Louisette Ighilahriz

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Louisette Ighilahriz
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Biographie
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OujdaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Parti politique
Conflit

Louisette Ighilahriz, née le 22 août 1936 à Oujda (Maroc), est une militante nationaliste algérienne durant la guerre d'Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille originaire de Kabylie, engagée dans le combat nationaliste, Louisette s'installe avec sa famille à Alger en 1948. Étudiante, elle s'engage à 20 ans dans les rangs du FLN de la Zone autonome d'Alger à la veille de la bataille d'Alger fin 1956 sous le nom de Lila. Elle participe à la grève des lycéens, puis prend la fuite dans le maquis lorsqu'elle est activement recherchée par la suite. Elle fait partie du réseau français de soutien au FLN des « porteurs de valises » pendant la bataille d'Alger. Grièvement blessée aux côtés de son chef de réseau, Saïd Bakel lors d'une embuscade, le 28 septembre 1957 à Chebli, dans la wilaya IV, elle est rapatriée d'urgence à la 10e DP (division parachutiste) où elle subira de nombreuses tortures notamment infligées par la capitaine Graziani[1],[2]. Souffrante, elle est transférée après l’intervention d'un médecin de l'armée française, le commandant Richaud, dans une prison algérienne[3],[4]. Plus tard, elle sera envoyée dans plusieurs prisons françaises des Baumettes, La Roquette, Amiens, Fresnes, Toulouse et puis Bastia. Elle s'évade en janvier 1962 de la prison de Bastia, deux mois avant le cessez-le-feu, aidée par des militants communistes français qui l'ont hébergée à Nice jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

Elle retourne en Algérie où elle continue à mener différents combats politiques.

Louisette Ighilahriz, psychologue de formation et de métier, a été décorée à plusieurs reprises par des autorités de son pays pour sa participation à l'indépendance de l'Algérie.

Polémique[modifier | modifier le code]

Louisette Ighilahriz est accusée d'affabulation en Algérie par Yacef Saadi ancien chef de la zone autonome d'Alger[5] et en France par le général Maurice Schmitt qui a été compagnon de captivité du capitaine Graziani dans les camps du Vietminh et qui affirme que le capitaine était un homme tout à fait éloigné de ce genre d'actes. Le général Schmitt pointe certaines contre-vérités : « le colonel Bigeard ne portait pas de béret rouge mais une célèbre casquette », « le capitaine Jean Graziani, n’avait pas de beaux yeux verts comme elle le prétend, mais les prunelles noires d’un Corse »[6]. Les militaires s'appuient aussi sur le témoignage de Zohra Drif qui reconnait que, quand elle est arrêtée en septembre 1957, la torture n'a plus cours à la 10e DP suite à une campagne de dénonciation de la torture à laquelle elle a elle-même contribué.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Florence Beaugé, « Comment "Le Monde” a relancé le débat sur la torture en Algérie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. Torturée par l'armée française en Algérie, « Lila » recherche l'homme qui l'a sauvée, Le Monde, 20 juin 2000
  3. Louisette Ighilahriz et Anne Nivat, Algérienne éd. Calman-Levy, 2001, p. 105 à 124
  4. 20 juin 2000 : Louisette Ighilahriz raconte comment elle a été sauvée de la torture par un inconnu pendant la guerre d'Algérie, Le Monde, 28 juillet 2014
  5. « Une combattante de la guerre d'Algérie victime de propos "ignominieux" », sur lemonde.fr, (consulté le 28 novembre 2017)
  6. « Le général Schmitt met à mal le témoignage d’une femme torturée en Algérie », sur lemonde.fr, (consulté le 28 novembre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

« Comment "Le Monde" a relancé le débat sur la torture en Algérie », sur Le Monde