Jordanie

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Royaume hachémite de Jordanie

(ar) المملكة الأردنّيّة الهاشميّة

Drapeau
Drapeau de la Jordanie
Blason
Armoiries de la Jordanie
Devise en arabe : الله، الوطن، الملك (« Dieu, la Patrie, le Roi »)
Hymne
Description de l'image LocationJordan.svg.
Administration
Forme de l'État Monarchie constitutionnelle
Roi Abdallah II
Premier ministre Omar Razzaz
Langues officielles Arabe[1]
Capitale Amman

31°57′N 35°56′E

Géographie
Plus grande ville Amman
Superficie totale 89 342 km2
(classé 112e)
Superficie en eau 0,8 %
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Entité précédente
Indépendance Du Royaume-Uni
Date
Démographie
Gentilé Jordanien
Population totale (2017[1]) 10 458 413 hab.
(classé 107e)
Densité 117 hab./km2
Économie
Monnaie Dinar jordanien (JOD)
Développement
IDH (2017) en stagnation0,735[2] (élevé ; 95e)
Divers
Code ISO 3166-1 JOR, JO
Domaine Internet .jo
Indicatif téléphonique +962

La Jordanie (en arabe : الأردن, al-urdunn?), en forme longue le royaume hachémite de Jordanie (en arabe : المملكة الأردنيّة الهاشميّة, al-mamlaka al-urduniyya al-hāšimiyya?) , est un pays d'Asie occidentale. Sa capitale est Amman. Son territoire est entouré à l'ouest par la Palestine et Israël, le long du Jourdain et de la mer Morte, au sud par l'Arabie saoudite, à l'est par l'Irak et au nord par la Syrie, avec en outre un accès sur le golfe d'Aqaba, celui-ci communiquant plus au sud avec la mer Rouge. Si l'arabe est la langue officielle, l'anglais est aussi bien répandu dans l'éducation et les médias.

La Jordanie est une monarchie constitutionnelle dont l'actuel souverain est, depuis le , le roi Abdallah II, dont l'épouse est la reine Rania.

Géographie

Les montagnes d'Ajlun
Wadi Rum

La Jordanie est un pays du Proche-Orient, entouré par la Syrie au nord, l'Irak au nord-est, l'Arabie saoudite à l'est et au sud, et enfin Israël et la Cisjordanie à l'ouest. Toutes ces frontières représentent 1 619 km. La Jordanie possède également 26 km de littoral le long du golfe d'Aqaba et de la mer Morte. Les principales villes du pays sont Amman (3 216 369 habitants en 2010), Irbid et Zarka, toutes trois situées dans le Nord-Ouest du pays.

La Jordanie est composée principalement d’un plateau désertique aride à l'Est, et d’une région montagneuse à l'Ouest. La vallée du Grand Rift et le Jourdain séparent la Jordanie d'Israël. Le point culminant du pays est le jabal Umm ad Dami (1 854 mètres), tandis que la mer Morte en est le point le plus bas.

Climat

Le climat est généralement sec et chaud entre avril et novembre, surtout sur la plus grande partie du territoire occupé par le désert d'Arabie à l'Est du pays et dans la vallée du Jourdain à l'extrême Ouest. Cependant, le pays a une saison pluvieuse mais qui reste faible, qui est de décembre à mars, dans le mois d'hiver la région montagneuse de l'Ouest, y compris Amman et Pétra est accompagné par de la neige qui reste tout de même occasionnelle. Le mois où le climat est le plus froid, est le mois de janvier[3].

Histoire

La ville antique de Pétra, considérée comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde

Beaucoup de civilisations et de royaumes se sont succédé sur le sol jordanien, à cheval entre le croissant fertile et le désert d'Arabie. Certains peuples historiques y ont établi leurs capitales comme les Ammonites, les Édomites, les Moabites. D'autres civilisations ont également dominé cette région, tels les Akkadiens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, ainsi que l'Égypte pharaonienne ou encore la dynastie juive hasmonéenne des Maccabées. La civilisation la plus connue en Jordanie a probablement été la civilisation nabatéenne qui y a laissé de riches vestiges archéologiques comme Pétra. L'alphabet arabe semble être né à Pétra.

D'autres civilisations ont également régné en Jordanie comme les Macédoniens, les Romains, les Byzantins et les Ottomans. Dès le VIIe siècle, la région a été culturellement musulmane et arabe, à l'exception d'une brève période de domination par les croisés et sous le mandat britannique.

