Richard Anthony

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Richard Anthony
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Richard Anthony en janvier 2006.

Informations générales
Nom de naissance Ricardo Anthony Btesh
Naissance
Le Caire (Égypte)
Décès (à 77 ans)
Pégomas (France)
Activité principale chanteur
Genre musical Twist, rock, chanson française
Instruments voix
Années actives 1958-2015
Labels Columbia / I.M.E. Pathé-Marconi
Site officiel richard-anthony.fr.gd

Ricardo Btesh, dit Richard Anthony, est un chanteur français, né le au Caire (Égypte) et mort le à Pégomas[1],[2] (Alpes-Maritimes).

Pionnier du twist en France, celui qu'on appelle « le père tranquille du twist » compte plus de 600 titres enregistrés et plus de 50 millions de disques vendus[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Le père de Richard Anthony, Edgar Btesh, de confession juive et originaire de la province d'Alep en Syrie (à l'époque sous protectorat français depuis 1918), est un industriel dans le textile en Égypte. Sa mère Margaret d'origine anglaise est la fille de Samuel Shashoua Bey, consul honoraire d'Irak (officiellement indépendant depuis 1930) à Alexandrie. Le jeune Richard passe une enfance cossue en Égypte, mais la montée des nationalismes obligera sa famille à l'exil. D'abord en Argentine puis en Angleterre, à neuf ans il intègre le prestigieux Brighton College où il sera soliste de la chorale.

Son premier passage télé sera aux actualités ; à onze ans il est présenté au maréchal Montgomery comme meilleur élève en préparation militaire d'Angleterre[4].

À treize ans il arrive en France, en 1951 et entre au lycée Janson-de-Sailly de Paris. Sa petite sœur Manuela fera partie de « Tangerine », un groupe folk français des années 1970, et continuera plus tard une carrière solo sous le pseudo de Manu Le Prince, chanteuse reconnue pour ses reprises de classiques brésiliens.

Après son baccalauréat et le début de ses études de droit, Richard refuse de suivre ses parents à Milan, préférant rester avec Michelle rencontrée sur les bancs du lycée, qui deviendra sa première femme et avec qui il aura trois enfants, Nathalie, Jérôme et Johanne. Il devient représentant de commerce en réfrigérateurs, tout en jouant du saxophone dans les clubs de jazz, il se produit notamment les jeudis soirs au Vieux Colombier, dont le patron Claude Wolf, est le mari de Petula Clark.

Carrière[modifier | modifier le code]

1958 à 1970[modifier | modifier le code]

En 1958, influencé par la pop anglophone qu'il connaît bien, ce polyglotte parlant 6 langues[5] décide d'adapter ce nouveau son à des textes français. Il enregistre You Are My Destiny de Paul Anka et Peggy Sue de Buddy Holly et fait le tour des maisons de disques sans dire qu'il en est le chanteur, il se décide à l'avouer devant l'enthousiasme des directeurs artistiques. Il prend comme nom d'artiste la réunion de ses deux prénoms de l'état-civil, la firme Columbia Records lui donne sa chance mais ces deux titres passent inaperçus. Jacques Poisson alias Jacques Plait, futur producteur et directeur artistique de Joe Dassin, est le premier à le faire signer dans une maison de disques[6].

Il doit attendre son troisième 45 tours avec Nouvelle Vague, une reprise du Three Cool Cats des Coasters, pour connaître un énorme succès à vingt ans, près de 500 000 exemplaires du disque sont vendus. Suit alors une série de tubes, enregistrés entre Paris et Londres, dont le célèbre J'entends siffler le train, en 1962, qui reste un de ses plus gros succès français et le premier disque en France appelé « tube de l'été ». Cette année-là, il est 21 semaines durant, le numéro un des ventes avec les deux titres La leçon de twist et J'entends siffler le train.

Les médias de l'époque mettent en concurrence les deux plus gros vendeurs de disques, Johnny Hallyday et lui, leurs fans respectifs se déchirent, en viennent souvent aux mains et saccagent les salles de concert. Pourtant, en privé, ils sont les meilleurs amis du monde.

En 1964, il reste 10 semaines no 1 avec Ce monde et À présent tu peux t'en aller. Au rythme de 300 galas par an, il décide de passer son brevet de pilote. Il a été le premier chanteur à adopter l'avion privé, plus rapide et moins dangereux que la route, comme mode de déplacement ; il en acquiert un, comme le chanteur Marcel Amont, qu'il pilote lui-même pour ses tournées, embarquant musiciens et matériel. Il rejoint ainsi, dès qu'il le peut, sa famille dans ses villas de Saint-Tropez ou de Marbella, sa maison de la vallée de Chevreuse ou son chalet à Crans. Il se fait construire un hôtel à la Jamaïque où il s'accorde quelques moments de vacances.

