Haoussas

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple haoussa. Pour la langue haoussa, voir Haoussa.

Haoussas

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Musicien haoussa au Nigeria

Populations significatives par région
Nigeria Nigeria 37 000 000
Niger Niger 9 000 000
Autres
Langues

Haoussa

Religions

Islam

Les Haoussas sont un peuple du Sahel établi au nord du Nigeria et dans le sud du Niger jusqu'au Lac Tchad . D'importantes communautés se trouvent aussi au nord du Bénin, du Ghana et du Cameroun. Quelques petites communautés sont éparpillées à travers l'Afrique de l'ouest ainsi que sur la route du pèlerinage musulman du hajj qui part de l'Afrique de l'ouest en passant par le Tchad et le Soudan. Beaucoup d'Haoussas se sont déplacés vers les grandes villes côtières d'Afrique de l'ouest comme Lagos, Accra et Cotonou ou vers la Libye, partant à la recherche de travail. Cependant, la plupart des Haoussas vivent toujours dans des petits villages où ils pratiquent la culture vivrière et élèvent du bétail. Les fermiers haoussas règlent leur agriculture en fonction des changements saisonniers de pluie et de température. Ils parlent la langue haoussa qui appartient au groupe des langues tchadiques, un sous-groupe de la famille des langues afro-asiatiques.

Il se montrèrent puissants et unis pour s'engager dans les conquêtes locales, le commerce et le trafic d'esclaves.
Agriculteurs et artisans, les Haoussas ont développé une civilisation urbaine fondée sur la commercialisation d'un artisanat du cuir, du fer, du tissage et des produits agricoles.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe de très nombreuses variantes : Abakwariga, Afnu, Afuno, Afunu, Al-Hausin, Arna, Aussa, Azna, Bunjawa, Gambari, Haoussa, Haoussas, Hausaawaa, Hausa, Hausas, Hausawa, Haussa, Hawsa, Maguzawa, Mgbakpa[1].

Population[modifier | modifier le code]

Les Haoussas représentent 22 % de la population du Nigeria et 55 % de la population du Niger.

Langue[modifier | modifier le code]

Leur langue est le haoussa, une langue tchadique dont le nombre de locuteurs a été estimé à près de 25 millions[2][Quand ?].

Histoire et culture[modifier | modifier le code]

Kano est considéré comme le centre du commerce et de la culture haoussa. En termes de relations culturelles avec les autres peuples d'Afrique de l'ouest, les Haoussas sont culturellement et historiquement proches des Peuls, des Sonrhaïs, des Mandés et des Touaregs ainsi que d'autres groupes afro-asiatiques et nilo-sahariens, plus à l'est, au Tchad et au Soudan. Ils reconnaissent la loi de la Sharia.

Entre 500 et 700 de notre ère, les Haoussas, qui s'étaient déplacés lentement depuis la Nubie en se mélangeant avec la population locale nord et centre nigériane, ont établi un certain nombre d'États puissants dans ce qui est l'actuel nord et centre du Nigeria et l'est du Niger. Avec le déclin des Nok et de Sokoto, qui avaient contrôlé le centre et le nord du Niger entre -800 et 200, les Haoussas ont émergé en tant que nouvelle puissance de la région. Étroitement liée avec les Kanuris du Royaume du Kanem-Bornou (Lac Tchad), l'aristocratie haoussa a adopté l'islam au XIe siècle. Au XIIe siècle, les Haoussas devenaient l'une des plus grandes puissances d'Afrique. L'architecture haoussa est peut-être une des moins connues, mais est l'une des plus belles de l'époque médiévale. Beaucoup de leurs premières mosquées sont lumineuses et colorées et montrent souvent des gravures complexes ou des dessins symboliques élaborés sur les façades. À partir de 1500, les Haoussas utilisèrent une écriture arabe modifiée, l'ajami, pour écrire leur langue. Les Haoussas ont écrit plusieurs histoires dont la plus célèbre est la Chronique de Kano.

En 1810, les Peuls, une autre ethnie islamique africaine qui habitait l'ouest de l'Afrique envahit les États haoussas. Les similarités culturelles permirent cependant une intégration entre les deux groupes qui se sont harmonieusement mélangés et se démarquent de moins en moins. Les Haoussas restent prééminents au Niger et au nord du Nigeria. Leur impact au Nigéria est primordial car l'ensemble Haoussas-Peuls a dirigé la politique du pays depuis son indépendance. Ils restent l'une des civilisations les plus largement et historiquement enracinées en Afrique occidentale.

Vêtements[modifier | modifier le code]

Femmes haoussas (2007)
Un Haoussa en 1900

Les Haoussas, comme toutes les ethnies islamisées, couvrent traditionnellement leur corps de vêtements amples. Les femmes portent de grandes robes ; les hommes, de tuniques et des pantalons sous de larges boubous colorés. Une calotte ou un turban complète l'ensemble. Sur certains boubous, richement brodés par les hommes, les motifs couvrent le flanc gauche et remontent autour de l'encolure. Ces motifs représentent : les « huit couteaux » qui, selon la tradition, protègent du mauvais œil ; la spirale « tambour du roi » et les entrelacs, un dessin omniprésent que l'on retrouve jusque sur les murs extérieurs des maisons. La broderie de ces motifs se perd dans l'ampleur des plis du somptueux vêtement.

