Tany Zampa

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Tany Zampa
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Biographie
Naissance
Décès
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MarseilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Gaëtano Louis Albert ZampaVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnoms
Gaï
Don Gaetano
L'empereur de la nuit
Le grandVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père

Gaetano Zampa dit Tany Zampa, né le à Marseille (France) et mort le dans la même ville, est un criminel français. Il est surnommé « l'empereur de la nuit » ou « le grand » du fait de sa taille (1,90 m).

C'est l'un des derniers parrains du milieu marseillais des années 1970.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gaetano Louis Albert Zampa, déclaré né officiellement le 1er avril 1933 dans le quartier de la Cayolle à Marseille, est en fait né le 18 mars 1933[1]. Son père, Mathieu Zampa, originaire de la région napolitaine, né en 1902 à Marseille, est un voyou respecté dans la ville et il ne veut pas que son fils naisse au mois de mars car, dans la légende napolitaine, mars est le mois des fous[2]. Sa mère Lucie Lande est originaire de la région des Pouilles. Il a pour demi-frère Jean Toci, né le 24 juillet 1933 d'une relation extraconjugale entre son père et Jeanne Toci et qui, Gaëtan Zampa arrêté, a pris sa relève après sa mort[3]. Le père de l'humoriste Patrick Bosso est le cousin germain de Zampa[4].

Mathieu Zampa a débuté dans les années 1930 sous Paul Carbone et François Spirito, puis s'est placé, après la Libération, sous les ordres des frères Guérini comme la plupart des truands marseillais de l'époque. Il a été le propriétaire du bar de la Ruche. Il est spécialisé vers l'outre-mer[5]. Dans les années 1960, il part exploiter un night club dédié à la prostitution à Dakar. Il reviendra à Marseille en 1972 et y mourra l'année suivante. La famille Zampa possédait une maison boulevard des Deux Canards dans le quartier de la Cayolle. Il grandit dans le quartier de la Cayolle, dont la population est constituée de vagues migratoires successives d'Italiens, d'Indochinois, de juifs d'Europe centrale et d'Afrique du Nord, de Magrébins. Sa petite enfance se déroule à l'ombre de l'énorme chantier de construction de la prison des Baumettes, qui démarre en 1933 pour finir en 1939[5].

En mars 1940, à l'âge de 7 ans, Gaëtano Zampa boit l'eau non potable d'une fontaine publique et tombe gravement malade. Il met du temps à s'en remettre, à tel point que sa famille pense qu'il va mourir. Il guérit mais ayant été tellement choqué, il en garde un bégaiement ou un zozotement[6],[5].

Tany Zampa a donc grandi dans le milieu qu'il connaît parfaitement. Lorsqu'il débute dans le métier comme proxénète, vers 1950, dans le quartier Saint-Lazare, tout le monde le connaît. Le 5 août 1953, à vingt ans, il travaille dans le service d'ordre de Gaston Defferre, fourni par les Guérini et est l'un de ses gardes du corps. Defferre, socialiste incarné par le SFIO, tente de reprendre la mairie tenu par les communistes depuis 1945. Ce jour-là, Lors d'une manifestation de militants communistes, Zampa disperse la foule en la menaçant avec une mitraillette en plastique et exfiltre Gaston Defferre. Defferre reconnaissant, l'invite à une soirée et le remercie. Zampa lui répond : « Moi je ne vous ai rien demandé, maintenant vous êtes en dette avec moi. Je ne veux pas que vous l'oubliiez. Parce que l'homme le plus puissant de Marseille, c'est pas vous, c'est moi ». Selon le biographe José D'Arrigo, Zampa le paiera très cher en 1984, lorsque Defferre deviendra ministre de l'intérieur[6],[5].

