École nationale d'administration pénitentiaire

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École nationale d'administration pénitentiaire
Drapeau de l'administration pénitentiaire.jpg
Drapeau de l'École nationale d'administration pénitentiaire.
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Logo de l'École nationale d'administration pénitentiaire
Histoire et statut
Fondation
Type
Forme juridique
Disciplines
Nom officiel
École nationale d'administration pénitentiaire (Énap)
Régime linguistique
Directeur
Directeur adjoint
Localisation
Campus
Campus de l'École nationale d'administration pénitentiaire
Localisation
Pays
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Localisation sur la carte de Lot-et-Garonne
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Chiffres-clés
Élèves
7700 (2018)
Personnels
251 (2018)
Budget
32 millions d'euros (2018)
Divers
Devise
« Développons nos compétences »
Membre de
Site web

L'École nationale d’administration pénitentiaire (Énap) est une école d'application située à Agen (Lot-et-Garonne) destinée à former tous les fonctionnaires de l'administration pénitentiaire française et d'assurer leur formation continue. Il s'agit d'un établissement public à caractère administratif rattaché au ministère de la Justice.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les bâtiments de l'Énap sous la neige en 2012.

D'abord nommée École de formation des personnels de l'administration pénitentiaire (EFPAP) et installée dans des villages vacance famille en AlsaceAlbé, puis à Obernai), elle devient par la suite l'École d'administration pénitentiaire (EAP) et occupe à partir d'avril 1965 des locaux d'un ancien centre de jeunes détenus sur le site de Plessy-le-Comte, à Fleury-Mérogis, dans l'Essonne.

L'école est enfin rebaptisée École nationale d'administration pénitentiaire (Énap) à la suite d'un arrêté du 20 juillet 1977[1]. Au cours des années 1990, la direction de l'administration pénitentiaire (DAP) conçoit la formation des fonctionnaires comme un enjeu majeur. La DAP décide la réorganisation structurelle et pédagogique de l'Énap : après son installation à Agen en août 2000 et sa transformation en établissement public administratif placé sous la tutelle du garde des Sceaux en décembre 2000, l'Énap augmente ses capacités d'accueil en 2005 avec la création de nouveaux bâtiments. L'un d'eux, d'une superficie de 1 850 m2, est ainsi entièrement affecté à l'enseignement par simulation, nouvelle méthode d'apprentissage des gestes et pratiques professionnels mise en place par la reconstitution rigoureuse des locaux et situation carcérales (ateliers cellulaires, simulation d'accès, etc.).

Christophe Millescamps, directeur de l'Énap depuis 2019.
Christophe Millescamps, directeur de l'Énap depuis 2019.

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Directeurs[modifier | modifier le code]

L'École nationale d'administration pénitentiaire a successivement été dirigée par :

Localisation de l'école Directeur Début de mandat Fin de mandat
Fresnes (1945-1962) Marie-Marguerite Vigorie (Mariani)[2] 1945
Hubert Bonaldi 1961 1962
Albé puis Obernai (1963-1964) Marcel Vesse[3] 1964
Fleury-Mérogis (1965-2000)
Pierre Campinchi 1977 1984
Jean-Claude Herenguel 1984 1987
Daniel Philippon 1987 1989
Dominique Fetrot 1989
Georges Camps 1989 1995
Francis Lintaff 1995 1998
Patrick Mounaud 1998 2000
Agen (depuis 2000) 2000 2002
Georges Vin 2002 2007
Valérie Decroix 2007 2010
Philippe Astruc
Philippe Pottier
Sophie Bleuet[4]
Christophe Millescamps[5] en cours

Présidents du Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Le conseil d'administration de l'École nationale d'administration a successivement été dirigé par :

Formation[modifier | modifier le code]

Vue du bâtiment d'enseignement de l'Enap

Personnels formés[modifier | modifier le code]

L'École nationale d'administration pénitentiaire forme :

  • Les personnels de direction : directeurs des services pénitentiaires (DSP), directeurs des services pénitentiaires d'insertion et de probation (DPIP) formation d'un an et stage d'un an ;
  • Les personnels de surveillance des catégories B et C (suivant le niveau de commandement) ; formation de six mois à un an ;
  • Les personnels d’insertion et de probation : conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP) ;
  • Les personnels administratifs : adjoints administratifs (AA) et secrétaires administratifs (SA) ;
  • Les personnels techniques : directeurs techniques, techniciens et adjoints techniques ;
  • Les personnels spécialistes : surveillants membres des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS), surveillants chargés des extractions judiciaires (PREJ), formateurs et responsables de formation des personnels, moniteurs de sport ;
  • Les moniteurs et moniteurs associés dans différentes spécialités (tir, incendie, secourisme, techniques d'intervention).

