Enzo Scifo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Enzo Scifo
Image illustrative de l’article Enzo Scifo
Situation actuelle
Équipe Sans club
Biographie
Nom Vincenzo Daniele Scifo
Nationalité Italien
Belge (depuis 1984)
Nat. sportive Belge
Naissance (55 ans)
Haine-Saint-Paul (Belgique)
Taille 1,78 m (5 10)
Période pro. 1983-2001
Poste Milieu de terrain puis entraîneur
Parcours junior
Années Club
1973-1982 RAA Louviéroise
1982-1983 RSC Anderlecht
Parcours senior1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1983-1987 RSC Anderlecht161 (39)
1987-1988 Inter Milan044 0(5)
1988-1989 Girondins de Bordeaux030 0(8)
1989-1991 AJ Auxerre081 (30)
1991-1993 Torino FC088 (20)
1993-1997 AS Monaco122 (26)
1997-2000 RSC Anderlecht090 (17)
2000-2001 Charleroi SC013 0(3)
Sélections en équipe nationale2
AnnéesÉquipe 0M.0(B.)
1984-1998 Belgique084 (18)
Équipes entraînées
AnnéesÉquipe Stats
2001-2002 Charleroi SC17v11n26d
2004-2006 AFC Tubize13v 6n15d
2007-2009 Excelsior Mouscron19v 9n23d
2012-2013 RAEC Mons23v11n24d
2015 Belgique -19 ans
2015-2016 Belgique espoirs
2021 Excel Mouscron 1v 2n 5d
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels (amicaux validés par la FIFA compris).
Dernière mise à jour : 28 septembre 2021

Vincenzo Scifo dit Enzo Scifo (prononcé [ˈɛntso ʃˈʃiːfo]), né le à Haine-Saint-Paul (Belgique), est un footballeur international belge reconverti entraîneur. Fils d'immigrés italiens, il est naturalisé belge en 1984 alors qu'il a 18 ans.

Meneur de jeu de grand talent, Scifo est considéré comme l'un des meilleurs joueurs belges de l'histoire du football[1]. Doté de qualités physiques ordinaires (il mesure 1,78 m), il pouvait par contre compter sur des qualités techniques et une vision du jeu hors-normes, lui permettant de briller au poste de milieu de terrain axial. Élu soulier d'or (meilleur joueur belge) en 1984 et joueur belge de l'année en 1991, Enzo Scifo participe à quatre phases finales de la Coupe du monde (1986, 1990, 1994 et 1998), record national qu'il partage avec Franky Van der Elst et Marc Wilmots.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Au début des années 50, les deux grands-pères d'Enzo Scifo, originaires d'Aragona en Sicile (Italie), émigrèrent à Saint-Vaast en Belgique pour aller travailler dans les mines. Une fois qu'ils eurent amassé assez d'argent, ils firent venir leur famille. Alfonsa et Agostino, les parents d'Enzo Scifo, arrivèrent donc en Belgique à 17 ans grâce à leur père respectif. Par la suite, ils se marièrent et donnèrent naissance à Angelina, Pino et Vincenzo[2].

Carrière de joueur[modifier | modifier le code]

Il commence le football dans la rue de son quartier de La Louvière. À sept ans, il intègre le club local, la RAA Louviéroise. Remarqué pour son sens du jeu et sa maîtrise du ballon, Enzo Scifo est recruté en 1982 par le Royal Sporting Club d'Anderlecht, le club belge le plus titré (34 titres nationaux à ce jour), qui remporte cette année-là la Coupe UEFA 1982-1983.

Scifo a 17 ans, lorsqu'il fait ses premiers pas en Division 1 belge, (la Jupiler Pro League actuelle) et en coupe d'Europe avec les Mauves[3]. Scifo s'impose immédiatement comme titulaire au sein d'une équipe qui atteint de nouveau la finale de la coupe UEFA, perdue cette fois aux tirs au but face à Tottenham Hotspur. Quelques semaines plus tard, il fait ses débuts en équipe nationale belge face à la Hongrie[4]. Il est élu meilleur joueur belge en fin de saison, à seulement 18 ans.