Le Marseille d'après-guerre est fertile pour le milieux : prostitution, jeux, marché noir, reconstruction avec l'aide du plan Marshall, racket et première filière organisée de l'héroïne (French Connection). La Camorra tente de s'infiltrer à Marseille mais pour éviter un affrontement fratricide, elle décide de se diriger vers Paris. En 1955, il monte à Paris et il est accueilli dans la « Bande des Trois Canards », du nom d'un cabaret parisien dont il connaît certains membres grâce aux Italiens du quartier du Panier (le noyau dur de la bande, environ dix personnes, est composé essentiellement d'Italiens).

L'équipe, qui a débuté sur la Côte d'Azur, décide de se lancer dans le racket d'hôteliers parisiens (en plus d'être des racketteurs, les membres de la bande donnent aussi dans le casse, le proxénétisme et le jeu). Des voyous parmi les plus durs de la capitale commencent à côtoyer cette bande : Joseph Brahim Attia (dit Jo Attia), Georges Boucheseiche (au centre de l'affaire Ben Barka), Jean Palisse. Zampa fait ses classes dans le racket des boites de nuit à Pigalle, « la protection » jusqu'à diriger la redoutable bande des « Napos ». Marcel Francisci, l'empereur des cercles de jeu, impressionné par son professionnalisme, lui confie la gérance du Cercle Montmartre. Zampa garde un pied à Marseille où il possède un hôtel, le Réal[5].

En 1960, Zampa a 27 ans. Dans la nuit du 31 décembre 1960 au 1er janvier 1961, il réussit un casse mémorable à la Caisse d'Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône, où il dérobe avec ses complices 160 millions de francs anciens (soit 1,6 million de francs nouveaux). À cette occasion, son nom est inscrit au fichier du grand banditisme en tant qu'un des « chefs de la pègre marseillaise ». Ce n'est un secret pour personne que Zampa est l'organisateur du casse, mais aucune preuve ne peut être retenue contre lui[6],[5].

Tany Zampa, qui connaît déjà très bien le Milieu, est désormais rôdé pour diverses activités. À Paris, il apprend à connaître des voyous violents, il les fréquente et s'habitue à leur attitude. Il est lui-même un nerveux, un « excité ».

Une bande redoutée[modifier | modifier le code]

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Jusqu'en 1965, Zampa travaillera entre Paris et Marseille. Au début de 1964 il commence à s'entourer, à Marseille, de vrais durs et impose sa loi dans les rues marseillaises. Des impulsifs, des sanguinaires, des personnages violents et craints. Son passage dans la « Bande des Trois Canards » a été très formateur. Il établit avec ses hommes une sorte de pacte de sang. Mais Tany Zampa est impitoyable et n'hésite pas à éliminer ceux qui deviennent gênants. Parmi ces vrais durs, on peut citer Jean Toci, son demi-frère et bras droit, Gaby Regazzi, le véritable « cerveau » de l'équipe, Bimbo Roche, Gérard Vigier, Gilbert Hoareau dit Gilbert le Libanais, ou Jean-François Bianconi dit le diable ou encore Jacky le Mat. En 1964, Zampa est arrêté pour port d'arme prohibé et incarcéré.

L'efficacité de Tany Zampa dans le racket et la « protection » pousse bon nombre de caïds marseillais à faire appel à lui, notamment Robert Blémant. Il prend ses aises et se permet tout et n'importe quoi. Certains anciens, adeptes des règles « morales » du Milieu, comme les Guérini, voient d'un mauvais œil les méthodes violentes de Tany Zampa, mais aucun n'ose s'opposer à lui.

Alors qu'il commence à investir dans l'héroïne, Zampa monte en puissance. Il est impliqué dans la prostitution, la drogue, les jeux, et est le plus efficace racketteur de la Côte.

Prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

Les Guérini occupent toujours le sommet du crime marseillais. Le 4 mai 1965, Robert Blémant, ancien commissaire de la Direction de la surveillance du territoire (DST) reconverti dans le crime organisé à Paris, est abattu sur ordre d'Antoine Guérini. Cet ancien fonctionnaire, associé de Marcel Francisci, devenu truand tentait de s'implanter dans le milieu marseillais avec l'aide de Zampa. Pour Zampa, c'est une aubaine, car le Milieu n'accepte pas qu'Antoine ait fait assassiner un pilier comme Blémant uniquement par jalousie. Les associés des Guérini s'écartent peu à peu du clan, lequel s'en trouve très affaibli[5].

Dans le même temps, une « dénonciation anonyme » permet à la police au cours d'« un banal contrôle » sur le Vieux-Port, de découvrir des armes dans la Jaguar de Tany, qui est lourdement condamné à 6 ans de détention pour ce délit et incarcéré à la prison de Haguenau en 1966. Il y épouse une jeune marseillaise, Christiane Convers, en juin 1966. Il fait une série de tentatives de suicides qui mèneront à son internement psychiatrique à l'hôpital de Strasbourg, en 1968. Dès lors, il sera successivement détenu à l'hôpital des prisons de Fresnes, à la prison de la Santé à Paris et à la centrale de Poissy. Depuis sa cellule, il continu à diriger ses affaires[5].

En 1967, Antoine Guerini est abattu, vraisemblablement par Jacky Imbert dit « le Mat », sur ordre de Tany et avec la bénédiction du milieu qui n'a pas pardonné le meurtre de Blémant. Son frère « Mémé » est envoyé en prison peu de temps après. C'est le début de la fin pour le clan Guérini qui se fait dépouiller de ses fleurons à Marseille par le trio constitué de Zampa (depuis sa prison), de Jacky le Mat et de Francis Vanverberghe dit « le Belge », tous vétéran de la Bande des Trois Canards[5].

Lorsqu'il sort de prison, en 1970, Zampa est le nouveau maître des rues marseillaises. Sa libération, alors qu'il est interdit de séjour à Marseille, va provoquer une redistribution des ressources dans l'empire du crime[5].

Pendant les années 1970, Tany étend son activité au trafic d'armes. Il est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat de Pierre Goldman pour le compte des GAL espagnols (groupe paramilitaire anti-ETA).

Conflit avec Francis le Belge sur fond de trafic de drogue[modifier | modifier le code]

Si dans l'ombre de Zampa, Jacky le Mat gagne du galon, c'est surtout Francis le Belge qui monte en puissance. Les deux hommes se sont régulièrement croisés à Paris, mais restent rivaux. En 1972, des trafiquants d'héroïne proches de Zampa ont détourné une grosse cargaison d'héroïne, d'une valeur de 600 000 francs, destinée au Belge[5].

Anticipant une riposte, Zampa décide d'agir : le 5 septembre 1972 sont abattus au Cannet[Où ?] Robert Di Russo, Jean-Claude Bonello et Daniel Lamberti. L'un des tueurs est abattu le 14 octobre 1972 en Corse, et l'autre le 28 octobre 1972. Le 26 décembre 1972, c'est un homme du Belge qui tombe, puis deux autres en février 1973, à la Belle de Mai.

Francis le Belge réplique durement en atteignant un paroxysme : le 31 mars 1973, trois hommes de Zampa sont tués au bar du Tanagra. Il s'agit de Joseph Lomini dit le Toréador, l'un des trafiquants ayant escroqué le Belge, cible principale du commando et lieutenant de Zampa, Ansan Bistoni dit l'Aga Khan, poids lourd de la French Connection, Jean-Claude Napoletano, un petit truand, et la patronne du bar[5].

En novembre 1973, l'arrestation de Francis le Belge et sa condamnation à trois ans de prison mettent fin aux affrontements. En tout le Belge fera 11 ans à la suite de la dénonciation de François Scapula, repenti réfugié aux États-Unis[5]. Par ailleurs, la légende veut qu'en plein cœur du conflit entre les deux Marseillais, Tany Zampa et ses hommes aient aperçu le Belge à Paris, sans aucune protection, et qu'ils aient refusé de faire feu sur ce dernier car il était accompagné de sa mère.[citation nécessaire] Au cours de ces affrontements, Zampa se réfugiera en Italie afin d'échapper aux représailles et à la police. Il y restera jusqu'en 1975[5].

