Le Tartuffe ou l'Imposteur

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Tartuffe
ou
l'Imposteur
Image illustrative de l'article Le Tartuffe ou l'Imposteur

Auteur Molière
Genre Comédie
Nb. d'actes 5 actes en vers
Lieu de parution Paris
Éditeur Shaynez
Date de la 1re représentation en français 12 mai 1664 /
5 août 1667/
5 février 1669 (version définitive)
Lieu de la 1re représentation en français Versailles
Metteur en scène Molière

Le Tartuffe ou l’Imposteur est une comédie en cinq actes (comportant respectivement 5, 4, 7, 8 et 7 scènes) et en vers (1 962 alexandrins) de Molière représentée pour la première fois au château de Versailles le 12 mai 1664 dans le cadre des quatre jours de jeux et de spectacles qui avaient prolongé les trois grandes journées de fête intitulées Les Plaisirs de l'Île enchantée. Elle ne comportait alors que trois actes.

On a longtemps cru que Molière l'avait écrite en réaction aux agissements de la très dévote Compagnie du Saint-Sacrement, mais on sait aujourd'hui que cette influence a été considérablement exagérée par les historiens anticléricaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle[1]. En fait, dans la mesure où les dévots qui étaient présents à la Cour critiquaient le libertinage des mœurs (et les amours adultères du roi), le luxe, les fêtes, la politique de prestige et même la politique extérieure du royaume, Molière a été tenté, après avoir fait la satire de la conception traditionnelle (et donc catholique) du mariage dans L'École des femmes, de lancer une satire de la dévotion. En proposant un spectacle dans lequel les dévots sont présentés soit comme des ridicules (Orgon) soit comme des hypocrites (Tartuffe), il savait qu'il obtiendrait l'approbation du roi, les applaudissements de la plus grande partie de la Cour et les rires de l'aristocratie mondaine qui était la partie influente de son public dans son théâtre du Palais-Royal. Une thèse est que la pièce fut même une commande personnelle du roi pour le protéger des critiques de l'entourage de la reine-mère sur sa vie privée, la pièce étant jouée pour les Plaisirs de l'Île enchantée alors qu'y était célébré le retour de couches de sa maîtresse Mlle de La Vallière[2].

Louis XIV, qui avait applaudi la pièce à Versailles, dut se résoudre à interdire à Molière d'en donner des représentations publiques, à la demande de l'archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, son ancien précepteur : l'Église et les dévots accusaient Molière d'impiété et lui reprochaient de donner une mauvaise image de la dévotion et des croyants. Après un premier placet adressé au roi pour défendre sa pièce et accuser ses ennemis de ne pas être de vrais dévots, mais de dangereux hypocrites, Molière entreprit de la remanier pour la rendre moins provocante, tout en composant et créant plusieurs autres pièces célèbres : Dom Juan ou le Festin de pierre en 1665, qui connaîtra six semaines de triomphe avant de tomber dans l'oubli[3] ; puis Le Misanthrope ou l'Atrabilaire amoureux en juin 1666 (la pièce avait été entreprise au début de 1664, parallèlement à Tartuffe), puis plusieurs autres divertissements, pastorales et comédies (dont L'Avare en 1668). Une deuxième version en cinq actes, jouée le 5 août 1667 sous le titre de L'Imposteur avec l'accord du roi, fut aussitôt interdite en l'absence de Louis XIV (qui faisait alors le siège de Lille). Malgré les plaidoiries de Molière (il écrivit alors un deuxième placet), ce n'est qu'en 1669, au lendemain de la signature de la « Paix de l'Église » qui, apaisant les tensions religieuses, redonnait les coudées franches à Louis XIV, que la pièce — désormais appelée Tartuffe ou l'Imposteur — fut autorisée à être jouée régulièrement au théâtre du Palais-Royal et connut un immense succès : du 5 février au 9 avril, date de la clôture annuelle du théâtre pour la Semaine sainte, la troupe donna 28 représentations consécutives de la pièce, sans compter six visites, dont une chez la reine[4]. Molière en profita alors pour écrire un troisième placet triomphateur.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Madame Pernelle : mère d'Orgon et favorable à Tartuffe qui est, d'après elle, un personnage pieux et respectable. Dès la scène d'exposition, elle est immédiatement disqualifiée par Molière : elle incarne l'aveuglement d'une génération dépassée. D'ailleurs, elle sera la dernière personne à comprendre son erreur.
  • Orgon : mari d'Elmire et fils de Madame Pernelle. C'est une personne naïve et entêtée.
  • Elmire : femme d'Orgon. Contrairement à Orgon, elle est présentée comme un personnage entièrement positif. Elle est caractérisée par deux termes: la discrétion et l'efficacité. En effet, sans les interventions intempestives de Damis, la pièce aurait pu se terminer bien plus tôt. Elle est le dernier recours pour démêler des situations familiales complexes (mariage entre Tartuffe et Mariane).
  • Damis : fils d'Orgon et frère de Mariane, il a reçu le caractère de son père (colérique) mais ses actions demeurent inefficaces.
  • Mariane : fille d'Orgon, sœur de Damis et amante de Valère. Elle est très timide et plutôt passive.
  • Valère : amant de Mariane.
  • Cléante : beau-frère d'Orgon. Personnage calme, réfléchi et intelligent. C'est pourquoi il essaye de raisonner Tartuffe à l'acte IV.
  • Tartuffe : faux dévot. Hypocrite et pique-assiette. Il n'arrive pas avant la scène 2 de l'acte III et sera absent pendant presque tout l'acte V.
  • Dorine : suivante de Mariane. Personnage plein de bon sens et de franc parler.
  • Monsieur Loyal : sergent royal[5]
  • Un exempt : officier royal chargé des arrestations.
  • Flipote : servante de Madame Pernelle.

