Évelyne Sullerot

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Évelyne Sullerot
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Membre du Conseil économique, social et environnemental
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Grand officier de la Légion d'honneur‎
Grand officier de l'ordre national du Mérite (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Évelyne Sullerot, née le à Montrouge (Seine) et morte le à Paris[1], est une sociologue et militante féministe française, auteur de nombreux ouvrages sur la cause des femmes et la famille, et co-fondatrice de l'ancêtre du mouvement français pour le planning familial.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille protestante, Évelyne Hammel est la fille d'André Hammel et de Georgette Roustain.

Pendant son année de philosophie, elle est arrêtée puis jugée à Nîmes par la police de Vichy pour « propagande antinationale et propos hostiles au chef de l'État ». Libérée et revenue en zone occupée, elle entre alors dans la résistance à l'OCMJ (Organisation civile et militaire des jeunes).

Enseignante[modifier | modifier le code]

Évelyne Sullerot fait ses débuts comme enseignante (1947-1949).

Le Planning familial[modifier | modifier le code]

En 1956, elle est fondatrice, avec Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, qui est médecin, de l'association La Maternité heureuse et en devient la secrétaire générale (1955-1958). Cette association devient en 1960 le Mouvement français pour le planning familial.

La sociologue[modifier | modifier le code]

Elle réalise une thèse de doctorat à l'Institut français de presse (1965).[réf. souhaitée] Elle est ensuite chercheur au Centre d’études des communications de masse de l’École pratique des hautes études (1960-1963), professeur à l’Institut français de presse (1963-1968), avec un cours sur la bande dessinée, chargée de cours à la faculté des lettres de Paris X Nanterre (1967), professeur à l’Université libre de Bruxelles (1966-1968), expert auprès des Communautés économiques européennes (1969-1992) et du Bureau international du travail (1970).

Évelyne Sullerot est la fondatrice et présidente des centres Retravailler, à l'origine de la première méthode d'orientation professionnelle pour adultes.

De 1974 à 1989, elle est membre du Conseil économique et social, et membre de la commission nationale consultative des droits de l’Homme (1986-1999). En 1999, elle est élue membre correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section « Morale et sociologie »[2]. En 2000, elle est promue commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur[3], puis grand officier en 2010. Elle est ancienne membre de la Commission française de l’Unesco.

Ses combats[modifier | modifier le code]

Pour la cause des femmes[modifier | modifier le code]

En 1956, Évelyne Sullerot co-fonde l'association « Maternité heureuse », qui deviendra en 1960 le mouvement français pour le planning familial[4]. Elle écrit par la suite de nombreux ouvrages féministes à succès. En 1965, Évelyne Sullerot, en compagnie de Madeleine Guilbert, Marguerite Thibert, Gisèle Halimi, Colette Audry, Andrée Michel, participa au Mouvement démocratique féminin, sorte d’union de la gauche avant la lettre qui soutint la candidature de François Mitterrand aux présidentielles de 1965 et voulait unir socialisme et féminisme[5]. En 1967, elle fait à l'Université Paris X Nanterre un cours sur les études consacrées aux femmes : de la génétique à la place des femmes dans la vie politique, en passant par la sociologie et le travail des femmes. En 1968, par son rapport sur « L'emploi des femmes et ses problèmes dans la CEE », elle est à l'origine de la « directive européenne sur l'égalité de traitement entre hommes et femmes ». En 1984, l'Union européenne lui demande un rapport sur la diversification des choix professionnels des jeunes filles et des femmes dans lequel elle formule 80 « recommandations » dont 78 seront adoptées par le Conseil de l'Union européenne. En 2000, elle est élue présidente, puis présidente d'honneur de l'association « Population et Avenir », vice-présidente des « Associations familiales protestantes », vice-présidente de la « Fédération nationale des associations de prévention de la toxicomanie ». Récemment, dans son ouvrage intitulé Pilule, sexe et ADN, trois révolutions qui ont bouleversé la famille, Évelyne Sullerot écrit notamment au sujet de la révolution sexuelle de 68 : « La révolution sexuelle au lieu de renforcer le couple, l’a fragilisé : le culte du plaisir immédiat l’a emporté sur le désir d’avenir et d’accomplissement par les enfants et [le planning familial a] dérapé vers la guerre des sexes entraînant la négation du couple et l’élimination des pères ». Parlant de l'avortement : « J’étais contre le fait d’en faire un droit [...] Or aujourd'hui l’avortement est devenu une “contraception-bis”, et même “un droit à détruire”. »