En France, en 1965, il est de nouveau en tête des charts avec Je me suis souvent demandé, une adaptation d'une chanson belge (en néerlandais) de Bobbejaan Schoepen, il en fera aussi un hit en Argentine sous le titre A veces me pregunto yo.

À cette époque, il vit entre Marbella où réside sa famille et Londres où il enregistre aux studios Abbey Road en même temps que les Beatles avec qui il s'est lié d'amitié[7]. Il consacre à cette époque, comme les Beatles, plusieurs soirées au Palais d'Hiver de Lyon, le plus grand Music Hall d'Europe, et à l'Olympia.

En 1967, Guy Bontempelli écrit des paroles sur le Concerto d'Aranjuez de Joaquin Rodrigo, et Aranjuez mon amour devient son plus grand succès commercial. On estime a plus de 5 millions le nombre de disques vendus, 1er en France, Belgique, Suisse, Espagne et en Amérique du Sud. Ce titre est resté pour lui sa plus grande fierté, son compositeur ayant refusé toute adaptation, c'est sans l'accord de sa maison de disque de l'époque qu'il l'enregistre sur ses deniers personnels avec l'Orchestre philharmonique de Londres. Il va le présenter lui-même à Joaquin Rodrigo, à Madrid, et obtient sa permission de le sortir.

Années 1970 et 1980[modifier | modifier le code]

Fatigué par plus de 10 ans de tournées et ne s'adaptant pas à la mode montante du disco, dans les années 1970, son succès s'épuise ; après son tube Le Sirop Typhon, il s'éloigne une première fois du public et divorce d'avec Michelle. Voulant profiter de la vie, il s'installe avec Josiane (Iris Franck) pendant 4 ans à Saint-Paul-de-Vence, voisin d'Yves Montand et de Simone Signoret. Josiane et lui ont un fils, Julien.

Il redevient 1er des ventes en 1974, avec Amoureux de ma femme et en 1978, après l'album Non Stop dont le titre J'irai se classera numéro 2 des ventes, il s'installe à Los Angeles avec sa nouvelle femme Sabine et leurs trois enfants Xavier, Alexandre et Cédric pour y faire de la production. Il veut à présent exporter des mélodies françaises pour le public américain. Il y produit notamment Indian Summer, adaptation anglaise de L'Été indien de Joe Dassin. Il y enregistre aussi un album en anglais resté inédit jusqu'à maintenant.

Il revient en France en 1982 pour quelques mois, mais se fait rattraper par le fisc pour un redressement fiscal sur « éléments de train de vie », ce qui l'amène à passer quatre jours à la maison d'arrêt de Pontoise en 1983. Son cas d'emprisonnement dite « contrainte par corps » fera jurisprudence, ce qui fera le bonheur des autres chanteurs poursuivis par le fisc pour les mêmes raisons à cette époque comme Charles Aznavour, Johnny Hallyday, Mireille Mathieu ou encore Michel Polnareff[8].

À la fin des années 1980, il divorce d'avec Sabine et s'éloigne une nouvelle fois du public. Il part s'installer sur la Côte d'Azur où il a un grave accident de bateau l'obligeant à rester alité plusieurs semaines, Elizabeth, son infirmière, devient sa dernière compagne.

Années 1990 et 2000[modifier | modifier le code]

En 1993, la firme EMI sort un coffret de 300 de ses chansons, rapidement triple disque d'or, qui lui redonne l'envie de revenir sur scène. Il sort le titre La barrière des générations, enregistré en Belgique, et fait un retour sur les plateaux télé, l'émission Sacrée Soirée lui offre une spéciale Richard Anthony au Cirque d'hiver de Paris.

En 1994, il enregistre la collection Atlas Spéciale Chansons Françaises, qui reçoit un triple disque de Platine. En 1996, il ré-enregistre ses tubes pour la France mais aussi pour l'Espagne avec l'album Sentimental , dont les titres Abrazame et Aranjuez mon amour seront des hits.

En 1997, il publie son autobiographie aux éditions Michel Lafon, Il faut croire aux étoiles, d'après le titre d'une de ses chansons.

En 1998, il fête ses 40 ans de carrière au Zénith de Paris et reprend Victoire je t'aime, en hommage aux bleus, et le rap Pas innocents pour les boites de nuits.

Dernières réalisations[modifier | modifier le code]

Richard Anthony en mars 2014.

Malgré un rythme de 30 galas par an, il fait un nouveau retour médiatique en 2006 en tête d'affiche des tournées Âge tendre et Têtes de bois. Il s'y produit durant 5 ans.