Religion[modifier | modifier le code]

Les haoussas ont une culture antique qui s'est étendue sur une grande aire géographique et qui a été longtemps liée aux Arabes et à d'autres peuples islamisés d'Afrique de l'ouest comme les Mandés, les Peuls et même les Wolofs de Sénégambie grâce au commerce, fait sur de longues distances. L'islam est présent chez les haoussas depuis le XIVe siècle mais il était grandement restreint par le pouvoir de l'époque. Les zones rurales ont généralement conservé leurs croyances animistes ; ainsi les chefs urbains se sont appuyés sur les deux types de croyances (islamiques et animistes) pour légitimer leur pouvoir. Les disciples musulmans du début du XIXe siècle désapprouvèrent la religion hybride pratiquée dans les cours royales et le désir de réforme a été le motif principal de la formation du califat de Sokoto. C'est suite à la création de cet état que l'islam s'est fermement ancré dans les zones rurales.

Maguzawa, la religion animiste, était pratiquée de manière importante avant l'arrivée de l'islam. Dans les régions les plus reculées, cette pratique est restée intacte, mais en se rapprochant des centres urbains, elle disparaît complètement. Cette pratique inclut des sacrifices animaux à des fins personnelles et ses pratiquants considèrent illégitime l'utilisation de la magie maguzawa pour faire le mal. Ce qu'il en reste dans les zones les plus peuplées est un culte appelé Bori qui conserve les éléments animistes et magiques de l'ancienne religion. La classification Bori de la réalité contient une quantité innombrable d'esprits dont beaucoup ont un nom et possèdent des pouvoirs définis. Alors que les Malamais condamnent les rites, cérémonies et croyances boris, la population haoussa musulmane vit en paix avec les Boris. De nombreux Boris se qualifient eux-mêmes de musulmans, et beaucoup de musulmans rejettent l'orthodoxie totale et s'autorisent à utiliser la magie bori qu'ils pensent bonne pour éloigner le mauvais esprit de leur maison. L'islam et le bori sont en fait complémentaires dans les communautés haoussas, car la secte islamique Qadiriyya comporte des éléments d'animisme comme les esprits appelés jinns et certains charmes (malamais) utilisés sont considérés comme des éléments magiques. Comme on peut le conjecturer, cet islam ne suit pas strictement les écritures coraniques, ce n'est donc pas une orthopraxie. Au lieu de la loi islamique, la loi haoussa s'inspire d'une pratique islamique appelée ijma, ce qui signifie consensus. Lorsqu'une communauté s'accorde sur un certain culte envers Dieu ou sur la nature de dieu, cela fait généralement loi. Certaines croyances vont même à l'encontre des dogmes coraniques, comme les miracles attribués à Mahomet ainsi que la croyance en des saints. Les pratiques coraniques qui ont persisté chez les haoussas sont le hajj et les cinq prières quotidiennes en direction de La Mecque. Il existe d'autres rituels non coraniques mais liés à l'islam, comme le port du turban et de la djellaba. Durant les fêtes musulmanes comme la nouvelle année ou le Mawlid, les gens s'offrent des présents.

Notes et références[modifier | modifier le code]

En jaune la répartition des Haoussas au Niger
En jaune la répartition des Haoussas au Nigeria
  1. Source RAMEAU, BnF [1]
  2. (en) Fiche langue sur le site Ethnologue.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hauwa Mahdi, Gender and citizenship : Hausa women's political identity from the Caliphate to the Proctectorate, Göteborg University, 2006, 340 p. (ISBN 91-88614-58-1) (thèse)
  • (en) Friedrich Wilhelm Schwerdtfeger, Hausa urban art and its social background : external house decorations in a Northern Nigerian city, Münster ; Londres, Lit, 2007, 380 p. (ISBN 3-8258-5643-7)
  • (fr) Veit Erlmann et Habou Magagi, Girkaa : une cérémonie d'initiation au culte de possession bòorii des Hausa de la région de Maradi (Niger), D. Reimer Verlag, 1989, 173 p. (ISBN 9783496009573)
  • (fr) Graham Furniss, De la fantaisie à la réalité dans la littérature haoussa en prose ; suivi de Pourquoi étudier la poésie haoussa ?, Centre d'étude d'Afrique noire, Institut d'études politiques de Bordeaux, Talence, 1991, 21 p. (ISBN 2-908065-10-X)
  • (fr) Jacqueline Monfouga-Nicolas, Ambivalence et culte de possession : contribution à l'étude du Bori hausa, Éd. Anthropos, Paris, 1972, 384 p.
  • (fr) Oumarou Moussa, La Culture arabo-islamique, les Haoussas du sud-Cameroun (le cas de Yaoundé) et l'intégration nationale, Université de Paris 3, 1987, 324 p. (thèse)
  • (fr) Guy Nicolas, Dynamique sociale et appréhension du monde au sein d'une société hausa, Institut d'ethnologie, 1975, 661 p.
  • (fr) Jacques Pucheu (dir.), Contes haoussa du Niger, Karthala, Agence de coopération culturelle et technique, Paris, 1982, 220 p. (ISBN 2-86537-051-8)
  • (fr) Mary F. Smith (dir.), Baba de Karo, l'autobiographie d'une musulmane haoussa du Nigeria, Plon, Paris, 1969, 354 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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