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Affaire Christian Ranucci

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Affaire Christian Ranucci
Nature du crime Homicide
Type de crime Enlèvement de mineur de moins de quinze ans et homicide volontaire
Pays de lieu du crime Drapeau de la France France
Ville Marseille, Peypin
Type d'arme Couteau à cran d'arrêt
Pierres
Date du crime
Nombre de victimes 1 : Marie-Dolorès Rambla
Jugement
Statut Affaire jugée : condamné à mort et exécuté
Tribunal Cour d'appel d'Aix-en-Provence
Formation Cour d'assises
Date du jugement
Recours Pourvoi en cassation rejeté le
Recours en grâce rejeté le

L’affaire Christian Ranucci est le procès médiatisé de Christian Ranucci — né le à Avignon et mort le (à 22 ans) à Marseille — qui s'est conclu par la condamnation à mort et l'exécution (par décapitation à la prison des Baumettes) de ce dernier pour l'enlèvement et le meurtre, le , d'une fillette de huit ans, Marie-Dolorès Rambla.

Il est le premier condamné à mort guillotiné sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing et l'antépénultième en France[Note 1]. Il est, par la même occasion, le dernier condamné à être exécuté par l'exécuteur en chef André Obrecht.

En 1978, un roman, intitulé Le Pull-over rouge, est publié sur l'affaire par l'écrivain et journaliste Gilles Perrault, faisant émerger une polémique concernant sa culpabilité. Plusieurs ouvrages reprennent par la suite la thèse de l'innocence de Ranucci et de l'erreur judiciaire, tandis que d'autres ouvrages et articles cherchent au contraire à démontrer sa culpabilité, en s'appuyant notamment sur les éléments matériels rassemblés contre lui[Note 2]. Paul Lombard, l'un des avocats de Ranucci à l'époque, soutient la thèse de son innocence. En revanche, ses autres avocats semblent le considérer coupable : André Fraticelli avait, lors du procès, voulu plaider la culpabilité avec circonstances atténuantes (se trouvant en contradiction avec ses confrères, il n'avait donc pas plaidé) ; Jean-François Le Forsonney s'est quant à lui défendu dans une émission sur l'affaire diffusée en 2006 d'avoir jamais dit que Ranucci était innocent[e 1].

Un comité de soutien est fondé en 1979 afin d'obtenir la révision du procès Ranucci. Trois demandes ont été déposées dans ce sens, mais ont fait l'objet de rejets successifs (en 1979, 1987 et 1991).

Sommaire

Les faits[modifier | modifier le code]

L'enlèvement de Marie-Dolorès Rambla[modifier | modifier le code]

Marie-Dolorès Rambla, huit ans, est enlevée devant chez elle à Marseille le , entre 11 h 5 (heure à laquelle Maria Rambla, la mère, voit encore ses enfants jouer) et 11 h 20 (heure approximative à laquelle Pierre Rambla, ouvrier boulanger et père de quatre enfants, rentre chez lui). Alors qu'elle joue avec son petit frère Jean-Baptiste, âgé de six ans et demi, dans la cité Sainte-Agnès qu'ils habitent (quartier des Chartreux), une voiture grise se gare devant l'un des garages jouxtant le lieu où les enfants s'amusent, un homme en descend et aborde les deux enfants. Il leur explique qu'il a perdu son chien noir et demande au petit Jean-Baptiste de partir à sa recherche. Il demande à Marie-Dolorès de rester près de lui pour chercher également le chien de leur côté. Le petit garçon fait le tour de l'immeuble à la recherche du chien perdu mais à son retour il ne voit plus ni homme, ni voiture et surtout, sa sœur a disparu. Il la cherche sans succès. M. Rambla, après avoir lui-même recherché sa fille et interrogé quelques voisins, prévient la police et signe sa déposition à 13 h 15 à l'Évêché[a 1].

L'accident de Christian Ranucci[modifier | modifier le code]

Peugeot 304 coupé
Peugeot 304 coupé.

Le entre 12 h 15 et 12 h 30, Vincent Martinez accompagné de sa fiancée roule sur la route nationale 96 dans le sens Aix-en-Provence - Toulon au volant de sa voiture, une Renault 16 blanche. Au carrefour du lieu-dit La Pomme, à vingt kilomètres de Marseille, son véhicule entre en collision avec un coupé Peugeot 304 gris métallisé, roulant sur la route nationale 8bis dans le sens Marseille - Pourcieux et n'ayant pas respecté le stop. Ce dernier, percuté à l'arrière par le véhicule de Vincent Martinez, fait un tête-à-queue et prend la fuite en direction de Marseille[1].

Vincent Martinez ne peut le poursuivre, vu l'état de sa voiture, mais demande au conducteur d'une Renault 15 bleue qui le suivait, Alain Aubert, de le faire pour lui. Ce dernier accepte et revient quelques minutes plus tard avec le numéro d'immatriculation de la Peugeot 304 qu'il a repérée immobilisée à environ un kilomètre du lieu de l'accident. Vincent Martinez ayant réussi à redresser l'aile de son véhicule, s'engage sur la nationale 8bis en direction de Marseille. Il ne croise pas le véhicule à l'origine de son accident et poursuit sa route jusqu'à la gendarmerie de Gréasque où il dépose plainte à 13 h 15[a 2].

Le propriétaire du coupé 304, immatriculé 1369 SG 06, sera plus tard identifié par des gendarmes niçois, via le service des cartes grises des Alpes-Maritimes, comme étant Christian Ranucci[a 3].

La champignonnière[modifier | modifier le code]

Vers 17 heures, dans une champignonnière distante de deux kilomètres du lieu de l'accident, un jeune homme demande à un habitant du coin, Mohamed Rahou, de l'aider à dégager sa voiture de marque Peugeot 304, qui s'est embourbée dans une galerie. Celui-ci et M. Guazzone, contremaître de la champignonnière, aident le jeune homme, qui quitte les lieux vers 18 heures pour Nice[2].

La découverte du corps[modifier | modifier le code]

M. et Mme Aubert, M. Martinez ainsi que M. Guazzone se manifestent séparément auprès des gendarmes, à partir du 3 juin 1974, pour signaler les faits dont ils ont été témoins. Ayant appris la nouvelle de l’enlèvement de la fillette par la presse et la radio, les témoins font un rapprochement entre celui-ci et l'accident : Alain Aubert appelle de nouveau la gendarmerie de Roquevaire, l'après-midi du , tandis que Vincent Martinez contacte l'Hôtel de Police de Marseille (surnommé « commissariat de l'Évêché ») le 5 juin vers 12 h 30, suite à l'appel à témoins paru dans Le Provençal. Sur commission rogatoire du juge Ilda Di Marino, la gendarmerie de Gréasque, territorialement compétente, organise une battue dans la zone proche de l’endroit où M. Aubert situe l’arrêt de la voiture pourchassée le 3 juin et dans la champignonnière. Les gendarmes découvrent dans la galerie de la champignonnière un pull-over rouge. À 15 h 45, les gendarmes retrouvent le corps lacéré de coups de couteau de Marie-Dolorès Rambla, le visage tuméfié, le crâne fracassé à coups de pierres[d 1].

L’arrestation et les aveux de Christian Ranucci[modifier | modifier le code]

Le propriétaire du coupé Peugeot 304 est identifié par la gendarmerie comme étant Christian Ranucci, un représentant de commerce de vingt ans domicilié à Nice ; il est arrêté le à 18 h 15 à son domicile par la gendarmerie de Nice-Ouest et placé en garde à vue. Des pièces à conviction sont par ailleurs saisies dans sa voiture, notamment un pantalon taché de sang qu’il reconnaîtra plus tard avoir porté le jour du crime, et un cheveu clair et bouclé présentant une ressemblance avec ceux de la victime. Il est transféré le 6 juin vers h du matin à l'Hôtel de Police de Marseille[e 2]. Lorsqu'il est confronté aux deux témoins de l'enlèvement, ceux-ci ne le reconnaissent pas. Dans les premiers procès-verbaux, il reconnaît uniquement l'accident et le délit de fuite : évoquant une soirée bien arrosée la veille, il explique avoir pris peur lors de l'accident. Avec l'infraction au code de la route et un test d'alcoolémie positive, il risquait la suppression du permis de conduire, indispensable pour son métier de VRP[3].

Christian Ranucci passe aux aveux au bout de dix-neuf heures de garde à vue, après une confrontation avec les époux Aubert. Il dessine aux policiers un plan des lieux de l’enlèvement, qui restera le seul élément l’incriminant sur cette partie des faits reprochés, puisque les témoins visuels ne l'ont pas reconnu, et que sa voiture n'a pas été formellement identifiée comme étant celle du ravisseur. Il guide également, depuis sa garde à vue, les gendarmes à la recherche de l’arme du crime. Un couteau de marque « Virginia Inox », ensanglanté d'un sang de même groupe sanguin que la victime, sera retrouvé non loin de la champignonnière, enfoui dans un tas de tourbe, qu'il reconnaîtra lui appartenir. Christian Ranucci est ensuite déféré devant la juge d'instruction, à qui il réitère ses aveux lors de ses deux premières comparutions. Il réitère aussi ses aveux devant les psychiatres qui l'examinent[4].

Le processus judiciaire[modifier | modifier le code]

L'instruction[modifier | modifier le code]

Le , une reconstitution est organisée par la juge d'instruction Ilda Di Marino sur les lieux du crime, en présence de l'inculpé, de l'inspecteur Pierre Grivel (menotté à Ranucci), des avocats de Ranucci et de l'avocat de la partie civile. Craignant une émeute dans la cité Sainte-Agnès, où le meurtre de la petite Marie-Dolorès a provoqué une vive émotion (des articles de journaux ayant fait état d'un attroupement de badauds), la juge d’instruction ne laissera pas Ranucci descendre du fourgon lors de la reconstitution de l’enlèvement, ce dernier indiquera simplement le lieu où il a garé la voiture et celui où jouaient les enfants, ainsi que la direction à suivre vers le carrefour de La Pomme, lieu de l'accident. Il sera ensuite conduit sur les lieux du meurtre (où il fera une crise de nerf), et dans la champignonnière (où il indiquera l'emplacement exact où a été trouvée l'arme du crime).

Le , Christian Ranucci est convoqué pour la dernière fois dans le cabinet de la juge, en vue de l'interrogatoire récapitulatif. C'est lors de cette ultime entrevue qu'il se rétracte officiellement, affirmant ne pas se souvenir d'avoir enlevé ni tué Marie-Dolorès Rambla. Pour autant, il reconnaît toujours avoir dessiné un croquis de la cité Sainte-Agnès où l'enfant a été enlevée, et avoir indiqué aux enquêteurs l'endroit où était son cran d'arrêt taché de sang[4],[e 3]. Au terme de l'instruction, la juge avait entendu les témoins de l'accident (lors d'une confrontation avec l'inculpé et durant la reconstitution) mais n'avait en revanche pas auditionné les deux témoins du rapt de la petite fille[a 4].

Début 1975, Pierre Michel, alors jeune juge, est chargé de clôturer l'instruction, Ilda Di Marino étant devenue juge au siège. À propos de ce dossier, le juge Michel aurait confié quelque temps plus tard au procureur-adjoint Étienne Ceccaldi : « C'est un dossier de merde ! Mais il est coupable »[5]. Le , le réquisitoire définitif est rédigé par le substitut du procureur de la République de Marseille, Mlle Brugère, puis le dossier est transmis pour examen à la chambre d'accusation. Si celle-ci renvoie officiellement le dossier à la Cour d'assises d'Aix-en-Provence le 11 avril, plusieurs demandes d'expertises complémentaires formulées par la défense (pour encéphalopathie gazeuse, scanographie et tachographie axiale) retarderont de quelques mois le renvoi de Ranucci en assises[a 5]. À la suite du rejet d'une dernière demande de contre-expertise déposée par ses avocats, la chambre d'accusation près la cour d'appel d'Aix-en-Provence transmet le dossier de Christian Ranucci au bureau du président de la Cour d'assises, et Ranucci est définitivement renvoyé devant les assises des Bouches-du-Rhône le [a 6].