Indépendance

Au cours de la Première Guerre mondiale, les Britanniques conquièrent sur l’Empire ottoman une bande de territoire limitée au sud par la ligne Aqaba - Bassorah et au nord par la ligne Acre - Damas - Mossoul.

En avril 1920, lors de la conférence de San Remo, le mandat de la Palestine est attribué aux Britanniques. Les alliés redéfinissent les frontières de la région en la scindant en quatre mandats dont celui de Palestine mandataire qui comprend les territoires situés entre la mer Méditerranée et le désert de Syrie, territoires correspondant aujourd’hui à Israël, et à la Jordanie. En 1923, lors de l’officialisation du Mandat sur la Palestine, et avec la volonté de respecter les promesses formulées envers Hussein ibn Ali et le mouvement sioniste (accords Hussein-Mac Mahon de 1915 et Déclaration Balfour de 1917), les Britanniques scindent la région en deux parties, juive et arabe : le foyer national juif à l’Ouest du Jourdain, suite à la promesse faites par les Britanniques lors de la declaration de Balfour pour un « foyer national juif » et, à l’Est du jourdain l'« Émirat hachémite de Transjordanie » (ou Transjordanie, la future Jordanie) attribué Abdallah bin al-Hussein à la suite de l'alliance victorieuse contre les Ottomans conclue entre sa famille et les Britanniques lors de la première guerre mondiale.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'armée transjordanienne connue sous le nom de Légion arabe combat en Irak et en Syrie aux côtés des forces britanniques.

En 1946, l'émirat acquiert l'indépendance totale et devient le « royaume hachémite de Transjordanie ». Il est admis à l'Organisation des Nations unies et rejoint la Ligue arabe.

Conflit israélo-arabe et histoire récente

En 1948, le royaume de Transjordanie est un acteur important de la guerre israélo-arabe de 1948 à l'issue de laquelle il occupe les collines de Samarie et le désert de Judée qu'il annexe et rebaptise Cisjordanie (faisant écho à la Transjordanie), de même, il avance dans Jérusalem et prend le contrôle d'une moitié de la ville (l'Est de la ville). Cette annexion est condamnée par la reconnaissance de la communauté internationale, sauf par la Grande-Bretagne. La Judée et la Samarie ainsi que la moitié de Jérusalem sera occupée par la Jordanie jusqu'en 1967, lors de la guerre des six jours.

En 1949, pour marquer ses modifications territoriales, le royaume change de nom pour devenir le « royaume hachémite de Jordanie » (sans le préfixe « Trans- ») ou plus communément, la Jordanie[4]. Il accueille également sur son territoire plusieurs centaines de milliers de Palestiniens fuyant la guerre. Le roi Abdallah est toutefois victime d'un attentat fomenté par les partisans de Mohammed Amin al-Husseini.

Frontières de 1948 à 1967 représentant l'annexion de la Cisjordanie (en).

Après la crise du canal de Suez, le royaume se rapproche du régime de Nasser. Lors de la guerre des Six Jours en 1967, son armée est vaincue en moins de 72 heures de combats avec les Israéliens, qui s'emparent de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Le royaume accueille 300 000 Palestiniens qui fuient les combats. La Jordanie ne participera pas activement à la Guerre du Kippour de 1973.

Après la guerre des Six Jours, le pays perd beaucoup de son prestige aux yeux des Palestiniens qui développent « un État dans l'État ». Ils mènent leur propre lutte contre Israël depuis le territoire jordanien et Israël y répond par des incursions, comme la bataille de Karameh en 1968. Face à la déstabilisation engendrée par les mouvements palestiniens et aux tentatives de putsch contre le pouvoir hachémite, ce dernier lance une répression massive contre les activistes palestiniens en septembre 1970 et chasse les groupes armés du pays[5].

En 1974, Hussein renonce à toute revendication sur la Cisjordanie et reconnait l'OLP comme seul représentant légitime du peuple palestinien, afin de calmer les revendications nationnalistes palestiniennes au sein même de la Jordanie[6]. 1989 est marquée par la crise économique et une révolte dans le sud du pays, notamment à Ma'an. Un processus de libéralisation politique rapide est entrepris avec la fin de la loi martiale, le rétablissement d'un Parlement et la participation d'une trentaine de partis à la vie politique, incluant le Front islamique d'action. Le succès des forces islamistes est large lors des premières élections libres en novembre 1989. En revanche, les élections de novembre 1993 montrent un recul de l'opposition et des islamistes.

En 1994 est signé le traité de paix israélo-jordanien, donnant lieu à des modifications mineures sur les frontières et restant en attente d'un règlement final du conflit israélo-palestinien.

