Wilhelm Bittrich

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Wilhelm Bittrich
Wilhelm Bittrich (à droite) en uniforme de SS-Brigadeführer[1], au côté de Hermann Fegelein, en Union soviétique en 1942.
Wilhelm Bittrich (à droite) en uniforme de SS-Brigadeführer[1], au côté de Hermann Fegelein, en Union soviétique en 1942.

Surnom Willi
Naissance
Wernigerode, Allemagne
Décès (à 85 ans)
Wolfratshausen, Allemagne
Origine Allemand
Allégeance Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer
Flag Schutzstaffel.svg Waffen SS
Grade Obergruppenführer und General der Waffen-SS
Années de service 1914 – 1945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Commandement 2e division SS Das Reich
8e division SS de cavalerie Florian Geyer
9e Panzerdivision SS Hohenstaufen
2e SS-Panzerkorps
Distinctions Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne et glaives

Wilhelm Bittrich, né le à Wernigerode, Allemagne, mort le à Wolfratshausen, Allemagne, était un pilote de chasse durant la Première Guerre mondiale et un général de corps d'armée de la Waffen-SS (SS-Obergruppenführer und General der Waffen-SS) durant la Seconde Guerre mondiale.

Première Guerre mondiale et entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Bittrich se porte volontaire pour le service militaire en 1914. Il est affecté au Jägerbataillon Nr 7 (Bataillon de Chasseurs à pied no 7) et il est promu sous-lieutenant de réserve dès le . En 1916, il se fait muter dans l'armée de l'air naissante et obtient les croix de fer de 2e et de 1re classe, en tant que pilote dans la Jagdstaffel 37 (en) (escadrille de chasse no 37) et la Fliegerabteilung der Artillerie 226 (escadrille aérienne de l'artillerie no 226).

Juste après la Première Guerre mondiale, il entre dans le corps franc "Freikorps Hülsen" et, en 1920, il s'essaye en tant que courtier à la Bourse. Le , il se marie avec Käte Blume et s'engage l'année suivante dans la Reichswehr, l'armée de 100 000 hommes octroyée à l'Allemagne par le traité de Versailles. À partir de 1925, Bittrich travaille en tant que moniteur de vol à la reconstitution secrète de la Luftwaffe sur le sol soviétique.

Carrière dans le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Après la dissolution en 1933 du centre d'aviation allemand en URSS par le ministère de l'Armement, Bittrich entre en 1934 dans la SS avec le grade de SS-Untersturmführer (équivalent de sous-lieutenant). La direction de la SS travaille déjà, à cette époque, à la formation d'unités SS armées, les SS-Verfügungstruppen, et a besoin, de ce fait, d'experts militaires. Bittrich participe à la création du 1er bataillon de la SS-Standarte Germania (I./SS-Germania) et connaît une carrière fulgurante bien avant l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Le , il est promu SS-Sturmbannführer (équivalent de commandant) et, le , il est promu SS-Obersturmbannführer (équivalent de lieutenant-colonel). La même année, il prend le commandement de la SS-Standarte Deutschland (I./SS-Deutschland). Le , il est à nouveau promu, au grade de SS-Standartenführer (équivalent de colonel).

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Bittrich voit l'invasion de la Pologne au sein de l'état-major de la Leibstandarte-SS Adolf Hitler où il doit assister le chef de corps Sepp Dietrich dans le commandement de l'unité. Le , il est muté à la direction de la SS (le "SS-Führungshauptamt") dans le but de développer des directives de formation homogènes pour la nouvelle "Waffen-SS" (ex-"SS-Verfügungstruppe").

Nommé au grade de SS-Oberführer (grade intermédiaire entre colonel et général) dès le , il obtient le commandement de la SS-Standarte Deutschland et est à nouveau affecté au front. Bittrich mène cette unité pendant la campagne de Russie jusqu'en , puis il est amené à prendre le commandement, en remplacement de Paul Hausser blessé, de la division SS Das Reich, en position alors devant Moscou. Le , il est promu SS-Brigadeführer und Generalmajor der Waffen-SS (équivalent de général de brigade). En outre, pour la décision qu'il a prise lui-même de percer les positions de défense de Moscou, il obtient la croix de chevalier de la croix de fer le .

