Ménilles

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Ménilles
Ménilles
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Blason de Ménilles
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Évreux
Canton Pacy-sur-Eure
Intercommunalité Seine Normandie Agglomération
Maire
Mandat
Yves Rochette
2014-2020
Code postal 27120
Code commune 27397
Démographie
Gentilé Ménillons
Population
municipale
1 704 hab. (2015 en augmentation de 11,45 % par rapport à 2010)
Densité 293 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 02′ 03″ nord, 1° 21′ 58″ est
Altitude Min. 35 m
Max. 138 m
Superficie 5,81 km2
Localisation

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Ménilles est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le bourg de Ménilles est bâti au bas du coteau où coule la rivière d'Eure. Il était connu au XIIe siècle pour sa production de vin : les religieux de l'abbaye de la Noë avaient en 1223 le droit de pressurage sur toutes les vignes de ce territoire. En 1194, le roi Philippe-Auguste installe des bornes à la sortie de Ménilles, à l'extrémité du Hameau de la Grande Cour, Ménilles étant sur le domaine français et non sur le domaine anglais de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre.

La culture du safran y était répandue au XVIIe siècle : on déposait les produits de cette plante dans les caves souterraines au pied du coteau.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par l'Eure, affluent de la Seine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Menilla en 1025, de Menilis en 1223[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, Ménilles constituait un quart de fief relevant de la châtellenie de Pacy.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Ménilles

Ces armes peuvent se blasonner ainsi aujourd'hui :

de gueules aux six billettes d'or ordonnées 3, 2, 1.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours Yves Rochette UMP-LR Retraité

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

En 2017, la commune a été labellisée « 3 fleurs » par le Conseil national de villes et villages fleuris de France[2].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[4].

En 2015, la commune comptait 1 704 habitants[Note 1], en augmentation de 11,45 % par rapport à 2010 (Eure : +2,63 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2441 2171 2309961 0081 0281 011931925
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
831763749717738721696680719
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
760814833688720633668698850
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
9569091 1831 2481 4491 3821 4861 5011 516
2013 2015 - - - - - - -
1 5761 704-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Il existe deux châteaux à Ménilles : le Grand Château situé sur la colline dominant la vallée et le Petit Château de La Grande Cour situé en contrebas en direction du petit village de Cocherel.