Le roi Hussein meurt le 7 février 1999. Son fils, Abdallah II, lui succède et poursuit les réformes politiques et économiques du pays commencées dans les années 1990, vers davantage de libéralisme.

Dans les années 2000, et malgré les événements affectant la région, le gouvernement jordanien se montre régulièrement soucieux de rester en paix avec ses voisins.

Politique

La Jordanie est une monarchie constitutionnelle parlementaire multipartite, où le Premier ministre est le chef du gouvernement.

Les rois de Jordanie Période
Abdallah Ier 1946-1951
Talal 1951-1952
Hussein 1952-1999
Abdallah II depuis 1999

Administration territoriale

Selon l'article 2e du système de divisions administratives par le ministère de l'Intérieur, le pays, administrativement, est divisée en 12 provinces (ou gouvernorats), chacune dirigée par un gouverneur nommé par le roi. Ils sont les seules autorités de tous les ministères et les projets de développement dans leurs domaines respectifs. Ces provinces sont divisées en 52 départements. Les gouvernorats sont les suivants:

Les gouvernorats de Jordanie par population[7]


Mahis (Gouvernorat de Balqa)

Aqaba, de la Mer Rouge

Irbid

Province Population[8] Superficie(km2) Densité (hab/km2) Capitale Population (estimations pour 2010)[9]


Shoubak (en) (Gouvernorat de Ma'an).

La Nahr ez-Zarqa (Gouvernorat de Gérasa)

Amman, la capitale de Jordanie

1 Gouvernorat d'Amman 2 027 685 8231 246,3 Amman 1 919 000
2 Gouvernorat d'Irbid 950 700 1621 570,3 Irbid 650 000[10]
3 Gouvernorat de Zarqa 838 256 4080 205,5 Zarka 447 880
4 Gouvernorat de Balqa 349 580 1076 324,9 Salt 96 700[11]
5 Gouvernorat de Mafraq 245 671 26435 9,3 Mafraq 56 340
6 Gouvernorat de Karak 214 225 3217 66,6 Al-Karak 68 810
7 Gouvernorat de Jerash 156 675 402 370 Gérasa 39 540
8 Gouvernorat de Madaba 135 890 2008 67,7 Madaba 83 180
9 Gouvernorat d'Ajlun 118 496 412 287,.1 Ajlun 55 000[12]
10 Gouvernorat d'Aqaba 107 115 6583 16,3 Aqaba 95 408
11 Gouvernorat de Ma'an 103 920 33163 3,1 Ma'an 50 350[13]
12 Gouvernorat de Tafilah 81 000 2114 38,3 Tafilah 30 000

Économie

Amman

L'importance de la Jordanie dans l'économie du Moyen-Orient a longtemps été liée à son rôle de transit pour le pétrole d'Irak par l'oléoduc de Mossoul à Haïfa jusqu'en 1948, puis d'Arabie saoudite par l'oléoduc trans-arabe jusqu'en 1983. Au XXIe siècle, elle poursuit la politique de modernisation économique entamée par le roi Hussein dès la fin des années 1980 et amplifiée par son successeur, son fils, le roi Abdallah II. Dans un environnement régional particulièrement difficile, les performances de l’économie jordanienne ont été supérieures aux attentes. Parmi les réussites à porter à l’actif des autorités : l’amélioration de la gestion du secteur public, la gestion des privatisations, la création de la zone économique spéciale d’Aqaba soutenue par son port et de zones industrielles spéciales (QIZ).

Ces éléments ont contribué à porter la croissance économique du pays (7,5 % en 2005), qui est également soutenue par la position de refuge que connaît la Jordanie pour les capitaux irakiens, palestiniens ou syriens, ainsi que par l’aide extérieure (principalement américaine). Le royaume a accueilli fin mai 2005, pour la troisième année consécutive, la réunion du World Economic Forum sur les rives de la mer Morte.

La Jordanie a un endettement extérieur de 5,522 milliards de dollars en 2010[14] et un déficit budgétaire important. Son secteur touristique est sensible aux crises régionales. Une partie non négligeable de la population est pauvre.

De plus, la Jordanie n'a pas été touchée par la crise économique de 2008. Elle a seulement connu un ralentissement en 2009, ce qui a permis de relancer l'économie et la baisse des coûts de la matière première et de la production alimentaire de base. Seule conséquence de cette crise, une diminution des exportations.