Les attachés d'administration, sauf ceux intégrant les greffes pénitentiaires, ne suivent pas cette formation et sont nommés directement dans l'administration pénitentiaire après leur formation dans les instituts régionaux d'administration (IRA). Ceux nommés à un poste dans les greffes pénitentiaires suivent une formation non validante dite d'adaptation à la prise de fonction.

Les formations dispensées à l'Énap allient périodes théoriques et stages qui conduisent à faire de la formation pénitentiaire une formation de haut niveau, en vue de l'adapter aux nouveaux enjeux européens des règles pénitentiaires européennes (RPE).

Niveau de recrutement[modifier | modifier le code]

Niveau de formation Personnels de direction, de surveillance
et d'insertion et de probation
Personnels administratifs Personnels techniques
Bac+3 Attaché d'administration (via IRA)[9] Directeur technique[10]
Bac+2 Lieutenant pénitentiaire[11]
Baccalauréat Secrétaire administratif[9] Technicien[10]
DNB / CAP / BEP Surveillant pénitentiaire[12] Adjoint technique[10]
Aucun diplôme Adjoint administratif[9]

Controverses sur le recrutement[modifier | modifier le code]

Selon Émilie Blachère de Paris Match, l'Énap a beaucoup de mal à recruter. Pour cette raison, la note éliminatoire au concours de surveillant pénitentiaire serait seulement de 5/20. L'examen se présente sous la forme d'un questionnaire de culture générale, d'une épreuve sportive, d'un entretien oral et d'une évaluation psychiatrique. Seulement 20 % des inscrits se présentent aux examens, et près de la moitié des personnes admises intègrent l'école. Lors du recrutement, l'administration fait en sorte d'écarter les candidats fichés pour radicalisation djihadiste[13].

Campus et infrastructures[modifier | modifier le code]

Le campus de l'Énap à Agen (Lot-et-Garonne). Les bâtiments dédiés à la formation (amphithéâtres, salles de classe, médiathèque, gymnase, stand de tir, bâtiment de simulation) sont situés à gauche, tandis que les « villages » d'hébergement sont regroupés à droite.

L'École nationale d'administration pénitentiaire est installée sur un site de 16 hectares comprenant de nombreuses installations à destination des élèves :

  • Un gymnase ;
  • Un bâtiment de simulation ;
  • Un bâtiment d'enseignement ;
  • Deux amphithéâtres ;
  • Trois « villages » d'hébergement de 857 chambres pour 1375 lits ;
  • Une médiathèque « Gabriel Tarde », partenaire de la Bibliothèque nationale de France ;
  • Un espace mémoire « Pierre Cannat » ;
  • Un centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines (CRHCP) ;
  • Un centre inter-disciplinaire de recherche appliquée (CIRAP);
  • Un observatoire de la formation.

Médiathèque Gabriel Tarde[modifier | modifier le code]

La médiathèque Gabriel Tarde est un outil d'information à disposition des enseignants, chercheurs, élèves et personnels pénitentiaires. Elle assure la gestion et la conservation de ses collections et les met en valeur à travers la constitution de dossiers documentaires, de bibliographies sélectives et de présentation de documents. Elle est divisée en deux parties :

  • Le fonds contemporain, la bibliothèque avec de nombreux rayonnages, des revues, journaux, usuels, etc. On y trouve également des ordinateurs à disposition des élèves.
  • Le fonds historique, où se trouve le centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines (CRHCP) avec une bibliothèque spécialisée d'histoire (2 500 documents) qui comporte des ouvrages de référence. Les élèves peuvent également avoir accès aux fonds, mais seulement pour consulter sur place.

Elle a pris le nom de Gabriel Tarde, magistrat criminologue du XIXe siècle, en hommage a la donation de sa bibliothèque personnelle faite à l'Énap en 2002. Ce fonds est venu enrichir le centre de ressources sur l’histoire des crimes et des peines (CRHCP).

Le centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines[modifier | modifier le code]

Le centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines (CRHCP) a été intégré au sein de la médiathèque Gabriel Tarde en . Il rassemble, conserve et met à disposition des publics une documentation rare et peu accessible jusque-là.