Résumé[modifier | modifier le code]

alternative à l'image
Frontispice du Tartuffe (Pierre Brissart, 1682)
Tartuffe : « Ah ! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme » (acte III, scène 3, vers 966).

Orgon est l’archétype du personnage de cour tombé sous la coupe de Tartuffe, un hypocrite et un faux dévot. Il est, ainsi que sa mère, Madame Pernelle, dupe de Tartuffe. Ce dernier réussit à le manipuler en singeant la dévotion et il est même parvenu à devenir son directeur de conscience. Il se voit proposer d'épouser la fille de son bienfaiteur, alors même qu’il tente de séduire Elmire, la femme d'Orgon, plus jeune que son mari. Démasqué grâce à un piège tendu par cette dernière afin de convaincre son mari de l'hypocrisie de Tartuffe, Tartuffe veut ensuite chasser Orgon de chez lui grâce à une donation inconsidérée que celui-ci lui a faite de ses biens. En se servant de papiers compromettants qu’Orgon lui a remis, il va le dénoncer au Roi. Erreur fatale : le Roi a conservé son affection à celui qui l’avait jadis bien servi lors de la Fronde. Il lui pardonne et c’est Tartuffe qui est arrêté.

Acte I[modifier | modifier le code]

La scène d'exposition s'ouvre sur le départ mouvementé de madame Pernelle, mère d'Orgon, déçue et révoltée du train de vie que mènent ses petits-enfants, sa belle fille et son beau-fils par alliance. Ainsi l'acte s'ouvre sur le chaos installé par Tartuffe dans cette famille. Orgon apparaît alors. Il raconte avec émotion à Cléante sa première rencontre avec Tartuffe.

Acte II[modifier | modifier le code]

Orgon veut briser son engagement envers Valère et marier sa fille Mariane à Tartuffe. Cette nouvelle cause une dispute entre les deux amants, dispute vite réglée par Dorine la suivante de Mariane, qui complote pour rétablir le calme dans sa maison.

Acte III[modifier | modifier le code]

Tartuffe apparaît et tente de séduire Elmire. Damis entend la conversation et en informe son père. Par la suite, Damis est chassé par son père qui l'accuse de dénigrer Tartuffe. Orgon veut faire de Tartuffe son héritier.

Acte IV[modifier | modifier le code]

Cléante tente en vain de mettre Tartuffe en face de ses responsabilités. Il est la cause du renvoi de Damis. Quant à l’héritage, il lui indique qu’il n’a aucune légitimité pour en bénéficier. Tartuffe reste intraitable : il n’interviendra pas pour aider Damis et il ne peut refuser cette donation. Mariane, dont le sort semble scellé, livre à son père son désespoir de se voir promise à Tartuffe. Elmire décide alors d’agir. Face à la crédulité et à l'aveuglement de son mari, elle lui propose de lui apporter la preuve de l’hypocrisie de son protégé. Elle demande à Orgon de se cacher sous la table afin qu'il puisse assister à une entrevue qui n'aura d'autre but que de révéler la véritable personnalité de Tartuffe. Survient alors Tartuffe qui se montre tout d’abord méfiant. Puis très vite il recommence une cour assidue auprès d’Elmire. À la fois furieux et effondré, Orgon intervient et ordonne à Tartuffe de quitter les lieux. Hélas, il est trop tard. Tartuffe rappelle à Orgon qu’il lui a fait don durant l’après-midi de ses biens et que c'est lui, Tartuffe, qui est à présent le propriétaire de la maison.

Acte V[modifier | modifier le code]

Tartuffe réclame l'arrestation d'Orgon, comme traître au Roi. En effet Orgon a mis dans ses mains une cassette qu'un ami lui avait confié, cette cassette contenant des documents compromettants. Coup de théâtre : l'exempt lui rétorque que c'est lui, Tartuffe qu'on va arrêter sur le champ sur ordre du Roi. Tartuffe ne comprend pas. C'est que le Roi, en récompense des services rendus par Orgon, lui pardonne cette correspondance et punit le délateur Tartuffe, coupable d'un crime commis avant le temps de la pièce.

Ainsi la pièce se termine dans la joie, car, de ce fait et par autorité royale, le Prince annule les papiers signés par Orgon et faisant acte de donation à Tartuffe et Orgon donne la main de Mariane à Valère, « amant fidèle ».

Le premier Tartuffe[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas le texte de la version du Tartuffe jouée le 12 mai 1664, car le lendemain ou le surlendemain Louis XIV se résigna, à la demande de l'archevêque de Paris, son ancien précepteur, à défendre à Molière de la représenter en public (ce qui ne l'empêcha pas de la revoir, en privé avec une partie de la Cour, chez Monsieur[6], à Villers-Cotterêts, au mois de septembre). On connaît seulement la version considérablement remaniée pour la rendre acceptable, qu'il publiera cinq ans plus tard en 1669, aussitôt après avoir obtenu permission de la jouer.

Les critiques et les historiens ont essayé de préciser ce qu’était le premier Tartuffe de 1664. Longtemps induits en erreur par la note de présentation due à La Grange dans l'édition posthume de 1682[7], ils ont cru jusqu'à une date récente que la pièce jouée en mai et en septembre 1664 était une version incomplète qui ne comportait que les trois premiers actes: elle se serait donc terminée sur le triomphe de Tartuffe, qui s'apprête à épouser la fille de la maison, à disposer de tout le bien de la famille (le fils ayant été chassé par le père, Orgon, aveuglé par la fausse dévotion et la feinte humilité de Tartuffe) et à recevoir même le don de la demeure familiale de la main d'Orgon. En fait, depuis une cinquantaine d'années, les historiens de la littérature et du théâtre[8]sont parvenus à montrer sans ambiguïté que le premier Tartuffe était une pièce complète en trois actes, qui mettait en scène une histoire connue depuis le Moyen Âge par de nombreuses versions narratives, celle « du religieux impatronisé qui tente de séduire la femme de son hôte et qui est démasqué et chassé grâce à la ruse de celle-ci»[9]. Ils expliquent que la version définitive de Tartuffe laisse encore clairement voir la trame initiale, qui se déroulait en trois temps correspondant aux trois actes : «(I) un mari dévot accueille chez lui un homme qui semble l’incarnation de la plus parfaite dévotion ; (II) celui-ci, tombé amoureux de la jeune épouse du dévot, tente de la séduire, mais elle le rebute tout en répugnant à le dénoncer à son mari qui, informé par un témoin de la scène, refuse de le croire ; (III) la confiance aveugle de son mari pour le saint homme oblige alors sa femme à lui démontrer l’hypocrisie du dévot en le faisant assister caché à une seconde tentative de séduction, à la suite de quoi le coupable est chassé de la maison.»[10] Cette première version correspondrait donc aux actes I, III et IV (à la réserve de la dernière scène) de la version actuelle, sans doute augmentée de l'actuelle scène V,3 (jusqu'au vers 1696). Les personnages de Mariane et de Valère en étaient absents, et c'est du mariage rompu de Damis qu'il était question, ce qui explique sa violente colère dès le début de l'acte III actuel (on comprend mal aujourd'hui qu'il entre en fureur contre Tartuffe parce qu'il a fait rompre le mariage de sa sœur).

Le site "Molière21", qui se présente comme le complément "numérique" de la nouvelle édition de Molière dans la Bibliothèque de la Pléiade, propose une reconstruction de cette première version en trois actes intitulée Le Tartuffe ou l'Hypocrite [11].

Les thèmes[modifier | modifier le code]

Dans cette pièce de Molière, plusieurs thèmes sont traités. Le plus important est celui de l'hypocrisie autour duquel rayonnent d'autres thèmes comme la religion.

L'hypocrisie[modifier | modifier le code]

Parmi les thèmes abordés dans la pièce, l'hypocrisie en est le plus important. On peut classer Le Tartuffe dans la lignée des autres pièces de Molière, L'Avare, Les Précieuses ridicules, Le Bourgeois gentilhomme, Le Misanthrope ou l'Atrabilaire amoureux et Dom Juan ou le Festin de pierre, destinées à dépeindre et ridiculiser un vice (comédie de caractère). Lorsqu'il publia la version en cinq actes de sa pièce, Molière écrivit une préface destinée à masquer ses intentions initiales (voir plus bas) en prétendant que son objectif premier avait été de dépeindre « un méchant homme ». Il précise en outre que « l'hypocrisie est dans l'État, un vice bien plus dangereux que tous les autres ». Un hypocrite est une personne dont les actes camouflent la pensée. Tartuffe est un personnage qui ne révèle pas ses sentiments intérieurs. Molière va donc pendant deux actes présenter Tartuffe au travers des descriptions qu'en font les autres personnages sans jamais le montrer sur scène. Son objectif est que le spectateur se fasse une opinion du personnage avant que celui-ci n'apparaisse. Dès la première scène, le personnage est campé, décrit par Damis comme un « cagot de critique », par Dorine comme « un gueux, qui quand il vint n'avait pas de souliers » et qui se comporte en maître, un hypocrite et un jaloux, un goinfre et un bon vivant (scène IV). Orgon lui le voit comme un humble, un doux, priant avec de grands soupirs, refusant l'aumône et se chargeant de tous les péchés, un être vertueux combattant tous les vices. Sous cette humilité se cache un ambitieux qui a pris le pouvoir dans la maison d'Orgon. Ainsi la double facette du personnage est présentée et quand Tartuffe paraît, le spectateur connait déjà la duplicité de ce faux dévot et se demande seulement comment les honnêtes gens vont réussir à mettre à jour sa supercherie. Son attirance pour Elmire qu'il ne peut cacher semble être son point faible mais quand il est accusé de ce fait, il abonde tant dans ce sens, se traitant lui-même plus bas que terre (méchant, coupable, scélérat, chargé de souillure, de crimes et d'ordures, perfide, infâme, perdu, homicide) qu'il coupe l'herbe sous les pieds de ses accusateurs et se pose en victime. Il faudra qu'Orgon lui-même soit témoin de la scène pour qu'il comprenne enfin le personnage capable de dire de la morale « ce n'est pas pécher que pécher en silence » et d'Orgon « Je l'ai mis au point de tout voir sans rien croire ».

Les réactions[modifier | modifier le code]

Le lendemain ou le surlendemain[réf. nécessaire] du 12 mai 1664, date à laquelle Le Tartuffe originel est présenté lors de la fête des « Plaisirs de l'Ile enchantée », Louis XIV se résigna, à la demande de l'archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, son ancien précepteur, mais aussi, probablement, sous l'insistance de sa mère, Anne d'Autriche[12], à défendre à Molière de représenter sa comédie en public (ce qui ne l'empêcha pas de la revoir, en privé avec une partie de la Cour, chez Monsieur[6], à Villers-Cotterêts, au mois de septembre). On connaît seulement la version considérablement remaniée pour la rendre acceptable, qu'il publiera cinq ans plus tard en 1669, aussitôt après avoir obtenu permission de la jouer.

On conçoit que cette satire de la dévotion ait plu au roi, excédé par les admonestations des dévots à l'égard de sa conduite et, en particulier de ses amours adultères[13]. Même si l’on sait aujourd’hui que l’influence de la Compagnie du Saint-Sacrement dont les membres se recrutaient dans l’aristocratie (Conti), la bourgeoisie parlementaire (Lamoignon) et le haut clergé (Bossuet), a été considérablement exagérée par les historiens anticléricaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècles, il n’en reste pas moins que les dévots étaient toujours présents à la Cour où ils critiquaient le libertinage des mœurs, le luxe, les fêtes, la politique de prestige et même la politique extérieure du royaume.

On comprend donc en même temps que cette satire de la dévotion ait scandalisé ces milieux dévots, et que Louis XIV, qui venait de confier à l’archevêque de Paris, un de leurs principaux représentants, le soin de mener une guerre totale contre «la secte janséniste», se soit laissé convaincre par lui qu’il devait apparaître comme le défenseur de la Religion et de l’Église face à l’hérésie et donc renoncer à autoriser Molière à monter Tartuffe. Molière ne se laissa pas démonter  : quelques semaines plus tard, il sut retourner à son avantage la violente attaque d’un dévot extrémiste, le curé Roullé qui l’avait traité, dans un de ses ouvrages intitulé Le Roi glorieux au monde, de «Démon vêtu de chair» et le menaçait du feu : il en appela au roi dans un premier «Placet» (été 1664) où il adoptait une posture de victime face aux hypocrites et à ceux qu’il appelait les faux dévots et qu’il opposait aux «vrais dévots», et où il prétendait que, loin d’avoir fait la satire de la dévotion, il n’avait fait que remplir sa fonction d’auteur de comédie, invoquant — pour la première fois de sa carrière — le traditionnel but moral de la comédie[14] : «Le Devoir de la Comédie étant de corriger les Hommes en les divertissant, j’ai cru que dans l’emploi où je me trouve je n’avais rien de mieux à faire que d’attaquer par des peintures ridicules les vices de mon Siècle ; et comme l’Hypocrisie sans doute en est un des plus en usage, des plus incommodes, et des plus dangereux…»

Il entreprit alors de remanier sa pièce pour la mettre en conformité avec son argumentation défensive (tout en procurant un nouveau spectacle à son théâtre, Le Festin de Pierre, rebaptisé Don Juan après sa mort). Il transforma son personnage, qui quitta sa qualité de directeur de conscience laïc et son habit d’homme d’Église (grand chapeau, cheveux courts, petit collet, vêtements austères[15]) pour devenir un aventurier louche qui se fait passer pour un homme du monde (dévot) afin de s’introduire dans une famille sous couleur de la religion pour en mettre le chef sous tutelle, en courtiser la femme, en épouser la fille et en détourner le bien à son profit. On sait par une lettre du duc d’Enghien datant de la fin d’octobre 1665 que Molière était en train de finir d’ajouter un quatrième acte à sa pièce (qui correspond au cinquième acte de la version définitive), de façon a créer un rebondissement : Tartuffe, devenu un escroc habile, ne se laissait plus chasser piteusement comme dans la version initiale, mais se révélait maître de la maison d’Orgon et de ses papiers compromettants. Du coup Molière peut produire à la dernière scène le coup de théâtre qui rétablit l’ordre familial bafoué par l’intrusion et les menées malhonnêtes de l’imposteur. L’intervention royale, telle que la décrit l’officier qui exécute ses ordres (v. 1904-1944), n’est pas simplement celle d’un deus ex machina, d’un dieu de théâtre descendu "de la machine" pour dénouer une action sans issue. Le roi est en effet présenté par l’Exempt qui arrête Tartuffe — au moment où celui-ci lui demandait d’arrêter Orgon — en garant de la véritable justice qui ne se laisse pas prendre aux apparences.»[16]. Autrement dit, Molière avait transformé sa pièce en pièce politique dans laquelle le roi intervenait à ses côtés pour condamner les hypocrites. Il ne lui restait plus qu’à intercaler un deuxième acte, consacré aux amours malheureuses de la fille de la famille (promise au nouveau Tartuffe devenu faux homme du monde) et de son amoureux (absents de la version primitive)[17].

À la fin de juillet 1667, Molière profite d’un passage du roi chez son frère et sa belle-sœur (« Madame », Henriette d’Angleterre) à Saint-Cloud pour lui arracher l’autorisation de représenter cette nouvelle version. La pièce s’appelle désormais L’Imposteur et Tartuffe est devenu Panulphe. Elle est créée le 5 août au Palais-Royal devant une salle comble. Mais l’interdiction est immédiate et il n’y a pas de seconde représentation. Le président du Parlement Lamoignon (chargé de la police en l’absence du roi qui mène campagne en Flandres et fait le siège de Lille) fait rappeler à la troupe par huissier que Le Tartuffe est interdit. L’archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe de Beaumont, fait défense, sous peine d’excommunication, de représenter, lire ou entendre la pièce incriminée. Molière tente des démarches inutiles auprès du roi (deux comédiens font le voyage jusqu’à Lille pour apporter de sa part un second Placet au Roi), car l’intervention de l’archevêque lui a lié les mains.

Il faudra attendre encore un an et demi, et la fin de la guerre contre les jansénistes qui permit à Louis XIV de retrouver ses coudées franches en matière de politique religieuse : l’autorisation définitive de Tartuffe — désormais intitulé Le Tartuffe ou l’Imposteur — intervint « au moment exact de la conclusion définitive de la Paix de l’Église, aboutissement de longues négociations entre d’un côté les représentants du roi et le nonce du pape et de l’autre les représentants des Messieurs de Port-Royal et des évêques jansénistes. La coïncidence est frappante : l’accord conclu en septembre 1668, c’est le 1er janvier 1669 qu’une médaille commémorant la Paix de l’Église fut frappée. Et c’est le 3 février, deux jours avant la première du Tartuffe, que le nonce du pape remit à Louis XIV deux « brefs » dans lesquels Clément IX se déclarait entièrement satisfait de la « soumission » et de « l’obéissance » des quatre évêques jansénistes.»[18]

Le Tartuffe définitif fut ainsi créé le 5 février 1669. C’est le triomphe de Molière, sa pièce le plus longtemps jouée (72 représentations jusqu’à la fin de l’année), son record de recettes (2860 livres le premier jour, six recettes de plus de 2000 livres, 16 de plus de 1000, une moyenne de 1337 livres contre 940 pour L’École des femmes). L’affaire du Tartuffe est aussi une affaire d’argent.

Les intentions de Molière[modifier | modifier le code]

Les intentions de Molière ont été entièrement brouillées par la réécriture de la pièce et son passage de trois à cinq actes. Si l'on revient à ce qu'on peut savoir du premier Tartuffe en trois actes (voir plus haut), la pièce avait été conçue non point comme une attaque de l'hypocrisie des hommes en général et de la fausse dévotion, mais comme une satire de la (vraie) dévotion. Tous les traités de dévotion depuis l'Introduction à la vie dévote de saint François de Sales insistaient sur la nécessité absolue, pour quiconque voudrait vivre "en Dieu" tout en restant "dans le monde", de se laisser guider par un directeur de conscience: un homme distinct du confesseur et le plus souvent choisi parmi une catégorie relativement répandue, des laïcs qui avaient fait voeu d'obéissance à Dieu, de pénitence, de pauvreté, de chasteté. La toute-puissance acquise par ces hommes dans certaines familles était déplorée par les catholiques modérés et moquée par les incrédules (ceux que l'Église appelait les "libertins", au nombre desquels ses adversaires rangeaient Molière). Surtout que ces directeurs de conscience étaient des hommes, qu'ils étaient donc souvent victimes des tentations humaines et que dès lors ils tombaient dans le défaut que depuis ses origines l'Église chrétienne appelait hypocrisie envers Dieu: se persuader soi-même qu'on agit par et pour Dieu, alors qu'en fait on est guidé par les passions humaines, orgueil, concupiscence, etc. Autrement dit, catholiques modérés et libres penseurs estimaient que la "vie dévote" aboutissait à mettre des familles entières sous la coupe d'un couple infernal: le chef de famille aveuglément abandonné entre les mains du directeur de conscience qu'il considère comme l'émanation de la parole de Dieu; et le directeur de conscience qui prétend guider tout le monde mais qui est incapable de se guider lui-même.

Molière savait qu'en écrivant une satire burlesque de ce couple et en insistant sur l'aveuglement ridicule du chef de famille qui en oublie toute charité chrétienne et sur l'hypocrisie naïve d'un bon gros directeur de conscience, amateur de bonne chère et incapable de résister à la beauté de la maîtresse de maison, il ferait rire la majorité de son public, aussi bien à la Ville qu'à la Cour. À commencer par Louis XIV, lassé de voir sa vie amoureuse critiquée par les plus rigoristes des ecclésiastiques et par les dévots: c'est ce qui explique que le roi et son entourage, parfaitement informé, si ce n'est du détail, du moins des grandes lignes de la comédie, avaient invité Molière à en donner une avant-première à Versailles à la fin des fêtes des "Plaisirs de l'Ile enchantée".

Après avoir applaudi la pièce, Louis XIV fut conduit (pour les raisons expliquées plus haut) à en interdire tout représentation publique dès le lendemain de cette avant-première. Les dévots en profitèrent pour se déchaîner contre la comédie et contre Molière, traité de libertin, d'athée, de dangereux ennemi de la religion: au mois d'août 1664, le curé Roullé, dans un volume remis en main propre à Louis XIV, Le Roi glorieux au Monde, le félicitait d'avoir interdit Tartuffe, présenté comme une œuvre destinée à "ruiner la Religion catholique, en blâmant et jouant sa plus religieuse et sainte pratique, qui est la conduite et direction des Ames et des familles par de sages Guides et Conducteurs pieux".

Pour contrer cette attaque qui mettait clairement à plat les intentions de Molière — ridiculiser la direction de conscience, cœur de la vie dévote —, il fallait, d'une part, argumenter en sens contraire: c'est le sens du premier Placet au Roi dans lequel Molière déclare s'attaquer à l'hypocrisie en général et à la fausse dévotion et affirme que tous les "gens de bien" (entendre les chrétiens sincères et modérés) ont approuvé sa pièce: le rôle de l'homme raisonnable, Cléante, le frère d'Elmire, prêchant dans la pièce pour une religion ouverte et tolérante allait déjà dans ce sens. Il fallait, d'autre part, transformer la pièce afin qu'elle puisse passer effectivement pour ce que Molière disait qu'elle était vraiment en brouillant les intentions initiales de son auteur. Transformation d'autant plus facile que la première version était en trois actes et que la comédie ne pourrait que changer de visage en passant au format le plus courant (cinq actes).

La première opération a consisté à ajouter une ultime scène au troisième acte (=fin de l'acte IV dans la version définitive) et un quatrième acte (=acte V dans la version définitive)[19] : Tartuffe n'était plus cette sorte de moine laïc, gros et gras, victime de la tentation (un "hypocrite" tel que l'Église définissait les croyants insincères qu'elle recélait en son sein); il devenait un "scélérat", véritable criminel masqué qui simulait la dévotion afin de s'introduire dans les familles, s'emparer des héritages au détriment des fils, épouser les filles et coucher avec les épouses. Ce qui a permis à Molière d'introduire Louis XIV lui-même, incarnation de la justice qui envoie un de ses représentants démasquer et arrêter le criminel — bel hommage au souverain qui, tout en étant contraint d'interdire la pièce durant cinq ans, n'en a pas moins soutenu discrètement l'entreprise de Molière. Mais, du coup, le contraste est frappant entre les deux visages de Tartuffe, le bonhomme des premiers actes et le froid calculateur de la fin de l'acte IV et de l'acte V. La critique s'étonne depuis trois siècles des disparates présentées par les paroles et le comportement du personnage. Mais l'évolution du projet imposée par les circonstances a eu pour effet de brouiller les intentions initiales de Molière et de faire passer au second plan la satire de la dévotion (car Orgon demeure un dévot ridicule dans son aveuglement béat envers son directeur de conscience).

Origines du personnage et du nom[modifier | modifier le code]

Pour créer son personnage, Molière s'inspire d'une pièce de Pierre l'Arétin de 1542, Lo Ipocrito, dans laquelle Ipocrito, personnage aux yeux baissés, maigre et goinfre, habillé de noir et portant un bréviaire sous le bras, s'introduit dans la maison de Liseo, flattant le maître de maison, convoitant son épouse et intriguant pour parvenir à ses fins[20]. Les contemporains ont cru reconnaître dans le personnage de Tartuffe les traits de l'abbé Roquette, conseiller spirituel du prince de Conti[21] et dans Orgon le prince de Conti lui-même[22]. Tallemant des Réaux y voit les traits de l'abbé de Pons[23]. Cette ressemblance est aussi signalée par Shirley T.Wong[24], qui cite aussi Nicolas Charpy de Sainte-Croix[25], et Jacques Cretenet[26].

De nombreuses hypothèses ont été émises sur l'origine du nom de Tartuffe. Certains y voient une origine italienne, tartufoli siginifiant truffe, et le rapprochent du verbe truffer qui signifie tromper[27] et truffatore signifiant escroc[28]. L'abbé de Longuerue y voit une origine allemande et le fait dériver de der Teufel (le diable)[27]. D'autres y voient un mot dérivé du nom de Montufar, tiré de l'œuvre de Paul Scarron, Les Hypocrites[29]. Le terme de tartufo apparait dans une pièce de Giambattista della Porta écrite vers 1606, Lo astrologo[30], où l'un des personnages (Vignarolo) en traite un autre de cheval, de bœuf, d'âne et de tartufo[31] dans le sens probable de stupide. Le terme de Tartufo apparait aussi dans un poème de Lorenzo Lippi, Il Malmantile racquistato[32], avec le sens probable d'homme à l'esprit méchant[33].

Selon Hippolyte Lucas (1865)[34], le nom de Tartufe est attesté sur une gravure de Jacques Lagniet difficile à dater avec précision avec la légende suivante « Cette vieille medus a le teint si farouche, l'estomac si mauvais qu'il ne sort de sa bouche qu'une haleine puante et des crachats gluants(...). »[35]. Cependant, Auguste Baluffe[36] met en doute l'antériorité de cette gravure sur l'œuvre de Molière mais signale la présence de ce terme attestée dans le langage populaire avant la pièce. Le qualificatif de tartuffe est donné à une personne possédant une mauvaise haleine[37] mais on le trouve aussi avec le sens de personne hypocrite vivant dans l'imposture[38].

C'est cependant la popularité de l'œuvre de Molière qui est à l'origine du sens actuel du mot tartuffe (hypocrite)[39] et des dérivés tartuferie (comportement d'hypocrite), tartufier (tromper).

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs et actrices ayant créé les rôles
Personnage Acteur ou actrice
Mme Pernelle, mère d’Orgon Béjart
Orgon, mari d’Elmire Molière
Elmire, femme d’Orgon Armande Béjart
Damis, fils d’Orgon Hubert
Mariane, fille d’Orgon et amante de Valère Mlle de Brie
Valère, amant de Mariane La Grange
Cléante, beau-frère d’Orgon La Thorillière
Tartuffe, faux dévot Du Croisy
Dorine, suivante de Mariane Madeleine Béjart
M. Loyal, sergent De Brie
Un exempt imene
Flipote, servante de madame Pernelle Phlipote

Répliques célèbres[modifier | modifier le code]

  • « On n’y respecte rien, chacun y parle haut,
Et c’est tout justement la cour du roi Pétaut. » (Mme Pernelle, acte I, scène I, vers 11-12)
  • « ... Vous êtes un sot en trois lettres, mon fils. » (Mme Pernelle, acte I, scène I, vers 16)
  • « Il est de faux dévots ainsi que de faux braves. » (Cléante, acte I, scène V, vers 326)
  • « Ah! vous êtes dévot, et vous vous emportez ! » (Dorine, acte II, scène II, vers 552)
  • « Non, vous serez ma foi! Tartufiée. » (Dorine, acte II, scène III, vers 552)
  • « Couvrez ce sein que je ne saurais voir. »
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
et cela fait venir de coupables pensées. (Tartuffe, acte III, scène II, vers 860-862)
  • « Ah ! pour être dévot, je n’en suis pas moins homme ! » (Tartuffe, acte III, scène III, vers 966)
  • « Le Ciel défend, de vrai, certains contentements. »
Mais on trouve avec lui des accommodements. (Tartuffe, acte IV, scène V, vers 1487-1488)
  • « Le scandale du monde est ce qui fait l’offense,
Et ce n’est pas pécher que pécher en silence. » (Tartuffe, acte IV, scène V, vers 1505-1506)
  • « C’est à vous d’en sortir, vous qui parlez en maître.
La maison m’appartient, je le ferai connaître. » (Tartuffe, acte IV, scène VII, vers 1557-1558)
  • « La vertu, dans le monde, est toujours poursuivie ;
Les envieux mourront, mais non jamais l’envie. » (Mme Pernelle, acte V, scène III, vers 1665-1666)
  • « Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu,
Ce qu’on appelle vu. » (Orgon, acte V, scène III, vers 1676-1677)
  • « Juste retour, Monsieur, des choses d’ici-bas ;
Vous ne vouliez point croire, et l’on ne vous croit pas. » (Dorine, acte V, scène III, vers 1695-1696)
  • « Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude. » (L'Exempt, acte V, scène VII, vers 1906)

Mises en scènes notables[modifier | modifier le code]

Réécritures[modifier | modifier le code]

  • L'un des caractères de La Bruyère fait référence à Tartuffe : il s'agit du portrait d'Onuphre (De la Mode, XIII)
  • Au XVIIIe siècle, Beaumarchais donne à son drame La mère coupable le sous-titre L'autre Tartuffe.
  • Au XXe siècle paraissent deux réécritures notables : Le Tartuffe repenti de Bernard Diez (1959) et Le Tartuffe de Molière par Rolf Hochhuth

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le livre de F. Rey, Molière et le roi. L'affaire Tartuffe, Fayard, 2006
  2. Marie-Christine Moine, Les fêtes à la cour du Roi Soleil : 1653-1715, Fernand Lanore,‎ 1984, p. 145
  3. Sur le destin de cette pièce, voir l'article correspondant.
  4. Ramon Fernandez, Molière ou l'essence du génie comique, Grasset,‎ 2000, p. 121
  5. Du temps de Molière, un sergent royal est un huissier chargé de faire appliquer les décisions de justice.
  6. a et b Monsieur, frère unique du Roi, était officiellement le patron de la troupe de Molière
  7. Note apparemment corroborée par un rajout dans son propre "Registre", dont les chercheurs du XXe siècle ont montré qu'il avait non pas été tenu au jour le jour, mais entrepris au plus tôt dans les années 1680: voir, entre autres, l'édition du Registre par Young & Young (Droz, 1947), ainsi que la nouvelle édition des Œuvres complètes de Molière dans la Bibliothèque de la Pléiade (2010)
  8. John Cairncross, Molière bourgeois et libertin, Paris, Nizet, 1963; François Rey,Molière et le Roi. L’affaire Tartuffe, Paris, Seuil, 2007; Georges Forestier & Claude Bourqui dans la nouvelle édition des Œuvres complètes de Molière dans la Bibliothèque de la Pléiade (2010, vol.II, p.1361 et suiv.
  9. Forestier & Bourqui, notice de Tartuffe dans la nouvelle édition des Œuvres complètes de Molière, dans la Bibliothèque de la Pléiade 2010, vol.II p. 1364
  10. Forestier & Bourqui, Pléiade 2010, vol. II, p. 1364
  11. Le Tartuffe ou l'hypocrite, version de 1664 reconstruite par Georges Forestier et Isabelle Grellet
  12. Gustave Michaut, Les Luttes de Molière, Slatkine, 1968 p. 38-39
  13. En 1662, Bossuet, choisi par la reine mère pour prêcher le Carême, blâme la liberté de mœurs de la Cour. Prise de remords, La Vallière, maîtresse non encore déclarée, s’enfuit dans un couvent où le roi doit aller lui-même la chercher.
  14. Sur tout cela, voir le dossier le plus à jour et le mieux argumenté est celui de François Rey dans son livre Molière et le Roi. L’affaire Tartuffe, Paris, Seuil, 2007
  15. « J’ai eu beau lui donner un petit chapeau, de grands cheveux, un grand collet, une épée et des dentelles sur tout l’habit, cela n’a de rien servi. » écrit Molière en 1667 après avoir modifié sa pièce.
  16. Notice de Tartuffe dans la nouvelle édition de la Pléiade, 2010 (vol. II, p. 1385-1386)
  17. Sur l’ensemble de ces remaniements, voir le livre cité de J. Cairncross et la Notice Tartuffe de la nouvelle éd. de la Pléiade (déjà citée).
  18. Notice du Tartuffe dans la nouvelle édition des Œuvres complètes de Molière dans la Bibliothèque de la Pléiade (vol. II, p. 1361) ; pour plus de détail sur cette coïncidence, voir le livre de François Rey, Molière et le Roi, déjà cité.
  19. Cette hypothèse est défendue dans la notice de la nouvelle édition des Oeuvres de Molière pour la Bibliothèque de la Pléiade (Paris, Gallimard, 2010). Auparavant, elle avait été formulée par J. Cairncross dans son ouvrage Molière bourgeois et libertin (Paris, Nizet, 1963).
  20. P.G. Dublin, La Vie de l'Aretin p. 250 et suivantes
  21. Études sur Molière: le Tartuffe par ordre de Louis XIV; le véritable prototype de l'imposteur. Recherches nouvelles, pièces inédites publiées par Louis Lacour (1877), p 61, Lire en ligne
  22. Études sur Molière: le Tartuffe par ordre de Louis XIV; le véritable prototype de l'imposteur. Recherches nouvelles, pièces inédites publiées par Louis Lacour (1877), pp 69 et suivantes, Lire en ligne
  23. Études sur Molière: le Tartuffe par ordre de Louis XIV; le véritable prototype de l'imposteur. Recherches nouvelles, pièces inédites publiées par Louis Lacour (1877), p 76, Lire en ligne
  24. Shirley T.Wong, Thèse sur La situation de Tartuffe au temps de Molière: interférences, rencontres, affinités pp 51-54
  25. Shirley T.Wong, Thèse sur La situation de Tartuffe au temps de Molière: interférences, rencontres, affinités pp 55-59
  26. Shirley T.Wong, Thèse sur La situation de Tartuffe au temps de Molière: interférences, rencontres, affinités pp 59-65
  27. a et b Auguste Baluffe, Autour de Molière, 1888, p. 245, Lire en ligne
  28. P.G. Dublin, La Vie de l'Aretin p 250
  29. Edmond Antoine Poinsot, Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, 1876, p 250 Lire en ligne
  30. Lire en ligne
  31. VIGNAROLO. Se non lo sai tu chi sei, manco lo so io: sei un cavallo, un bue, un asino.GUGLIELMO. Messer sí, se fussimo nel tempo di Pitagora, direi che quando mi sommersi morii e l'anima mia entrò in un altro corpo e son un altro. Vorrei saper chi sono.VIGNAROLO. Sei un tartufo!
  32. Lorenzo Lippi, Il malmantile racquistato, p 516 Lire en ligne
  33. Margareta Diot, "Tartuffe",1976
  34. Études sur Molière: le Tartuffe par ordre de Louis XIV; le véritable prototype de l'imposteur. Recherches nouvelles, pièces inédites publiées par Louis Lacour (1877), p 80, Lire en ligne
  35. Image disponible dans La carrière de Molière: entre protecteur et éditeurs, C.E.J. Caldicot, attribuée à Lagniet en 1658
  36. Auguste Baluffe, Autour de Molière, 1888, p 249, Lire en ligne
  37. Auguste Baluffe, Autour de Molière, 1888, p 247, Lire en ligne
  38. Auguste Baluffe, Autour de Molière, 1888, p 248, Lire en ligne
  39. Trésor Informatisé de la langue française, article Tartuf(f)e

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