Le , il a pour mission de mettre sur pied la 8e SS-Kavallerie-Division Florian Geyer avec laquelle il se bat jusqu'au début de 1943 sur les fronts de l'Est et de la Méditerranée. À partir de , il est nommé à la tête de la 9e SS-Panzergrenadierdivision Hohenstaufen et il est promu le au grade de SS-Gruppenführer und Generalleutnant der Waffen-SS (équivalent de général de division). Sa division reste stationnée initialement en Belgique puis en France où elle est transformée en division blindée en . À partir de , elle se bat sur le front de l'Est dans la région de Tarnopol, au sein du Ze SS-Panzerkorps, où elle réussit à dégager la 1re Panzerarmee encerclée.

Après le débarquement des Alliés en Normandie, en , le 2e SS-Panzerkorps est déplacé vers la France avec les 9e SS-Panzerdivision Hohenstaufen et 10e SS-Panzerdivision Frundsberg. Bittrich est nommé commandant en chef du corps blindé le . Cette unité combat sous ses ordres sur le front de Normandie dans la région de Caen et, vers le 20-21 , elle parvient, en dépit de lourdes pertes, à se dégager de la poche de Falaise et à dégager par la même occasion la 7e et la 5e armées blindées. Pour son mérite durant cette opération, il obtient le les feuilles de chêne pour sa croix de chevalier de la croix de fer, ceci après avoir été promu le au grade de SS-Obergruppenführer und General der Waffen-SS (équivalent de général de corps d'armée).

Le 2e SS-Panzerkorps est transféré, début , aux Pays-Bas, dans la région d'Arnhem, pour reconstituer ses effectifs. Le , débute dans cette région l'opération aéroportée alliée Market Garden, avec le largage de parachutistes britanniques exactement sur la zone de stationnement du 2e SS-Panzerkorps, ce qui avait échappé à la reconnaissance aérienne alliée. Le corps de Bittrich parvient à encercler la 1st Airborne Division britannique et à lui infliger de lourdes pertes. Ainsi, à la demande du médecin de la division de la 1st Airborne Division, Bittrich accepte, le , un cessez-le-feu de deux heures pour laisser évacuer 2 000 blessés britanniques dans le but de les soigner dans les hôpitaux militaires de sa division.

À partir du , le 2e SS-Panzerkorps participe au sein de la 6e armée blindée SS, sous le commandement de Sepp Dietrich, à la contre-offensive des Ardennes. Bittrich a sous ses ordres pour cette opération la 9e SS-Panzerdivision Hohenstaufen, la 2e SS-Panzerdivision Das Reich et la Führer-Begleit-Brigade. Après de brefs succès initiaux, les avant-gardes du corps d'armée s'enlisent de plus en plus et subissent de lourdes pertes sous les coups de l'aviation alliée.

En raison de l'échec définitif de l'offensive des Ardennes et de l'imminente offensive soviétique dans le sud du front russe, la 6e armée blindée SS est transférée en , avec le corps de Bittrich, vers la Hongrie, mais elle ne peut empêcher la percée de l'Armée rouge. Il est alors confié au 2e SS-Panzerkorps la défense de Vienne. Lorsque l'assaut sur la ville commence, le , Bittrich reçoit l'ordre du commandement suprême de la Wehrmacht (OKW) de tenir Vienne jusqu'au « dernier souffle ». Mais, le même jour, pour éviter la destruction de la vieille ville et l'anéantissement de ses propres divisions, il décide d'évacuer ses unités de la zone urbaine et les place derrière le canal du Danube. Il ne donne pas suite non plus à un nouvel ordre de l'OKW lui demandant de reconquérir la capitale autrichienne. Battant en retraite, Bittrich se retire à l'ouest avec son corps et se rend aux Américains le , le jour de la fin des hostilités.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