Fonds Gabriel Tarde
Le fonds Gabriel Tarde
Fonds Fontainebleau; uniforme 1966
On trouve dans le fonds Fontainebleau un uniforme de personnel pénitentiaire de 1966

La vocation de ce centre est de faciliter l'étude et l'essor des recherches sur l'histoire des crimes et des peines, en développant six grands thèmes :

Les collections du CRHCP[14] comptent plus de 15 000 documents, datant du XVIIe au XXe siècle, d'origines différentes répartis dans quatre fonds principaux :

  • Le fonds Tarde ou la bibliothèque personnelle du criminologue, qui contient près de 3 000 documents dont de nombreux exemplaires dédicacés et annotés par Gabriel Tarde ;
  • Le fonds Fontainebleau, qui contient de nombreux documents sur, entre autres, l'histoire pénale et pénitentiaire en France et à l’étranger. Elles représentent plus de 10 000 documents, souvent originaux, en français et en anglais essentiellement, couvrant une période de trois siècles d’histoire (XIIe- XXe siècles). Ils ont été transférés à Agen du centre de documentation historique du musée national des prisons à Fontainebleau. L'idée de constituer une bibliothèque de référence est née de la volonté initiale de la direction de l'administration pénitentiaire, en 2000, de rattacher à l'Énap le centre de documentation historique du musée national des prisons à Fontainebleau.
  • Le fonds Auch, fonds d'ouvrages anciens de l'hôpital spécialisé d'Auch a été versé à l'Énap en 2002. Ce fonds comprend 1 000 documents du XVIe siècle à nos jours sur la psychologie, la médecine légale, la délinquance juvénile et la médecine générale.
  • En , l'Énap a accepté la donation de Jean Dublineau, psychiatre, chef des hôpitaux de Paris en poste au centre national d'observation de Fresnes de 1937 à 1975, qui est principalement constitué de revues des années 1930 à nos jours qui concernent notamment la psychologie adulte et la délinquance juvénile.

Le centre de ressources propose également, en accès libre, une bibliothèque spécialisée d'histoire (2 500 documents), qui comporte des ouvrages de référence contemporains sur les systèmes pénitentiaires, la criminologie, la psychiatrie criminelle, la justice pénale et les procès célèbres, le crime et le criminel dans les médias (faits-divers) et la littérature ainsi que des publications récentes d'historiens sur ces thèmes.

Depuis , une bibliothèque numérique[14] régulièrement mise à jour (37 000 documents à ce jour), permet d’accéder directement et gratuitement aux collections numérisées du CRHCP des XVIIe et XXe siècles (articles, ouvrages, gravures, plans et cartes, photographies, etc.). Une partie de la bibliothèque numérique est également accessible à partir de Gallica (BnF).

Événements[modifier | modifier le code]

L'École nationale d'administration pénitentiaire participe à certains événements organisés au niveau local ou national :

défilé du 14 juillet sur les Champs, détachement de l'administration pénitentiaire devant, Arc de triomphe au fond
Le détachement de l'administration pénitentiaire au défilé du à Paris 
scène de théâtre vue de derrière, six personnes de dos, assises, y prennent la parole
20 ans des services pénitentiaires d'insertion et de probation au théâtre Ducourneau à Agen 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « ENAP », sur ENAP (consulté le 8 octobre 2020).
  2. http://www.enap.justice.fr/actualite.php?actu=204
  3. http://www.enap.justice.fr/files/enap_infos1_10fevrier.pdf?phpMyAdmin=6849e922f52520136409b415ff129705
  4. Julien Sauvage, « Sophie Bleuet de l'Enap : «consolider la fierté des personnels à faire leur métier» », La depêche.fr,‎ (lire en ligne)
  5. Ministère de la Justice, « Nomination de Christophe Millescamps », sur justice.gouv.fr, (consulté le 15 juillet 2019)
  6. « Justice / Métiers et concours / Directeur des services pénitentiaires », sur www.metiers.justice.gouv.fr (consulté le 21 novembre 2019)
  7. « Justice / Métiers et concours / Directeur pénitentiaire d'insertion et probation », sur www.metiers.justice.gouv.fr (consulté le 21 novembre 2019)
  8. « Justice / Métiers et concours / Conseiller pénitentiaire d'insertion et probation », sur www.metiers.justice.gouv.fr (consulté le 21 novembre 2019)
  9. a b et c « Personnels administratifs », sur ENAP, (consulté le 21 novembre 2019)
  10. a b et c « Justice / Métiers et concours / Personnels techniques », sur www.metiers.justice.gouv.fr (consulté le 21 novembre 2019)
  11. « Justice / Métiers et concours / Lieutenant pénitentiaire », sur www.metiers.justice.gouv.fr (consulté le 21 novembre 2019)
  12. « Justice / Métiers et concours / Surveillant pénitentiaire », sur www.metiers.justice.gouv.fr (consulté le 21 novembre 2019)
  13. Émilie Blachère, Gardien de prison à Condé-sur-Sarthe : "Mon quotidien", parismatch.com, 30 juin 2019
  14. a et b « Le CRHCP, dans la médiathèque de l'Énap », sur bibenligne.fr (consulté le 25 novembre 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]