Alternance politique

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La passation de pouvoirs, ici entre Nicolas Sarkozy, président français sortant issu de la droite, et François Hollande, son successeur de gauche, est l'illustration symbolique de l'alternance politique en France.

En politique, on parle d'alternance politique lorsque des partis appartenant à des courants politiques différents se succèdent au pouvoir.

En pratique, l'alternance consiste généralement en un renversement de la majorité politique lors d'élections présidentielles et/ou législatives. Selon la conception traditionnelle, la possibilité d'alternance politique est une condition nécessaire à la démocratie, bien qu'elle n'en soit pas une condition suffisante. Ainsi, on associe l'achèvement de la Transition démocratique espagnole à la première arrivée au pouvoir du Parti socialiste ouvrier espagnol. Pour les régimes politiques avec un parti unique toutefois, la démocratie s'exprime à travers des élections libres ouvertes aux non-membres du parti ainsi que par la lutte de ligne (interne au parti), mais ces régimes sont généralement considérés comme autoritaires et dictatoriaux.

Il existe des démocraties où l'alternance ne se fait pas, en raison de la popularité du parti au pouvoir, ou bien d'une opposition jugée inapte à gouverner par la plupart des citoyens. L'Afrique du Sud est une démocratie libérale où le parti Congrès national africain (centre-gauche) a remporté toutes les élections nationales depuis l'introduction de la démocratie en 1994, et ce malgré l'existence de partis d'opposition faisant campagne activement et librement. Il en va de même au Botswana, où le Parti démocratique (conservateur) a remporté toutes les élections nationales depuis 1965, veille de l'indépendance du pays. Aux Samoa, le Parti pour la protection des droits de l'homme (conservateur) a remporté toutes les élections depuis 1988, face à une opposition parfois désorganisée. À Singapour, dont le régime politique est parfois qualifié de « démocratie illibérale » ou de « démocratie autoritaire », le Parti d'action populaire a remporté toutes les élections depuis 1959. La Suède et le Japon ont également connu de longues périodes d'élections démocratiques sans alternance ou presque, respectivement de 1932 à 1976 (avec le Parti social-démocrate suédois des travailleurs) et de 1955 à 2009 (avec le Parti libéral-démocrate).

La France connaît une alternance quasi systématique à partir du début des années 1980, la seule exception étant la reconduction de la majorité de droite lors des élections législatives de 2007 ; Mathias Bernard relève cependant que cette dernière intervient « dans un contexte où le nouveau président, Nicolas Sarkozy, promet une « rupture » avec la présidence précédente »[1]. Il estime que « si elle relève en partie du vote sanction, dans la mesure où des électeurs passent d’un camp à l’autre pour manifester leur déception devant l’action de ceux qu’ils ont élus, la versatilité de l’électorat traduit en fait l’affaiblissement du clivage droite-gauche et, dans un contexte de crise économique et sociale, la valorisation du pragmatisme aux dépens de l’idéologie » ; la fréquence de l'alternance, qui « ne joue plus le rôle régulateur qu’elle remplit habituellement dans une démocratie », témoigne également de « la restructuration fondamentale qui affecte, à partir des années 1980, le système politique » avec l'émergence d'« une structuration tripolaire du champ politique » à travers celle du Front national qui « a progressé dans des moments où aucune des deux grandes coalitions gouvernementales ne semblait en mesure de répondre à la crise du politique »[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bernard 2017

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]