Clown

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Clown
Image illustrative de l'article Clown
Le clown russe Oleg Popov

Code ROME (France) L1204

Un clown est un personnage comique de l'univers du cirque. Visages disparaissant sous le maquillage, vêtus de façon spectaculaire, les clowns se partagent traditionnellement en « augustes » et en « clowns blancs ».

Étymologie[modifier | modifier le code]

Paul Cézanne, Pierrot et Arlequin (musée Pouchkine, 1888), personnages de la Commedia dell'arte à l'origine du clown blanc et de l'Auguste

Le mot « clown » (API /klun/), emprunté à l'anglais, vient du germanique klönne signifiant homme rustique, balourd, depuis un mot désignant, à l'origine, une motte de terre[1]. En anglais, on trouve aussi clod et clot, signifiant aussi bien motte que balourd, plouc. Le mot anglais clown a d'abord désigné un paysan puis un rustre. Au XVIe siècle il est passé dans le vocabulaire du théâtre pour désigner un bouffon campagnard.

Le clown au cirque[modifier | modifier le code]

Même s'il tire sa filiation de personnages grotesques anciens, notamment ceux de la Commedia dell'arte, le clown proprement dit est une création relativement récente. Il apparaît pour la première fois en Angleterre au XVIIIe siècle, dans les cirques équestres. Les directeurs de ces établissements, afin d'étoffer leurs programmes, engagèrent des garçons de ferme qui ne savaient pas monter à cheval pour entrecouper les performances des véritables cavaliers. Installés dans un rôle de serviteur benêt, ils faisaient rire autant par leurs costumes de paysans, aux côtés des habits de lumière des autres artistes, que par les postures comiques qu'ils adoptaient, parfois à leur dépens.

Les clowns suivaient le mouvement des numéros présentés, en les caricaturant pour faire rire (le clown sauteur, le clown acrobate…). Ce personnage évolua pour devenir de moins en moins comique : distingué, adoptant des vêtements aux tissus nobles et de plus en plus lourds avec l'emploi des paillettes, il fit équipe avec l'auguste. Ce dernier devint le personnage comique par excellence, le clown servant de faire-valoir. C'est la configuration que l'on connaît aujourd'hui. L'auguste prit peu à peu son autonomie, quand certains trouvèrent le moyen de faire rire la salle sans avoir besoin du clown pailleté. L'auguste s'imposa alors en tant qu'artiste solitaire, proposant parfois à un spectateur de lui servir de partenaire.

Le clown peut porter un pseudonyme inspiré du langage enfantin (en langue française, l'utilisation du redoublement de syllabe ou de sons est ainsi courant), comme Jojo, Kiki, etc.

Types de clowns[modifier | modifier le code]

Le clown blanc

Le clown blanc, maître de la piste, apparemment digne et sérieux, est le plus ancien type de clown. L'auguste au nez rouge, personnage loufoque et grotesque, a fait son entrée vers 1870. Avec les trios de clowns, créés au début du XXe siècle, est apparu le contre-pitre, le clown qui ne comprend jamais rien.

L'auguste
  • Le clown blanc, vêtu d'un costume chatoyant et sérieux, est, en apparence, digne et autoritaire. Il porte le masque lunaire du Pierrot : un maquillage blanc, et un sourcil (plus rarement deux) tracé sur son front, appelé signature, qui révèle le caractère du clown. Le rouge est utilisé pour les lèvres, les narines et les oreilles. Une mouche, référence certaine aux marquises, est posée sur le menton ou la joue. Le clown blanc est beau, élégant. Aérien, pétillant, malicieux, parfois autoritaire, il fait valoir l'auguste, le met en valeur.
  • L'auguste porte un nez rouge, un maquillage utilisant le noir, le rouge et le blanc, une perruque, des vêtements burlesques de couleur éclatante, des chaussures immenses ; il est totalement impertinent, se lance dans toutes les bouffonneries. Il déstabilise le clown blanc dont il fait sans cesse échouer les entreprises, même s'il est plein de bonne volonté. L'auguste doit réaliser une performance dans un numéro au cours duquel les accidents s'enchaînent. Son univers se heurte souvent à celui du clown blanc qui le domine.
  • Le contre-pitre est le second de l'auguste et son contre-pied. « Auguste de l'auguste », c'est un clown gaffeur qui ne comprend rien, oublie tout, et dont les initiatives se terminent en catastrophes, relançant les rires[2].

Accessoires[modifier | modifier le code]

Parmi les accessoires, on trouve les vêtements, souvent colorés, ridicules et trop grands, les farces et attrapes en général (boutonnière arroseuse…), et les tartes à la crème.

Clowns célèbres[modifier | modifier le code]

Joseph Grimaldi, le clown Joey (1820).
Les Fratellini en 1932.
Achille Zavatta en 1974.
Portrait de Carl Godlewski en clown (1887).