En 2010 sort la deuxième édition de son autobiographie intitulée Quand on choisit la liberté, classée dans les meilleures ventes de l'année. Il fait à l'occasion plusieurs passages télé, dont une des meilleures audiences de l'année pour l’émission de Mireille Dumas où il avouera avoir vaincu un cancer du côlon[9].

Le 12 février 2012, il fait salle comble pour un concert sur la scène de l'Olympia[10] où il invite Jeane Manson en 1re partie.

Au total, il aura eu dans sa carrière dix-sept tubes classés vingt-et-une fois numéro 1 des ventes : il est aujourd'hui encore le seul chanteur français avec un tel record. Il est aussi l'un des rares Français à avoir été numéro 1 dans les pays étrangers comme l'Italie, l'Allemagne, le Portugal, l'Espagne, la Suisse, la Belgique, l'Argentine, le Liban ou même l'Iran.

Ces 17 tubes sont : Nouvelle vague (1959), Itsy bitsy petit bikini (1961), La leçon de twist (1962), Et j'entends siffler le train (1962), J'irai twister le blues (1963), C'est ma fête (1963), Donne moi ma chance (1964), À présent tu peux t'en aller (1964), Ce monde (1964), Je me suis souvent demandé (1965), Écoute dans le vent (1965), Les garçons pleurent (1965), Lundi lundi (1966), Sunny (1966), Aranjuez, mon amour (1967), Le sirop typhon (1969), Amoureux de ma femme (1974)

Il a enregistré des titres dans six langues : français, anglais, allemand, espagnol, italien et arabe.

Apolitique, il n'a jamais exprimé ses opinions, mais il a été pourtant quelquefois reconnu comme chanteur engagé en chantant La terre promise, Inch'Allah, Le déserteur ou encore Je me suis souvent demandé.

Mort[modifier | modifier le code]

Après avoir souffert en 2010 d'un cancer du côlon, Richard Anthony meurt le (à 77 ans) à Pégomas, dans les Alpes-Maritimes, d'un cancer généralisé. Lors du dernier séjour à l'hôpital, il avait souhaité rentrer chez lui pour mourir près des siens. — Bernard Persia, journaliste de France 3, proche de l'artiste « depuis 25 ans », précise que l'artiste est mort vers 22 heures, ce dimanche-là[1],[11]. Ses obsèques ont lieu le à Cabris (Alpes-Maritimes), dans l'intimité familliale[12].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Richard Anthony s'est marié deux fois et a reconnu neuf des onze enfants qu'il aurait engendrés.

Liste de ses principales chansons[modifier | modifier le code]

Reprises et hommages[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

  • Il faut croire aux étoiles, autobiographie, 1997

Décoration[modifier | modifier le code]

Richard Anthony le 23 novembre 2011 recevant la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres.

En janvier 2011, Richard Anthony est promu au grade d'Officier des Arts et des Lettres. Il est décoré le 23 novembre 2011 par le ministre Frédéric Mitterrand dans les salons d'honneurs du ministère de la culture[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le chanteur Richard Anthony est mort à Pégomas », Nice-Matin,‎
  2. « Le chanteur Richard Anthony est mort », Le Figaro,‎
  3. « Richard Anthony n'entendra plus siffler le train ! », Le Point,‎
  4. http://richard-anthony.chez-alice.fr/magazines-articles.htm
  5. Ses six langues : français, anglais, arabe, italien, espagnol, hébreu.
  6. Richard Anthony, Quand on choisit la liberté…, Florent Massot, 2010, p. 49.
  7. La Michelle des Beatles leur a été inspirée par Michelle sa femme. Ils voulaient que Richard la chante, mais il a pensé, au contraire et avec raison, que le refrain en français leur assurerait le succès en France.
  8. « Problèmes fiscaux des chanteurs de variétés » [vidéo], sur ina.fr, journal de 20 heures sur France 2,‎ (consulté le 20 avril 2015)
  9. « Richard Anthony opéré d'urgence d'un cancer ! », sur hellocoton.fr, puretrend,‎ (consulté le 20 avril 2015)
  10. « Photos de l'OLYMPIA 2012 », sur richard-anthony.fr.gd (consulté le 20 avril 2015)
  11. « Mort de Richard Anthony, le "père tranquille du twist" », sur francetvinfo.fr, Culturebox,‎ (consulté le 20 avril 2015)
  12. http://www.telestar.fr/2015/photos/obseques-de-richard-anthony-ses-fils-bouleverses-et-en-larmes-photos-104758#offset12
  13. « Officier des Arts et des Lettres », sur richard-anthony.fr.gd (consulté le 20 avril 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]