Sept mois après son inculpation, son avocat Me Lombard annonce lors d'un dîner avec des journalistes que Christian Ranucci revient sur ses aveux. Selon plusieurs témoignages, dont celui de Roger Arduin, il aurait demandé aux journalistes quelle stratégie de défense il devait adopter. Il plaidera l’innocence lors du procès[a 7]. Son troisième avocat, le bâtonnier André Fraticelli, considérait pour sa part qu’il valait mieux plaider les circonstances atténuantes, l’acquittement lui semblant être une issue impossible. En désaccord avec ses confrères, il choisit de ne pas plaider mais de prendre place sur le banc de la défense[c 1],[c 2].

Le procès et le pourvoi en cassation[modifier | modifier le code]

Le 9 mars 1976, s'ouvre le procès de Christian Ranucci à la cour d'assises d'Aix-en-Provence dans un climat très passionnel exacerbé par la proximité avec l'arrestation, le 18 février, de Patrick Henry pour une autre affaire de rapt et de meurtre d'enfant. Des cris réclamant la peine de mort pour Christian Ranucci s'échappent de la foule présente devant le tribunal. L'accusé nie en blocs les faits reprochés, et accuse le commissaire Alessandra, qui a mené l'enquête et recueilli ses aveux en garde à vue, de sévices et de tortures[c 3]. Le , à l'issue des débats où Ranucci s'est empêtré dans ses maladresses, ses contradictions et son arrogance, il est déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés par 9 voix contre 3[réf. nécessaire]. Les circonstances atténuantes étant rejetées par 8 voix sur 9, il est condamné à la peine capitale[6].

Le , les avocats de Christian Ranucci forment un pourvoi en cassation[7]. Le recours invoque quatre moyens, tous jugés infondés par la cour. Parmi les éléments contestés par les avocats (motivation jugée insuffisante d'un rejet par le juge d'une demande d'expertise complémentaire, opposition à un procès-verbal indiquant que les pièces nouvelles ont été communiquées à l'avance à la défense, ambiguïté quant à l'origine de la condamnation aux frais envers l'État) figure la production par le ministère public, lors de sa réplique, de nouvelles pièces sans les avoir auparavant ni communiquées à la défense, ni avoir reçu l'autorisation du président de les produire. Le , la cour de cassation rejette le pourvoi[Note 3]. La cour de cassation estime ce moyen comme étant non fondé car le procès-verbal des débats montre que les pièces ont été communiquées aux avocats de l'accusé, que ces derniers ont eu la parole pour une défense complémentaire, et que l'accusé a de plus eu la parole le dernier. Enfin la cour souligne que le ministère public dispose de la libre parole pendant les audiences et qu'il est indépendant dans l'exercice de ses fonctions[8].

L'exécution[modifier | modifier le code]

Le , le président Valéry Giscard d'Estaing, s'exprimant sur la peine de mort, fait part de son souhait que « la communauté nationale et son législateur se saisissent le moment venu de ce problème ». Il évoque en outre deux cas de « violences inadmissibles » à ses yeux parmi lesquels il cite les « rapts prémédités d'enfants comportant […] la quasi-certitude de la mort[9] ». Le journal Libération publie dans son édition du 28 juillet une « lettre ouverte au Président de la République » invitant celui-ci à accorder sa grâce au condamné[10].

Rejet de la grâce, signé par Valéry Giscard d'Estaing.

Le , le Président de la République rejette la demande de grâce. L'affaire de la disparition et du meurtre du petit Vincent Gallardo 6 ans, au Pradet10 km à l'est de Toulon), juste après l'entretien entre Paul Lombard et le Président sur la demande de grâce, aurait influencé la décision, selon les tenants de l'innocence de Ranucci. Le , alors qu'il était interrogé par des journalistes, Vincent Cravero, maire du Pradet, avait affirmé avoir envoyé un télégramme au président de la République exigeant la peine de mort pour les meurtres d'enfants[11]. Le président Giscard d'Estaing décide de « laisser la justice suivre son cours » (voir document ci-contre). À l'annonce de l'exécution, plusieurs articles de presse se mettent à déplorer la décision du président. Quelques journalistes, notamment Yves Mourousi[9], prétendent à l'époque que l'exécution de Ranucci aurait relancé le débat sur la peine capitale.

Valéry Giscard d'Estaing, dans l'émission Un jour, un destin, du qui lui était consacrée, a affirmé « ne pas avoir regretté » sa décision de ne pas accorder la grâce à Christian Ranucci. L'ancien Président de la République indique ainsi qu'« il était coupable, il était condamné, il devait être sanctionné » et déclare : « Je ne regrette pas ma décision, parce qu'à la lecture des dossiers […] et des procès qui avaient eu lieu, il était coupable[12]. » Lors d'un entretien rétrospectif sur sa présidence accordé en mai 2014 au Point, il maintient qu'il n'avait pas de doute sur la culpabilité de Ranucci. Dans sa réponse à une question sur la peine de mort, il évoque l'affaire en ces termes : « pour Christian Ranucci, une exécution qui a fait scandale, je n'ai pas eu de doute : il était coupable d'avoir tué à coups de couteaux la petite fille d'une famille d'immigrés espagnols. La gendarmerie avait retrouvé, sur les indications du coupable, l'arme du crime tachée du sang de la victime, et la cour d'assises s'était prononcée deux fois[13]. »

D'autres éléments d'explication du refus du recours en grâce par le président de la République figurent dans les mémoires de ce dernier, Le Pouvoir et la Vie (tome premier : « La rencontre », publié en 1988) : il évoque notamment une lettre qu'il a reçue de la mère de Marie-Dolorès lui demandant de refuser la grâce sans quoi elle « ne croirai[t] plus jamais à la justice ». À la fin du même chapitre, consacré à la peine de mort durant son mandat, il a cette formule devenue célèbre : « En moi, rien ne bouge »[14].

Le , tout juste une semaine après l'entretien entre Paul Lombard et le Président Giscard d'Estaing, Christian Ranucci, alors incarcéré à la prison des Baumettes, est réveillé par les gardiens qui ont préalablement posé des tapis devant sa porte de cellule afin de ne pas le réveiller et de le surprendre en plein sommeil, mais également pour ne pas réveiller les autres détenus et provoquer ainsi une quelconque agitation. Il est agité, se débat et proteste de son innocence et il a selon son avocat, Jean-François Le Forsonney, déclaré : « Qu'est-ce qu'on est allé encore raconter à Giscard ? ». Il refuse de boire le verre d'alcool et de s'entretenir avec le prêtre par un laconique : « Négatif ! » Il accepte une dernière cigarette, ses trois avocats (Mes Paul Lombard, Jean-François Le Forsonney et André Fraticelli) lisent une lettre de sa mère[d 2]. Ranucci est conduit à l'échafaud et guillotiné à h 13, devant les trois avocats accompagnés d'une jeune stagiaire, Me Marie-Anne Donsimoni[15], en présence du procureur de la République adjoint, du docteur Tosti, du contrôleur général et du juge d'instruction Pierre Michel[16]. Selon Mes Lombard et Le Forsonney, les derniers mots prononcés seraient : « Réhabilitez-moi ! »[a 8],[d 3]. Me Lombard a confirmé cette phrase qu'il ne mentionnait pas dans ses premiers récits de l’exécution[17], même s'il en fait état dans son livre Mon intime conviction dès 1977. La dépouille de Ranucci est transportée au carré des suppliciés du cimetière Saint-Pierre. Il sera par la suite inhumé, à la demande de sa mère Héloïse Mathon et de son avocat Me André Fraticelli, dans le caveau familial au cimetière Saint-Véran à Avignon[18].

Toutefois, si on en croit les mémoires posthumes d'André Obrecht retranscrites par Jean Ker[19], et qu'on considère qu'Obrecht aurait tout entendu, y compris lorsqu'il n'était pas présent, Christian Ranucci n'aurait jamais demandé à être réhabilité : il aurait été silencieux jusqu'à la fin. L'exécuteur des hautes œuvres aurait affirmé que ces propos ne sont cités que dans le livre et le film tirés de l'affaire, ce qui est en soi inexact puisque Mes Le Forsonney et Lombard sont des témoins directs qui ont corroboré quelques mois après l'exécution la demande de réhabilitation de leur client comme dernière parole. Il est à noter qu'Obrecht ne pouvait être présent, lorsque Ranucci a parlé pour la dernière fois à ses avocats, n'étant pas dans la même pièce, occupé à un tout autre poste, à telle distance qu'il ne pouvait entendre. Même s'il a entendu autre chose, Marcel Chevalier, futur successeur d'Obrecht, confirme la formule attribuée à son oncle par alliance par Jean Ker : « Il a été silencieux jusqu'à la fin. ». Cette supplication apparaît officiellement pour la première fois dans l'ouvrage Mon intime conviction de Paul Lombard (1977), dans un chapitre consacré à la peine capitale. Un gardien de prison ayant confié son témoignage à Gérard Bouladou, témoigne avoir assisté à l'exécution mais ne mentionne pas dans son récit de demande de réhabilitation. D'autre part on lit sur le procès-verbal d'exécution : « Le nommé Ranucci Christian n'a pas fait de déclaration »[16]. Il faut également noter que le troisième avocat de Ranucci, Me Fraticelli, affirme lui aussi que son client n'a jamais prononcé ces mots[20].

Les demandes de révision[modifier | modifier le code]

À la suite de la polémique créée par la parution du livre Le Pull-over rouge de Gilles Perrault, trois demandes de révision ont été déposées, en 1978, 1981 et 1990. Elles ont toutes été rejetées[21].

Une première requête en révision est déposée le 10 août 1978 par Jean-Denis Bredin et Jean-François Le Forsonney, à l'instigation d'Héloïse Mathon, la mère du supplicié, au moment de la rédaction et de la publication du Pull-over rouge. Elle est adressée au garde des sceaux de l'époque, Alain Peyrefitte. Lors d'une conférence de presse tenue le , alors qu'il présente son projet de loi « Sécurité et liberté » (lequel aboutira en février 1981), Alain Peyrefitte estime que Christian Ranucci est bien coupable. Quelques mois plus tard, le ministre critique le film de Michel Drach[22] ; constatant l'absence d'élément nouveau, il ne transmet pas la requête à la Commission de révision, qui est donc rejetée le 30 janvier 1979[23]. Par la suite, le Comité national pour la révision du procès Ranucci est fondé (en avril 1979), rejoint par de nombreuses personnalités.

Une deuxième requête en révision est déposée à la Cour de cassation le . Sous l'impulsion du ministre de la Justice, Robert Badinter (qui a exposé ses doutes sur l'affaire dans son discours du 17 septembre 1981 où il défendait son projet de loi d'abolition de la peine de mort), la Chancellerie charge le commissaire divisionnaire Joseph Le Bruchec de mener une enquête afin de recueillir d'éventuels éléments nouveaux. Celui-ci découvre l'agenda de Christian Ranucci, lequel révèle qu'il aurait séjourné à Marseille la veille du drame (et non à Salernes comme il l'avait affirmé dans ses aveux), ce qui est corroboré par le témoignage de Daniel Moussy, un automobiliste qui prétend avoir été impliqué la veille du crime dans un accident de la circulation avec Christian Ranucci, ce qui remettrait alors en cause les aveux passés par celui-ci[24]. De plus, une expertise en écriture effectuée sur le PV recensant l'ensemble des scellés a permis de constater que la ligne concernant la saisie du pantalon est légèrement penchée, et aurait donc été ajoutée après impression, ce qui constitue alors selon les avocats d'Héloïse Mathon une « irrégularité » dans la procédure. Pour autant les conclusions de cette enquête ne permettent pas de réviser le procès, et le , la Cour de cassation conclut à une fermeture du dossier, considérant qu'aucun des faits nouveaux présentés n'était de nature à faire douter de la culpabilité de Ranucci.