Parmi les clowns ayant eu une renommée internationale, on peut citer :

En Angleterre 
En France 
Au Canada 
Autres pays 

Citation[modifier | modifier le code]

« Le sixième jour, Dieu créa le Clown, Antonet, Pipo, Bario, Paul, Albert et François Fratellini, Little Walter, Footit et Chocolat, Grock... Le septième jour, il dut se reposer tellement il riait encore ! »

— Jean-Paul Farré, Le Clown, Cinquante-cinq dialogues au carré, L'Avant-scène théâtre, 2002

Le clown hors du cirque[modifier | modifier le code]

Dans le théâtre élisabéthain, au XVe siècle[modifier | modifier le code]

Illustration représentant Richard Tarlton, clown élisabéthain (1580)

Le clown était un personnage traditionnel du théâtre élisabéthain. S'il était gaffeur, lourdaud et ridicule, il faisait également preuve d'un grand bon sens, et, parfois même, d'un cynisme proche de celui du bouffon. Il apparut dans le théâtre populaire en Angleterre au XVe siècle et remplaça le personnage d'old vice (trop vieux et pas assez commode pour faire rire) qui n'était autre que le serviteur et homme de main du diable. Évidemment, le clown étant un personnage de comédie, il n'était jamais à la hauteur des tâches sournoises que son maître lui confiait, ce qui servait évidemment la dramaturgie. Le nom de ce personnage était Clod, ce nom évolua on ne sait comment en clown.

Au XIXe siècle, au théâtre, certains artistes voulurent mélanger Shakespeare et le cirque. Ce fut un vide total, le public voulait des acrobaties, pas du texte. Même si certains clowns sont célèbres grâce aux quelques phrases qu'ils lançaient comme "1, 2, 3…" ou "Musique !", cela n'en fait pas forcément des clowns-acteurs.

Scène contemporaine, au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, les comédiens burlesques firent leur apparition comme Raymond Devos et Coluche, qui, dans tous leurs spectacles, ont gardé dans leurs gestes et état d'esprit une attitude typique du clown.

Dans la seconde moitié du XXe siècle ont eu lieu des expériences de rencontre et de fusion entre les différents genres clownesques et le théâtre. Un certain nombre de « types » ont émergé partout dans le monde. Sol, Buffo, Dimitri, Franz-Josef Bogner, Slava Polunin, Jango Edwards, Bolek Polívka, en sont des exemples.

Clown et clichés[modifier | modifier le code]

Personnage fortement typé, le clown, à l'origine personnage burlesque, a vu son image détournée : tout d'abord est apparu l'archétype du clown triste, « obligé de faire rire même quand son cœur est gros » (le clown blanc est par ailleurs proche, à quelques paillettes près, du nostalgique Pierrot lunaire) ; puis des personnages de clowns maléfiques, qui utilisent l'attrait qu'ils exercent auprès des enfants pour les tuer (tel que le monstre protéiforme de Ça, roman de Stephen King), les torturer ou les violer (tel que Tweedles, du groupe d'avant-garde The Residents).

Clown, rock et danse[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, le personnage du clown a été intégré dans une forme de punk rock, en particulier par les groupes français Bérurier Noir, Les Wriggles ainsi que par les Insane Clown Posse ou Les Vilains Clowns. On peut également noter l'émergence du krump (danse actuelle issu de Los Angeles, à l'instigation de Tommy le clown issu du hip-hop clowning.

On parle même de Clown Core, mélange de métal et de rap, dans une ambiance sombre dirigé par des clowns maléfiques ; on peut citer à titre d'exemple Bawdy Festival.

La Clandestine Insurgent Rebel Clown Army, la grande armée des clowns[modifier | modifier le code]

La Clandestine Insurgent Rebel Clown Army (CIRCA) est une armée parodique de clowns rebelles née au Royaume-Uni en 2003, au moment de l'entrée en guerre contre l’Irak. L’idée était de prolonger une dimension festive et subversive issue des vieilles cultures populaires de transgression (carnaval, fête des fous…), de sortir des manifestations plan-plan traditionnelles, de permettre à chacun d’apporter ses propres idées et sa motivation grâce à une organisation complètement horizontale.

Représentations du clown en art[modifier | modifier le code]

Le personnage du clown au cinéma[modifier | modifier le code]

La peur des clowns[modifier | modifier le code]

La peur des clowns s'appelle la coulrophobie et peut provoquer chez la personne des spasmes, du stress ou des difficultés respiratoires.

Le personnage du clown en littérature[modifier | modifier le code]

  • Henri Michaux a écrit un poème très célèbre, Clown, particulièrement représentatif de son univers personnel, de sa position philosophique et ontologique.
  • Henry Miller dans Sourire au pied de l'échelle.

Le personnage du clown en musique[modifier | modifier le code]

Chanson[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Robert historique de la langue française, Paris, 1998.
  2. La construction de numéros par Le Samovar
  3. Alex

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Robert Lévy, Les Clowns et la tradition clownesque, Sorvillier Ed. de la Gardine, 1991
  • Tristan Rémy, Les Clowns, Grasset et Fasquelle, 2002

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]