Les années suivantes, il confirme son grand talent. Champion de Belgique à trois reprises avec Anderlecht en 1985, 1986 et 1987, il mène les Diables Rouges en demi-finales de la Coupe du monde 1986, où ils sont éliminés par l'Argentine de Maradona, futur championne du monde. Scifo termine meilleur jeune joueur de la compétition.

Enzo Scifo est repéré par les plus grands clubs européens. Il choisit alors d'intégrer l'Inter Milan, où il ne rencontre pas le succès escompté. Il n'y reste qu'un an et rejoint les Girondins de Bordeaux en 1988. Ses premiers matches sous le maillot des Girondins sont brillants, mais des blessures à répétition et des problèmes relationnels avec les cadres de l'équipe contrarient ses prestations[5]. Le meneur de jeu décide de rejoindre l'AJ Auxerre. Guy Roux, l'entraîneur du club, le prend alors sous son aile, lui permettant de remonter à la surface, alors qu'il traverse une période sombre[6]. Il réalise deux saisons performantes avec l'A.J.A., qui atteint les quarts de finale de la Coupe UEFA en 1990 et termine la saison 1990-1991 à la troisième place, égalant le meilleur classement de son histoire à l'époque. Il sera à cette époque désigné meilleur joueur étranger du championnat de France. Entretemps, il dispute la coupe du monde de 1990 avec les Diables rouges, qui sont éliminés par l'Angleterre en huitième de finale, le seul but du match étant inscrit par les Anglais à une minute de la séance des tirs au but. Il sera repris dans l'équipe type du Mundiale.

Après ces deux saisons remarquées, Scifo décide de retourner en Italie, sous les couleurs du Torino, second club de Turin, où il joue de 1991 à 1993. Pour sa première saison, le club termine à la troisième place du championnat et atteint la finale de la coupe UEFA, perdue face à l'Ajax Amsterdam, du fait des buts marqués à l'extérieur (2-2; 0-0). Lors de la deuxième saison, le Torino remporte la coupe d'Italie, mais termine la saison à une décevante neuvième place.

En 1993, Il dépose ses valises à l'AS Monaco[7]. La première saison voit le club atteindre les demi-finales de la Ligue des champions, où il est éliminé logiquement par le Milan AC[8], mais terminer à une décevante neuvième place en championnat. Scifo participe cet été à sa troisième coupe du monde, où les Belges sont de nouveau éliminés en huitième de finale, par les Allemands cette fois (3-2). La saison suivante, handicapé par les blessures, Scifo ne joue que 13 matchs. Les deux saisons suivantes voient les Monégasques obtenir de bien meilleurs résultats, et remporter finalement le titre de champion de France en 1997[9].

Diminué par les blessures à répétition, Enzo Scifo retrouve alors la Belgique et le club qui l'a révélé, douze ans plus tôt, Anderlecht. En 1998, à 32 ans, il dispute sa quatrième Coupe du monde avec la Belgique, dont l'équipe vieillissante est éliminée au premier tour. Il termine sa carrière internationale à l'issue de la compétition, sur un total de 84 sélections et 18 buts en équipe de Belgique. Un conflit naîtra d'ailleurs entre lui et le sélectionneur Georges Leekens, à la suite du dernier match face à la Corée du Sud : alors qu'il est le meilleur joueur sur la pelouse et qu'une victoire est nécessaire aux Diables Rouges pour espérer accrocher la deuxième place du groupe, Leekens décide de le sortir au profit du très âgé milieu de terrain défensif Franky Van der Elst (37 ans). Plus que Scifo, c'est la Belgique tout entière qui s'est étonnée de ce changement incompréhensible. Scifo en gardera un souvenir très amer et ne sera plus appelé en équipe nationale à la suite de ce match.

