Radovan Ivšić

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Radovan Ivšić
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Radovan Ivsic, né à Zagreb le et mort à Paris le [1], est un poète et auteur dramatique surréaliste croate.

Biographie[modifier | modifier le code]

À partir de 1941, Radovan Ivsic commence à écrire des pièces de théâtre.

En 1942, son poème Narcisse est désigné par le régime fasciste des oustachis comme un exemple d'art dégénéré, et ses textes sont interdits. En 1945, le régime titiste lui ferme pour trente ans les portes du théâtre. Il aura donc été à la fois interdit pendant l'occupation allemande et après guerre par les tenants du réalisme socialiste, soutenus par les premiers surréalistes yougoslaves, ralliés au stalinisme et/ou au titisme.

Du coup, il devient essentiellement traducteur, non seulement, des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, de Dom Juan de Molière, mais aussi de Maeterlinck, Marivaux, Mérimée, Jean Giraudoux, Eugène Ionesco, Guillaume Apollinaire, d'André Breton, Aimé Césaire.

En tant qu'auteur dramatique, il écrit, entre 1941 et 1956, la plupart de ses textes de théâtre dont le plus connu est Le Roi Gordogane, en 1943,cité par André Breton comme une date notable dans les "Ephémérides surréalistes"". On lui doit également, parmi d'autres, Pouvoir dire ou Aiaxaia.

En 1954, il parvient à gagner Paris où il vit depuis lors. Il écrira par la suite presque exclusivement en français. A l'invitation d'André Breton et Benjamin Péret, il participe à toutes les manifestations du mouvement surréaliste[2]. Plusieurs de ses poèmes inspirèrent des peintres célèbres. Ainsi Miró illustra Mavena paru en France en 1960[3]. À l'inverse, avec Le Puits dans la tour, publié en 1967, c'est Ivsic qui "met en mots" les douze encres de Chine que lui donna Toyen[4]. Après la dissolution du mouvement surréaliste en 1969, il fonde avec quelques amis dont Toyen, Georges Goldfayn, Annie Le Brun, les Editions Maintenant, se proposant de continuer l'aventure, sans se réclamer de quelque appellation que ce soit.

Dans les années 1970, l'œuvre de Radovan Ivsic est peu à peu "réhabilitée" en Yougoslavie sous la pression des jeunes générations qui choisissent même le nom d'une de ses pièces, Gordogane, pour titre de leur revue. Un peu avant la publication de son théâtre, paraît en 1974 dans Crno, un important choix de ses anciens poèmes. C'est par cet ensemble, augmenté de ses textes poétiques écrits à Paris, que commence en 2004 la publication en français de l'œuvre de Radovan Ivsic aux Editions Gallimard. Suivent Théâtre (2005), Cascades (2006), rassemblement interviews, préfaces et courts essais.

Il fut l'époux de Marianne Ivsic (peintre et poète) et d'Annie Le Brun.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Tanke 1940-1954, Zagreb, 1954.
  • Airia, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1960.
  • Avec Miró, Mavena, Paris, Éditions surréalistes, 1960; rééd. Paris, Éditions Maintenant, collection S n°1, 1972.
  • Avec Toyen, Le Puits dans la tour, débris de rêves, Paris, Éditions surréalistes, 1967.
  • Le Roi Gordogane, Paris, Éditions surréalistes, 1968.
  • Avec Toyen, Tir, Paris, Éditions Maintenant, 1973.
  • Crno, Zagreb, Liber, 1974.
  • Toyen, Paris, Filipacchi, 1974.
  • Autour ou dedans, Paris, Éditions Maintenant, collection S n° 15, 1974.
  • En collaboration avec Georges Goldfayn, Annie Le Brun, Gérard Legrand et Toyen, Il faut tenir compte de la distance, feuilleton théorique, Paris, Éditions Maintenant, collection S n° 8, 12, 13, 16, 19, 22, 24, 1973-1976.
  • En collaboration avec Adrien Dax, Georges Goldfayn, Georges Gronier, Annie Le Brun, Gérard Legrand, Fabio de Sanctis et Toyen, Objets d'identité, Paris, Éditions Maintenant, collection S n° 23, 1976.
  • Quand il n'y a pas de vent, les araignées, Paris, Contre-Moule, 1990.
  • Unepovrat, Zagreb, Grafički zavod hrvatske, 1990.
  • Teatar, Zagreb, Nakladni zavod Matice hrvatske, 1998.
  • Poèmes (préf. Étienne-Alain Hubert), Gallimard, coll. : « Blanche », 2004.
  • Théâtre (préf. Jean-Paul Goujon), Gallimard, coll. : « Blanche », 2005.
  • Cascades, Gallimard, coll. : « Blanche », 2006, (ISBN 978-2070780723).
  • Skurjeni, Hrvatski musej naivne umhjetnosti, Zagreb, 2007.
  • À tout rompre : controverse (préf. Annie Le Brun, Olivier Neveux), Gallimard, coll. « Blanche », (ISBN 9782070132256).
  • Rappelez-vous cela, rappelez-vous bien tout, Gallimard, coll. : « Blanche », 2015.

Citation[modifier | modifier le code]

« La poésie est par essence libertaire », interview donnée à la revue Gordogan en janvier-février 1979 à Zagreb[5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. AFP, "Décès du poète croate Radovan Ivsic", Le Matin, 7 janvier 2010 et Maurice Nadeau, article nécrologique dans "La Quinzaine littéraire" no 1007 du 16 janvier 2010, page 27.
  2. « Rappelez-vous cela, rappelez-vous bien tout - Blanche - GALLIMARD - Site Gallimard », sur www.gallimard.fr (consulté le 17 août 2015)
  3. « BnF catalogue général - Notice bibliographique », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 17 août 2015)
  4. « BnF catalogue général - Notice bibliographique », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 17 août 2015)
  5. Entretiens avec Radovan Ivsic, Iztok, n°9, septembre 1984, La presse anarchiste : lire en ligne.

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