Cratère (général)

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Cratère
Chasse au lion asiatique sur une mosaïque de Pella qui représenterait Alexandre et Cratère
Chasse au lion asiatique sur une mosaïque de Pella qui représenterait Alexandre et Cratère

Naissance v.370 av. J.-C.
Décès 321 av. J.-C.

Mort au combat
Origine Royaume de Macédoine
Allégeance Alexandre le Grand
Antipater
Grade Taxiarque-stratège
Conflits Conquête de l'empire perse
Guerre lamiaque
Guerres des diadoques
Faits d'armes Bataille du Granique
Bataille d'Issos
Bataille de Gaugamèles
Bataille des Portes persiques

Bataille de l'Hydaspe
Bataille de Crannon

Autres fonctions Prostatès des rois

Cratère (en grec ancien Κρατερός / Kraterós), né vers 370 av. J.-C., mort en 321 av. J.-C., est un général macédonien sous le règne d'Alexandre le Grand et l'un de ses plus proches Compagnons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous le règne d'Alexandre[modifier | modifier le code]

Aîné d'Alexandre d'une quinzaine d'années, il commande dans un premier temps à la bataille du Granique (mai -334) un régiment de phalangites en tant que taxiarque. À Issos, puis à Gaugamèles, il dirige l'infanterie de l'aile gauche de l'armée macédonienne.

En dehors des batailles, il est fréquemment chargé de missions de confiance par Alexandre. Ainsi, durant l'automne 331 av. J.-C., il occupe les hauteurs du pays des Ouxiens (ouest de l'Iran actuel) au nord-ouest de Persépolis puis commande en second à la bataille des Portes persiques. Lors de la poursuite contre Darius III en 330 av. J.-C. il semble exercer le commandement du principal corps d'armée tandis qu'Alexandre dirige l'avant-garde. En 329 av. J.-C. il met le siège devant Cyropolis où il est blessé puis il écrase une révolte dans la région de Paraitacène en Médie vers -327. Fort de l'estime du roi, il est généralement chargé de traiter avec les Grecs et les Macédoniens.

Son crédit auprès d'Alexandre est grand surtout depuis le procès contre Philotas (330) contre lequel il porte de graves accusations. Il est d'ailleurs partisan de torturer Philotas car il est persuadé de l'existence d'un complot plus vaste. Il est probable qu'il pousse à l'assassinat de Parménion, longtemps son supérieur, et père de Philotas. En Inde, il joue un rôle plus effacé (ou moins connu) et entre semble-t-il en rivalité avec Héphaistion. Selon Plutarque, Alexandre aurait dit[1] : « Cratère aime le roi, mais Héphaistion, lui, aime Alexandre ! ».

Lors de la descente de la vallée de l'Indus chacun commande un corps d'armée tandis qu'Alexandre est avec la flotte au milieu du fleuve. C'est à lui qu'Alexandre confie le troisième corps d'armée en 325 av. J.-C., lors du retour dramatique de l'expédition, lequel revient par le nord (Afghanistan et est de l'Iran actuel). Il rejoint Alexandre à Harmozia (en face du détroit d'Ormuz) qui lui montre sa faveur en le mariant à Suse à une princesse achéménide, Amastris, fille d'Oxyartès le frère de Darius III. Puis il est chargé avec Polyperchon de ramener les vétérans, dont les Argyraspides, en Macédoine. Il est également censé succéder à Antipater à la tête de la régence de Macédoine et de Grèce.

La guerre contre Perdiccas[modifier | modifier le code]

C'est sur le chemin, en Cilicie, qu'il apprend la mort d'Alexandre survenue en juin 323 av. J.-C.. Malgré son absence lors des accords de Babylone, il obtient la charge de prostatès (tuteur) des rois Philippe III Arrhidée et Alexandre IV[2] . En 322 av. J.-C., il aide Antipater à mettre fin à la guerre lamiaque en remportant la bataille de Crannon et épouse sa fille Phila. Il est alerté par Antigone le Borgne des ambitions de Perdiccas et passe en Asie Mineure avec l'appui de Néoptolème qui le persuade de marcher contre Eumène de Cardia, le stratège de Perdiccas.

Les deux armées se font face au printemps 321 av. J.-C. à la bataille de l'Hellespont. Il trouve la mort, peut-être à cause d'une chute de cheval[3], au tout début de la bataille[4]. Le prestige de Cratère fait qu'Eumène consent à rendre sa dépouille à son épouse restée en Macédoine.

Descendance et postérité[modifier | modifier le code]

Il a pour frère Amphotéros, l'un des amiraux d'Alexandre. De son union avec Phila, la fille d'Antipater, il a eu un fils nommé lui aussi Cratère (-321/-250), demi-frère aîné d'Antigone II Gonatas et de Stratonice Ire par sa mère, qui dirige la garnison de Corinthe pendant la guerre chrémonidéenne.

C'est son fils qui commande la statue représentant son père et Alexandre dans une chasse au lion, statue exécutée par le sculpteur Lysippe à Delphes. Cette statue nous est connue par une mosaïque découverte à Pella[5].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plutarque, Alexandre, 47.
  2. Diodore, XVIII, 2, 4.
  3. Diodore, XVIII, 30, 5. Plutarque affirme lui que sa mort a été causée par un cavalier thrace (Vie d'Eumène, 7, 6).
  4. Diodore, XVIII, 18-21 ; 53, 1-4. Cornélius Nepos, Eumène, 4.
  5. Bernard George, Alexandre Le Grand, le Macédonien, Arte, 2011.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Battistini (dir.) et Pascal Charvet (dir.), Alexandre le Grand, Histoire et dictionnaire, Paris, Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 222109784X)
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 202060387X)
  • (en) N. G. L. Hammond et F. Walbank, A History of Macedonia, vol. 3 : 336-167 B.C., Oxford, Clarendon Press, (ISBN 0198148151)