En , Bittrich est livré aux autorités militaires françaises qui l'accusent de crimes de guerre commis en France. Le , le procès commence devant un tribunal militaire français siégeant à Marseille, après que lui a été ôté le statut de « prisonnier de guerre ». Le chef d'accusation porte sur l'exécution de 17 membres de la Résistance, près de Nîmes, par une compagnie de la Feldgendarmerie appartenant à la 9e SS-Panzerdivision Hohenstaufen, dont Bittrich était le commandant à l'époque. Au cours du procès, il est reconnu que Bittrich n'a eu connaissance de cette exécution qu'après les faits et qu'il a demandé des sanctions à l'encontre des militaires qui y avaient participé. Bittrich est condamné à cinq ans de prison pour sa responsabilité envers sa troupe en tant que chef de celle-ci, mais il est libéré, cette peine ayant déjà été purgée. Son subordonné, coaccusé responsable de l'exécution, est condamné à vingt ans d'emprisonnement.

Après sa libération, Bittrich s'installe en Bavière, près du lac de Starnberg. Il n'exerce plus de profession jusqu'à son décès en 1979 à Wolfratshausen.

Carrière de SS[modifier | modifier le code]

Promotions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Dans le film de Richard Attenborough, Un pont trop loin (1977), qui décrit l'opération Market Garden, le rôle de Bittrich est tenu par l'acteur d'origine autrichienne, Maximilian Schell.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bien que l'insigne de col, avec un petit carré blanc, puisse faire penser qu'il s'agit de l'uniforme d'un SS-Gruppenführer, cf. Grades de la SS, il s'agit en fait probablement d'une précédente version de l'insigne de Brigadeführer avec une feuille de chêne en moins (deux au lieu de trois ensuite pour les grades d'officiers généraux).
  2. Ce grade a probablement été remplacé en juillet 1934 par celui de Untersturmführer, l'équivalent de sous-lieutenant, le 1er grade d'officier.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (de) Militärgeschichtliches Forschungsamt der Bundeswehr (Hrsg.): Das Deutsche Reich und der Zweite Weltkrieg. 10 Bände. Stuttgart 1991-2005.
  • (de) Berger, Florian (1999). Mit Eichenlaub und Schwertern. Die höchstdekorierten Soldaten des Zweiten Weltkrieges. Selbstverlag Florian Berger. ISBN 3-9501307-0-5.
  • (de) Fellgiebel, Walther-Peer (2000). Die Träger des Ritterkreuzes des Eisernen Kreuzes 1939-1945. Friedburg, Allemagne: Podzun-Pallas, 2000. ISBN 3-7909-0284-5.
  • (en) Heinz Höhne, The order of the death's head : the story of Hitler's SS, London New York, Penguin Books,‎ (ISBN 0-141-39012-3).
  • (en) Robert Kershaw, It never snows in September : the German view of Market-Garden and the Battle of Arnhem, September, 1944, New York Hippocrene Shepperton, Ian Allan,‎ (ISBN 0-781-80287-3).
  • Mühleisen, Horst (2000). Wilhelm Bittrich. (de) Ronald Smelser et Enrico Syring (Hrsg.), Die SS : Elite unter dem Totenkopf : 30 Lebensläufe, Paderborn, F. Schöningh,‎ (ISBN 3-506-78562-1)
  • (de) Klaus D. Patzwall et Scherzer, Veit, Das deutsche Kreuz : 1941-1945 : Geschichte und Inhaber, vol. 2, Norderstedt, Patzwall,‎ (ISBN 3-931-53345-X).
  • (en) Cornelius Ryan, A bridge too far, London, Coronet,‎ (ISBN 0-340-19941-5).
  • (de) Scherzer, Veit (2007). Ritterkreuzträger 1939 - 1945 Die Inhaber des Ritterkreuzes des Eisernen Kreuzes 1939 von Heer, Luftwaffe, Kriegsmarine, Waffen-SS, Volkssturm sowie mit Deutschland verbündeter Streitkräfte nach den Unterlagen des Bundesarchives. Jena, Allemagne: Scherzers Miltaer-Verlag. ISBN 978-3-938845-17-2.
  • (en) Speer, Albert (1970): Inside the Third Reich. Translated by Richard and Clara Winston. Macmillan. Library of Congress #70-119132