Tany Zampa

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Tany Zampa
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
MarseilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Gaëtano Louis Albert ZampaVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnoms
Gaï
Don Gaetano
L'empereur de la nuitVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père

Gaetano Zampa dit Tany Zampa, né le à Marseille (France) et mort le dans la même ville, est un criminel français.

C'est l'un des derniers parrains du milieu marseillais des années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gaetano Louis Albert Zampa, déclaré né officiellement le 1er avril 1933 dans le quartier de la Cayolle à Marseille, est en fait né le 18 mars 1933[1]. Son père, Mathieu Zampa, né en 1902 à Marseille, est un voyou respecté dans la ville et il ne veut pas que son fils naisse au mois de mars car, dans la légende napolitaine, mars est le mois des fous[2]. Sa mère Lucie Lande est originaire de la région des Pouilles. Il a pour demi-frère Jean Toci, né le 24 juillet 1933 d'une relation extraconjugale entre son père et Jeanne Toci et qui, Gaëtan Zampa arrêté, a pris sa relève après sa mort[3]. Le père de l'humoriste Patrick Bosso est le cousin germain de Zampa[4].

Mathieu Zampa a débuté dans les années 1930 sous Paul Carbone et François Spirito, puis s'est placé, après la Libération, sous les ordres des frères Guérini comme la plupart des truands marseillais de l'époque. Il a été le propriétaire du bar de la Ruche. Dans les années 1960, il part exploiter un night club dédié à la prostitution à Dakar. Il reviendra à Marseille en 1972 et y mourra l'année suivante. La famille Zampa possédait une maison boulevard des Deux Canards dans le quartier de la Cayolle.

En mars 1940, Gaëtano Zampa boit l'eau non potable d'une fontaine publique et tombe gravement malade. Il met du temps à s'en remettre, à tel point que sa famille pense qu'il va mourir. Il guérit mais ayant été tellement choqué, il en garde un bégaiement[5].

Tany Zampa a donc grandi dans le milieu qu'il connaît parfaitement. Lorsqu'il débute dans le métier comme proxénète, vers 1950, dans le quartier Saint-Lazare, tout le monde le connaît. Le 5 août 1953, à vingt ans, il travaille dans le service d'ordre de Gaston Defferre, socialiste, et est l'un de ses gardes du corps. Lors d'une manifestation de militants communistes, il disperse la foule en la menaçant avec une mitraillette en plastique et exfiltre Gaston Defferre. Defferre reconnaissant, l'invite à une soirée et le remercie. Zampa lui répond : « Moi je ne vous ai rien demandé, maintenant vous êtes en dette avec moi. Je ne veux pas que vous l'oubliiez. Parce que l'homme le plus puissant de Marseille, c'est pas vous, c'est moi ». Selon le biographe José D'Arrigo, Zampa le paiera très cher en 1984, lorsque Defferre deviendra ministre de l'intérieur[5]. À moins de vingt-cinq ans, il tient déjà un hôtel, le Réal. C'est un flambeur, il aime montrer sa richesse, tout en évitant d'irriter les anciens de la ville. À Marseille, des caïds comme Antoine Guérini, Robert Blémant ou Paul Mondoloni l'apprécient.

En 1955, il monte à Paris en même temps que la « Bande des Trois Canards », dont il connaît certains membres grâce aux Italiens du quartier du Panier (le noyau dur de la bande, environ dix personnes, est composé essentiellement d'Italiens).

L'équipe, qui a débuté sur la Côte d'Azur, décide de se lancer dans le racket d'hôteliers parisiens (en plus d'être des racketteurs, les membres de la bande donnent aussi dans le casse, le proxénétisme et le jeu). Des voyous parmi les plus durs de la capitale commencent à côtoyer cette bande : Joseph Brahim Attia (dit Jo Attia), Georges Boucheseiche (au centre de l'affaire Ben Barka), Jean Palisse.

En 1960, Zampa a 27 ans. Dans la nuit du 31 décembre 1960 au 1er janvier 1961, il réussit un casse mémorable à la Caisse d'Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône, où il dérobe avec ses complices 160 millions de francs anciens (soit 1,6 million de francs nouveaux)[5]. À l'époque, s'étant un peu vanté de son coup et bien que la justice n'ait aucune preuve de son implication dans le braquage, il effectuera entre 4 et 5 ans de prison.[réf. nécessaire]

Tany Zampa, qui connaît déjà très bien le Milieu, est désormais rôdé pour diverses activités. À Paris, il apprend à connaître des voyous violents, il les fréquente et s'habitue à leur attitude. Il est lui-même un nerveux, un « excité ».