La troisième requête est déposée le par Héloïse Mathon et le Comité national pour la révision du procès Ranucci, présidé par Georges Muratet. Elle intervient après l'entrée en vigueur de la loi du 23 juin 1989 sur la révision des condamnations pénales, qui prévoit de faciliter les demandes de révision[Note 4]. Le , la Commission de révision est saisie et examine la requête d'Héloïse Mathon, qui est finalement rejetée le 29 novembre suivant, la commission estimant qu'aucun élément n'était de nature à faire naître le doute sur la culpabilité du condamné[25],[26].

En 2002 est fondée l'association Affaire Ranucci : pourquoi réviser ? autour de Georges Muratet, alors président du Comité pour la révision du procès, et de l'avocat Antonin Lévy (fils du philosophe Bernard-Henri Lévy). Cette association tente de sensibiliser le public, notamment via Internet, sur la nécessité selon ses membres, de réviser le procès Ranucci. Cependant aucune autre requête n'a pu être déposée du vivant d'Héloïse Mathon, qui reste à ce jour l'unique ayant droit du condamné[Note 5].

Le fait-divers devient une cause célèbre : naissance d'une polémique[modifier | modifier le code]

Naissance et rebond de la polémique[modifier | modifier le code]

Deux ans après l'exécution de C. Ranucci, paraît aux éditions Ramsay le roman Le Pull-over rouge, de Gilles Perrault[Note 6], qui fait naître la polémique sur la culpabilité de C. Ranucci. Un film, Le Pull-over rouge (réalisé par Michel Drach et sorti au cinéma en 1979) sera d'ailleurs tiré du livre. À la suite de la parution du Pull-over rouge, dès le , le philosophe Michel Foucault publie un article dans Le Nouvel Observateur consacré à ce livre, où il émet ses critiques quant à l'enquête et à l'instruction. Il emploie notamment une expression qui sera reprise par la suite, fustigeant la « religion de l'aveu »[27]. À la même époque, des journalistes contestent la thèse de Gilles Perrault, comme José d'Arigo, journaliste au Méridional ; Christian Chardon qui publie dans les colonnes de Minute un article, « Non ! L'affaire Ranucci n'est pas une erreur judiciaire », insistant notamment sur les aveux réitérés et l'indication par Ranucci de la cachette de l'arme du crime[28] ; ou encore Jean Laborde qui a publié en novembre 1979 dans Paris Match un article intitulé « Ranucci innocent ? Eh bien non ! ».

La portée de la controverse est telle que Robert Badinter, lors des débats à l'Assemblée nationale sur la question de l'abolition de la peine de mort, dans la séance du , déclare : « Christian Ranucci : je n'aurais garde d'insister, il y a trop d'interrogations qui se lèvent à son sujet, et ces seules interrogations suffisent, pour toute conscience éprise de justice, à condamner la peine de mort »[29]. Plusieurs livres reprenant la thèse de l'innocence paraissent dans les années 1990. Mathieu Fratacci, présent lors de la garde à vue de Ranucci, publie en 1993 Qui a tué Christian Ranucci ?, un ouvrage cherchant à démontrer sa culpabilité.

Gérard Bouladou (commandant de police judiciaire retraité) publie en 2005 une première contre-enquête : L'Affaire du pull-over rouge, Ranucci coupable ! : Un pull-over rouge cousu... de fil blanc, s'opposant à la thèse développée par Gilles Perrault. En 2006, dans son deuxième livre Autopsie d'une imposture. L'affaire Ranucci : toute la vérité sur le pull-over rouge, il entend à la fois exposer et expliquer le dossier de C. Ranucci, et démontrer que l'affaire, telle qu'exposée dans Le Pull-over rouge, relève d'une manipulation.

Yann Le Meur, président du Comité national pour la révision du procès Ranucci, publie en 2013 Le Sang et l'Encre. Et si Christian Ranucci était innocent ?, dans le but de faire rebondir l'affaire et d'obtenir une révision du procès. Allant plus loin que Gilles Perrault dans ses premiers écrits, Yann Le Meur plaide l'innocence de Christian Ranucci, dont l'interpellation serait consécutive selon lui à un mensonge des époux Aubert quant à ce qu'ils ont vu le jour du crime. L'auteur, tout en critiquant vivement les acteurs de cette affaire, énonce une théorie selon laquelle un homme au pull-over rouge (qui serait celui trouvé dans la champignonnière) serait le véritable meurtrier.

Un lien démenti avec l'affaire Fourniret[modifier | modifier le code]

Selon le quotidien belge Le Soir du [30], Michel Fourniret aurait admis auprès des enquêteurs belges avoir passé des vacances dans la région de Berre, près de Marseille en 1974. Ces données interpellent les enquêteurs qui font le lien avec l'affaire Ranucci. Ils transmettent donc cette information à leurs homologues français.

L'auteur ajoute dans ce même article que M. Fourniret, qui était déjà connu à l'époque comme agresseur d'enfants, était, comme C. Ranucci, propriétaire d'une Peugeot 304 coupé (cependant le véhicule reconnu par le témoin mécanicien (tôlier) était une Simca 1100 grise). L'information a toutefois été démentie le même jour par le procureur français de Charleville-Mézières, Francis Nachbar, chargé du dossier Fourniret : « En l'état actuel des investigations multiples menées en France sur les faits criminels commis par Michel Fourniret et de notre connaissance des enquêtes effectuées par les autorités judiciaires belges, aucun élément sérieux, le plus ténu soit-il, ne permet d'accréditer de telles informations ou rumeurs »[30].

D'autre part, selon le Nouvel Observateur[31], citant le quotidien régional La Provence, Michel Fourniret aurait assisté au procès de C. Ranucci, en . La Provence affirmait détenir des photographies d'archives de l'ouverture du procès à Aix-en-Provence sur lesquelles il était possible de reconnaître Michel Fourniret. L'identité judiciaire, après étude anthropométrique des photos[31], a par la suite conclu qu'il ne pouvait pas s'agir de lui[32].

Principaux points de débat[modifier | modifier le code]

Les arguments mettant en doute la culpabilité de C. Ranucci[modifier | modifier le code]

  1. Les deux seuls témoins de l'enlèvement ne reconnaissent ni le ravisseur, ni la voiture ayant transporté la victime. Le frère de la victime, Jean-Baptiste (âgé de six ans et demie) ne reconnaît pas Christian Ranucci comme étant « l'homme au chien perdu », le garagiste témoin de l'enlèvement non plus, tout comme sa voiture qui ne correspond pas au modèle décrit précédemment. Le garagiste précise toutefois dans sa déposition en date du , qu'il ne pense pas être en mesure de reconnaître le ravisseur au cas où celui-ci lui est présenté au commissariat de police. Il prétend par ailleurs avoir vu une Simca 1100 et non un coupé Peugeot 304 et le ravisseur ne portait pas de lunettes, contrairement à Ranucci. La lecture de PV d'audition, comme l'explique Gérard Bouladou, montre qu'en réalité le jeune frère de la victime n'a jamais mentionné la marque de la voiture. En revanche, le garagiste mentionne bien le passage d'une Simca 1100 grise, mais à une heure antérieure (10 h 50) à celle où Mme Rambla dit avoir vu sa fille pour la dernière fois (vers 11h05 selon sa déposition en date du 4 juin). De plus la position de son garage et celle de la voiture, telle qu'elle apparait dans la déposition de Jean-Baptiste Rambla ainsi que dans les aveux de Christian Ranucci, fait qu'Eugène Spinelli n'aurait pas été en mesure de voir la scène. Ce point n'a pas été éclairci par la reconstitution, le garagiste n'ayant pas été entendu par la juge d'instruction (tout comme Jean-Baptiste, frère de la disparue). Ces deux témoins n'ont pas non plus été entendus ni convoqués par la juge d'instruction[33].
  2. Le pull-over rouge retrouvé dans la champignonnière serait d'un gabarit plus grand que celui de Ranucci. De plus, Héloïse Mathon a indiqué aux policiers que Christian Ranucci détestait le rouge, fait non contredit par la fouille policière effectuée au domicile de Ranucci mais démenti par la couleur rouge des sièges de sa voiture.
  3. Le mobile de l'enlèvement, même après mise en relation des aveux de Ranucci et de son examen psychiatrique, n'a jamais été clairement établi.
  4. Les témoignages des époux Aubert et de Vincent Martinez, tels qu'il ont été recueillis, ont évolué. Lors de leur conversation téléphonique avec la gendarmerie, les Aubert parlent d'un homme prenant la fuite avec un « paquet assez volumineux », et, lors de leur dépositions ultérieures, d'un homme entraînant avec lui un enfant parlant d'une « voix fluette ». Toutefois, le « paquet volumineux » n'apparaît que dans un rapport de synthèse rédigé par les gendarmes le 8 juin et ne constitue pas une déposition signée par les intéressés. Les intéressés contestent formellement avoir varié dans leurs déclarations, et affirment avoir toujours parlé d'un enfant. Le dépôt de plainte de M. Martinez, en date du 3 juin, à la suite de l'accident, mentionne que « le conducteur paraissait seul à bord ». M. Martinez a indiqué que le gendarme n'avait pas exactement retranscrit sa déclaration, une erreur expliquée par le fait que la plainte concernait un simple délit de fuite après accident matériel.
  5. L'heure précise du meurtre n'a pas été certifiée par l'autopsie.
  6. Aucun procès-verbal de présentation du suspect aux témoins Aubert (lors de la parade d'identification) n'a été dressé par les policiers. Quelques journalistes relayent ainsi une rumeur selon laquelle les Aubert n'auraient reconnu Ranucci qu'au terme d'un second tapissage. Cependant, en cas de tapissage infructueux (comme ce fut le cas avec les deux témoins de l'enlèvement), la confrontation des Aubert avec le suspect n'aurait jamais eu lieu (articles 63 et suivants du Code de procédure pénale).
  7. Le plan dessiné par Christian Ranucci correspondrait à un calque du cadastre. L'immeuble serait à la même échelle (y compris avec un petit muret du cadastre) et les rues correspondraient au même secteur angulaire, chose impossible à constater lors d'une simple visite où on ne voit que des façades. Ceci irait évidemment dans le sens d'aveux extorqués sous la pression policière. Cette affirmation est contestée. Gilles Perrault, qui ne le publie pas dans son livre, parle d'un « gribouillis sans signification » alors que d'autres au contraire le trouvent trop précis pour avoir été réalisé par Ranucci. Celui-ci reconnaît toutefois, lors de sa dernière comparution devant le juge d'instruction, avoir dessiné lui-même ce plan. Des reportages télévisés, tels que Faites entrer l'accusé occultent même l'existence de ce plan. D'autre part, lors de la reconstitution, Ranucci a montré qu'il connaissait effectivement déjà les lieux, et en particulier l'endroit où se trouvaient les enfants. De plus, le croquis de Ranucci indique la présence de gazon (« herbe ») à droite de la « rue qui monte » (la rue Albe), au lieu d'immeubles représentés sur le décalque présumé (ce qui correspond certes à la typographie actuelle, mais pas à celle de l'époque).
  8. Gilles Perrault, dans son livre Le Pull-over rouge, conteste la présence et la découverte du couteau : « Une heure cinquante-cinq de recherches pour découvrir un couteau dans un tas de fumier de quelques mètres carrés avec une “poêle à frire” exactement réglée [...]. En réalité, le tas de fumier fait plusieurs centaines de mètres carrés qu'il faut explorer avec des instructions vagues de Ranucci. De plus, lors de la reconstitution, Ranucci va indiquer l'emplacement du couteau avec une grande précision. » Détail surprenant d'après G. Perrault : « Le 6 juin à cinq heures et demie de l'après-midi, c'est-à-dire à l'heure exacte où commencent les recherches, l'inspecteur Porte consigne par procès-verbal la découverte le 5 juin d'un “couteau à cran d'arrêt de marque Virginia-Inox, à ouverture automatique, manche nacre” saisi par la brigade de gendarmerie de Gréasque. » Mais comme l'explique Gérard Bouladou dans son livre, Gilles Perrault fait allusion à la fiche de scellé du couteau, qui porte la date de l'affaire ouverte par les gendarmes à la suite de la découverte du corps de la victime, c'est-à-dire le 5 juin ; au bas de cette fiche de scellé a été rajoutée la mention du couteau, le 6 juin, quand il a été trouvé, suivant la procédure en vigueur (voir le PV ci-dessous).
  9. Durant toute l'instruction Ranucci n'avoue jamais s'être changé entre le moment où il est aperçu par les Aubert et le moment où il se trouve dans la champignonnière. En revanche, d'une part il reconnait avoir porté lors de l'accident le pantalon bleu taché de sang trouvé dans sa voiture, et d'autre part le contremaître Henri Guazonne (venu désembourber la 304 dans la champignonnière) prétend dans sa déposition à la gendarmerie que Ranucci portait un pantalon anthracite.
  10. Par la suite, alors que l'inculpé est en prison, une femme, Jeannine Mattei, rencontre sa mère et lui témoigne du fait que sa fille a été abordée dans la rue par un homme prétendant chercher un chien noir et portant un pull-over rouge. La défense apprend qu'une confrontation avait eu lieu mais que, les plaignants n'ayant pas reconnu Christian Ranucci comme l'homme au pull-over rouge, la déposition n'avait pas été retenue au dossier. Me Gilbert Collard suggérera lors du procès qu'il s'agissait d'un faux témoin. Pourtant d'autres dépositions corroborant l'existence d'un satyre au pull-over rouge ont été écartées du dossier d'instruction, les victimes de ces satyres n'ayant pas identifié Christian Ranucci comme leur agresseur. Il faut ajouter que dans leurs dépositions, ces témoins ne font pas état de boutons dorés présents au niveau de l'épaule, or le pull-over trouvé dans la champignonnière par les gendarmes en est pourvu.

