Chocolat (film, 2016)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le film de Roschdy Zem. Pour le personnage dont est tiré le film, voir Chocolat (clown). Pour les autres significations, voir Chocolat (homonymie).
Chocolat
Description de cette image, également commentée ci-après

Affiche de Chocolat pour Medrano.

Réalisation Roschdy Zem
Scénario Cyril Gély
Acteurs principaux
Sociétés de production Mandarin Cinéma
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre biographie
Durée 110 minutes
Sortie 2016

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Chocolat est un film biographique français réalisé par Roschdy Zem, sorti en 2016. Il s'inspire du livre Chocolat, clown nègre : l'histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française de Gérard Noiriel, publié par Bayard en 2012. Bien qu'annonçant "retracer l'histoire de cet artiste hors du commun", le film s'écarte sensiblement de l'histoire réelle du Clown Chocolat.

En 2017, le film reçoit sur cinq nominations, deux César, celui du meilleur acteur dans un second rôle pour James Thierrée et des meilleurs décors.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Footit et Chocolat tournent pour Auguste et Louis Lumière le numéro comique Chaise en bascule, au Nouveau Cirque.

En 1897, un homme noir du nom de Kananga, ancien fils d'esclave de Cuba, joue un petit rôle de cannibale dans le modeste cirque Delvaux. Le clown blanc George Foottit, sommé de renouveler ses numéros par le directeur du cirque, a l'idée de s'associer avec Kananga dans un duo de clown blanc autoritaire et de clown noir souffre-douleur, qui prendra le nom de Chocolat. Le duo comique est très bien accueilli par le public et Delvaux commence à faire des affaires. La rumeur du succès se répand en France au point que Joseph Oller, directeur du Nouveau Cirque, convainc Foottit et Chocolat de prendre du service dans son établissement parisien. Le succès dans la capitale est immédiat, et Chocolat devient le premier artiste noir de la scène française. Grisé par l'argent, il s'adonne au jeu et se laisse aller aux plaisirs des femmes.

Des publicitaires comme Félix Potin décident un jour d'utiliser l'image de Chocolat pour les affiches de leurs produits en le montrant avec un visage de singe. Chocolat, jusqu'alors humoristiquement maltraité par son compagnon de scène, ne s'était pas offusqué des coups de pieds, des baffes et des humiliations qu'il subissait. Mais ces publicités humiliantes l'ayant blessé, il va peu à peu s'opposer à la domination du clown blanc et se montrer désireux de porter un vrai nom, celui de sa jeunesse d'esclave, Rafael Padilla, pour enfin exister comme un être autonome. À mesure qu'il apprend à lire, il se passionne pour Shakespeare et se projette déjà dans le rôle d'Othello, personnage de couleur jusque là joué en France par des acteurs blancs maquillés en noir.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Roschdy Zem reconnaît avoir pris des libertés par rapport à l’histoire de Rafael Padilla pour réaliser son film : le premier à engager Chocolat n'est pas le cirque Delvaux qui n’existe pas mais le clown d’origine britannique Tony Grice qui le rencontre sur les quais de Bilbao et c'est avec lui qu'il commence un duo comique en 1886 puis avec d'autres clowns et même en solo ; ensuite ce n'est pas George Foottit qui en 1895 vient le démarcher pour former leur duo clownesque mais le directeur du Nouveau Cirque Raoul Donval ; poursuivi pour coups et blessures, il n'a jamais fait de prison ; son épouse Marie Hecquet n'était pas veuve et infirmière de métier, mais secrétaire et mariée (elle divorce pour Rafael) ; Chocolat quitte Foottit d'abord pour jouer le rôle du clown de Roméo et Juliette de William Shakespeare et connaît l’échec lorsqu'il entreprend de jouer au théâtre, non Othello mais le rôle principal dans Moïse, pochade d'Edmond Guiraud en 1911 au Théâtre Antoine, en effet il maîtrise mal le français et éprouve des difficultés avec les longs textes ; Rafael meurt en 1917, non comme simple balayeur dans un cirque mais en officiant comme clown dans la troupe du cirque Rancy de Bordeaux[1],[2].

Tournage[modifier | modifier le code]

Foottit et Chocolat

L'équipe et le réalisateur ont préféré tourner la plupart des scènes à Paris plutôt que de reproduire la ville dans un studio d'Europe de l'Est comme de nombreux films. Roschdy Zem explique « Lorsqu’on tourne en extérieur une histoire qui se déroule un siècle plus tôt, on a beau mettre en place la décoration adéquate, il y a toujours une grue qui dépasse au loin. Pour ces scènes-là, nous avons défini les axes dès le découpage et réalisé un storyboard en raison des effets spéciaux »[3].