  • Le Grand château : à l'origine, le fief de Ménilles (avec son manoir à tourelle, son colombier, son pressoir, ses souterrains…) appartenait à la famille du même nom. La dernière héritière des Ménilles se maria avec messire Le Sesne. Commencé sous le règne de François Ier, le Grand Château, dit château de Ménilles, ne put être terminé par le seigneur du lieu, mort prématurément. Ménilles devint « une terre vague » sans seigneur pour rendre aveu, les enfants dudit seigneur étant trop jeunes ; sa veuve fut expropriée par le roi Henri II.
    Il ne restait que des fondations imposantes sur lesquelles l'architecte Philibert de L'Orme construisit en 1551 (achèvement des travaux) et 1552 (décoration intérieure) le château actuel en pierre de taille et brique orangée sur l'ordre du roi qui l'offrit à sa favorite Diane de Poitiers [7]. Diane habitait le château d'Anet et venait chasser jusqu'à Ménilles en passant par la forêt de Pacy. Ses chevaux étaient tellement sacrés qu'elle avait ordonné l'installation de mangeoires en marbre dans les écuries.
    Par la suite, le château retourne à la famille Le Sesne dont le dernier héritier mâle a été titré marquis de Ménilles par Louis XV. La fille du vieux marquis épousa le comte Joseph de Puisaye, général royaliste qui voulut libérer Louis XVII du Temple. Ils auront une fille unique prénommée Joséphine Louise, qui décède à l'âge de l'adolescence.
    C'est l'abbé d'Auxais, parent de la jeune fille, qui hérite du domaine. Le château devient la résidence d'été des évêques d'Évreux. Peu après la mort de l'abbé d'Auxais, son neveu se débarrasse du château en le vendant au baron Antoine-Marie Roederer. Son épouse conserve le château jusqu'à sa mort en 1874, date à laquelle la marquise Artus de Montalembert d'Essé née Marie Marthe de Choiseul-Praslin (fille de la duchesse assassinée par son mari) s'en rend acquéreur. Elle donne, en guise de cadeau de mariage, le château à son fils le comte Raoul de Montalembert d'Essé (°1860). Celui-ci meurt en 1944 d'une crise cardiaque. Les militaires de la Wehrmacht s'emparent du château et reçoivent par la suite les Waffen-SS. Les enfants et héritiers du comte de Montalembert d'Essé subissent alors la terreur et l'humiliation… Ils résistèrent comme ils purent pour garder leur château.
    Mademoiselle Alix de Montalembert d'Essé, fille aînée, fut une très grande résistante [8],[9]française qui fut emprisonnée. Elle était une des secrétaires du réseau secret [10] de la résistance française du général de Gaulle. Racheté par mademoiselle Alix en 1945, le château est acquis en 1950 par une société immobilière appartenant au maire de Ménilles (M. Morel) qui va revendre le domaine en morceaux pendant 10 ans. En 1960, le domaine est racheté par la ville de Gennevilliers, grâce à son maire Waldeck Lhuillier, qui le transforme en centre de vacances, de loisirs pour les jeunes et de repos pour les anciens de Gennevilliers. Le château, très abîmé, fut donc sauvé.
  • Le Petit Château : il s'agit du château de la Grand'Cour. Ancien domaine religieux appartenant au prieuré de Saulseuse, le fief de la Grand'Cour (comprenant ferme, logis seigneurial, chapelle et communs) est vendu par morceaux à la Révolution. Le logis seigneurial des religieux est racheté par les chevaliers Cauvin de Lemperière qui le transforment. Le comte Antoine de La Rochefoucauld, collectionneur, musicien, mécène et rosicrucien, rachète la propriété en 1894. Il en fait son pavillon de chasse.
  • L'église, placée sous le vocable de saint Pierre et saint Paul, est inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques [11]. C'est une des plus anciennes de la Vallée d'Eure. Elle date du XVIe siècle et fut consacrée le 14 octobre 1514 par Toussaint Varin, évêque de Thessalonique, comme indiqué sur une plaque située à gauche de l'entrée du chœur.
    • L'église fut construite vraisemblablement à la place d'une plus ancienne, datée du XIe siècle, puisque Raoul, comte d'Ivry et de Bayeux, donna l'église de Ménilles à l'abbaye de Fécamp en 1026. Le clocher est daté su XVe siècle et quelques aménagements datent du XVIIe siècle.*:
      Le portail de l'église.
      Le monument est construit en pierres de taille du XVIe siècle et est composé d'une nef flanquée de deux bas-côtés, dont l'un est terminé par la chapelle de la Vierge, et d'un chœur en retrait. La loge seigneuriale qui ouvre dans le chœur est du XIXe siècle.
    • Le portail en plein cintre, classé Monument Historique, est un bel exemple de l'art de la Renaissance, daté de 1562. Les socles des niches ornent son trumeau et les contreforts qui flanquent le portail sont décorés de feuillages découpés encadrant des écus. Les dais gothiques de l'archivolte (moulure ornementée des voussures d'une arcade) offrent à la vue des anges tenant les instruments de la Passion. Le remplage de la fenêtre des tympans est flamboyant.
    • Les vantaux des deux portes présentent des personnages sculptés dont saint Sébastien (patron des archers et des prisonniers) et saint Martin (patron des militaires et des soldats) de style Renaissance.
    • Le marquis de Ménilles et sa première épouse sont enterrés dans le chœur de l'église sous les marches de l'autel.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Joseph de Puisaye, qui s'installa au château de Ménilles après en avoir épousé l'héritière en 1788. Député aux États-Généraux, à la Constituante, fédéraliste, chouan, il passa en Angleterre.
  • Antoine-Marie Roederer, baron d'Empire, propriétaire du château de Ménilles.
  • Albert Miserey (1862-1938), sculpteur, ayant réalisé entre autres la statue de Boieldieu sur la façade du théâtre d'Évreux et un buste d'Adolphe Barette, maire de Vernon, à l'occasion de la construction de l'hôtel de ville de Vernon.
  • Le comte Antoine de La Rochefoucauld, propriétaire du château de la Grande cour.
  • Gérard Delpon de Vissec (1912-1940), chef de char, mortellement blessé le 11 juin 1940. Fils de l'écrivain Lucien Delpon de Vissec (plaque commémorative apposée dans l'église et une autre sur le monument aux morts).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Nouvelles de l'Eure - numéro 1 - 1959 - Texte de M. Baudot

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne), p. 627.
  2. Site des villes et villages fleuris, consulté le 9 février 2018.
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  7. Selon les archives de l'ancienne propriétaire, comtesse Monique de Montalembert d'Essé, archives données en 1993 à Monsieur Yvan Brunet du Buc, écrivain et éditeur, qui lui-même les a léguées aux Archives départementales de l'Eure en 2008
  8. Alix de Montalembert d'Essé (1888-1973), chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire, croix de la Résistance, médaille militaire, croix de guerre 1939-1945.
  9. « Notice LH d'Alix de Montalembert », base Léonore, ministère français de la Culture, 1888-1973.
  10. Voir Confrérie Notre-Dame
  11. « Église Saint-Pierre », notice no PA00099482, base Mérimée, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]

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