Les arguments mettant en cause C. Ranucci[modifier | modifier le code]

  1. La similitude extérieure entre une Simca 1100 première version (1968-72) et la Peugeot 304 coupé, relativise le témoignage du garagiste. Il existe cependant des différences entre les deux véhicules que Spinelli connaît parfaitement et pour lui, il a toujours vu une Simca 1100. Il faut quand même dire que la Simca 1100 était la voiture la plus vendue de l'année alors que la Peugeot 304 coupé était une voiture plus rare. De plus le message radio diffusé par la police parlait d'une voiture qui « pouvait être une Simca ».
  2. Le signalement que le garagiste Spinelli donne de l'homme parait correspondre à Ranucci : « il pouvait mesurer 1,80 m environ, il était de corpulence moyenne et avait des cheveux châtain clair. Il était vêtu d'une veste claire et d'un pantalon foncé (tout au moins plus foncé que la veste) ». Outre le pantalon bleu marine que Ranucci reconnaît avoir porté le jour du crime, Héloïse Mathon (la mère de C. Ranucci) témoigne dans l'ouvrage Plus jamais d'échafaud de Maurice Périsset, que son fils était parti lors du week-end de la Pentecôte 1974 avec une veste en peau de daim.
  3. C'est la voiture de Ranucci (identifiée par sa plaque minéralogique) qui a été impliquée dans l'accident avec M. Martinez, qui a été prise en chasse par le couple Aubert, et qui s'est arrêtée à proximité de l'endroit où l'on découvrira le corps de la victime. Elle ne semble pas avoir été conduite par quelqu'un d'autre que Ranucci puisque celui-ci n'a jamais nié avoir eu cet accident, y compris lors de son procès. C'est la même voiture qu'Henri Guazzone et Mohammed Rahou découvrent embourbée dans une champignonnière, environ quatre heures après l'accident, à proximité de laquelle sera retrouvé le couteau à cran d'arrêt taché de sang (classé groupe A, comme celui de la victime) sur les indications de Ranucci et qu'il reconnaîtra comme étant le sien jusqu'à la veille de son procès[1].
  4. Un télégramme officiel (daté du 5 juin 1974) semble montrer que les époux Aubert n'ont pas varié dans leurs déclarations et ont toujours parlé d'un enfant. Le fait que Vincent Martinez et les époux Aubert aient spontanément fait le lien entre l'accident et l'enlèvement et que leurs appels aient entraîné la découverte et l'identification du corps de Marie-Dolorès Rambla, donne une grande crédibilité à leur témoignage.
  5. C. Ranucci présente des griffures sur les avant-bras, or le corps de la victime a été découvert enfoui dans des argeras (arbustes très piquants de la catégorie des ajoncs). Mais il a également transporté des branchages pour les placer sous les roues de son véhicule embourbé. Néanmoins d'après M. Guazzone, contremaître de la champignonnière ayant témoigné sur ce point au procès, les blessures de Ranucci ne pouvaient avoir été causées que par les argeras, et que lui-même avait auparavant nettoyé la galerie de la champignonnière, qui contenait peu de ronces au moment des faits.
  6. Le pantalon de C. Ranucci présente des taches de sang. Interrogé, Ranucci déclare en garde à vue qu'il ignore l'origine de ces taches, puis affirme au procès avoir saigné au cours de son accident de voiture. Or le médecin qui l'examine à l'issue de sa garde à vue ne trouve sur son corps aucune plaie ou blessure fraîche, et un rapport souligne à propos de ce pantalon qu'il comporte des taches d'apposition (c'est-à-dire provenant de l'extérieur). Le pantalon taché de sang saisi dans la voiture de Ranucci est bleu marine, or le garagiste Spinelli déclare que l'homme portait un pantalon de couleur foncée. D'autre part C. Ranucci déclare le 6 juin : « le pantalon de couleur bleue qui se trouvait dans ma voiture est bien celui que je portais au moment de l'accident ». Christian Ranucci, lors de son interrogatoire de première comparution, déclare au Juge d'instruction : « Sans pouvoir être formel, je pense donc que si une tache de sang a été découverte sur le pantalon trouvé dans ma voiture par les policiers, je pense qu'il s'agit de sang provenant de la fillette ; avant que l'enfant ne soit égorgée mon pantalon était propre, il n'avait aucune tache ».
  7. Un cheveu clair et bouclé semblable à ceux de la victime a été découvert dans l'habitacle de la voiture de Ranucci.
  8. Des lanières de cuir d'un mètre de long, tressées et assemblées en une sorte de fouet, ont été saisies dans la voiture du suspect. Interrogé par le juge d'instruction, Ranucci dément tout caractère sexuel concernant cet objet, et prétend avoir fabriqué un scoubidou.
  9. Il n'a aucun alibi pour la période entre l'heure supposée de l'enlèvement et l'heure de son accident. À partir de sa rétractation et dans son « Récapitulatif » (document écrit en prison), Ranucci invoque un évanouissement au moment du meurtre, dans sa voiture. Ses déclarations sont pourtant contredites par Alain Aubert, qui a confirmé dans ses dépositions n'avoir remarqué aucune présence humaine dans le véhicule stoppé au bord de la nationale 8bis, suite à la fuite du chauffard.
  10. Tout au long de l'instruction, mais également peu avant le procès lors d'une entrevue avec son avocat Me Le Forsonney (voir plus bas), Ranucci n'a jamais démenti être le propriétaire du couteau recouvert de sang, supposé être l'arme du crime, retrouvé sur les indications données par Ranucci près de la champignonnière où il a reconnu s'être rendu, située à environ deux kilomètres des lieux où le corps de la victime a été découvert.

Cette liste ne compte pas les éléments majeurs du dossier, c'est-à-dire le témoignage des époux Aubert qui ont vu et reconnu C. Ranucci avec un enfant (voir plus haut), ni la présence de celui-ci sur le lieu et aux environs de l'heure du crime, également attestée par témoignage (listé), ou encore les aveux réitérés et espacés dans le temps du suspect, accompagnés d'un plan détaillé et exact du lieu de l'enlèvement (que l'inculpé reconnaît avoir dessiné lors de sa dernière comparution devant le juge, le , alors même qu'il se rétracte), la reconstitution du crime (voir plus haut), ainsi que le sang sur son pantalon alors qu'il ne présente aucune coupure ni blessure au moment des faits (ce point est listé).

Les circonstances atténuantes tirées du vécu de C. Ranucci[modifier | modifier le code]

D'après le livre de Gilles Perrault, on relève que C. Ranucci n'a pas vécu avec son père et a été témoin jeune enfant d'une agression à coup de couteau de ce dernier sur sa mère au sortir de leur divorce devant le Tribunal de Grande Instance de Toulon[a 9]. Depuis, C. Ranucci vivait avec sa mère et entretenait avec elle des relations fusionnelles. Sa mère également s'était montrée très fusionnelle, ultra-protectrice voire confuse, dans la défense des intérêts de son fils en Justice. Il semblerait, d'après le témoignage d'un gardien des Baumettes interrogé par Gérard Bouladou et intervenu dans une émission (Planète+ Justice) sur l'affaire, qu'elle soit à l'origine du système de défense adopté par celui-ci (c'est-à-dire plaider l'innocence). Certains, comme le chroniqueur judiciaire Frédéric Pottecher, ont estimé qu'elle et son fils n'étaient pas « normaux ».

De plus, le comportement arrogant, voire mégalomane du fils lors de son procès, arrivé en tenue de clergyman avec une grande croix pectorale sur le thorax, selon une idée de sa mère est assez révélateur que cette dernière entretenait son immaturité. D'autres éléments sont à mettre en rapport avec cette immaturité alléguée, en particulier une présumée inconscience de la gravité du crime commis, que l'inculpé ne parvient pas à réaliser. Ainsi, d'après Jean-François Le Forsonney, Ranucci « n'avait pas conscience », à l'époque, de la gravité des faits ni de la peine encourue[c 4] ; cette attitude de Ranucci semble corroborée par un témoignage livré dans deux émissions de télévision par Pierre Grivel, inspecteur présent lors de la garde à vue et lors de la reconstitution : selon son témoignage Ranucci lui aurait demandé quelle peine il encourait pour le crime qu'il avouait avoir commis, ce à quoi l'inspecteur aurait répondu qu'il risquait la peine de mort ; d'après son témoignage, Ranucci aurait alors jugé cette peine excessive par rapport au crime. P. Grivel prétend que Ranucci « n'a jamais mesuré l'importance de son acte »[4],[e 4].

