscou.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les forces armées israéliennes interviennent à de nombreuses reprises pendant la guerre civile syrienne, pour viser des convois d'armes destinés à la milice chiite libanaise, le Hezbollah, ainsi que les bases abritant les forces armées du Corps des Gardiens de la révolution islamique. Plus de 200 frappes ont été réalisées en 18 mois par la Force aérienne et spatiale israélienne[4].

De plus, la Russie intervient militairement depuis 2015 pour soutenir le régime de Bachar el-Assad[5].

Incident du 17 septembre[modifier | modifier le code]

Le soir du 17 septembre, quatre F-16 israéliens bombardent un dépôt de munitions de l'Institut des industries techniques, dans la périphérie de Lattaquié, où selon l'armé israélienne « des armes létales de précision étaient sur le point d’être transférées au nom de l’Iran au Hezbollah au Liban »[6],[1]. Selon l'OSDH, deux soldats syriens sont tués et dix autres sont blessés, dont sept syriens et trois de nationalité inconnue[2],[1]. La défense aérienne syrienne, équipée de S-200, fait feu nourri et abat d'un tir fratricide un avion Iliouchine Il-20 russe, en vol de reconnaissance[7]. Les quinze membres d'équipage sont tués[3].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

La Russie accuse tout d'abord la France, car une frégate française était présente non loin de là, avant de se raviser[8]. Elle déclare ensuite tenir Israël comme seule responsable, indiquant n'avoir été prévenue par Tel-Aviv qu'« une minute avant le début des frappes » et accusant les appareils israéliens de s'être camouflés dans le signal radar de l'avion de reconnaissance russe, le mettant ainsi délibérément en danger. Igor Konachenkov, le porte-parole de l'armée russe déclare alors : « nous considérons hostiles ces provocations de la part d'Israël et nous nous réservons le droit de répondre de manière adéquate ». Puis Vladimir Poutine, a adopté un ton plus conciliant que celui employé dans les premières réactions officielles, en évoquant « un enchaînement de hasards tragiques »[6].

Le 24 septembre, la Russie annonce qu'elle va désormais brouiller les communications de tout avion voulant frapper la Syrie depuis la mer Méditerranée[9]. Moscou décide également de renforcer la défense aérienne syrienne en annonçant la livraison en octobre de batteries antiaériennes S-300[10],[11].

Israël[modifier | modifier le code]

Israël reconnait son implication dans les bombardements à Lattaquié, et exprime sa « tristesse » pour la mort des militaires russes, mais dément fermement s'être servi de l'appareil russe comme couverture pour échapper aux tirs syriens et affirme tenir « le régime d'Assad, […] pour entièrement responsable de ces incidents »[12].

Autres réactions[modifier | modifier le code]

Alors que dans un premier temps les Russes accusaient la France, Paris dément toute implication de sa frégate Auvergne dans une quelconque frappe en Syrie[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Syrie: 2 morts dans les tirs de missiles, Le Figaro avec AFP, 18 septembre 2018.
  2. a b et c Two soldiers killed in the violent missile attacks on the eastern outskirts of Latakia’s suburbs, OSDH, 18 septembre 2018.
  3. a b et c « Syrie : l'avion russe disparu abattu par la défense anti-aérienne syrienne, quinze morts », sur europe1.fr, .
  4. « Israël confirme 200 frappes en Syrie en 18 mois », sur lefigaro.fr,
  5. Nathalie Guibert, « Pourquoi l’intervention militaire russe en Syrie est un succès », sur lemonde.fr, .
  6. a b et c Madjid Zerrouky et Piotr Smolar, « Confusion, démentis et accusations après la destruction d’un avion russe en Syrie », sur lemonde.fr, .
  7. « Un avion russe abattu par l'armée syrienne », sur euronews.com, .
  8. Vincent Lamigeon, « Avion russe abattu: l’incroyable intox de Moscou », sur challenges.fr, .
  9. « La Russie va brouiller les communications de tout avion frappant la Syrie depuis la Méditerranée », sur lorientlejour.com, .
  10. « Le ministre de la Défense russe annonce la livraison du système antimissile S-300 en Syrie », sur i24news.tv, .
  11. Jean-Paul Baquiast, « Des S-300 russes livrés aux Syriens. Comment Israël va-t-il réagir ? », sur mediapart.fr, .
  12. « Avion russe abattu en Syrie : Israël exprime sa "tristesse", incrimine Assad et l'Iran », sur lorientlejour.com, .