À son retour sur Marseille, Tany se fait contrôler par la police en possession d'un Smith et Wesson. Il purge huit mois de prison pour port d'armes illégal en 1975 aux Baumettes[5].

Selon José D'Arrigo, soupçonné d'avoir fourni des moyens et planifié le "casse du siècle" d'Albert Spaggiari en 1976. D'autres pensent très peu probable qu'il ait eu un quelconque rôle dans le casse de Nice.

En parallèle de ses démêlés judiciaires sans conséquences, Tany Zampa se lance dans l'activité des jeux sur la Côte d'Azur en association avec son ami d'enfance Bimbo Roche et le roi du jeu niçois Jean-Dominique Fratoni, patron du casino Rhul.

Conflit avec Jacky le Mat[modifier | modifier le code]

Même si tout semble aller bien pour Zampa, il reste un problème non résolu : Jacky le Mat. Ce dernier s'est écarté de Tany et ne cesse de faire augmenter son capital, le premier s'associant au monde gitan, le second s'ouvrant au monde des cités marseillaises pour développer leurs trafics[7]. Jusqu'au litige, en 1977, le clan du Mat rackette le même client que le clan Zampa, pour un montant de 8 millions de francs. En effet, Zampa n'aurait pas supporté que l'un de ses amis, un arménien qui protégeait un homme d'affaires israélite, Sammy Flatto, se soit fait « casser la baraque » par un concurrent qu'il avait désigné comme étant « Le Mat ». Il fallait en avoir le cœur net. Sommé de s'expliquer sur cette ténébreuse affaire, Jacky le Mat prend la fuite[8].

D'après certaines rumeurs[réf. nécessaire], Zampa aurait tenté d'assassiner Jacky le Mat le 1er février 1977, accompagné de Gaby Regazzi et Bimbo Roche. Il aurait tiré sept balles de 11.43 sur son rival tandis que ses acolytes lui auraient tiré chacun une décharge de chevrotine. Mais Jacky survit à la tentative d'assassinat et se venge : de mars 1977 à avril 1978, douze personnes seront assassinées (des deux côtés). Avec une avance pour le Mat, qui a rapidement éliminé les porte-flingues du clan Zampa. Ce dernier en sort très affaibli, et ne tient plus réellement le milieu marseillais[8]. Imbert est arrêté alors qu'il se trouve à proximité du domicile de Zampa portant une arme. Il est condamné à 6 mois de prison. À sa sortie, Imbert prend le large à bord de son bateau « le Kallisté »[5].

Zampa semble avoir gagné la partie. Mais le 3 octobre 1978, dix personnes sont froidement abattues dans le Bar du Téléphone par trois hommes encagoulés. Ce massacre provoque le départ instantané de toute la voyoucratie marseillaise qui part se mettre à l'abri. Sur les dix hommes assassinés, seul quatre ont des casiers judiciaires pour des délits mineurs, les autres sont des consommateurs et le patron de bar n'est qu'un simple commerçant. Il se pourrait que cela soit une bavure[5].

Au début des années 1980, Tany crée la plus grande boîte de nuit de la région marseillaise et aixoise, "Le Krypton". En août 1980, deux laboratoires de transformation d'héroïne sont découverts en Sicile, un petit laboratoire est découvert à Trabia et plus tard dans la journée un plus gros laboratoire caché dans Carini est aussi découvert. Ce dernier peut produire 50 kilogrammes par semaine. Trois chimistes corses sont arrêtés à Trabia, dont André Bousquet, un ancien chimiste de la French Connection qui a été envoyé par Gaëtan Zampa, en compagnie d'un parrain de Cosa Nostra, Gerlando Alberti[9],[10].