Un tel vécu pouvait raisonnablement influer le passage à l'acte : c'était la thèse envisagée à l'origine par son avocat Me André Fraticelli. Il se trouve que Ranucci et sa mère n'ont pas accepté cette thèse et que les médecins-experts chargés de son expertise médico-psychologique l'ont également rejetée en considération de l'âge de la victime et sa vulnérabilité en écartant catégoriquement toute difficulté à ce niveau. Il faut ajouter que l'article 64 du Code pénal en vigueur à l'époque, qui stipule que l'individu ne peut pas être déclaré responsable de ses actes lorsqu'il a commis le crime dans un état de démence, a été tout autant écarté par les experts. Il faut dire que le poids médiatique de l'affaire ne permettait pas d'envisager facilement un tel scénario. Il n'en demeure pas moins que l'absence de circonstances atténuantes eu égard à l'âge de l'auteur et son immaturité certaine reste un point discutable de l'affaire. En effet, si des circonstances atténuantes avaient été accordées par la cour d'assises, la peine capitale n'aurait jamais été prononcée. Dans un rapport au ministre de la Justice, l'avocat général Armand Viala, explique sa décision de requérir la peine de mort, entre autres, par l'attitude délétère de l'accusé au cours de son procès ; le magistrat ajoute que si Ranucci avait fait preuve de repentir, il aurait pu selon lui échapper à la peine capitale[d 4].

Durant le procès, certains (comme Alex Panzani, journaliste à La Marseillaise) ont pensé que Ranucci ne s'adressait qu'à sa mère, qu'elle était la seule qu'il voulait convaincre de son innocence[c 5]. De plus, dans son « Récapitulatif » (écrit en prison sur les conseils de sa mère), où le condamné tente de présenter sa version des faits et de démontrer son innocence, G. Bouladou décèle une certaine forme de mythomanie et d'auto-persuasion[b 1].

Le mobile : un acte pédophile ?[modifier | modifier le code]

L'enlèvement de Marie-Dolorès Rambla peut être rapproché d'autres événements impliquant des enfants et C. Ranucci lui-même, à savoir les dépositions de Marthe Spineck et de Marc Pappalardo, qui affirment avoir reconnu l'inculpé comme étant l'individu qui s'en serait pris à leurs enfants respectifs : Sandra, âgée de dix ans au moment des faits présumés, et Patrice, âgé de quatre ans et demi. Selon les Spineck, vers l'automne 1973, un homme avait poursuivi Sandra rentrant d'un cours de danse avec une amie, avait attendu qu'elle se retrouve seule puis s'était rué sur elle, avant que Marthe Spineck, sa mère, ne s'interpose. L'homme avait alors pris la fuite. À la suite d'un appel à témoin lancé dans le Nice-Matin, elles avaient toutes deux reconnu Christian Ranucci comme étant cette personne.

Le , Patrice Pappalardo est enlevé par un inconnu alors qu'il joue avec ses frères près de chez lui. L'inconnu aurait passé une heure en sa compagnie en lui offrant notamment des confiseries. Son père le retrouvera la bouche barbouillée de rouge. L'inconnu l'aurait relâché sans lui faire de mal et donné rendez-vous pour le lendemain.

Lors de l'enlèvement de Marie-Dolorès Rambla, le ravisseur prétend avoir perdu son « chien noir » et invite les enfants à partir à sa recherche avec lui. Or, si l'on en croit les observations du psychologue Damien Lambert, le prétexte de l'animal égaré est une arme prisée des pédophiles[34]. Les pédophiles miseraient selon lui sur l'affection qu'éprouvent les enfants envers les animaux. Cet élément est confirmé par la criminologue Sylvia Bréger[35].

Ces deux événements paraissent présenter des similitudes avec les cas de pédophilie situationnelle : l'homme enlève les enfants si l'occasion se présente, sans prévoir qu'il va enlever un enfant, avec toutefois une certaine préméditation. L'universitaire Myriam Belley souligne ainsi que les pédophiles situationnels « ne passent à l'acte que par une occasion hasardeuse »[36]. D'après les aveux de Ranucci, celui-ci aurait d'abord cherché le domicile d'un ancien camarade de service militaire avant d'être attiré par Marie-Dolorès et son petit frère en train de jouer : « Je n'ai pas trop insisté pour retrouver mon camarade et apercevant deux enfants […] je me suis approché d'eux, j'ai abordé les enfants […]. L'idée m'est venue d'emmener la petite fille ». Le passage à l'acte s'opérerait donc sur le moment, sans que l'individu y ait pensé auparavant.

Les experts psychiatres dénotent chez Ranucci une « sexualité immature et mal orientée »[c 6]. Pour autant, son profil n'a pas été clairement défini comme celui d'un pédophile : sur les raisons de l'enlèvement de Marie-Dolorès, il est simplement fait état d'un désir et d'une quête de compagnie, qui suivrait la recherche du domicile d'un camarade de régiment (d'après les aveux de Ranucci et à l'analyse des experts psychiatres). De plus, et bien que les experts psychiatres aient affirmé le contraire, Ranucci a toujours nié, même en avouant le crime, avoir procédé à des gestes ou entreprises à caractère sexuel sur la victime. Enfin, son avocat Jean-François Le Forsonney souligne, dans l'émission de 50 ans de faits divers consacrée à l'affaire, que le mobile de l'enlèvement de l'enfant par Ranucci, n'a pas fait l'objet à l'époque d'une explication ou d'un éclaircissement quelconque[e 5].

La voiture[modifier | modifier le code]

Simca 1100
Vue arrière d'une Simca 1100 Spécial avec jantes de TI.

Selon plusieurs journaux locaux en date des 4 et 5 juin, J.-B. Rambla aurait décrit la voiture utilisée par le ravisseur comme étant une Simca grise alors que C. Ranucci avait une Peugeot 304 coupé[c 7]. Le journaliste Roger Arduin soutient dans plusieurs émissions consacrées à l'affaire que lorsqu'il a interrogé le petit garçon, celui-ci lui a parlé d'une Simca grise. Pourtant, aucune marque de voiture n'apparait dans son enregistrement de l'entretien de Jean Rambla. Il admet par ailleurs l'avoir pressé de questions avec des collègues, et surtout lui avoir posé des questions ouvertes comportant plusieurs marques de voitures[4],[e 6]. D'autre part, le journaliste de Détective Christian Chardon affirme, lui, que J.-B. Rambla ne lui a jamais mentionné de marque de voiture[37]. L'intéressé lui-même a d'ailleurs nié, lors d'une émission de télévision réalisée en 1992, avoir indiqué à l'époque une marque de voiture[38]. Le père de Marie-Dolorès a également nié, dans une autre émission, que Jean-Baptiste ait parlé d'une marque de voiture particulière[4] ; dans sa propre déposition de l'époque, on lit simplement « Il m'a précisé que le monsieur avait une voiture de couleur grise », sans plus de précision. De plus, aucune caractéristique concernant la voiture (à l'exception de la couleur, grise) n'apparaît dans le procès-verbal d'audition de Jean-Baptiste, dressé par l'inspecteur Pierre Grivel[d 5], contrairement à ce que l'épisode de Faites entrer l'accusé consacré à l'affaire Ranucci laisse entendre. M. Grivel ajoute à la fin du procès-verbal qu'il a demandé à l'enfant s'il reconnaissait la voiture du ravisseur parmi celles qui étaient garées dans la cour et le garage de l'Évêché, et que celui-ci a désigné l'arrière d'une Simca Chrysler[b 2]. Ce type de voiture ne ressemble pas du tout à la Simca 1100. Le 6 juin, à la suite de l'interpellation de C. Ranucci, Jean-Baptiste Rambla est de nouveau conduit dans la cour de l'Évêché où est garé le coupé 304 de Ranucci , mais ne peut identifier ce véhicule comme étant celui du ravisseur[c 8].

Selon Gérard Bouladou, la présumée reconnaissance d'une Simca, voire d'une Simca 1100 (d'après certains journalistes comme Alex Panzani dans La Marseillaise) par Jean Rambla, trouverait son origine dans le témoignage verbal livré par Eugène Spinelli (garagiste travaillant au bas de l'impasse Albe), le 4 juin dans le cadre de l'enquête de voisinage. Cette information se serait alors propagée dans la cité Sainte-Agnès, sans que personne ne sache de qui elle émanait. Les journalistes n'ayant pas eu vent de l'existence d'un autre témoin de l'enlèvement avant le procès, certains auraient par la suite attribué la première mention d'une Simca 1100 au frère de la victime[1].

Eugène Spinelli, dont le garage est situé à cinquante mètres environ de la scène, est considéré par certains comme un témoin capital de l'affaire. Le 4 juin, dans le cadre d'une enquête de voisinage effectuée par les policiers dans la cité Sainte-Agnès, ce garagiste carrossier de profession livre un premier témoignage verbal dans lequel il identifie le véhicule du ravisseur comme étant une Simca 1100 de couleur gris clair. Son audition écrite est consignée le 5 juin à 16 h à l'Évêché, Christian Ranucci n'est pas encore arrêté, il le sera à 18 h. Dans celle-ci, Eugène Spinelli relate avoir vu le dimanche ou le lundi de Pentecôte une « fillette » monter à bord d'une Simca 1100 grise, avec un individu dont le signalement - grand, jeune, les cheveux châtains - et la tenue vestimentaire - veste claire et pantalon plus foncé - présentent une correspondance forte avec Ranucci tel qu'il était vêtu le jour du crime, si l'on en croit sa mère qui prétend dans l'ouvrage Plus jamais d'échafaud de Maurice Périsset, qu'il portait lors du week-end de la Pentecôte, outre son pantalon bleu marine, une veste en daim. Eugène Spinelli précise d'autre part qu'ayant vu la personne à une distance de 40/50 mètres il ne sera sans doute pas en mesure de l'identifier si elle lui est présentée plus tard. Lors de sa deuxième audition, le 6 juin après l'arrestation de C. Ranucci, l'attention du garagiste est attirée par les enquêteurs sur la ressemblance qui existe entre une Simca 1100 et une Peugeot 304 ; Eugène Spinelli fait alors ajouter à son témoignage qu'il est mécanicien de métier et qu'il connaît parfaitement tous les types de voitures[d 6], ce qui sera interprété comme une manière d'être formel quant au modèle du véhicule qu'il a vu, et qui ne saurait dès lors être la Peugeot 304 de Ranucci. En réalité, il fait cette déclaration pour expliquer qu'il a pu se tromper sans que son erreur soit due à une mauvaise connaissance des véhicules concernés. Car Spinelli a bien reconnu dans sa déposition que, dans le cas présent, il était possible qu'il ait confondu une Simca 1100 avec un coupé 304 pour les trois raisons suivantes : il n'a pas fait particulièrement attention, il se trouvait à 50 m, et enfin il n'a vu que l'arrière du véhicule (or l'arrière de ces deux véhicules sont quasi identiques). Il faut ajouter que la Simca 1100 était un modèle très répandu (elle atteint ainsi les deux millions d'exemplaires dès l'année 1972 [voir plus haut])[39]. On peut d'ailleurs apercevoir des Simca sur des photos et vidéos d'archives (issues entre autres de journaux télévisés) consacrées à l'affaire, reconnaissables notamment par leurs phares.

Pourtant une polémique importante naît sur la voiture vue par Eugène Spinelli. Aujourd'hui encore, les tenants de l'innocence de C. Ranucci, en totale contradiction avec la seconde déposition d'Eugène Spinelli (datée du 6 juin), soutiennent qu'une confusion entre deux modèles de voitures est impossible pour un garagiste. Mais il est paradoxal de considérer qu'un garagiste ne peut pas se tromper sur une marque de voiture, tout en considérant qu'il se trompe lorsqu'il dit lui-même qu'il a pu confondre deux marques de voiture. Enfin, il faut noter que le message radio diffusé par la police parle d'un voiture grise qui pourrait être une Simca grise, sans plus de précision.