Une bande redoutée[modifier | modifier le code]

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Jusqu'en 1965, Zampa travaillera entre Paris et Marseille. Au début de 1964 il commence à s'entourer, à Marseille, de vrais durs et impose sa loi dans les rues marseillaises. Des impulsifs, des sanguinaires, des personnages violents et craints. Son passage dans la « Bande des Trois Canards » a été très formateur. Il établit avec ses hommes une sorte de pacte de sang. Mais Tany Zampa est impitoyable et n'hésite pas à éliminer ceux qui deviennent gênants. Parmi ces vrais durs, on peut citer Jean Toci, son demi-frère et bras droit, Gaby Regazzi, le véritable « cerveau » de l'équipe, Bimbo Roche, Gérard Vigier, Gilbert Hoareau dit Gilbert le Libanais, ou Jean-François Bianconi dit le diable ou encore Jacky le Mat. En 1964, Zampa est arrêté pour port d'arme prohibé et incarcéré.

L'efficacité de Tany Zampa dans le racket et la « protection » pousse bon nombre de caïds marseillais à faire appel à lui, notamment Robert Blémant. Il prend ses aises et se permet tout et n'importe quoi. Certains anciens, adeptes des règles « morales » du Milieu, comme les Guérini, voient d'un mauvais œil les méthodes violentes de Tany Zampa, mais aucun n'ose s'opposer à lui.

Alors qu'il commence à investir dans l'héroïne, Zampa monte en puissance. Il est impliqué dans la prostitution, la drogue, les jeux, et est le plus efficace racketteur de la Côte.

Prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

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Les Guérini occupent toujours le sommet du crime marseillais. Le 4 mai 1965, Robert Blémant est abattu sur ordre d'Antoine Guérini. Pour Zampa, c'est une aubaine, car le Milieu n'accepte pas qu'Antoine ait fait assassiner un pilier comme Blémant uniquement par jalousie. Les associés des Guérini s'écartent peu à peu du clan, lequel s'en trouve très affaibli.

Zampa en profite et ordonne à ses hommes de racheter ou de « protéger » les établissements de la région, dont, à la fin des années 1960, certains appartenant (ou ayant appartenu) aux Guérini. Les lieutenants de Zampa exécutent les ordres et opèrent avec violence et détermination. Grâce à eux, Zampa met la main sur un bon nombre d'établissements de nuit. L'incarcération de Zampa de 1966 à 1970 (il se marie en prison en juin 1966) n'empêchera pas ses hommes de continuer à prendre du terrain.

Lorsqu'il sort de prison, Zampa est le nouveau maître des rues marseillaises : Antoine Guérini a été abattu en 1967 (certains pensent que c'est Jacky le Mat qui l'a exécuté sur ordre de Zampa), et son frère « Mémé » est en prison.

Pendant les années 1970, Tany étend son activité au trafic d'armes. Il est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat de Pierre Goldman pour le compte des GAL espagnols (groupe paramilitaire anti-ETA) et serait le meurtrier d'Antoine Guérini, pour venger la mort de Robert Blémant.

Conflit avec Francis le Belge sur fond de trafic de drogue[modifier | modifier le code]

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Si dans l'ombre de Zampa, Jacky le Mat gagne du galon, c'est surtout Francis le Belge qui monte en puissance. Les deux hommes se sont régulièrement croisés à Paris, mais restent rivaux. En 1972, des trafiquants d'héroïne proches de Zampa ont détourné une grosse cargaison d'héroïne, d'une valeur de 600 000 francs, destinée au Belge.

Anticipant une riposte, Zampa décide d'agir : le 5 septembre 1972 sont abattus au Cannet Robert Di Russo, Jean-Claude Bonello et Daniel Lamberti. L'un des tueurs est abattu le 14 octobre 1972 en Corse, et l'autre le 28 octobre 1972. Le 26 décembre 1972, c'est un homme du Belge qui tombe, puis deux autres en février 1973, à la Belle-de-Mai.

Francis le Belge réplique durement : le 31 mars 1973, quatre hommes de Zampa sont tués au bar du Tanagra. Il s'agit de Joseph Lomini dit le Toréador, l'un des trafiquants ayant escroqué le Belge et cible principale du commando, Ansan Bistoni dit l'Aga Khan, poids lourd de la French Connection, Jean-Claude Napoletano, un petit truand, et la patronne du bar.

En novembre 1973, l'arrestation de Francis le Belge et sa condamnation à quatorze ans de prison mettent fin aux affrontements. Par ailleurs, la légende veut qu'en plein cœur du conflit entre les deux Marseillais, Tany Zampa et ses hommes aient aperçu le Belge à Paris, sans aucune protection, et qu'ils aient refusé de faire feu sur ce dernier car il était accompagné de sa mère.[citation nécessaire] Au cours de ces affrontements, Zampa se réfugiera en Italie afin d'échapper aux représailles et à la police. Il y restera jusqu'en 1975.

Tany purge huit mois de prison pour port d'armes illégal en 1975 et est, selon José D'Arrigo, soupçonné d'avoir fourni des moyens et planifié le "casse du siècle" d'Albert Spaggiari en 1976. D'autres pensent très peu probable qu'il ait eu un quelconque rôle dans le casse de Nice.[réf. nécessaire]

En parallèle de ses démêlés judiciaires sans conséquences, Tany Zampa se lance dans l'activité des jeux sur la Côte d'Azur en association avec son ami d'enfance Bimbo Roche et le roi du jeu niçois Jean-Dominique Fratoni, patron du casino Rhul.