Pour la cause des enfants[modifier | modifier le code]

Évelyne Sullerot est attentive à la condition paternelle dans les affaires de divorce et, en 1992, elle publie un ouvrage analysant la situation et proposant quelques remèdes : Quels pères, quels fils ?. Elle entre dans le comité d'honneur de l'association SOS Papa, dont elle devient la marraine en 2005.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Évelyne Sullerot était mariée avec François Sullerot, mère de deux enfants, elle élève aussi les deux enfants de son mari. Elle meurt le 31 mars 2017 des suites d'un cancer, à l'âge de 92 ans, quelques jours avant la publication de son dernier livre retraçant ses actions, L'insoumise : femmes, famille : les combats d'une vie où elle répond à Bernard Morlino qui est venu l'interviewer pendant un an.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La presse féminine, Armand Colin, 1964.
  • Histoire de la presse féminine, CNRS Armand Colin, 1964.
  • Demain les femmes, Robert Laffont, 1965, traduit en 11 langues.
  • La vie des femmes, Gonthier-Denoël, 1965, traduit en 5 langues.
  • Bande dessinée et culture, Opera Mundi, 1966.
  • Histoire et sociologie du travail féminin, Gonthier-Denoël, 1968, traduit en 10 langues.
  • La femme dans le monde moderne, Hachette, 1970, traduit en 8 langues.
  • Les françaises au travail, Hachette, 1973.
  • Histoire et mythologie de l'amour : huit siècle d'écrits féminins, Hachette, 1974, couronné par l'Académie française.
  • Le fait féminin, ouvrage collectif sous la direction de Évelyne Sullerot, avec la collaboration d'Odette Thibaut, préface A. Lwoff, prix Nobel, Fayard 1978, traduit en 9 langues.
  • La démographie en France : bilan et perspectives, La Documentation française, 1978
  • L'aman, roman, Fayard, 1981.
  • Pour le meilleur et sans le pire, Fayard, 1984, couronné par l'Académie des sciences morales et politiques.
  • L'Âge de travailler, Fayard, 1986, traduit en 3 langues.
  • L'enveloppe, roman, Fayard, 1987.
  • Quels pères ? Quels fils ?, Fayard, 1992 et le Livre de Poche 1994.
  • Alias, roman, Fayard, 1996 et le Livre de Poche, 1999.
  • Le grand remue-ménage : crise de la famille, Fayard, 1997. Voir commentaire.
  • La crise de la famille, Pluriel, Hachette-Littératures 2000.
  • Diderot dans l'autobus ou Comment se laisser aller à des pensées incorrectes sur les mœurs actuelles et l'avenir de l'espèce humaine, Fayard, 2001. Voir article du Monde.
  • Silence Fayard, 2004 (ISBN 2213619379)
  • Pilule, sexe, ADN : trois révolutions qui ont bouleversé la famille, Fayard, 2006.
  • Nous avions 15 ans en 1940, Fayard, 2010.
  • Lettre d'une enfant de la guerre aux enfants de la crise, Fayard, , 250 p. (ISBN 978-2213681467)
  • L'insoumise : femmes, familles : les combats d'une vie, Évelyne Sullerot et Bernard Morlino, L'Archipel 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Christiane Goldenstedt, Les femmes dans la Résistance, coll. Frauen in Geschichte und Gesellschaft, Herbolzheim, 2006 (ISBN 3-8255-0649-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]