Une dernière hypothèse est que la scène relevée par le garagiste, qui n'est pas affirmatif quant au jour où elle s'est produite, et qui désigne un endroit ne correspondant pas à l'endroit où la voiture du ravisseur s'est arrêtée, selon le témoignage du petit Jean-Baptiste, soit tout simplement sans rapport avec l'enlèvement.

Le témoignage de Vincent Martinez, conducteur de l'autre voiture impliquée dans l'accident[modifier | modifier le code]

Vincent Martinez est victime de l'accident causé par C. Ranucci. Celui-ci prend la fuite mais V. Martinez ne peut le poursuivre, son véhicule étant endommagé[e 7], mais demande à un couple d'automobilistes toulonnais, M. et Mme Aubert, de poursuivre le chauffard et de relever sa plaque minéralogique. Dans le procès-verbal de la plainte déposée le 3 juin 1974 à la gendarmerie de Gréasque, M. Martinez ne parle pas d'enfant ; il est écrit au contraire : « le conducteur paraissait seul à bord » (contrairement à ce que l'épisode de Faites entrer l'accusé consacré à l'affaire Ranucci laisse entendre, cette phrase n'apparaît pas dans les déclarations du couple Aubert, mais dans celle de V. Martinez). M. Martinez prétend, 30 ans après, que le gendarme ayant enregistré sa plainte avait refusé de mentionner l'enfant que le couple Aubert avait vu, sous prétexte qu'il ne s'agissait que d'un simple délit de fuite. Le 5 juin vers 10 h, ayant entendu la nouvelle de l'enlèvement, M. Martinez contactera la gendarmerie de Greasque par téléphone. Le 7 juin, lors de son audition par la police, il indique que M. et Mme Aubert ont pris en chasse la voiture de C. Ranucci sur sa demande, lui ont ramené le numéro d'immatriculation et indiqué que les passagers de la voiture (des « minots », c'est-à-dire des enfants) se sont enfuis dans les fourrés. Il reste que si les époux Aubert n'ont pas vu d'enfant, et ne lui en ont pas parlé, on se demande ce qui a poussé Vincent Martinez à faire spontanément le lien entre son accident et l'enlèvement, et à appeler la police.

Le témoignage des époux Aubert, qui ont poursuivi Christian Ranucci après son accident[modifier | modifier le code]

Après avoir essayé sans succès de signaler le jour même ce qu'ils avaient vu à la gendarmerie de Roquevaire[b 3], les époux Aubert apprennent le lendemain la disparition de Marie-Dolorès par la presse[b 4]. Ils appellent la gendarmerie de Roquevaire, qui ne tient de nouveau pas compte de leur témoignage, prétextant que les enquêteurs sont sur la piste d'une Simca 1100 (et non un coupé Peugeot 304 qui correspond au véhicule du fuyard) et que le carrefour de La Pomme ne dépend pas de sa compétence territoriale. M. Aubert sera interrogé par téléphone le 5 juin par un gendarme de la gendarmerie de Gréasque, pour ensuite contacter l'Hôtel de Police de Marseille et entrer en communication avec le commissaire Alessandra, chef de la section criminelle « Nord ».

Il existe une première polémique à propos du témoignage des époux Aubert : leurs déclarations, telles qu'elles ont été retranscrites du moins, ont varié. D'après le procès-verbal daté du , les époux Aubert ont signalé le 4 juin, lors de leur appel téléphonique à la gendarmerie de Roquevaire, avoir vu un homme sortir de la voiture avec un « paquet volumineux ». Il s'agit toutefois d'un procès-verbal de synthèse, relatant les évènements des jours précédents, et non d'un procès-verbal d'audition, signé par les témoins. D'après les procès-verbaux de leurs auditions séparées effectuées le 6 juin à l'Évêché par l'inspecteur Porte et le commissaire Alessandra, l'homme qu'ils ont vu sortir de la voiture était accompagné d'un enfant[b 5]. Cette version est en accord avec la seconde déposition de M. Martinez, le 6 juin, indiquant que les époux Aubert ont bien mentionné la présence d'un enfant lorsqu'ils sont revenus auprès de lui après avoir poursuivi le chauffard. Mme Aubert précise qu'elle et son mari ont tenté en vain d'alerter les gendarmes de la gendarmerie de Roquevaire. Cet élément semble signifier, non pas qu'ils ont changé d'avis entre le moment où ils ont appelé les gendarmes et celui où ils ont été entendus par les policiers, mais que les gendarmes ont minimisé dans le procès-verbal ce que leurs déclarations pouvaient avoir d'inquiétant. Selon Gérard Bouladou, un télégramme daté du 5 juin (antérieur donc à leur audition par les policiers) validerait cette hypothèse : il y est écrit que les époux Aubert ont parlé aux gendarmes de Gréasque d'un homme sortant de la voiture accompagné d'un enfant[b 6]. Cela est corroboré par un enregistrement téléphonique daté du 5 juin, dans lequel on peut entendre Mme Aubert affirmer à un journaliste qu'elle a vu l'individu s'enfuir avec un enfant[40]. Affirmer que le couple Aubert n'a pas vu en réalité d'enfant revient à affirmer que le couple Aubert a menti aux policiers, mais également que M. Martinez leur a menti (si les époux Aubert n'ont pas vu l'enfant, ils ne peuvent pas lui en avoir parlé, et c'est lui-même qui ajoute cet élément lorsque les policiers l'interrogent le 7 juin).

Il existe une seconde polémique à propos du témoignage des Aubert. Des journalistes ont dit que les époux Aubert n'avaient pas reconnu Ranucci lors d'un premier tapissage, et qu'ils ne l'avaient reconnu que dans un second temps, lorsqu'il leur avait été présenté seul. Les intéressés ont formellement démenti, et affirmé qu'ils avaient reconnu immédiatement le suspect au milieu d'inspecteurs en civil[40]. Dans le cas contraire, leur confrontation directe avec Ranucci n'aurait jamais eu lieu, conformément aux articles 64 et suivants du Code de procédure pénale (voir plus haut). Il reste que les policiers n'ont pas dressé de procès-verbal attestant que le suspect leur avait été présenté au milieu d'autres personnes à des fins de reconnaissance (comme ce fut le cas avec les témoins de l'enlèvement).

Le couteau[modifier | modifier le code]

La deuxième audition de Christian Ranucci à l'Évêché pendant laquelle il passe des aveux commence le 6 juin 1974 à 14 h pour se terminer à 17 h (procès-verbal N°828/10). Durant cette audition, il donne un détail capital sur l'arme utilisée à savoir un couteau automatique : « J'ai pris un couteau automatique qui se trouvait dans ma poche de mon pantalon, j'ai ouvert ce couteau en appuyant le bouton ». Or, au moment où Christian Ranucci fournit cet élément aux enquêteurs, le couteau n'est pas encore découvert ; il ne le sera qu'à 19 h 25 (cf. procès-verbal de synthèse N°610/1 daté du 8 juin 1974 et rédigé par le capitaine Gras, commandant la gendarmerie de Gréasque). Christian Ranucci indique l'emplacement où est retrouvé un couteau à cran d'arrêt, à la lame ensanglantée, dans un tas de fumier à proximité de la champignonnière. Ce couteau est retrouvé par les gendarmes, grâce à un détecteur à métaux, après une heure et cinquante-cinq minutes de recherches, ce qui crée une polémique sur la précision des indications données par C. Ranucci. Lors de la reconstitution, devant le juge Di Marino, ses avocats Mes Chiappe et Le Forsonney, les gendarmes et les journalistes, Ranucci montrera l'emplacement exact du couteau[e 8]. Jusqu'à son procès, au cours duquel il nie que le couteau lui appartienne, Ranucci affirme qu'il s'agit bien de son couteau, et l'un de ses avocats (J. F. Le Forsonney) rapporte qu'il le lui a confirmé quelques jours avant son procès, mais qu'il envisageait de dire le contraire lors du procès[e 9]. Un procès-verbal de la gendarmerie de Gréasque signalant la découverte du couteau est daté du 5 juin, alors que le couteau est retrouvé le 6 juin. Jean-Yves Lourgouilloux, avocat général près la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, explique dans l'émission de 50 ans de faits divers (« Christian Ranucci, la vérité impossible ») que ce procès-verbal est daté du 5 juin parce qu'il s'agit là de la date d'ouverture des investigations, et que cette façon de dater les procès-verbaux est conforme à la procédure habituelle en matière de mise sous scellé[e 10]. Le seul procès-verbal qui détaille les opérations de recherche du couteau est bien daté du 6 juin, c'est le procès-verbal N°610/5. En outre, il existe un procès-verbal rédigé par l'inspecteur Porte le 6 juin à 17 h 30 qui parle du couteau, alors que celui-ci est retrouvé le 6 juin à 19 h 29. Mais il s'agit là d'un procès-verbal récapitulatif recensant tous les scellés de l'enquête, dont la rédaction commence avant la découverte du couteau, et ne se termine qu'après la remise de nouveaux scellés (dont le couteau) par la gendarmerie[b 7]. Selon Gérard Bouladou, il ne s'agirait que d'un document de travail facultatif pour la police judiciaire, permettant de récapituler les scellés, au sein du dossier de police de l'affaire[41].

Le pantalon[modifier | modifier le code]

Un pantalon abondamment taché de sang et de boue est saisi dans la voiture de Christian Ranucci le 5 juin au soir, lors de son interpellation à domicile. Dans le cadre de la deuxième requête en révision du procès Ranucci (1981-1987), une expertise du procès-verbal de police de saisie de ce pantalon a conclu que la mention du pantalon, en haut de la seconde page du procès-verbal, pouvait être une surcharge : elle aurait pu être ajoutée après la rédaction du procès-verbal[24]. Néanmoins, il semble bien que ce pantalon ait été saisi le 5 juin au soir, puisque les policiers l'ont en leur possession lors du tout premier interrogatoire de Christian Ranucci à l'Hôtel de Police de Marseille, dans la nuit du 5 au 6 juin 1974. Et quand son avocat, Me Jean-François Le Forsonney, avant de le voir pour la première fois le 7 juin, se rend dans le bureau de la juge d'instruction, Mlle Ilda Di Marino, ce pantalon figure parmi les scellés, dans le bureau. Il faut ajouter que Ranucci n'a jamais nié avoir porté ce pantalon le jour des faits, y compris lors de son procès.

Mais la question primordiale reste de savoir si les taches de sang décelées sur ce pantalon sont bien consécutives au meurtre de la victime, ou si elles pouvaient provenir de l'accusé. Car Christian Ranucci était du même groupe sanguin que la victime : le groupe A. Celui-ci avait déclaré lors de son procès s'être blessé du fait de l'accident. D'autre part, Gilles Perrault, lors de sa contre-enquête, avait pu longuement s'entretenir avec Héloïse Mathon, la mère de Christian Ranucci ; elle lui avait dit que le jour de son 20e anniversaire (le 6 avril 1974, donc relativement peu de temps avant les faits), Christian Ranucci avait fait une virée en vélomoteur avec ce pantalon, et qu'il avait fait une chute. Il avait eu le nez et la bouche ensanglantés, et une main éraflée. Cependant le médecin légiste ayant examiné le pantalon a conclu que le sang avait pénétré le tissu de l'extérieur vers l'intérieur, pas de l'intérieur vers l'extérieur[d 7]. Il est par contre attesté par un examen médical que Christian Ranucci a effectivement eu un accident de vélomoteur en 1971, longtemps avant les faits. Le docteur Vuillet, qui l'examine nu après la fin de sa garde à vue, relève au niveau de la clavicule gauche une plaie chronique cicatrisée, conséquence supposée de cet accident. Par ailleurs, le rapport d'autopsie indique que la victime a eu la carotide tranchée, ce qui provoque une forte effusion de sang. Jean-François Le Forsonney a également prétendu que Ranucci utilisait ce pantalon pour le jardinage, mais le pli du pantalon est parfait[d 8],[e 11]. Dans un procès-verbal de perquisition au domicile de madame Mathon N°344/AN, daté du 6 juin 1974 et rédigé par l'inspecteur principal Ceccarelli Marc, la mère de Christian Ranucci reconnait implicitement que son fils pouvait porter un autre pantalon le jour de son départ (le dimanche 2 juin 1974) que celui que venaient de saisir les enquêteurs à savoir "un pantalon en tergal de couleur grise à fermeture-éclair portant deux poches horizontales sur le devant". Autrement dit selon madame Mathon, Christian Ranucci au moment de son départ pouvait porter le pantalon retrouvé dans le coffre de son véhicule. L'inspecteur note en effet dans son procès-verbal : "La dame Mathon Héloïse nous déclare : Mon fils portait ces vêtements lorsqu'il est parti pour Aix en Provence le dimanche 2 juin 1974. Je ne suis pas certaine toutefois que le pantalon que vous venez de saisir soit celui qu'il avait sur lui ce jour là". Or le pantalon que portait Christian Ranucci au moment des faits est bien celui retrouvé dans le coffre de sa voiture, taché de sang, "un pantalon d'homme de couleur sombre" (Cf. procès-verbal de saisies N°828/17, daté du 6 juin 1974). Un pantalon dont l'usage serait uniquement pour le jardinage mais que Christian Ranucci portait lors de son périple soulève une interrogation.

Le pull-over rouge[modifier | modifier le code]

Un pull-over de couleur rouge a été retrouvé dans la champignonnière où C. Ranucci avait embourbé sa voiture. Ce pull-over n'est pas taché par l'humidité régnant dans la champignonnière, et il semble donc que cela fasse peu de temps qu'il ait été laissé là. Gilles Perrault tente de rattacher ce pull-over rouge à des tentatives d'agressions sexuelles commises par un homme portant un polo ou un pull-over rouge dans les jours qui ont précédé l'enlèvement de Marie-Dolorès : le 1er juin 1974 (deux jours avant la disparition de Marie-Dolorès) dans une cité du 10e arrondissement de Marseille, deux fillettes auraient été importunées et abusées sexuellement par un homme portant un pull-over rouge (le père de ces deux fillettes ayant fait une déposition le 4 juin) ; Paul Martel, gardien d'un immeuble de la cité, qui semble avoir assisté à la même scène, parle quant à lui d'un homme en polo rouge. De plus, Gilles Perrault prétend que le pull-over est trop grand pour C. Ranucci, mais le contraire est affirmé dans l'émission de 50 ans de faits divers consacrée à l'affaire. Gilles Perrault prétend également que Ranucci déteste le rouge, mais les sièges de sa voiture sont rouges. À propos de cet élément, G. Perrault prétend qu'il a été flairé par un chien policier de la gendarmerie, et que celui-ci a parcouru une longue distance avant de s'arrêter à proximité de l'endroit où a été découvert le cadavre de Marie-Dolorès Rambla[c 9]. Pourtant, aucun lien n'est officiellement établi dans les investigations entre ce pull et la découverte du cadavre de Marie-Dolorès[d 9]. Un rapport d'opération de pistage (N° 295/2 R) daté du 6 juin 1974 et rédigé par le gendarme Jean Salério, de la brigade de recherches d'Arles, contredit fortement la thèse de Gilles Perrault selon laquelle le pullover rouge aurait été donné à renifler au chien pisteur Dirol. Dans ce rapport, il est indiqué en effet « qu'à 15 heures 40 Dirol (le chien pisteur) est mis en piste à l'endroit ou le véhicule de l'auteur présumé (Christian Ranucci) a été immobilisé (champignonnière) ». En aucun cas, le gendarme ne précise dans son rapport que le chien a reniflé le pull-over rouge.

En 2006, à l'occasion d'un reportage télévisé sur l'affaire, des journalistes font état de la présence du pull-over rouge au greffe de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence et se mettent à évoquer l'éventualité d'expertises ADN sur ce vêtement. Interrogé, Gilles Perrault prétend qu'il croyait ce scellé disparu[42]. Pourtant, on constate à la lecture de la troisième requête en révision, déposée le 19 mars 1990, que les auteurs avaient été avisés de la présence des scellés, dont le pull-over[43].

Cela étant, une polémique demeure sur l'état de ce pull-over rouge. Un gendarme prétend que ce pull-over était au moment de sa saisie dans un état de salissure avancée, et que d'après lui ce pull-over se trouvait dans la champignonnière depuis très longtemps. Pourtant, après mise sous scellé, la juge Ilda Di Marino indique qu'on lui a remis un pull-over « propre ». Jean-François Le Forsonney affirme dans les émissions de Secrets d'actualité et de 50 ans de faits divers que le pull-over était « neuf » et « en très bon état », laissant entendre qu'il avait été déposé dans la champignonnière peu avant sa découverte par les gendarmes[d 10],[e 12].

Le témoignage tardif de Guy Rosano sur l'enlèvement de Marie-Dolorès Rambla[modifier | modifier le code]

Un témoin, retrouvé par G. Bouladou trente ans après, et qui ne s'est jamais manifesté auprès de la police, Guy Rosano, prétend avoir vu, le jour de l'enlèvement de Marie-Dolorès Rambla et sur les lieux de celui-ci, un homme qu'il dira avoir reconnu formellement comme étant C. Ranucci sur les photos de celui-ci parues dans la presse à la suite de son arrestation[44]. Guy Rosano, 19 ans au moment des faits, travaillait alors comme pizzaïolo dans la Cité Sainte-Agnès. Il prétend avoir vu Marie-Dolorès et Jean-Baptiste Rambla jouer avec ses deux nièces. Il affirme également avoir remarqué la présence d'un homme adossé à un poteau en train d'observer les enfants jouer, et portant des lunettes aux « verres fumés ». Parmi les éléments saisis dans la voiture de Ranucci le soir de son interpellation figurait une paire de lunettes de soleil. Interrogé par des journalistes du Méridional et de La Marseillaise à l'époque des faits, il dit n'avoir pas aperçu la scène de l'enlèvement, le camion de livraison lui ayant masqué la vue[45],[46].

Faits et éléments connexes à l'affaire[modifier | modifier le code]

Implication présumée de C. Ranucci dans des affaires d'enlèvement d'enfant à Nice[modifier | modifier le code]

À la suite d'un appel à témoins lancé dans le cadre de l'instruction, cinq témoins se manifestent pour relater des événements — une tentative d'enlèvement et un enlèvement d'enfant survenus à Nice quelques mois avant l'enlèvement et le meurtre de Marie-Dolorès Rambla — qui impliqueraient Christian Ranucci.

Marthe Spineck et sa fille Sandra, dix ans, affirment avoir reconnu sur les photos parues après son arrestation ainsi que sur la photo illustrant l'appel à témoins en question, Christian Ranucci comme étant l'homme qui, fin 1973, a suivi Sandra rentrant chez elle avec une amie. L'homme aurait tenté de poursuivre la jeune fille jusque dans la cage d'escalier de son immeuble. La mère se serait alors interposée. Alors qu'elles affirmaient toutes deux avoir formellement reconnu Ranucci sur la photographie jointe à l'appel à témoins, lors de la confrontation devant le juge d'instruction la reconnaissance est plus difficile, l'inculpé n'arborant plus la même coupe de cheveux qu'à l'époque des faits présumés et admettant qu'il portait alors des lunettes de monture plus épaisse[b 8].

Le père et le frère de Patrice Pappalardo, un enfant de quatre ans et demi, ont reconnu Christian Ranucci comme la personne ayant importuné Patrice le 15 avril 1974. Cet évènement avait alors fait l'objet d'une plainte enregistrée. L'enfant avait été entraîné dans un parking pendant deux heures par un homme inconnu, qui l'avait relâché sans lui faire de mal. Le lendemain, le petit garçon avait pu désigner à son père et à son frère son ravisseur, un homme revenu apparemment rôder sur les lieux : c'est cette personne, prise en chasse sans succès par le père et le frère de Patrice, qu'ils reconnaîtront sur les photos parues à la suite de son arrestation, comme étant C. Ranucci.

Ces faits présumés n'ont pas fait l'objet d'une information judiciaire, compte tenu des dénégations du mis en cause niant toute implication et de l'absence de preuves matérielles formelles.

Implication présumée de C. Ranucci dans un réseau pédophile[modifier | modifier le code]

D'après l'ouvrage La Politique, le sexe et la finance de Yann Moncomble (paru en 1989), le nom de Christian Ranucci apparaitrait dans le carnet d'un client du réseau pédophile de Jacques Dugué, un réseau faisant circuler des photographies et documents vidéos à caractère pédopornographique (scellé no 117 du dossier Sokolowski)[47].

Meurtre de Corinne Beidl par Jean-Baptiste Rambla[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Rambla, frère de Marie-Dolorès et témoin de l'enlèvement, est condamné à l'âge de 41 ans, le , à 18 ans de prison pour le meurtre de son employeuse Corinne Beidl, 42 ans, en juillet 2004. L'impact sur lui de l'affaire Ranucci et la médiatisation qui en a résulté auraient contribué à son propre passage à l'acte (cet argument fut d'ailleurs invoqué par son avocat lors de sa plaidoirie). Me Henri Juramy a affirmé qu'au moment du meurtre Jean-Baptiste Rambla était sous l'emprise de la drogue, dont il était dépendant depuis plusieurs années. Me Jean-Michel Pesenti a déclaré à propos de Jean-Baptiste Rambla : « Comment juger un garçon qui, aujourd'hui à quarante-et-un ans, est en semi-liberté dans sa tête depuis l'âge de six ans et demi, c'est-à-dire depuis l'âge où il a été le témoin de l'enlèvement de sa sœur (…), qui est devenu quelqu'un qui par ses hésitations d'enfant devant les enquêteurs, a fait le témoignage qui est la clé de voute de tous les discours révisionnistes sur la culpabilité de Ranucci ? ». Le dossier Ranucci fut versé au dossier d'instruction de cette affaire[48]. L'ex-commissaire Alessandra, qui a mené l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre de Marie-Dolorès Rambla, avait été cité comme témoin de la défense au procès[49].

Lors d'une audience, un incident remontant à 1982 avait été évoqué par la défense : Jean-Baptiste Rambla, alors collégien, a dû effectuer un exercice de grammaire à partir d'un extrait du Pull-over rouge accompagné d'une photographie tirée du film de Michel Drach. Il aurait alors lancé le manuel en direction de son professeur, et avait par la suite fait l'objet d'un renvoi temporaire[50]. « Je n'ai pas d'avenir depuis l'âge de 6 ans », déclare ainsi l'intéressé à son procès[51]. Cependant, le président de la Cour d'assises a souhaité prendre du recul. Il a prononcé ces mots à l'adresse des jurés : « Vous ne jugez pas le frère d'une petite fille tuée il y a trente-deux ans. Vous jugez le meurtrier d'une femme qui était son employeur et son amie et qui lui avait tendu la main. Et vous devez le juger comme tous les meurtriers qui comparaissent devant cette cour d'assises »[52].

La famille de la victime a considéré pour sa part qu'il s'agissait d'un crime crapuleux et s'est plainte de l'importance accordée au passé de Jean-Baptiste Rambla, jugée excessive par le compagnon de la victime[53].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce n'est pas le dernier, bien que cela soit parfois mentionné dans la presse, comme dans l'article d'Edwy Plenel (Edwy Plenel, « Le débat sur l’innocence du dernier guillotiné : la seconde mort de Christian Ranucci », Le Monde,‎ , p. 13 [suivi toutefois d'un rectificatif : «  Christian Ranucci n'est pas le dernier condamné à mort exécuté. », ]), celui d'Eloy Martinez (Eloy Martinez, « Gilles Perrault : “L'évidence de l'innocence domine” », L'Humanité,‎ , ? (lire en ligne)), ou encore celui de Pascale Robert-Diard (Pascale Robert-Diard, « Jean-François Le Forsonney, avocat », Le Monde, « Nécrologie »,‎ [un rectificatif parait dans un article du 28 janvier]). Le dernier condamné à mort exécuté est Hamida Djandoubi, guillotiné le 10 septembre 1977 pour viol, coups et blessures et assassinat.
  2. On peut citer l'article de Christian Chardon, journaliste ayant couvert l'affaire pour Détective, paru dans le journal Minute (Christian Chardon, « Non ! L'affaire Ranucci n'est pas une erreur judiciaire », Minute,‎ 1978, p. 20-26), celui de Jean Laborde (Jean Laborde, « Ranucci innocent ? Eh bien non ! », Paris Match,‎ ) ou encore celui de Balbino Katz (Balbino Katz, « “La petite fille et son meurtrier” : l'incroyable affaire Ranucci ou comment innocenter un coupable », Aventures et dossiers secrets de l'Histoire, no 30,‎ , p. 42-61).
  3. L'appel sur une décision prise par une cour d'assises ne sera rendu possible que bien plus tard, par la loi no 2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d'innocence. Le pourvoi en cassation est donc la seule procédure permettant à ce moment-là aux avocats de contester la décision prise par la cour d'assises d'Aix-en-Provence.
  4. La loi no 89-431 du sur la révision des condamnations pénales tend à assouplir et faciliter l'accession des requêtes en révision, ne parlant plus guère de « fait nouveau » comme critère, mais de « doute raisonnable » ou d'« élément de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné ». La chambre criminelle près la Cour de cassation est saisie et examine les demandes en tant que « Cour de révision ».
  5. Héloïse Mathon (16 septembre 192214 mars 2013) est le seul ayant droit de Christian Ranucci connu à ce jour, si l'on exclut Jean Ranucci, père du condamné, décédé, qui a par ailleurs divorcé d'Héloïse Mathon et a manifesté à l'époque son refus de revoir son fils. Mme Mathon est décédée en 2013, et désormais seul le ministre de la Justice peut demander la révision du procès.
  6. Gilles Perrault ne cessera de défendre la thèse d'une enquête policière mal menée. Il a d'ailleurs été condamné en 1990 pour diffamation envers les policiers chargés de l'enquête, pour les avoir accusé, lors de l'émission Histoire d'un jour consacrée à l'affaire et diffusée en 1985, de « forfaiture », condamnation confirmée en appel en 1992 (Cour de cassation, Chambre criminelle 4 février 1992). En 2008 il est de nouveau condamné pour diffamation (AFP 14 janvier 2008), jugement confirmé par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence en 2009 (AFP 26 janvier 2009), pour avoir écrit dans son livre L'Ombre de Christian Ranucci (G. Perrault 2006), que ces derniers avaient fait preuve de « légèreté et [de] partialité » dans leurs investigations.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. G. Perrault 1980, p. 29-30.
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  4. G. Perrault 1980, p. 229
  5. G. Perrault 1980, p. 231.
  6. G. Perrault 1980, p. 244.
  7. G. Perrault 1980, p. 263-265.
  8. G. Perrault 1980, p. 468.
  9. G. Perrault 1980, p. 139.
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  1. G. Bouladou 2006, p. 232.
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  3. G. Bouladou 2006, p. 312.
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  5. G. Bouladou 2006, p. 93-95.
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  7. G. Bouladou 2006, p. 128-129.
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  3. Jacques Vergès, Dictionnaire amoureux de la justice, Plon,‎ 2002, p. 117
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  11. Archive INA, 24 juillet 1976.
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  14. Valéry Giscard d'Estaing, Le Pouvoir et la Vie, tome 1 : « La rencontre », VII « La peine de mort », Compagnie 12, 1988, p. 295, p. 297-299.
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  16. a et b « LE PROCÈS-VERBAL OFFICIEL »., Le Monde, (consulté le 15 octobre 2014).
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  18. G. Perrault, H. Mathon, J.-F. Le Forsonney, D. Soulez-Larivière & J.-D. Bredin 1995, p. 80-81.
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  20. Interview de Me Fraticelli par Gérard Bouladou.
  21. Associated Press (AP) 30 novembre 1991.
  22. Peyrefitte et le Pull-over rouge, Antenne 2, Samedi et demi, 17 novembre 1979.
  23. Affaire Ranucci : POURQUOI RÉVISER ?, Les demandes de révision
  24. a et b Réouverture du procès de Christian RANUCCI, exécuté en juillet 1976 pour le meurtre d'une fillette Maria Dolorès RAMBLA, TF1,
  25. L'affaire RANUCCI (suite) : la commission de révision des condamnations pénales a rejeté ce matin la troisième requête en révision présentée par les avocats de Christian RANUCCI guillotiné en 1976 pour l'assassinat d'une fillette, Antenne 2, .
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  27. M. Foucault 1978, p. 40-42.
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  31. a et b Nouvelobs.com 26 janvier 2006.
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  38. En quête de vérité, 15 avril 1992, émission présentée par Jean-Pierre Foucault et diffusée sur TF1.
  39. Dossier Ranucci : Peut-on douter ? - La voiture.
  40. a et b Histoire d'un jour, émission présentée par Philippe Alfonsi, « Histoire d'un jour. 28 juillet 1976 - Qui a tué Christian Ranucci ? », 27 juin 1985.
  41. Dossier Ranucci: entretien avec Gérard Bouladou (consulté le 29 novembre 2014).
  42. Interview de Gilles Perrault par Thomas Prouteau, RTL, 1er mars 2006.
  43. G. Perrault, H. Mathon, J.-F. Le Forsonney, D. Soulez-Larivière & J.-D. Bredin 1995, p. 183
  44. Coupable hier, coupable aujourd'hui ?, présenté par Gilbert Collard, « L'affaire Ranucci, la manipulation à la peine de mort », 7 janvier 2011.
  45. Alex Panzani, « L'enlèvement de Marie-Dolorès : aucun élément nouveau pour les enquêteurs », La Marseillaise, 5 juin 1974.
  46. Le Méridional, 5 juin 1974.
  47. Yann Moncomble, La Politique, le sexe et la finance, La Neuve-Lyre, Faits et Documents, 1989, p. 203
  48. « Le procès de Jean-Baptiste Rambla débute demain », LCM, .
  49. David Coquille, « Rambla accuse sa vuctime de chantage », La Marseillaise, (consulté le 1er avril 2015).
  50. « Dans le livre de grammaire de 3e, Christian Ranucci », Le Monde, .
  51. C.J, « Jean-Baptiste Rambla condamné à 18 ans de prison », sur LeFigaro.fr,‎ (consulté le 7 novembre 2013) : « Je n'ai pas d'avenir depuis l'âge de 6 ans, je suis transparent. Corinne ne méritait pas de mourir, tout ça c'est à cause de moi, mon mal-être. [...] Je suis envahi par la honte, les regrets, je comprends la tristesse des parties civiles parce que je sais ce que c'est de perdre quelqu'un »
  52. Pascale Robert-Diard, « Jean-Baptiste Rambla, meurtrier pris dans les fils du passé », Le Monde, 18 octobre 2008.
  53. « L'“affaire Ranucci” plane sur le procès Rambla », Le Figaro, 14 octobre 2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Christian Chardon, « Non ! L'affaire Ranucci n'est pas une erreur judiciaire », Minute,‎ , p. 20-26. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Hervé Gattegno, « Le combat contre l'oubli des défenseurs de Christian Ranucci », Le Monde,‎ , p. 12.
  • Balbino Katz, « “La petite fille et son meurtrier” : l'incroyable affaire Ranucci ou comment innocenter un coupable », Aventures et dossiers secrets de l'Histoire, no 30,‎ , p. 42-61.
  • Edwy Plenel, « Le débat sur l'innocence du dernier guillotiné : La seconde mort de Christian Ranucci », Le Monde,‎ , p. 13.

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Gérard Bouladou, L'Affaire du pull-over rouge, Ranucci coupable ! : Un pull-over rouge cousu... de fil blanc, Nice, France Europe Éditions,‎ , 383 p. (ISBN 978-2-848-25097-7)
  • Gérard Bouladou, Autopsie d'une imposture. L'affaire Ranucci : toute la vérité sur le pull-over rouge, Aix-en-Provence, Éditions Pascal Petiot,‎ , 335 p. (ISBN 978-2-848-14034-6) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Mathieu Fratacci, Qui a tué Christian Ranucci ?, Marseille, LGP - Livre Grand Public,‎ (ISBN 978-2-909-95907-8)
  • Jean Ker, Le carnet noir du bourreau : Les mémoires d'André Obrecht, qui exécuta 322 condamnés, Asnières-sur-Seine, Éditions Gérard de Villiers,‎ , 298 p. (ISBN 978-2-738-60045-5) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Yann Le Meur, Le Sang et l'Encre : Et si Christian Ranucci était innocent ?, Paris, L'Harmattan,‎ , 302 p. (ISBN 978-2-343-00604-8)
  • Karin Osswald, L'Affaire Ranucci, Paris, J'ai lu, coll. « Crimes et Enquêtes » (no 7 077),‎ , 188 p. (ISBN 978-2-277-07077-1)
  • Pierre Rambla, Le « Cirque » rouge : ou Le mensonge médiatique et l'argent du sang, Paris, Société des écrivains,‎ , 298 p. (ISBN 978-2-748-03820-0)
  • Christian Ranucci et Héloïse Mathon, Jusqu'au 28 juillet 1976 : Écrits d'un condamné, Paris, Hachette,‎ , 217 p. (ISBN 978-2-010-07230-7)

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Gérard Berthelot (dessin), Caroline Allart (couleur), Julien Moca (scénario) et Vincent Koch (scénario), L'affaire Ranucci, Sayat, Éditions De Borée, coll. « Les grandes affaires criminelles et mystérieuses »,‎ , 56 p. (ISBN 978-2-812-90350-2)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1979 : Le Pull-over rouge, film réalisé par Michel Drach et adapté du livre de Gilles Perrault, sur un scénario de Michel Drach et Ariane Litaize, avec Serge Avédikian dans le rôle de Christian Ranucci. Le film défend explicitement, et plus nettement encore que le livre de Gilles Perrault, la thèse de l'innocence de Christian Ranucci, en faisant interpréter par un autre comédien le rôle de l'assassin.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Maille à partir, de Christian Morel de Sarcus, avec Bernard Sinclair et Brigitte Winstel, créé au Théâtre le Guichet Montparnasse en mars 2014 évoque l'affaire, avec une confession imaginaire de l'homme au pull-over rouge, en rendant hommage au Théâtre du Grand-Guignol.

Chansons[modifier | modifier le code]

En 1976, dans le contexte du procès Ranucci et de l'arrestation de Patrick Henry, la chanson Je suis pour (paroles de Michel Sardou, musique de Jacques Revaux) en faveur de la peine de mort, sort en single, et L’assassin assassiné (paroles de Jean-Loup Dabadie, musique de Julien Clerc) contre.

Émissions télévisées et radiodiffusées[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]