En 2000, Anderlecht est champion de Belgique. Blessé à la clavicule, Scifo, 36 ans, rejoint alors le Sporting de Charleroi, où une nouvelle blessure au genou le contraint à mettre fin à sa carrière de joueur.

Carrière d'entraîneur[modifier | modifier le code]

Sporting de Charleroi[modifier | modifier le code]

Après sept clubs et 18 saisons, Enzo Scifo raccroche les crampons sans réellement quitter les pelouses puisqu’il devient entraîneur du Sporting de Charleroi le 29 novembre 2000 en remplacement de Manu Ferrera.

Il finira la saison 2000-2001 à la 9e place.

Confirmé dans ses fonctions d'entraineur pour la saison 2001-2002, il mènera les Zèbres à la 12e place à la fin du championnat.

A la fin de la saison, la direction du club carolo annonce qu'Enzo Scifo ne sera pas reconduit dans ses fonctions d'entraineur.

AFC Tubize[modifier | modifier le code]

Après cette première expérience d'entraineur, Enzo Scifo arrive en décembre 2004 à Tubize, en Division 2 belge, comme entraineur et directeur sportif[10]. L'expérience dure un peu plus d'un an; en janvier 2006, Enzo démissionne de ses fonctions d'entraineur à la suite d'une succession de mauvais résultats[11], afin « de mieux se concentrer sur [ses] tâches de directeur sportif ».

Royal Excelsior Mouscron[modifier | modifier le code]

Fin 2007, Scifo reprend du service en tant qu'entraineur à l'Excelsior de Mouscron, où les dirigeants ont décidé de limoger l'entraineur Marc Brys[12]. Ses débuts sont difficiles : les Hurlus ne prennent que deux points sur 18 possibles… avant de redresser la tête, de sorte que Scifo est finalement confirmé à l'Excelsior. À la fin de la saison 2008-2009, le club termine 11e du championnat. En accord avec les dirigeants, Scifo décide de renoncer[13].

RAEC Mons[modifier | modifier le code]

En février 2012, Scifo s'engage au RAEC Mons en tant qu'entraineur[14], succédant ainsi à Dennis Van Wijk. En février 2013, Scifo annonce la prolongation de son contrat au RAEC Mons pour 2 années supplémentaires (juin 2015). Il permet au club montois, lors de la saison 2013-2014, d'atteindre la 7e place, ce qui en fait le meilleur classement pour le RAEC Mons. La saison 2014-2015 démarre tres mal et Scifo est limogé du RAEC Mons le lundi 23 septembre 2013 à la suite des mauvais résultats de l'équipe (2 points sur 24).

Équipe nationale espoirs belge[modifier | modifier le code]

Le 4 août 2015, Enzo Scifo est nommé comme nouveau sélectionneur des Espoirs belges en remplacement de Johan Walem. Il démissionne de son poste en juin 2016.

Royal Excel Mouscron[modifier | modifier le code]

Le 22 juin 2021, Enzo Scifo retrouve un emploi en tant qu'entraîneur principal en signant dans le club du Royal Excel Mouscron, en D1B, pour la saison 2021-2022.

Il y a signé un contrat portant sur 2 saisons (+ 1 saison en option) et aura pour 1ere mission de remonter le club en D1A.

A la suite d’un match amical (défaite 1-0 face au KFC Mandel United) tendu avec les supporters durant la trêve internationale ainsi qu’au mauvais début de saison (2 points sur 21 et aucune victoire en championnat), il est licencié le jeudi 14 octobre 2021.

Fin de la carrière d'entraîneur[modifier | modifier le code]

Le 30 octobre 2021, 2 semaines après son éviction au Royal Excel Mouscron, Enzo Scifo annonce qu'il arrête sa carrière d'entraîneur de manière définitive, précisant qu'il ne peut plus mentalement s'adapter au métier.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant présente, pour chaque saison les statistiques d'Enzo Scifo en tant que joueur.

Les statistiques de la coupe de la ligue de Belgique, n'est pas repris dans le tableau suivant[15],[16].

