Prix Sade

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Le prix Sade est un prix littéraire français créé en 2001, en hommage au marquis de Sade.

Historique[modifier | modifier le code]

Règlement[modifier | modifier le code]

Créé par Lionel Aracil et Frédéric Beigbeder et décerné par un jury qui se présente comme une « réunion d’auteurs, d’éditeurs et autres artistes pour la célébration du libertarisme contemporain »[1], le prix Sade est remis chaque année à la fin du mois de septembre afin de récompenser « un auteur singulier et honnête homme, selon la définition de son siècle. Un authentique libéral qui sera parvenu, par delà les vicissitudes de la Révolution et l'emprise de l'ordre moral, à défaire les carcans de la littérature comme ceux de la politique[1]. »

Le lauréat reçoit une création d'un artiste contemporain dont Éric Madeleine, Nobuyoshi Araki, Alberto Sorbelli, Fabrice Hybert, et Jean-Paul Gaultier qui a signé un martinet.

controverse[modifier | modifier le code]

Annie Le Brun, auteur de plusieurs essais de référence sur Sade, dont son livre-préface (Soudain un bloc d'abîme, Sade, 1986) aux œuvres complètes du marquis éditées par Jean-Jacques Pauvert, a publié dans son essai Ailleurs et autrement (Gallimard, 2011) une lettre qu'elle avait adressée le 24 mars 2001 au président de ce prix, Lionel Aracil, qui avait fait figurer son nom, à son insu, dans le jury. Dénonçant ce qu'elle estime être une mascarade médiatique et culturelle, elle y écrit notamment :

« Petite misère culturelle, vous êtes bien mal renseigné : méprisant depuis toujours autant ceux qui reçoivent les prix que ceux qui les donnent, comment pourrais-je consentir à participer à la mômerie d'un prix marquis de Sade ? “Bas les pattes devant Sade”, avais-je écrit avec mes amis surréalistes devant les manigances d'un théâtreux en mal de scandale, à la fin des années soixante. Que pourrais-je dire d'autre avec Jean-Jacques Pauvert, qui s'associe à moi en l'occurrence, au ramassis d'écrivains et artistes que vous sollicitez, les Sollers, Bourgeade, Pingeot, Bramly…, pour peu qu'ils acceptent de patronner cette mascarade bien dans le goût de l'époque ? Sans doute les uns et les autres ne se sont-ils pas assez discrédités pour ne pas rater une occasion d'en rajouter. »

Et critiquant le trophée, un fouet « dessiné par le bagagiste de luxe Louis Vuitton », qui lui rappelle « le balai immonde » du roi Ubu, elle conclut :

« Que voulez-vous, tout le design du monde ne réussira jamais à maquiller tant d'indignité[2]. »

Jury[modifier | modifier le code]

Sous l’égide de son président, Emmanuel Pierrat, assisté de Jean Streff, secrétaire général, les membres du jury, participants ou ayant participé, sont Lionel Aracil, Frédéric Beigbeder, Pierre Bourgeade (†), Catherine Breillat, Catherine Corringer, Marie L. (Sophie Marie L.), Guillaume Dustan (†), Marcela Iacub, Pierre Leroy, Catherine Millet, Ruwen Ogien, Catherine Robbe-Grillet et Laurence Viallet.

Lauréats[modifier | modifier le code]

Prix Sade[modifier | modifier le code]

Prix Sade du premier roman[modifier | modifier le code]

Prix Sade de l'essai[modifier | modifier le code]

  • 2004 : Ruwen Ogien pour Penser la pornographie.
  • 2011 : Paul B. Preciado pour Pornotopie, Playboy et l'invention de la sexualité multimédia, éd. Climats

Prix Sade du livre d'art[modifier | modifier le code]

Prix Sade du jury[modifier | modifier le code]

Prix Sade document[modifier | modifier le code]

  • 2012 : Jean-Pierre Bourgeron pour l'édition de trois textes de la collection « Eros singuliers » (éditions HumuS) : L'Aviateur fétichiste (2012), Marthe de Sainte-Anne (2011) et Le Curé travesti (2011)
  • 2015 : Trois milliards de pervers : grande encyclopédie des homosexualités, réédition[3] de l’édition saisie en 1973 (éditions Acratie)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Voir sur le site officiel du prix Sade.
  2. Annie Le Brun, Addendum à « De l'insignifiance en milieu vaginal » (critique du livre de Catherine Millet, première lauréate du prix Sade), dans Ailleurs et autrement, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p.19-20.
  3. Voir sur le site des éditions Acratie.

Lien externe[modifier | modifier le code]