Confédération fantie
La Confédération fantie, ou des Fantis, désigne d'abord l'alliance des États fantis de la Côte de l'Or formés dès le XVIe siècle. Cette confédération se dote en 1868 d'une constitution, formant l'un des premiers et des plus importants mouvements d'autonomie au Ghana et dans l'ensemble de l'Afrique.
Cette confédération repose sur une société décentralisée articulée autour de chefferies locales et d’institutions communes. Situés sur un littoral stratégique, la confédération joue un rôle central dans le commerce atlantique avec les puissances européennes, tout en s’opposant fréquemment à l’expansion de l’empire ashanti. Fragilisée par les pressions économiques et l’ingérence coloniale, elle est dissoute en 1874 à la suite de l’annexion de la Côte-de-l’Or par la Grande-Bretagne.
Géographie et population
[modifier | modifier le code]Le territoire fanti s’étend sur environ 220 kilomètres de littoral atlantique, au sein des 560 kilomètres de côtes ghanéennes. Située à proximité de l’équateur, la région bénéficie d’un climat tropical caractérisé par deux saisons principales, humide et sèche, la seconde correspondant à l’harmattan ouest-africain[1].
Les Fantis constituent un peuple de la côte du Ghana, historiquement installé entre Accra et Sekondi-Takoradi. Leur langue appartient à la branche akan du groupe nigéro-congolais[1]. Lors de la constitution de la confédération fantie, tous les sous-États Fanti, y compris Abura, Goamoa, Oguaa, Edina, Ekumfi, Asebu, Edith et bien d'autres ont rejoint cette Union[2].
Histoire
[modifier | modifier le code]Origine et contexte
[modifier | modifier le code]Selon la tradition orale, les Fanti migrent depuis Takyiman au XIIIe siècle et fondent Mankessim, qui devient leur centre politique et spirituel. Le sanctuaire de Nananom Mpow, la « Forêt des Ancêtres », incarne le cœur rituel et symbolique de la communauté. À partir du XVIIe siècle, les Fanti se répandent sur la côte et consolident leur organisation politique autour de Mankessim. La société Fanti repose sur une structure politique décentralisée. Chaque communauté est dirigée par un ohene (chef), eux-mêmes dirigés par un omanhene (roi)[1].
La position des Fanti sur la côte favorise des contacts étroits avec les puissances européennes, dont les Portugais, Hollandais, Danois, Suédois, Français et Britanniques. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ils contrôlent une part importante du commerce atlantique, notamment de l’or, du cacao et des esclaves. Leur expansion suscite de fréquents conflits avec les pays voisins, notamment l'empire ashanti, les Akuapem et les Ga. Pour assurer leur défense, les Fanti développent les compagnies militaires asafo[1]. Ils établissent des liens commerciaux maritimes à longue distance avec le royaume de Kongo autour de la région Congo-Angola. Cela a été accompli avec des pirogues propulsées par des voiles de feuilles de palmier tressées[3].
Confédération fantie
[modifier | modifier le code]La Confédération fantie fait référence soit à l'alliance des États fantis existant au moins depuis le XVIe siècle, soit à la Confédération moderne formée en 1868. La Confédération est considérée comme l'un des premiers et des plus importants mouvements d'autonomie au Ghana et dans l'ensemble de l'Afrique[2].
Au début du XIXe siècle, les Ashanti consolident de grandes parties de la région centrale sous leur domination et planifient une invasion à grande échelle de la Confédération Fanti. En 1806, la guerre Ashanti-Fanti débute. Les Britanniques ont largement limité leur rôle dans le conflit à la fourniture de matériel et de fournitures militaires aux Fanti, poursuivant une tradition vieille de plusieurs décennies[4].
En 1868, les Fanti instituent à Mankessim la Confédération fanti et adoptent une constitution en 1871. Le texte, inspiré des réflexions de James Africanus Horton, établit un Conseil exécutif appelé Ministère, une Assemblée représentative et une Assemblée nationale composée de rois et notables. Le premier roi-président, Ghartey IV (en), exerce un rôle de chef d’État constitutionnel. Le système conserve des traits de la tradition fanti, mais intègre des principes de gouvernance représentative et de séparation des pouvoirs issus des modèles européens[1].
La Confédération décline progressivement et subit les effets conjugués de l’endettement vis-à-vis des maisons de commerce européennes et de l’ingérence croissante de l’administration coloniale britannique. Après l’établissement du protectorat de la Côte-de-l’Or en 1850 et l’intensification du contrôle colonial, la Confédération accepte en 1873 la protection britannique. En 1874, l’annexion de la Côte-de-l’Or entraîne la dissolution de la Confédération et l’abrogation de sa constitution[1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Adrian M. Deese, « Ankole (Nkore) », dans Saheed Aderinto, African Kingdoms : An Encyclopedia of Empires and Civilizations, ABC-CLIO, , 383 p. (ISBN 978-1-61069-579-4), p. 83-87
- (en) David Owusu-Ansah, Associate Provost of Diversity at James Madison University USA, Historical Dictionary of Ghana, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-0-8108-7500-5, lire en ligne)
- ↑ Farrar V. Tarikhu, Precolonial African Material Culture: Combatting Stereotypes of Technological Backwardness, Rowman & Littlefield, (ISBN 9781793606433, lire en ligne), p. 243
- ↑ * Adu Boahen: Politics in Ghana, 1800–1874. In: History of West Africa, London 1974, (ISBN 0-582-64552-2).
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Sanders, James, "L'expansion du Fanti et l'émergence de l'Asante au XVIIIe siècle", dans Journal of African History, 1979.
Liens externes
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- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :