Qusair Amra

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Qusair Amra *
Qusayr Amra
Qusayr Amra
Coordonnées 31° 48′ 06″ nord, 36° 35′ 00″ est
Pays Drapeau de la Jordanie Jordanie
Type Culturel
Critères (i) (iii) (iv)
Numéro
d’identification
327
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 1985 (9e session)

Géolocalisation sur la carte : Jordanie

(Voir situation sur carte : Jordanie)
Qusair Amra
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
Fresque de Qusair Amra, Musée de Pergame, Berlin

Qusair Amra (en arabe : قصير عمرة, quṣayr ʿamra, « petit palais ») est le plus célèbre des châteaux du désert de l'Est jordanien. C'est l'un des exemples les plus remarquables du premier art omeyyade et de l'architecture islamique. Le château, qui aurait été utilisé comme lieu de villégiature par le calife ou par ses princes pour le sport et le plaisir, est couvert de fresques décrivant des scènes de chasse (de mammifères que la chasse a conduit depuis à l'extinction au Proche-Orient), des fruits et des femmes. Il contient également un système thermal divisé en trois pièces, témoignant d'une influence romaine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le château se trouve au bord de la route n° 40, à environ 85 kilomètres d'Amman, et à environ 21 kilomètres d'Al-Azraq. Le site est aujourd'hui protégé et clôturé, et fait partie des biens culturels gérés par le Ministère jordanien du Tourisme et des Antiquités. Contrairement à l’image que s’en sont fait les premiers explorateurs, ce château n’est pas vraiment perdu au milieu du désert, mais habilement positionné par les omeyyades : au cœur d’un climat semi-aride, dans le wadi Boutoum, garantissant de l’eau presque toute l’année. Le site comprend 2 zones : la zone habitable est surélevée pour ne pas être exposée aux crues hivernales et la zone basse contenant les puits, les bains (donc le château actuel) ainsi que des pistachiers. L’hypothèse sur l’emplacement de ces bains est qu’ils ont voulu creusé moins profond pour obtenir de l’eau pouvant alimenter ses derniers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une récente étude a permis de dater Qusair Amra du règne du calife Omeyyade Al-Walīd II (743-744) et non plus sous le règne du calife Al-Walīd Ier au début du VIIIe siècle. Longtemps à l'état d'abandon, il est redécouvert par l’Allemand Ulrich Jasper Seetzen, qui le décrit dans ces récits de voyage en 1808, il apparaît aussi dans les carnets de voyage du Suisse Jean Louis Burckhardt, en 1812, mais c’est Alois Musil en 1898 qui organise les premières expéditions pour l’étudier. En 1907, il édita un ouvrage sur ce château, contenant des copies de presque chaque fresque.

Description[modifier | modifier le code]

Le bâtiment contenant les bains est composé de 7 pièces : une salle d’accueil avec son trône, 2 chambres de repos, 1 salle avec banquette, 1 tepidarium (bain tiède), 1 caldarium (bain chaud) et une salle de chauffe. La toiture, plutôt qu’être simple et unie, montre tout le savoir-faire omeyyade, en étant composée de 9 voûtes et d’une croix. A côté des bains se trouve un autre bâtiment, la Saqiyya, bâtiment contenant un puits et son bassin de récupération d’eau. L’eau était transférée aux bains par un système de canalisation souterrain.

Fresques[modifier | modifier le code]

Chaque pièce contenant des fresques racontent une histoire différente. Dans la salle d’accueil, la paroi de droite se divise en 4 scènes : une de chasse princière, une représentant 6 souverains (Rodéric des Wisigoths, Justinien II des Byzantins, Chosroes des Perses, Négus des Abyssiniens et probablement le roi des Indes ainsi que l’empereur de Chine), une représentation d’une femme nue se baignant et de jeunes gens récoltant des olives. Sur la paroi gauche raconte comment le château s’est construit, en représentant les artisans qui y ont œuvré. L’espace dédié au trône possède une fresque d’un prince dont on ne peut reconnaître l’identité, ainsi que plusieurs musiciens et danseurs. La salle des banquettes raconte le cycle de la vie, de la naissance à la mort. Le tepidarium possède une sorte de manuel d’utilisation illustré : des femmes procédant aux différentes étapes du bain. La voûte céleste avec les 12 signes du zodiaque est représentée dans le caldarium.

Restauration[modifier | modifier le code]

Longtemps laissé à l’abandon, ce site s’est détérioré au fil du temps. Après les relevés réalisé par Musil, il faut attendre 1972, pour qu’une équipe espagnole viennent consolider les murs, nettoyer les peintures et effectuer un relevé d’architecture. En 1989, un projet franco-jordanien effectue un relevé intégral des peintures et pose un nouveau dallage dans les bains, celui d’origine ayant disparu. Un système de protection contre les crus hivernales du wadi Boutoum est également réalisé.

Classement au Patrimoine mondial par l'UNESCO[modifier | modifier le code]

Les longues années d'abandon ont provoqué une grave détérioration de la décoration : les fresques sont endommagées par des graffitis. Des projets de restauration sont en cours. Le puits et le système d'adduction sont visibles. Il a été désigné patrimoine de l'humanité de l'UNESCO en 1985, sur la base des critères i), iii) et iv) (« chef d'œuvre du génie créatif humain », « témoignage unique ou pour le moins exceptionnel d'une tradition culturelle », et « exemple remarquable d'un type de bâtiment, d'ensemble architectural ou technologique ou paysage illustrant une étape significative de l'histoire humaine »).

Variantes orthographiques[modifier | modifier le code]

La translittération de l'arabe donne lieu à diverses variantes : Quseir Amra, Qasr Amrah, Qasayr Amra, Qasr Amra et Qusayr Amra.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alois Musil: Ḳuṣejr ʿAmra, Kaiserliche Akademie der Wissenschaften in Wien, Wien : k.k. Hof- u. Staatsdruckerei 1907, on-line
  • Martin Almagro, Luis Caballero, Juan Zozaya y Antonio Almagro, Qusayr Amra : residencia y baños omeyas en el desierto de Jordania, Ed. Instituto Hispano-Arabe de Cultura, 1975
  • Richard Ettinghausen, La peinture arabe, Genève, Skira-Flammarion (collection Les Trésors de l'Asie), 1977, pp. 29–33.
  • Martín Almagro, Luis Caballero, Juan Zozaya y Antonio Almagro, Qusayr Amra : Residencia y Baños Omeyas en el desierto de Jordania, Ed. Fundación El Legado Andalusí, 2002
  • Garth Fowden, Qusayr 'Amra : Art and the Umayyad Elite In Late Antique Syria, Ed. University of California Press, 2004
  • Claude Vibert-Guigue et Ghazi Bisheh, Les peintures De Qusayr 'Amra, Ed. Institut français du Proche-Orient, 2007
  • Jordanie : Arts et Merveilles, Ed. Geographic & Co., 2009
  • Art et histoire de la Jordanie, Ed. Bonechi, 2017

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]