Roschdy Zem explique que lui et son équipe se sont inspirés de l'esthétique de films d'époque La Môme et Barry Lyndon ou sur des documents et des tableaux pour les couleurs : « On a conçu la lumière en fonction des costumes, les costumes en fonction des décors, les tenues des hommes en tenant compte de celles des femmes ; et celles des personnages principaux en fonction de celles des figurants »[3].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Pour Alain Spira de Paris Match, « Alors qu’Abdellatif Kechiche n’avait pas convaincu avec sa Vénus noire, un film à la thématique proche de celle de Chocolat, Roschdy Zem, lui, parvient à maîtriser son biopic grâce à une narration tendue, à une reconstitution historique pertinente et à des acteurs hors norme (…) James Thierrée (…) démontre ici qu’il possède un tel charisme cinématographique qu’il mériterait d’enchaîner les premiers rôles (…) Quant à Omar Sy, on ne doute pas que, pour s’élever à la hauteur clownesque de son modèle, son entraînement physique et psychologique a dû être éreintant. Résultat, Sy est sidérant en Chocolat[4]. »

Pour la revue Africultures, Sylvie Chalaye déplore un « prisme déformant d'un mélodrame sordide et condamne le vrai Chocolat à disparaître pour laisser place dans les mémoires à la chute vertigineuse d'un pauvre nègre qui a voulu s'arracher à sa condition. » Elle souligne la qualité des acteurs : « James Thierrée et Omar Sy s'inspirent des célèbres saynètes du duo, mais parviennent à les moderniser pour le regard d'aujourd'hui avec beaucoup de subtilité. La qualité photographique du film est remarquable, les décors sont réussis et le réalisateur avait deux magnifiques comédiens à diriger », mais elle regrette la déformation de la réalité historique : « des personnages sont fabriqués comme le mystérieux Haïtien opiomane, d'autres détournés, comme Marie Grimaldi, la compagne de Chocolat durant près de 30 ans. Alors que Chocolat connaît le succès bien avant son tandem avec Footit grâce à un spectacle qui fit fureur au Nouveau cirque, La Noce de Chocolat, le film en fait un Noir perdu dans un cirque de campagne et réduit à jouer les cannibales de foire (…) La violence que subit Chocolat dans le film, celle des policiers qui le battent et celle des malfrats qui viennent l'intimider et lui casser les doigts de la main pour récupérer leur argent se confond avec la violence raciste qui aurait pu être celle des Amériques de la ségrégation (…) Mais déformer la vraie histoire de Chocolat et ajouter même de la violence physique pour atteindre ce but c'est comme fabriquer des preuves à charge pour mieux s'assurer que le coupable sera condamné et provoquer finalement un vice de forme qui prive la société française d'un vrai procès, juste et valide »[5].

Pour le magazine Elle, James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin, est épatant dans le rôle de Foottit, et la touche de burlesque qu'il ajoute « n'est pas sans rappeler son illustre grand-père »[6]. Son personnage est tout sauf secondaire, et il trouve enfin son premier grand rôle au cinéma, avec « une touche de marginalité et de poésie »[7].

Box-office[modifier | modifier le code]

En quatre semaines d’exploitation en France, le film cumule 1 686 746 entrées[8].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Omar Sy n'est pas le premier acteur à interpréter Chocolat au cinéma, ce rôle fut précédemment joué par Rupert John (né en 1929), dans le film Moulin Rouge (1952) de John Huston[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Michel, « Cinéma : ce qui est vrai, ce qui est faux dans « Chocolat », le film de Roschdy Zem », sur jeuneafrique.com/,
  2. Pierre Robert Levy, Les clowns et la tradition clownesque, Éditions de la Gardine, , p. 309
  3. a et b Secrets de tournage - Allociné.fr
  4. Alain Spira, « L'auguste renoi... », Paris Match, (consulté le 31 janvier 2016)
  5. Sylvier Chalaye, « Chocolat, triste mélo », Africultures, (consulté le 31 janvier 2016)
  6. « James Thierrée : 3 choses à savoir sur l’héritier Chaplin », sur Elle.fr,
  7. « Qui est James Thierrée, l’artiste qui vole la vedette à Omar Sy dans "Chocolat" ? », sur Metronews,
  8. http://www.allocine.fr/film/fichefilm-217656/box-office/
  9. http://www.aveleyman.com/FilmCredit.aspx?FilmID=12972

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]