Arrestation et suicide[modifier | modifier le code]

Les pressions policières ne font qu'aggraver les choses. Le 21 octobre 1981, après l'assassinat du juge Michel, Zampa est immédiatement soupçonné[11]. Jean Louis Pietri, commissaire à la BRB, affirme lui que le dossier était vide, mais Zampa commet l'erreur de s'enfuir en Italie. Il est dès lors sans cesse surveillé, ce qui limitera fortement son influence et son contrôle du crime marseillais. Faute de preuve, il n'est pas poursuivi[5].

Le 6 octobre 1983, Gilbert Hoareau dit « le Libanais », est assassiné par trois hommes à moto sur la Canebière. Cet associé de Zampa aurait voulu s'émanciper et aurait égorgé un des hommes de Zampa pour signifier son indépendance. Zampa l'aurait fait éliminer. L'enquête est au point mort. La brigade financière du SRPJ décide une perquisition au domicile de Hoareau. La police met la main sur sa comptabilité et y découvre les divers trafics auxquels sont liés notamment Zampa[12]. Deux semaines plus tard, 21 personnes, toutes des proches de Tany, dont Christiane, sa femme et Maître Philippe Duteil, son avocat, sont interpellées. En parallèle sont perquisitionnées une douzaine d'établissements de nuit contrôlés par Zampa et ses acolytes. S'ensuit une série de délits financiers et fiscaux comme des abus de biens sociaux, faux en écriture, infraction sur les sociétés, banqueroutes frauduleuses... Ce sont ces infractions qui le mèneront à sa chute tout comme Al Capone dans les années 1930.

Le 21 octobre 1983, un mandat d'arrêt international est lancé à son encontre[13]. Le 29 novembre 1983, vingt-quatre heures après le plastiquage de deux établissements Aixois, appartenant à sa femme, Zampa et ses acolytes sont arrêtés par la Brigade de Répression du Banditisme (BRB) dans un bungalow de la Fos-sur-Mer. « M'arrêter un dimanche. Là, vous me surprenez ! » a-t-il plastronné[14],[5].

En détention, à la Prison des Baumettes Il sombre lentement dans la folie, il se plaint de violents maux de tête, prétend entendre des voix, accuse les tuyauteries de lui transmettre des messages de mort et hurle que l'on veut l'assassiner. Il écrit au directeur de la prison pour qu'on le change de cellules, sous prétexte que la sienne, qui donne sur la rue va être la cible d'une attaque à la roquette depuis l'immeuble d'en face. Ses avocats demandent une expertises psychiatrique : les médecins ne décèlent qu'une simple altération névrotique due à une fixation. Dans Marseille, il se dit « Tany est tombé fada » pour d'autres, « Il simule »[5]. Il est surnommé « parrain à l'italienne », la « marraine » ou encore la « balance ». Les 20 et 22 juin 1984, il manque deux tentatives de suicide[15].

Son procès se tient devant la 6e chambre correctionnelle de Marseille, préside par le président Albertini. Dés Le premier jour, le 19 juillet 1984, il se jette tête la première contre un pilier du palais de justice. Il s'en sort avec une grosse bosse et le gendarme auquel il est menotté, a une épaule luxée et quinze jours d'arrêt de travail. Zampa affirme s'être livré, après une longue cavale, contre la promesse que sa femme, Christiane, ne serait pas inquiété. Elle est à ses côtés, tout comme son avocat et d'autres complices dans une affaire financière où la découverte de comptes truqués, de bilans maquillés et de reconnaissance de dettes mette à jour l'empire clandestin de Zampa. Le soir de son premier jour de procès, il tente une nouvelle tentative de suicide en se taillant les veines avec un petit canif émoussé[5]. L'administration pénitentiaire décide de le faire surveiller en permanence. Pour cela, elle place un autre détenu, Marc-Robert Schandeler dit « Bob », un ancien videur du Krypton, fleuron de l'empire Zampa. Sa mission est d'empêcher son patron de se suicider. Au soir de son cinquième jour de procès, le , une demi-heure après son retour en cellule, Schandeler frappe à la porte de la cellule en hurlant « Au secours, venez vite, Tany vient de se pendre ! » Les gardiens trouvent Zampa pendu à une corde à sauter fixée à un tuyau de chauffage, les pieds coincés dans le radiateur. Zampa est inanimé, son visage est bleui et son larynx est enfoncé. Un interne accourt en urgence et tente une trachéotomie. Zampa n'est pas mort mais ses cellules nerveuses sont détruites. C'est un légume[15],[5].

