Évelyne Sullerot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Évelyne Sullerot, née le à Montrouge est une sociologue et écrivain féministe.

Parcours biographique et engagements[modifier | modifier le code]

Parcours de vie et formation[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille protestante, Évelyne Sullerot est la fille d'André Hammel et de Georgette Roustain. André Hammel, pasteur de l'église réformée du Foyer de l'Âme, puis médecin psychiatre, fit ouvrir l'une des premières cliniques psychiatriques de France. Il était chevalier de la Légion d'honneur. Georgette Hammel est décédée d'une crise d'asthme à Valence en 1943. Tous deux, protestants engagés, socialement et politiquement, reçurent à titre posthume la médaille des Justes de Yad Vashem, pour avoir sauvé onze Juifs pendant la guerre. Évelyne est mariée avec François Sullerot, et mère de quatre enfants.

Pendant son année de philosophie, elle fut arrêtée puis jugée à Nîmes par la police de Vichy pour « propagande antinationale et propos hostiles au chef de l'État » (Pétain). Revenue en zone occupée, elle entre alors dans la résistance à l'OCMJ (Organisation civile et militaire des jeunes).

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle est élève à l'institut d'études politiques, puis devient professeur (1947-1949). en 1956, elle est fondatrice, avec Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, qui est médecin, de l'association La Maternité heureuse et en devient la secrétaire générale (1955-1958). Cette association devient en 1960 le Mouvement français pour le planning familial. Elle réalise une thèse de doctorat à l'Institut français de presse (1965). Elle est ensuite chercheur au Centre d’études des communications de masse de l’École pratique des hautes études (1960-1963), professeur à l’Institut français de presse (1963-1968), chargée de cours à la faculté des lettres de Paris X Nanterre (1967), professeur à l’Université libre de Bruxelles (1966-1968), expert auprès des Communautés économiques européennes (1969-1992) et du Bureau international du travail (1970).

Elle est fondatrice et présidente des centres Retravailler, à l'origine de la première méthode d'orientation professionnelle pour adultes. De (1974 à 1989), elle est membre du Conseil économique et social, et membre de la commission nationale consultative des droits de l’Homme (1986-1999). En 1999, elle est élue membre correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, section Morale et sociologie[1]. En 2000, elle est promue commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur[2], puis grand officier en 2010. Elle est ancienne membre de la Commission française de l’Unesco.

Ses combats[modifier | modifier le code]

Pour la cause des femmes[modifier | modifier le code]

Elle écrit par la suite de nombreux ouvrages féministes à succès. En 1965, Evelyne Sullerot, en compagnie de Madeleine Guilbert, Marguerite Thibert, Gisèle Halimi, Colette Audry, Andrée Michel, participa au Mouvement démocratique féminin, sorte d’union de la gauche avant la lettre qui soutint la candidature de François Mitterrand aux présidentielles de 1965 et voulait unir socialisme et féminisme[3]. En 1967, elle fait à l'Université Paris X Nanterre un cours sur les études consacrées aux femmes : de la génétique à la place des femmes dans la vie politique, en passant par la sociologie et le travail des femmes. En 1968, par son rapport sur « L'emploi des femmes et ses problèmes dans la CEE », elle est à l'origine de la « directive européenne sur l'égalité de traitement entre hommes et femmes ». En 1984, l'Union européenne lui demande un rapport sur La diversification des choix professionnels des jeunes filles et des femmes dans lequel elle formule 80 « recommandations » dont 78 seront adoptées par le Conseil de l'Union européenne. En 2000, elle est élue présidente, puis présidente d'honneur de l'association « Population et Avenir », vice-présidente des « Associations familiales protestantes », vice-présidente de la « Fédération nationale des associations de prévention de la toxicomanie ». Récemment, dans son dernier ouvrage intitulé Pilule, sexe et ADN, trois révolutions qui ont bouleversé la famille, Évelyne Sullerot écrit notamment au sujet de la révolution sexuelle de 68 : « La révolution sexuelle au lieu de renforcer le couple, l’a fragilisé : le culte du plaisir immédiat l’a emporté sur le désir d’avenir et d’accomplissement par les enfants [le planning familial a] dérapé vers la guerre des sexes entraînant la négation du couple et l’élimination des pères ». Parlant de l'avortement : « J’étais contre le fait d’en faire un droit [...] Or aujourd'hui l’avortement est devenu une “contraception-bis”, et même “un droit à détruire”. »

Pour la cause des enfants[modifier | modifier le code]

Évelyne Sullerot est attentive à la condition paternelle dans les affaires de divorce et, en 1992, elle publie un ouvrage analysant la situation et proposant quelques remèdes : Quels pères, quels fils ? Elle entre dans le comité d'honneur de l'association SOS Papa, dont elle devient la marraine en 2005.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Christiane Goldenstedt, Les femmes dans la Résistance, coll. Frauen in Geschichte und Gesellschaft, Herbolzheim, 2006 (ISBN 3-8255-0649-5)

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Presse féminine, Armand Colin, 1964.
  • Histoire de la presse féminine, CNRS Armand Colin, 1964.
  • Demain les femmes, Robert Laffont, 1965, traduit en 11 langues.
  • La vie des femmes, Gonthier-Denoël, 1965, traduit en 5 langues.
  • Bande dessinée et culture, Opera Mundi, 1966.
  • Histoire et sociologie du travail féminin, Gonthier-Denoël, 1968, traduit en 10 langues.
  • La femme dans le monde moderne, Hachette, 1970, traduit en 8 langues.
  • Les françaises au travail, Hachette, 1973.
  • Histoire et Mythologie de l'amour, huit siècle d'écrits féminins, Hachette, 1974, couronné par l'Académie française.
  • Le Fait féminin, ouvrage collectif sous la direction de Évelyne Sullerot, avec la collaboration d'Odette Thibaut, préface A. Lwoff, prix Nobel, Fayard 1978, traduit en 9 langues.
  • La démographie en France. Bilan et Perspectives", La documentation Française, 1978
  • L'aman, roman, Fayard, 1981.
  • Pour le meilleur et sans le pire, Fayard, 1984, couronné par l'Académie des sciences morales et politiques.
  • L'enveloppe, roman, Fayard, 1987.
  • L'Âge de travailler, Fayard, 1986, traduit en 3 langues.
  • Quels pères ? Quels fils ?, Fayard, 1992 et le Livre de Poche 1994.
  • Alias, roman, Fayard, 1996 et le Livre de Poche, 1999.
  • Le Grand Remue-ménage, crise de la famille, Fayard, 1997. Voir commentaire.
  • La crise de la famille, Pluriel, Hachette-Littératures 2000.
  • Diderot dans l'autobus. Ou comment se laisser aller à des pensées incorrectes sur les mœurs actuelles et l'avenir de l'espèce humaine, Fayard, 2001. Voir article du Monde.
  • Silence Fayard, 2004 (ISBN 2213619379)
  • Pilule, Sexe, ADN. Trois révolutions qui ont bouleversé la famille, Fayard, 2006.
  • Nous avions 15 ans en 1940, Fayard, 2010.
  • Lettre d'une enfant de la guerre aux enfants de la crise, Fayard,‎ , 250 p. (ISBN 978-2213681467)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]