Conflit avec Jacky le Mat[modifier | modifier le code]

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Même si tout semble aller bien pour Zampa, il reste un problème non résolu : Jacky le Mat. Ce dernier s'est écarté de Tany et ne cesse de faire augmenter son capital, le premier s'associant au monde gitan, le second s'ouvrant au monde des cités marseillaises pour développer leurs trafics[6]. Jusqu'au litige, en 1977, le clan du Mat rackette le même client que le clan Zampa, pour un montant de 8 millions de francs. En effet, Zampa n'aurait pas supporté que l'un de ses amis, un arménien qui protégeait un homme d'affaires israélite, Sammy Flatto, se soit fait "casser la baraque" par un concurrent qu'il avait désigné comme étant « Le Mat ». Il fallait en avoir le cœur net. Sommé de s'expliquer sur cette ténébreuse affaire, Jacky le Mat prend la fuite.

D'après certaines rumeurs[réf. nécessaire], Zampa aurait tenté d'assassiner Jacky le Mat le 1er février 1977, accompagné de Gaby Regazzi et Bimbo Roche. Il aurait tiré sept balles de 11.43 sur son rival tandis que ses acolytes lui auraient tiré chacun une décharge de chevrotine. Mais Jacky survit à la tentative d'assassinat et se venge : de mars 1977 à avril 1978, douze personnes seront assassinées (des deux côtés). Avec une avance pour le Mat, qui a rapidement éliminé les porte-flingues du clan Zampa. Ce dernier en sort très affaibli, et ne tient plus réellement le milieu marseillais.

Au début des années 1980, Tany crée la plus grande boîte de nuit de la région marseillaise et aixoise, "Le Krypton". En août 1980, deux laboratoires de transformation d'héroïne sont découverts en Sicile, un petit laboratoire est découvert à Trabia et plus tard dans la journée un plus gros laboratoire caché dans Carini est aussi découvert. Ce dernier peut produire 50 kilogrammes par semaine. Trois chimistes corses sont arrêtés à Trabia, dont André Bousquet, un ancien chimiste de la French Connection qui a été envoyé par Gaëtan Zampa, en compagnie d'un parrain de Cosa Nostra, Gerlando Alberti[7],[8].

Suicide[modifier | modifier le code]

Les pressions policières ne font qu'aggraver les choses. En octobre 1981, après l'assassinat du juge Michel, Zampa est immédiatement soupçonné[9]. Jean Louis Pietri, commissaire à la BRB, affirme lui que le dossier était vide, mais Zampa commet l'erreur de s'enfuir. Il est dès lors sans cesse surveillé, ce qui limitera fortement son influence et son contrôle du crime marseillais.

En octobre 1983, Gilbert le Libanais, est assassiné. La police met la main sur sa comptabilité et y découvre les divers trafics auxquels sont liés notamment Zampa[10]. Le 21 octobre 1983, un mandat d'arrêt international est lancé à son encontre, les seules charges retenues contre lui sont des délits financiers (faux et usage de faux, abus de biens sociaux, banqueroute frauduleuse..)[11]. Le 29 novembre 1983, vingt-quatre heures après le plastiquage de deux établissements Aixois, appartenant à sa femme, Zampa et ses acolytes sont arrêtés[12].

En détention, Il sombre lentement dans la folie, il est surnommé « parrain à l'italienne », la « marraine » ou encore la « balance ». On l'aperçoit se taper la tête contre les murs. Les 20 et 22 juin 1984, il manque deux tentatives de suicide. Le 23 juillet 1984, Gaëtan Zampa se pend dans sa cellule des Baumettes avec une corde à sauter[13].

Il décède le 16 août 1984 à 51 ans, après plusieurs jours de coma, à l'hôpital Salvator de Marseille où il avait été transféré[14].

Son demi-frère Jean Toci, sera assassiné en mai 1997 à Istres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Postdatation à l'état-civil
  2. Zampa, sur lamanufacturedelivres.com
  3. Bruno Aubry, Parrains du siècle, destins et déclins, Express Roularta, , p. 47
  4. « Patrick Bosso : La mafia, les prostituées, son passé avant d'être humoriste », Pure People,‎ (lire en ligne)
  5. a, b et c [1] Extrait de l'émission "Parlons-en" du 29/05/10 avec José D'Arrigo
  6. Alain Bauer, « French Connection », émission L'heure du crime sur RTL, 27 décembre 2012
  7. (Italian) Lodato, Quindici anni di mafia, pp. 47-50
  8. Calvi, L'Europe des parrains, p. 35
  9. Alain Laville, Le Juge MICHEL [Où ?]
  10. Bruno Aubry, op. cit., p.  54
  11. Jacques Pradel, Qui était Gaëtan Zampa ?, émission « L'heure du crime » sur RTL, 18 septembre 2012
  12. INA.fr
  13. « Dossiers criminels », sur users.skynet.be (consulté le 4 janvier 2018)
  14. Grobert et d'Arrigo 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]