Il décède le à 51 ans, après plusieurs jours de coma, à l'hôpital Salvator de Marseille où il avait été transféré[16].

Le mystère plane sur la mort de Zampa, que s'est-il passé durant la demi-heure entre sa réintégration de sa cellule et l'alerte de Schandeler ayant entendu les râles de son codétenu. Schandeler prétend n'avoir rien entendu pendant qu'il lisait un livre. On peut se demander que faisait une corde à sauter dans la cellule d'un détenu suicidaire. Est-ce-que Schandeler l'a laissé se suicider? Nul ne le saura jamais. L'ancien videur sera abattu, peu de temps après sa remise en liberté, le 21 décembre 1989, à Montpellier. Le seul témoin des derniers moments lucides de Zampa disparaît[5].

Son demi-frère Jean Toci, sera assassiné en mai 1997 à Istres.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Gaétan Zampa se marie en juin 1966 avec Christiane Convers. De ce mariage naîtront 3 enfants Stéphane, Mathieu et Céline. Mathieu Bedjadi-Zampa apparaît dans le documentaire consacré à son père en 2007 : « Les Parrains de la côte ». Il est cité dans une enquête sur un réseau de trafic de cocaïne entre Marseille et Saint-Tropez. Mais il apparaît n'être qu'un consommateur qui revend de temps en temps de la marchandise pour payer sa consommation et ses dettes de jeu. Il se suicide le 4 mars 2015 durant l'instruction[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Postdatation à l'état-civil
  2. Zampa, sur lamanufacturedelivres.com
  3. Bruno Aubry, Parrains du siècle, destins et déclins, Express Roularta, , p. 47
  4. « Patrick Bosso : La mafia, les prostituées, son passé avant d'être humoriste », Pure People,‎ (lire en ligne)
  5. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v et w http://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers/Tany-Zampa-la-chute-du-parrain-de-Marseille-1528340
  6. a b et c [1] Extrait de l'émission "Parlons-en" du 29/05/10 avec José D'Arrigo
  7. Alain Bauer, « French Connection », émission L'heure du crime sur RTL, 27 décembre 2012
  8. a et b https://books.google.fr/books?id=wJ6hqz3ZVJoC&pg=PT260&lpg=PT260&dq=jacky+imbert+alain+bauer&source=bl&ots=6DGP_W_wU-&sig=D-jrNizh0hIhYpQJeLXr0CuRgQI&hl=fr&sa=X&ei=u11eVPboDYu-PKrkgIgI&ved=0CCwQ6AEwAg#v=onepage&q=jacky%20imbert%20alain%20bauer&f=false
  9. (Italian) Lodato, Quindici anni di mafia, p. 47-50
  10. Calvi, L'Europe des parrains, p. 35
  11. Alain Laville, Le Juge MICHEL [Où ?]
  12. Bruno Aubry, op. cit., p.  54
  13. Jacques Pradel, Qui était Gaëtan Zampa ?, émission « L'heure du crime » sur RTL, 18 septembre 2012
  14. INA.fr
  15. a et b « Dossiers criminels », sur users.skynet.be, (consulté le 4 janvier 2018)
  16. Grobert et d'Arrigo 2014
  17. http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-pere-du-prevenu-etait-un-parrain-04-07-2016-5937527.php

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]