Population

Démographie

La population de Jordanie est estimée à 9,52 millions en novembre 2015[15]. Environ 98 % de la population sont des Arabes. Avant la libération de la Judée et Samarie et d'une moitié de Jérusalem, réunifiée en 1967, environ 70 % de celle-ci étaient Palestiniens[16]. Actuellement[précision nécessaire], il y a 1 951 603 réfugiés Palestiniens dans le pays. Les Tcherkesses composent la grande partie des 2 % restants, mais les autres groupes ethniques minoritaires sont les Arméniens, les Tchétchènes, les Turkmènes, les Kurdes et les Bosniaques.

Plus de 50 % de la population jordanienne vit à Amman, la capitale du pays.

Langues

L'anglais est parlé par la classe aisée, l'élite, l'armée, et les milieux du tourisme.[réf. nécessaire]

Religions

Une église grecque orthodoxe à Amman.

L'islam est la religion d'État. Selon les estimations officielles, 92 % des habitants sont sunnites et les chrétiens représentent 6 % de la population[17]. Les chrétiens sont surtout grecs-orthodoxes ; cependant, on compte aussi des grecs-catholiques, des orthodoxes coptes, des orthodoxes arméniens, des syriens-orthodoxes et un petit nombre de protestants et de catholiques latins[17]. Le pays abrite aussi en petit nombre des chiites, des druzes[17] et des bahaïstes[18].

Culture

Fêtes et jours fériés

Ces fêtes et jours fériés sont fixés par le calendrier lunaire musulman:

Ces fêtes et jours fériés sont fixés par le calendrier grégorien :

  • Le Jour de l'An au 1er janvier
  • La fête du travail au 1er mai
  • La Fête de l'indépendance de la Jordanie au 25 mai
  • Le jour de Noël au 25 décembre
La place Ovale de Gérasa

Villes et sites principaux

Ajlun, Amman, Aqaba, Balqa, Irbid, Gérasa, Karak, Madaba, Ma'an, Mafraq, Salt, Zarka
Jourdain et vallée du Jourdain, mer Morte, mer Rouge, golfe d'Aqaba, désert d'Arabie, vallée du Grand Rift, Wadi Rum
Pétra, sept nouvelles merveilles du monde
Les Châteaux du désert : période omeyyade, Qusair Amra

Codes

Notes et références

  1. a et b (en) « The World Factbook — Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consulté le ).
  2. (en) « Human Development Reports », sur hdr.undp.org (consulté le ).
  3. http://www.worldtravelguide.net/jordan/weather-climate-geography
  4. Le royaume a conservé cette dénomination depuis. En 1967, la Jordanie perd la Cisjordanie lors de la Guerre des Six Jours et renonce à toute revendication sur celle-ci après le Traité de paix israélo-jordanien de 1994.
  5. Géopolitique de la Jordanie par Alain Renon, octobre 1996, p. 134, (ISBN 2870276230)
  6. Bernard Ravenel, « 1967-2007 La parabole de l’OLP », Confluences Méditerranée, no 62,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. (en) [PDF]2004 census
  8. دائرة الإحصاءات العامة - الأردن
  9. http://world-gazetteer.com/wg.php?x=&men=gcis&lng=en&des=wg&geo=-110&srt=pnan&col=adhoq&msz=1500&va=&pt=a
  10. [1]
  11. [2]
  12. [3]
  13. [4]
  14. (en) « Jordania », sur www.cia.gov (consulté le ).
  15. The Jordan Times
  16. (en) Riad M. Nasser, Palestinian identity in Jordan and Israel: the necessary 'other' in the making of a nation, Routledge, , 271 p. (ISBN 0-415-94969-6, lire en ligne), p. 64-65
  17. a b et c Office du tourisme de Jordanie, « Religion et foi » (consulté le )
  18. http://www.bahaijo.org

Annexes

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Bibliographie

  • (ar)(en) Myriam Ababsa (dir.), Atlas of Jordan : history, territories and society, Presses de l'IFPO, Paris, 2013, 485 p. (ISBN 978-2-35159-378-3)
  • Jordanie (traduit de l'anglais par Philippe Beaudoin et Sophie Paris), Gallimard, Paris, 2014, 336 p. (ISBN 978-2-74-243142-7)
  • (en) Beverley Milton-Edwards et Peter Hinchcliffe, Jordan : a Hashemite legacy, Routledge, , 147 p. (ISBN 978-0-415-45718-7)
  • François Villeneuve (intr.), La Jordanie : des origines au XXIe siècle, Clio, Paris, 2014, 152 p. (ISBN 978-2-9536161-3-2)

Filmographie

  • Jordanie, l'eau en héritage ?, film documentaire de Bernard Boespflug, Centre national de la cinématographie, 2009 (cop. 1999), 52 min (DVD)

Articles connexes

Liens externes