Saison Championnat Coupes Nationales Coupe d'Europe Belgique Total
Saison Club Championnat Matchs Buts Matchs Buts Coupe Matchs Buts Matchs Buts Matchs Buts
1983-1984 Anderlecht Division 1 23 5 2 0 C3 8 1 4 0 37 6
1984-1985 33 14 6 2 C3 6 1 6 2 51 19
1985-1986 31 5 2 0 C1 5 2 10 2 48 9
1986-1987 33 8 7 0 C1 5 1 6 1 51 10
1987-1988 Inter Milan Serie A 28 4 10 0 C3 6 1 2 0 46 5
1988-1989 Girondins de Bordeaux (prêt) Division 1 24 7 0 0 C3 6 1 6 0 36 8
1989-1990 AJ Auxerre (prêt) Division 1 33 11 2 0 C3 9 5 9 2 53 18
1990-1991 34 14 3 0 - - - 5 1 42 15
1991-1992 Torino Serie A 30 9 5 0 C3 11 2 6 3 52 14
1992-1993 32 7 6 2 C3 4 0 6 3 48 12
1993-1994 AS Monaco Division 1 31 6 2 0 C1 11 2 8 1 52 9
1994-1995 11 2 2 1 - - - 1 2 14 5
1995-1996 34 7 6 3 C3 2 0 5 0 47 10
1996-1997 15 5 3 0 C3 5 0 4 0 27 5
1997-1998 Anderlecht Division 1 30 4 2 1 C3 5 1 6 1 43 7
1998-1999 27 8 1 1 C3 3 0 - - 31 9
1999-2000 20 2 1 0 C3 1 0 - - 22 2
2000-2001 Charleroi Division 1 12 3 1 0 - - - - - 13 3
Total 481 121 61 10 - 87[3] 17 84 18 713 166

Buts en sélections[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

En Équipe de Belgique[modifier | modifier le code]

Distinctions individuelles[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

En 2002, il déclare au quotidien La Libre Belgique[17] :

« Si l'Italie est pour moi le plus beau pays du monde, je suis fier d'être belge et s'il y a quelque chose que je n'ai jamais regretté depuis mes 18 ans, c'est bien ma naturalisation. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Enzo Scifo, le Diable touché par la grâce, fifa.com
  2. « Fils d'Alfonsa et d'Agostino Enzo Schifo », sur lesoir.be (consulté le )
  3. a et b (en) Vincenzo Scifo - Matches in European Cups, rsssf.com
  4. « Fiche d’Enzo Scifo », sur RBFA.be
  5. Scifo : "Seul l’état d’esprit compte", Entretien sur fr.fifa.com
  6. Fiche et biographie du joueur sur le site histoaja.free.fr
  7. Fiche du joueur sur le site a.s.monaco.free.fr
  8. « Feuille du match Milan AC-AS Monaco », sur footballdatabase.eu,
  9. Marc Barreaud, Dictionnaire des footballeurs étrangers du championnat professionnel français (1932-1997), L'Harmattan, 1997
  10. Tubize: Enzo Scifo entraîneur à la place de Patrich Wachel, site dhnet.be, le 7 décembre 2004
  11. Scifo n'entraînera plus Tubize, site dhnet.be, le 12 janvier 2006
  12. « Scifo à Mouscron », sur dhnet.be, .
  13. Enzo Scifo décide de jeter l'éponge à Mouscron, site dhnet.be, le 6 juin 2009
  14. Arrivée de Scifo au RAEC, site e-k.tv, le 29 février 2012.
  15. « Fiche d’Enzo Scifo », sur footballdatabase.eu
  16. (en) « Fiche de Enzo Scifo », sur national-football-teams.com
  17. « Quand du sang italien coule dans le sport belge », sur proximus.be (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Scifo, Enzo (propos recueillis par Lucien Gallinella; préface du prince Albert de Monaco), Mon histoire vraie, éd. Euro images productions, Bruxelles, 1999, 190p., 25 cm (ISBN 90-7662-806-8)